Imprimer

Ms A 06r

après sa sortie de la Visitation, pour obtenir la faveur d'être admise dans sa chambre pendant les leçons qu'elle donnait à Céline, j'étais bien sage et je faisais tout ce qu'elle voulait ; aussi me comblait-elle de cadeaux qui, malgré leur peu de valeur, me faisaient beaucoup de plaisir.

J'étais bien fière de mes deux grandes soeurs, mais celle qui était mon idéal d'enfant, c'était Pauline... Lorsque je commençais à parler et que Maman me demandait  «A quoi penses-tu?» la réponse était invariable  «A Pauline!...» Une autre fois, je faisais aller mon petit doigt sur les carreaux et je disais  «J'écris: Pauline!...» Souvent j'entendais dire que bien sûr Pauline serait religieuse ; alors sans trop savoir ce que c'était, je pensais : «Moi aussi je serai religieuse.» C'est là un de [mes] premiers souvenirs et depuis, jamais je n'ai changé de résolution !... Ce fut vous, ma Mère chérie, que Jésus choisit pour me fiancer à Lui, vous n'étiez pas alors auprès de moi, mais déjà un lien s'était formé entre nos âmes... vous étiez mon idéal, je voulais être semblable à vous et c'est votre exemple qui dès l'âge de deux ans m'entraîna vers l'Epoux des vierges... Oh ! que de douces réflexions je voudrais vous confier !  Mais je dois poursuivre l'histoire de la petite fleur, son histoire complète et générale, car si je voulais parler en détail de mes rapports avec «Pauline», il me faudrait laisser tout le reste !...

Ma chère petite Léonie tenait aussi une grande place dans mon coeur. Elle m'aimait beaucoup, le soir c'était elle qui me gardait quand toute la famille allait se promener... Il me semble entendre encore les gentils refrains qu'elle chantait afin de m'endormir... en toute chose elle cherchait le moyen de me faire plaisir aussi j'aurais eu bien du chagrin de lui causer de la peine.