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Ms A 08r

qui s'amuse avec la petite au jeu de cubes, elles se disputent de temps en temps, Céline cède pour avoir une perle à sa couronne. Je suis obligée de corriger ce pauvre bébé qui se met dans des furies épouvantables ; quand les choses ne vont pas à son idée, elle se roule par terre comme une désespérée croyant que tout est perdu, il y a des moments où c'est plus fort qu'elle, elle en est suffoquée. C'est une enfant bien nerveuse, elle est cependant bien mignonne et très intelligente, elle se rappelle tout. » Vous voyez, ma Mère, combien j'étais loin d'être une petite fille sans défauts ! On ne pouvait même pas dire de moi que j'étais sage quand je dormais, car la nuit j'étais encore plus remuante que le jour, j'envoyais promener toutes les couvertures et puis (tout en dormant) je me donnais des coups contre le bois de mon petit lit ; la douleur me réveillait, alors je disais :  «Maman, je suis toquée!...» Cette pauvre petite Mère était obligée de se lever et constatait qu'en effet j'avais des bosses au front, que j'étais toquée ; elle me couvrait bien, puis allait se recoucher ; mais au bout d'un moment je recommençais à être toquée, si bien qu'on fut obligé de m'attacher dans mon lit. Tous les soirs, la petite Céline venait nouer les nombreux cordons destinés à empêcher le petit lutin de se toquer et de réveiller sa maman ; ce moyen ayant bien réussi, je fus désormais sage en dormant... Il est un autre défaut que j'avais (étant éveillée) et dont Maman ne parle pas dans ses lettres, c'était un grand amour-propre. Je ne vais vous en donner que deux exemples afin de ne pas rendre mon récit trop long.  Un jour Maman me dit  «Ma petite Thérèse, si tu veux baiser la terre, je vais te donner un sou.» Un sou, c'était pour moi toute une richesse ; pour le gagner je n'avais pas besoin d'abaisser ma grandeur car ma petite taille ne mettait pas une grande distance entre moi et la terre, cependant ma fierté se révolta à