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Témoin 10 - Almire Pichon, S. J.

Le dixième témoin du Procès ordinaire est le P. Pichon, de la Compagnie de Jésus.

Né à Carrouges (Orne) le 3 février 1843, Almire-Théophile-Augustin Pichon entra dans la Compagnie le 30 octobre 1863 et fut ordonné prêtre le 8 septembre 1873. Docteur en théologie, il enseigna la philosophie durant bien des années puis s'adonna progressivement au ministère, à celui notamment de la prédication de retraites.

Il était à Lisieux le 17 avril 1882 pour une retraite à l'usine Lambert. Marie Martin voulut le rencontrer. Il en fut dans la suite le directeur spirituel et, selon l'expression de monsieur Martin, il devint aussi celui de toute la famille. Ce furent, à vrai dire, Marie et Céline qui en profitèrent le plus. (Le P. Pichon pensa même à celle-ci pour la fondation d'un Institut qu'il projetait au Canada).

C'est à Alençon que Thérèse le rencontra pour la première fois en 1883. Elle lui écrivit l'année suivante à l'occasion de sa première communion et en reçut une réponse qui lui fut source de joie - MSA>, f. 34v - . Le père partit pour le Canada en 1885 et y resta jusqu'en 1886. Thérèse le revit au Carmel le 18 mars 1887 à l'occasion de la prise d'habit de soeur Marie du Sacré-Coeur, et, selon toute probabilité, le 15 octobre suivant, en la fête de sainte Thérèse d'Avila. Le père prononça le discours de prise de voile de soeur Marie du Sacré-Coeur le 23 mai 1888 et donna aussi alors une retraite de communauté à l'occasion du cinquantenaire de la fondation du monastère. Ce fut le 28 mai, au dernier jour de cette retraite, que Thérèse eut l'occasion de s'ouvrir à lui au confessionnal et le père dit à la jeune postulante, au terme de sa confession générale: « En présence du bon Dieu, de la Sainte Vierge et de tous les Saints, je déclare que vous n'avez jamais commis un seul péché mortel » (MA «A», f. 70r). Cette affirmation solennelle fut d'une grande consolation pour la sainte comme elle l'explique là avant d'ajouter: « Le bon père me dit encore ces paroles qui se sont doucement gravées en mon coeur: 'Mon enfant, que Notre-Seigneur soit toujours votre Supérieur et votre Maître des novices'. Il le fut en effet et aussi 'mon Directeur'... », précise Thérèse qui ajoute un peu plus loin: «J'ai dit que Jésus avait été 'mon Directeur'. En entrant au Carmel je fis connaissance avec celui qui devait m'en servir, mais à peine m'avait-il admise au

 

TÉMOIN 10: Almire PICHON S.J.

 

nombre de ses enfants qu'il partit pour l'exil... Ainsi je ne l'avais connu que pour en être aussitôt privée... Réduite à recevoir de lui une lettre par an, sur 12 que je lui écrivais, mon coeur se tourna bien vite vers le Directeur des directeurs et ce fut lui qui m'instruisit de cette science cachée aux savants et aux sages qu'il daigne révéler aux plus petits... » - MSA 71,1 - ..

Le P. Pichon repartit pour le Canada le 3 novembre 1888 pour ne revenir en France qu'en 1907. Exerçant un apostolat des plus actifs (au cours de sa vie il donna bien 1015 retraites) et, de surcroît, souffrant des yeux, il réduisit toujours davantage sa correspondance. Le père écrivit à soeur Thérèse un peu plus d'une fois l'an: elle en reçut, en effet, seize lettres échelonnées de 1888 à 1897. Il faut aussi en compter deux autres: l'une destinée aux quatre soeurs Martin et l'autre adressée à soeur Thérèse personnellement, mais rédigée quelques jours après sa mort, encore ignorée du père.

Combien de lettres soeur Thérèse écrivit-elle au P. Pichon? Monseigneur Combes affirme qu'au rythme de douze par an il y en eut bien un total de cent onze à cent douze (A. PICHON, Retraite, Rome, 1967, p. 12). Mais le Carmel de Lisieux voit les choses différemment:

«Au total, minimum de 48 lettres, avec une marge supplémentaire dont l'évaluation est trop 'hypothétique pour qu'on avance un chiffre quelconque. On peut tenir pour certain que les maux d'yeux du jésuite incitèrent la charitable Thérèse à réduire sa correspondance » (Vie thérésienne, 1968, p. 137).

Il est infiniment regrettable qu'aucune des lettres de la sainte au père Pichon n'ait été conservée. Que l'on pense, par exemple à cette confidence de Thérèse au sujet de celle qu'elle lui envoya en juillet ou en août 1897: « Toute mon âme était là.» Cette lettre était un commentaire du psaume 22, «Le Seigneur est mon Pasteur » (cf. Lettres, p. 434). -  ?

Citons ces paroles prononcées par la Sainte le 4 juillet 1897: « J'ai une grande reconnaissance envers le P. Alexis, il m'a fait beaucoup de bien. Le P. Pichon me traitait trop comme une enfant; cependant il m'a fait du bien aussi en me disant que je n’ai pas commis de péché mortel» - DEA 4-7-1897 - .

Le P. Pichon qui demeura toujours plus en contact avec le Carmel de Lisieux mourut à Paris le 15 novembre 1919 *(VT 1967et 1968). Il donna son témoignage le 25 et 26 janvier 1911, au cours des sessions 51-52, f. 543v-553r de notre Copie publique.

[Session 51: - 25 janvier 1911, à 2h. de l'après-midi]

 

[543v][Le témoin répond correctement à la première demande].

[Réponse à la seconde demande]:

Je me nomme Almire-Théophile-Augustin Pichon, né à Carrouges, diocèse de Séez, le 3 février 1843, du légitime mariage de Jean-Baptiste Pichon et d'Augustine Anger. Je suis prêtre, profès de la Compagnie de Jésus. J'ai enseigné dans nos établissements secondaires en France et à notre scolasticat de Laval la philosophie. J'ai été ensuite missionnaire pendant 21 ans au Canada.

 

[544r] [Avez-vous quelque grade en sciences sacrées?]:

Je suis docteur en théologie.

 

[Réponse à la troisième demande]:

Je ne crois pas être mû dans ma déposition par aucune considération humaine. J'aimais beaucoup cette enfant, en qui je reconnaissais une âme très privilégiée devant Dieu; mais je puis affirmer que ce sentiment ne saurait en aucune manière vicier mon jugement à son égard.

 

[Réponse à la huitième demande]:

Vers 1880 ou 1881 je vins à Lisieux prêcher une retraite à l'usine Lambert. Mademoiselle Marie Martin, soeur aînée de la Servante de Dieu, vint me parler des affaires de sa conscience, et à cette occasion je nouai avec toute cette famille des relations qui n'ont plus jamais cessé. J'étais en correspondances fréquentes avec tous les enfants; plusieurs fois j'ai été reçu aux Buissonnets (résidence de monsieur Martin) et [544v] j'ai aussi reçu à Paris et ailleurs plusieurs visites des uns et des autres. J'ai été à diverses reprises confesseur et conseiller de la Servante de Dieu. Je n'ai pas utilisé pour ma déposition le livre de l'« Histoire d'une âme »; j'ai seulement fait appel à mes souvenirs personnels.

 

[Réponse à la neuvième demande]:

Je prie le bon Dieu de tout mon coeur pour le succès de cette Cause, parce que je crois que sa gloire y est intéressée.

 

[A la dixième demande, il répond ne rien savoir si ce n'est ce qui est rapporté dans l'Histoire de la Servante de Dieu].

 

[Réponse à la onzième demande]:

Je n'ai pas connu la mère de la Servante de Dieu; on disait dans la famille que c'était une sainte. Quant à monsieur Martin, il m'a paru être un chrétien très fervent et très surnaturel. Il voyait tout au point de vue du bon Dieu; on eût dit un religieux égaré dans le monde. Le milieu familial où a grandi la Servante de Dieu, était tout imprégné de foi et de piété. [545r]

 

TÉMOIN 10: Almire PICHON S.J.

 

[Réponse aux douzième et treizième demandes]:

Je ne sais rien de spécial sur ces points.

 

[Réponse à la quatorzième demande]:

Il est à ma connaissance que la Servante de Dieu fut élevée dans sa famille sans aucune fréquentation mondaine. Ses soeurs, qui lui servaient de mère, l'élevaient avec beaucoup de soin et de délicatesse; elle reçut donc une éducation des plus chrétiennes.

 

[Réponse à la quinzième demande]:

Ce qui m'a beaucoup frappé dans cette enfant, ce fut sa simplicité, son ingénuité et son innocence. Elle était très aimée de son père et de ses soeurs, sans que j'aie vu aucune faiblesse de leur part. Mais ce qui est particulièrement remarquable dans une enfant de cet âge, c’est qu'elle ne rapportait absolument rien à elle-même et s'oubliait entièrement, ne se prévalant d'aucun de ses avantages. Elle était timide et réservée; ne se mettait jamais en avant.

 

[545v] [Réponse à la seizième demande]:

J'ai entendu dire qu'elle avait pensé de très bonne heure à la vie religieuse. D'ailleurs, il suffisait de l'observer un peu pour juger avec évidence que cette jeune fille n'était pas faite pour le monde, mais que Dieu avait marqué son cachet sur elle. Mise en contact avec ce que le monde a de plus séduisant, jamais elle ne s'est sentie attirée par ces jouissances de la fortune ou du rang. Je sais tout cela par les lettres qu'elle m'écrivait et aussi par des conversations que j'ai eues avec elle, précisément dans les deux années qui précédèrent son entrée au Carmel. Elle me consulta sur l'affaire de sa vocation et j'ai appuyé en toute conscience ses démarches pour entrer dès 15 ans.

 

[Réponse à la dix-septième demande]:

Au début de son noviciat, je donnai une retraite au Carmel de Lisieux. Dans les relations de direction que j'eus alors avec elle, je fus particulièrement frappé de ce que, contrairement aux apparences, le bon Dieu ne lui prodiguait pas les douceurs d'une piété affective, mais l'exerçait à une vertu solide en la conduisant par la voie des sécheresses, des privations et des épreuves intérieures. Jamais ces épreuves ne se [546r] trahissaient par un extérieur triste et préoccupé, elle les supportait avec une sérénité et une égalité d'humeur inaltérables.

 

[ A la dix-huitième demande il répond ne rien savoir de plus que ce qui est rapporté dans le livre de sa « Vie»].

[Réponse à la dix-neuvième demande]:

J'ai lu l'« Histoire d'une âme » ou sa biographie écrite par elle-même. Je puis attester que ce récit est l'expression la plus naïve et la plus vraie de sa physionomie morale. En 1900 je rencontrai le père de Causans, supérieur de notre résidence de Rouen, excellent juge dans les choses spirituelles. Il me dit en propres termes, parlant de ce livre: « Après les oeuvres de sainte Thérèse et de saint Jean de la Croix, je ne connais rien de plus beau.»

 

[Réponse à la vingtième demande]:

Cette enfant m'a paru d'une vertu absolument exceptionnelle, surtout au point de vue de l'humilité et de l'oubli d'elle-même, rapportant tout à Dieu. Jamais je n'ai pu surprendre en elle la moindre défaillance, le moin-[546v]dre découragement, le plus léger fléchissement de la volonté dans la pratique de la perfection.

 

[Réponse à la vingt-et-unième demande]:

Ayant été absent de France depuis la fin de 1888, je ne pourrais donner sur le détail de ses vertus d'autre appréciation que celle mentionnée dans mes réponses précédentes,

 

[A la vingt-deuxième demande il répond ne rien savoir].

 

[Réponse de la vingt-troisième à la vingt-sixième demande].

Je ne sais rien de spécial.

 

[Réponse à la vingt-septième demande]:

Je puis sur ce point rendre un témoignage spécial: l° pour le Canada où j'ai séjourné 21 ans. - 2° pour l'Autriche, la Bohème, la Hongrie et l'Italie que je viens de parcourir en donnant des retraites.

l° Pour ce qui est du Canada, je puis attester que la Vie de soeur Thérèse y est plus connue et plus appréciée qu'en France; non seulement toutes les communautés religieuses, mais toutes les personnes [547r] pieuses instruites et le clergé, lisent et relisent ce livre. C'est un caractère spécial de cette biographie qu'elle se fait relire des cinq, six et sept fois, et toujours avec un nouveau profit; ce qui donne tant de charme à cette lecture, c'est le parfum de vertu qui émane de cette vie et l'influence qu'elle exerce sur l'âme pour l'encourager à s'avancer dans la perfection par cette « petite voie d'abandon » si accessible à toutes les bonnes volontés. Un autre fait significatif c'est le très grand nombre de vocations religieuses que l'étude de cette vie a fait éclore: que de jeunes religieuses m'ont dit: « C'est soeur Thérèse qui m'a attirée vers le cloître!.»

2° Pour l'Autriche et les autres pays d'Europe mentionnés ci-dessus, j'ai constaté le merveilleux rayonnement de cette petite âme, dont le renom de sainteté est dans tous les coeurs, même parmi les personnes du monde. Au sujet des causes de cette diffusion absolument extraordinaire du renom de sainteté et de l'influence surnaturelle de la Servante de Dieu, je dirai que cela me paraît inexplicable sans une intervention exceptionnelle du bon Dieu. Les libraires ont sans doute travaillé à répandre le livre, mais ils ont plutôt suivi que produit l'entraînement du public; aucune réclame ne peut expliquer l'attrait des âmes pour cette biographie.

 

TÉMOIN 10: Almire PICHON S.J.

[Session 52: - 26 janvier 1911, à 8h. 30]

 

[551r] [Réponse à la vingt-huitième demande]:

Je n'ai jamais entendu, au milieu de tant d'éloges, qu'une seule voix discordante. Une religieuse, qui aujourd'hui est morte, estimait que la piété de soeur Thérèse était enfantine et toute superficielle. Mais je dirai que ce témoignage est plutôt à l'honneur de soeur Thérèse, car cette religieuse que j'ai bien connue était toute pétrie de rationalisme et de sens humain; elle était bien connue dans sa communauté comme dépourvue de sens surnaturel. Cette religieuse appartenait à la communauté dite [551v] de « Jésus-Marie » à Fall-River (Etats-Unis, Mass.).

 

[Réponse à la vingt-neuvième demande]:

J'ai lu la relation publiée par le Carmel de Lisieux sous le titre de « Pluie de roses », où sont contenues de nombreuses lettres rapportant les faveurs extraordinaires attribuées à l'intercession de la Servante de Dieu. Ce que je puis attester personnellement, se rapporte à trois points: 1" J'ai connu au Canada et en Europe nombre de personnes religieuses et séculières croyant devoir à la Servante de Dieu des faveurs signalées, grâces temporelles, mais surtout spirituelles. 2° je connais, en différentes communautés de France et d'Amérique un bon nombre de jeunes religieuses (au moins une vingtaine) qui lui attribuent la grâce de leur vocation; quelques-unes même m'ont confié que cette grâce de vocation avait été précédée pour elles d'une vraie conversion, après des années d'égarement dans le monde, et que ce changement était uniquement dû à la lecture de la Vie de soeur Thérèse. 3° J'ai la conviction profonde que je dois à la Servante de Dieu une double guérison que les [552r] docteurs m'ont avoué être médicalement inexplicable: l° à la suite d'une fracture de la jambe, il s'était établi un état de congestion permanent, qui durait depuis près de trois ans. Les médecins m'avaient déclaré qu'une blessure survenant à cette jambe serait très grave et ne se cicatriserait plus. Or, cet accident m'arriva en 1908; une suppuration très abondante s'établit en effet, et durant sept semaines plusieurs médecins s'employèrent vainement à arrêter les progrès toujours croissants de cette ulcération devenue profonde de plusieurs centimètres. Le 2 janvier 1909, le docteur m'obligea à prendre le lit sans me laisser aucun espoir de guérison. Je me recommandai alors à soeur Thérèse, et le cinquième jour la plaie était totalement cicatrisée, sans trace de suppuration, et je pus dès lors recommencer à dire la sainte messe, au grand étonnement du docteur qui n'avait ordonné aucun remède que le lit. 2° Le 28 août 1909, je fus terrassé au milieu d'une retraite que je prêchais aux religieuses augustines, rue de la Santé, à Paris, par une broncho-pneumonie infectieuse consécutive à un engorgement des intestins; et la crise fut si violente que trois docteurs déclarèrent que la mort allait suivre en quelques heures, et conseillèrent de me donner l'Extrême-Onction, ce qui fut fait. J'eus recours à soeur Thérèse et les religieuses qui me soignaient s'unirent à moi. Je lui disais [552v] naïvement de se montrer obéissante au ciel comme elle l'était sur la terre. Je lui disais aussi que si c'était la gloire de Dieu, elle m'obtint une guérison simple et rapide, mais sans un miracle trop éclatant, ce qui est un fardeau difficile à porter. Or le sixième ou le septième jour je disais la messe. Dès le second jour le docteur me disait: «Je n'y comprends rien, il y a un saint caché là dessous.» « Non - lui répondis-je -, il y a une sainte.» A la fin de ma convalescence, comme je remerciais le médecin de m'avoir sauvé la vie, il me répondit: « J'en suis bien innocent, vous avez dérouté toutes nos notions pathologiques; médicalement, pour nous vous étiez mort.»

 

[Réponse à la trentième demande]:

Je voudrais ajouter deux détails qui se rapportent à sa vie de jeune fille dans le monde: l° J'ai été frappé de son obéissance toujours simple, sereine et sans réplique. Je ne l'ai jamais vue objecter, discuter ou simplement hésiter devant un ordre, un conseil, voire même un désir de son père ou de ses soeurs; j'ai toujours admiré l'aisance, la grâce charmante avec lesquelles elle se renonçait pour se plier à tout et à tous dans la vie de famille.

2° Cette phrase devenue célèbre «Je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre », je me [553r] rappelle qu'elle me l'a adressée à moi-même, textuellement, à plusieurs reprises, alors qu'elle était encore dans le monde -  ? ? ? - . Son accent me frappait et m'intriguait. Plus d'une fois je fus sur le point de lui demander le sens qu'elle attachait à cette parole; malheureusement je fus retenu par une discrétion exagérée.

Au sujet de sa « voie ou direction spirituelle » (Interrogatoire XXI, de prudentia), trois choses surtout m’ont paru saillantes: I° Son esprit de foi: dès son enfance elle était habituée à voir Dieu en tout, à reconnaître son action ou sa permission jusque dans les moindres choses. 2° Son esprit de confiance et d'amour: dans les épreuves les plus douloureuses elle ne voyait que des gages de l'amour de Dieu. Son coeur était toujours prêt à bénir Dieu de tout. Loin de méconnaître par une humilité chagrine les dons de Dieu en elle, la pente de son coeur la portait à les avouer pour en remercier Dieu. 3° Son culte pour la souffrance et la croix, culte composé d'estime et d'amour, qui étaient bien au-dessus de son âge.

 

TÉMOIN 10: Almire PICHON S.J.

 

[553v] [Au sujet des Articles, le témoin dit ne savoir que ce qu'il a déjà déposé en répondant aux demandes précédentes. - Est ainsi terminé l'interrogatoire de ce témoin. Lecture des Actes est donnée. Le témoin n'y apporte aucune modification et signe comme suit]:

Ita pro veritate deposui, ratum habeo et confirme.

Signatum: A. PICHON, S. J.