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Ms A 18v

prenait par les coudes et celle-ci s'écriait bien haut : «Bonsoir Papa, bonne nuit, dors bien», c'était tous les soirs la même répétition... Ensuite ma petite maman me prenait entre ses bras et m'emportait dans le lit de Céline, alors je disais : «Pauline, est-ce que j'ai été bien mignonne aujourd'hui?... Est-ce que les petits anges vont voler autour de moi?» Toujours la réponse était oui, autrement j'aurais passé la nuit tout entière à pleurer... Après m'avoir embrassée ainsi que ma chère marraine, Pauline redescendait et la pauvre petite Thérèse restait toute seule dans l'obscurité ; elle avait beau se représenter les petits anges volant autour d'elle, la frayeur la gagnait bientôt, les ténèbres lui faisaient peur, car elle ne voyait pas de son lit les étoiles qui scintillaient doucement...

Je regarde comme une vraie grâce d'avoir été habituée par vous, ma Mère chérie, à surmonter mes frayeurs ; parfois vous m'envoyiez seule, le soir, chercher un objet dans une chambre éloignée ; si je n'avais pas été si bien dirigée je serais devenue très peureuse, au lieu que maintenant je suis vraiment difficile à effrayer... Je me demande parfois comment vous avez pu m'élever avec tant d'amour et de délicatesse sans me gâter, car il est vrai que vous ne me passiez pas une seule imperfection, jamais vous ne me faisiez de reproche sans sujet, mais jamais vous ne reveniez sur une chose que vous aviez décidée ; je le savais si bien que je n'aurais pas pu ni voulu faire un pas si vous me l'aviez défendu. Papa lui-même était obligé de se conformer à votre volonté, sans le consentement de Pauline je n'allais pas me promener et quand Papa me disait de venir je répondais : «Pauline ne veut pas»