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Ms A 19r

alors il venait demander ma grâce, quelquefois pour lui faire plaisir Pauline disait oui, mais la petite Thérèse voyait bien à son air que ce n'était pas de bon coeur, elle se mettait à pleurer sans accepter de consolations jusqu'à ce que Pauline dise oui et l'embrasse de bon coeur !

Lorsque la petite Thérèse était malade, ce qui lui arrivait tous les hivers, il n'est pas possible de dire avec quelle tendresse maternelle elle était soignée. Pauline la faisait coucher dans son lit (faveur incomparable) et puis elle lui donnait tout ce dont elle avait envie. Un jour Pauline tira de dessous le traversin un joli petit couteau à elle et le donnant à sa petite fille la laissa plongée dans un ravissement qui ne peut se décrire :  «Ah! Pauline, s'écria-t-elle, tu m'aimes donc bien que tu te prives pour moi de ton joli petit couteau qui a une étoile en nacre?... Mais puisque tu m'aimes tant, ferais-tu bien le sacrifice de ta montre pour m'empêcher de mourir?...»  «Non seulement pour t'empêcher de mourir, je donnerais ma montre, mais seulement pour te voir bientôt guérie j'en ferais tout de suite le sacrifice.» En écoutant ces paroles de Pauline, mon étonnement et ma reconnaissance étaient si grands que je ne puis les exprimer... En été j'avais quelquefois mal au coeur. Pauline me soignait encore avec tendresse ; pour m'amuser, ce qui était le meilleur de tous les remèdes, elle me promenait en brouette tout autour du jardin et puis, me faisant descendre, elle mettait à ma place un joli petit pied de pâquerettes qu'elle promenait avec bien de la précaution jusqu'à mon jardin où il prenait place en grande pompe...

C'était Pauline qui recevait toutes mes confidences intimes, qui éclaircissait tous mes doutes... Une fois je m'étonnais de ce que le Bon Dieu ne