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Témoin 16 - Alcide Ducellier

TEMOIN XVI

ALCIDE DUCELLIER

L'Abbé Ducellier, ce prêtre « plein de tact et de coeur », comme le dépeint heureusement un récent profil biogra­phique, est déjà connu par sa déposi­tion comme second témoin d'office au Procès Informatif Ordinaire.

Né le 14 novembre 1849 à Chicheboville (diocèse de Bayeux), il fut ordon­né prêtre en 1874. Toujours disponible pour les besoins du ministère, il eut un apostolat très mouvementé; partout il se fit remarquer par son entier dévouement à l'Église et aux âmes. Vicaire à Saint-Pierre de Lisieux de 1877 à 1884, il eut l'honneur d'entendre la première con­fession de Thérèse Martin à peine âgée de sept ans; il fut son confesseur jusqu'à son entrée à l’Abbaye des bénédictines comme demi‑pensionnaire. Archiprêtre de  Saint‑Pierre depuis son retour à Li­sieux en 1899, il prêcha à la prise d'ha­bit de Pauline, sa fille spirituelle, com­me aussi, plus tard, à la prise d'habit et à la prise de voile de Céline. Thérèse avait pour lui une affection spéciale. Il mourut à Lisieux le 20 décembre 1916, à la fin de l'année au cours de laquelle il avait pu témoigner au Procès Aposto­lique.

 

Sa déposition est bien pauvre. Ce prê­tre vénérable rapporte, comme déjà au Procès Ordinaire, la première confession de Thérèse. Son témoignage relatif à la famille Martin, dont il était l'ami inti­me, a une grande valeur: « Je puis dire de cette famille, ce qui d'ailleurs est no­toire dans cette ville, que c'était une fa­mille admirablement chrétienne et qui faisait l'édification de tout le monde » (p. 1028). Le reste de la déposition concerne la renommée de sainteté de Thérè­se.

 

Monsieur Ducellier a déposé dans la session 54ème, du 7 février 1916 et sa déposition dans notre Copie publique s'étend de la page 1027 à la page 1031.

 

TÉMOIN 16: Alcide Ducellier

 

[Session 54: ‑ 7 février 1916, à 9h.]

 [1027] [Le témoin répond correctement à la pre­mière demande].

 

[1028] [Ré­ponse à la deuxième demande]:

Je m'appelle Alcide‑Leoida Ducellier, né à Chicheboville le 14 novembre 1849 de Louis Adolphe Ducellier, entrepreneur de maçonnerie et de Céleste Philippe. Je suis archiprêtre de la cathédrale de Saint‑Pierre de Lisieux.

 

 [Le témoin répond correctement de la troi­sième à la cinquième demande inclusivement].

 [Réponse à la sixième demande]:

Je crois ne subir aucune influence quel­conque qui puisse fausser mon témoigna­ge.

 

 [Répon­se à la septième demande]:

Vers 1880, j'étais vicaire à Saint‑Pierre de Lisieux; j'étais confesseur de mesde­moiselles Pauline et Marie Martin, soeurs aînées de la Servante de Dieu. Lorsque la petite Thérèse atteignit l'âge de sept ans, j'entendis sa première confession. Peu de temps après, elle entra au pension­nat des bénédictines et je quittai moi-même le poste de vicaire à Lisieux; je ne suis revenu dans cette paroisse qu'en 1889, à titre de curé archiprêtre.

 

 [Réponse à la huitième demande]:

J'ai personnellement une grande dévo­tion et une grande confiance dans la Ser­vante de Dieu. Je l'invoque tous les jours, et plusieurs fois chaque jour. Sa réputa­tion de sainteté, les grâces spirituelles qu'elle obtient, les miracles qui s'opèrent par son intercession et mes souvenirs per­sonnels motivent cette dévotion. Je dé­sire le succès de sa canonisation; elle se­ra une protectrice et une gloire pour sa ville de Lisieux.

 

 [Ré­ponse à la neuvième et dixième demande]:

La famille de la Servante de Dieu vint s'établir à Lisieux, après la mort de ma­dame Martin. Je puis dire de cette fa­mille, ce qui d'ailleurs est notoire dans cette ville, que c'était une famille admi­rablement chrétienne et qui faisait l'édifi­cation de tout le monde. [1029] Monsieur Martin en particulier montrait un esprit de foi héroïque lorsque ses enfants le quit­taient successivement pour entrer au Car­mel. Après la mort de madame Martin, mademoiselle Marie, l’aînée des enfants, s'occupa surtout de la direction matérielle de la maison; Pauline, la seconde, actuel­lement mère Agnès, prieure du Carmel, se donna toute entière à l'éducation de la petite Thérèse, et s'acquitta de cette tâche avec beaucoup de dévouement, d'esprit chrétien et de prudence.

 

Je voyais particulièrement la petite Thé­rèse à l'église où elle venait très réguliè­rement avec sa famille. Bien qu'elle eût à peine sept ans, elle attirait l'attention des paroissiens par son angélique piété.

 

 [Réponse de la onzième à la cinquante‑cinquième demande inclusive­ment]:

Ayant quitté Lisieux en 1884, pour n'y revenir que deux ans après la mort de la Servante de Dieu, je n'ai rien de per­sonnel à dire sur toutes ces questions.

 

 [Répon­se à la cinquante‑sixième demande]:

Le pèlerinage au tombeau de la Ser­vante de Dieu se maintient régulier, mê­me pendant la mauvaise saison. Les pè­lerins y viennent, même de régions éloignées. Ces manifestations de dévotion ont un caractère remarquable de recueil­lement, de piété et de confiance, on n'y voit rien qui dénote de la singularité ou de la superstition.

 

[1030] [Réponse à la cinquante‑septième demande]:

Comme curé de la paroisse de Saint-Pierre de Lisieux, j'ai pu constater et j'af­firme que toutes les personnes chrétien­nes de ma paroisse qui ont connu la Ser­vante de Dieu pendant son séjour à Li­sieux ont gardé d'elle le souvenir d'une jeune fille exceptionnellement pieuse et édifiante dont la vertu attirait l'attention; de plus, il n'y a pas, je crois, aujourd'hui, dans ma paroisse, une famille chrétienne qui n'invoque constamment la Servante de Dieu. Tous la tiennent pour une sain­te et sont persuadés que son intercession obtient des grâces signalées et même des miracles. Parmi ceux qui me rendent ce témoignage, il en est un grand nombre d'une piété éclairée, judicieuse, dont le jugement mérite considération. Quant à l'origine de cette réputation de sainteté, je crois que le bon Dieu s'est servi du livre « Histoire d'une âme » pour faire connaître la Servante de Dieu; mais cer­tainement, à mon avis, on n'a rien fait pour créer une réputation factice de sain­teté. Les grâces obtenues ont été la prin­cipale cause de ce mouvement de piété.

 

 [Ré­ponse à la cinquante‑huitième demande]:

Je n'ai rien entendu qui soit opposé à cette réputation de sainteté et de mi­racles.

 

 [Réponse de la cinquante-neuvième à la soixante‑cinquième demande inclusivement]:

Je n'ai pas été personnellement témoin d'aucun [1031] miracle. J'entends sou­vent dire aux personnes de ma paroisse: « J'ai obtenu, par l'intercession de soeur Thérèse telle et telle grâce... je n'invo­que jamais soeur Thérèse sans être exau­cé... etc..»

J'ai entendu monsieur le docteur La Néele, médecin, raconter qu'un jeune homme de Glos, étant atteint de perfo­ration intestinale, devait infailliblement mourir de cette lésion: le susdit docteur, qui le soignait, lui fit l'application d'une relique de la Servante de Dieu et il guérit.

 

 [Ré­ponse à la soixante‑sixième demande]:

Je n'ai rien à ajouter.

 

 [Est ainsi terminé l'interrogatoire de ce té­moin. Lecture des Actes est donnée. Au sujet des Articles, le témoin dit ne savoir que ce qu'il a déjà déposé en répondant aux demandes précédentes. Le témoin n'apporte aucune modification et signe comme suit]:

 

Signatum: DUCELLIER.