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Témoin 19 - Claude-Marcel Weber

Né à Lorcelette, en Lorraine, le 25 avril 1835, Claude-Marcel Weber fut ordonné prêtre à Metz le 11 avril 1861. Au cours de sa déposition le témoin se reconnaît coupable de certaines fautes qui l'avaient conduit devant le tribunal civil allemand (la Lorraine étant alors annexée par l'Allemagne) et lui avaient valu d'être par deux fois suspens a divinis. Mais il témoigne aussi de sa conversion sincère, de sa tentative de se faire cistercien à Lérins et enfin de l'activité apostolique qu'il exerçait à Saint-Jean-de-Luz (diocèse de Bayonne), lorsqu'il reçut la triple grâce qui fait l'objet de sa déclaration. Il mourut le 20 octobre 1915.

Le témoin déposa les 22 et 23 mars 1911, au cours des sessions 69-70, f. 1127r- 1141r de notre Copie publique.

 

[Session 69: - 22 mars 1911, à 2h. de l'après-midi]

 

[1127r] [Le témoin répond correctement à la première demande].

 

[1127v] [Réponse à la seconde demande]:

Je m'appelle Claude Marcel Weber né à Lorcelette, diocèse de Metz, le 25 avril 1835, du légitime mariage de Mathias Weber, propriétaire, et de Marguerite Albrecht. Je suis prêtre, ayant été ordonné à Metz le 11 avril 1861. J'ai exercé le ministère comme vicaire, puis curé jusqu’en 1873. A cette époque j'ai quitté le ministère et après avoir travaillé quelques années comme précepteur à l'éducation des enfants j'ai vécu dans le patrimoine de ma famille jusqu'en 1899; à cette époque j'ai fait neuf mois de noviciat chez les cisterciens de Lérins; obligé par ma santé de renoncer à cette vocation, j'ai passé deux ans dans une maison de retraite au Dorat, diocèse de Limoges; depuis ce temps je suis prêtre habitué à Saint-Jean-de-Luz, diocèse de Bayonne, où je suis approuvé pour la confession et la prédication dans toute l'étendue du diocèse.

 

[Le témoin répond correctement à la troisième demande].

[Réponse à la quatrième demande]:

Vers 1884, j'ai eu à répondre [1128r] devant les tribunaux civils d'Allemagne d'une accusation d'immoralité et à tort ou à raison j'ai été condamné à un emprisonnement de six années.

 

[Réponse à la cinquième demande]:

J'ai encouru deux fois la suspense a divinis vers l'année 1873, et j'ai été absous de cette censure l'année suivante 1874. Je confesse que j'ai eu autrefois de grands torts; je les avoue humblement. Mais depuis le bon Dieu m'a ramené à lui; je suis dans les dispositions les meilleures et dans les relations les plus régulières avec mes supérieurs ecclésiastiques, comme en font foi les lettres testimoniales de monseigneur l'évêque de Bayonne, que je présente au tribunal.

 

[Le témoin répond correctement à la sixième demande].

[Réponse à la septième demande]:

Aucun motif humain, mais seulement le désir d'obéir à l'Eglise pouvait me déterminer à venir déposer, prévoyant que j'aurais à faire les aveux correspondants aux questions IV et V.

 

[1128v] [Réponse à la huitième demande]:

Tout mon témoignage est uniquement fondé sur mes observations personnelles. Je n'ai pas connu la Servante de Dieu, mais je rendrai témoignage: l°des grâces insignes qu'elle m'a obtenues; de la diffusion de son renom de sainteté et de la puissance de son intercession dans le sud-ouest de la France et dans le nord de l'Espagne.

 

[Réponse à la neuvième demande]:

Si je n'avais une grande dévotion à la Servante de Dieu, je n'aurais pas fait un si long voyage pour apporter ma déposition. Je lui dois une grande reconnaissance parce qu'elle m'a rendu la vue miraculeusement, et des faveurs spirituelles infiniment plus précieuses. Je désire sa béatification, parce que alors on l'invoquera davantage et on obtiendra, par son intercession, beaucoup de grâces.

 

[Réponse de la dixième à la vingt-quatrième demande]:

Jusqu'à l'an dernier 1910, j'ignorais même l'existence de la Servante de Dieu: je n'ai donc rien de spécial à témoigner [1129r] sur toutes ces questions.

 

[Réponse de la vingt-cinquième à la vingt-sixième demande]:

Hier, 21 mars, ma première démarche en débarquant du train à Lisieux, a été de me rendre au cimetière de la ville, pour témoigner ma reconnaissance à ma céleste bienfaitrice. C'était vers midi:

 

TÉMOIN 19: Claude-Marcel Weber

 

j'ai trouvé, priant très fervemment près de la tombe, un soldat en tenue militaire. Comme je le félicitais de sa piété, il me dit qu'il venait remercier la Servante de Dieu de ce qu'elle avait guéri sa mère d'un cancer. J'ai aussi remarqué sur cette tombe un certain nombre de lettres et de billets adressés à la Servante de Dieu et déposés sur la terre parmi les fleurs. J'en ai moi-même déposé un paquet qui m'avait été confié par diverses personnes du pays basque, d'où j'étais parti pour venir à Lisieux.

 

[Réponse à la vingt-septième demande]:

Saint-Jean-de-Luz où j'habite (diocèse de Bayonne) est une station balnéaire, estivale et hivernale. Il y vient beaucoup de prêtres de toutes les régions de la France et de l'Espagne. A la suite de la guérison miraculeuse dont j'ai été [1129v] favorisé, je m'étais fait un devoir de répandre la connaissance des vertus et de la puissante intercession de soeur Thérèse de l’Enfant Jésus. A cet effet, j'offrais aux prêtres des images de le Servante de Dieu, à mettre dans leur bréviaire. Or, presque toujours on me répondait: « Oh! soeur Thérèse! nous la connaissons bien; on l'aime et on l'invoque dans notre pays.» Aux environs de Saint-Jean-de-Luz, et dans tout l'arrondissement de Bayonne, les prêtres du ministère portent des souvenirs et des images de la Servante de Dieu auprès des malades qu'ils vont visiter, près de ceux surtout dont ils poursuivent la conversion. Quant aux fidèles de cette région, sachant que j'ai été l'objet de faveurs particulières par l'intercession de la Servante de Dieu, ils s'adressent sans cesse à moi pour que je fasse prier à leur intention dans les Carmels de Lisieux et de Zarauz. Monseigneur l'évêque de Bayonne lui-même, ainsi que monseigneur Diharse son vicaire général et monsieur le chanoine Daranatz son secrétaire, sont d'ardents apôtres de la dévotion à soeur Thérèse: ils recommandent aux prêtres de l'invoquer surtout pour obtenir des guérisons spirituelles. J'ai voulu me rendre compte, pour en référer au tribunal, de la réputation de la [1130r] Servante de Dieu dans les nombreuses communautés françaises exilées à Zarauz et dans la province de Guipuzcoa. J'ai visité à cet effet non seulement le monastère du Carmel de Zarauz (exilé de Bordeaux), mais encore les maisons des visitandines, des ursulines et plusieurs communautés d'hommes. Partout j'ai recueilli les témoignages d'une dévotion intense. A la Visitation, en particulier, on m'a assuré que le souvenir de la Servante de Dieu et l'exemple de ses vertus est un stimulant très efficace de la ferveur. On veut imiter soeur Thérèse, et à la pensée du moindre manquement, on craint de résister à ses inspirations et de se rendre indigne de sa protection.

 

[Réponse à la vingt-huitième demande]:

Je n'ai connaissance d'aucune opposition à la réputation de sainteté de la Servante de Dieu.

 

[Réponse à la vingt-neuvième demande]:

Au printemps 1900, monsieur le docteur Baradat de Cannes (Alpes-Maritimes) que je consultais au sujet d'une anémie, me regardant incidemment dans les yeux, me dit: « Savez-[1130v] vous que vous êtes menacé d'une cataracte? » - « D'une cataracte? moi? - lui répliquai-je -; mais je vois encore assez bien pour mon âge et jamais personne de ma famille n'a été affligé de ce mal.» -« Dites tout ce que vous voulez - insista-t-il -, vous avez un commencement de cataracte bien caractérisée.» Je crus à une erreur de la part du médecin. Cependant, me trouvant en septembre suivant à Paris, je suis allé consulter le distingué oculiste Abbadie, du boulevard Saint Germain. Je fus reçu par l'un de ses aides: « Je ne vois rien - me dit celui-ci; mais venez », et il m'introduisit dans la chambre noire. Là, il m'examina minutieusement les yeux à la lumière électrique. « Oui - convint-il alors-, vous avez un commencement de cataracte; mais que cela ne vous inquiète pas, ça vous viendra plus tard... plus tard... et dans une dizaine d'années, quand elle sera mûre, vous viendrez nous trouver et l'on vous fera l'opération gratuitement.» « La belle fiche de consolation! - pensai-je en m'en allant -. Vivre dix ans dans la perspective d'avoir les yeux gratuitement charcutés! Et quel en sera le résultat?.» Depuis lors je n'ai plus consulté aucun oculiste ni aucun médecin au sujet de [1131r] mes yeux, ni employé aucun remède. J'attendais que la cataracte fut « mûre.» Cependant, le pronostic de l'aide de monsieur Abbadie ne tarda pas à se réaliser. Faible d'abord, le trouble de ma vue devint petit à petit tel que dès l'année 1906 je ne pouvais plus que difficilement lire et écrire, même avec de fortes lunettes. J'avais comme un voile sur les yeux et ce voile s'épaississait de plus en plus les années suivantes. A partir du commencement de 1908, j'avais constamment devant les regards une buée, un brouillard qui, en plein jour, m'empêchait de reconnaître à 12 pas mes meilleurs amis. Le crépuscule venu, je n'osais plus me hasarder dehors de peur de heurter les passants, de manquer le trottoir et de me faire écraser par les voitures. En mai 1909, un opticien de passage, voulant me vendre des lunettes, me fit avec ses instruments lire, à des distances variées, des imprimés à caractères gradués, tour à tour des deux yeux et de chaque oeil à part. Il finit par me déclarer « l'oeil droit complètement éteint et l'autre oeil bien malade.» Il avait quelque peu exagéré, car d'une personne placée à deux pas de moi, je voyais encore, de ce seul oeil droit, l'ombre, mais une [1131v] ombre vague, imprécise, informe, dont je n'aurais pas pu dire si elle était d'homme ou de quoi. La vision de l'oeil gauche était devenue si faible que le Dimanche des Rameaux 1909 je suis tombé en bas des degrés du choeur que je ne distinguais plus, et cela devant toute la paroisse. Depuis lors, je tremblais de descendre les marches de l'autel que j'étais obligé de chercher au tâtonnement du pied. Bref, j'étais menacé de cécité complète à proche échéance et me sentais à la veille de ne pouvoir plus ni réciter mon bréviaire ni dire la sainte messe. J'envisageais déjà avec angoisse le voyage de Paris pour la fameuse opération gratuite, opération en elle-même scabreuse et de chance douteuse. Mais la divine Providence, qui dispose toutes choses avec suavité, m'avait, à mon insu, mis en relation avec les consoeurs d'une « oculiste » qui sait rendre la vue aux aveu-

 

TÉMOIN 19: Claude-Marcel Weber

 

gles sans onguent ni scalpel chirurgical.

Bien qu'apiphile passionné, je dus l'année dernière me défaire de toutes mes chères avettes que la faiblesse toujours croissante de ma vue ne me permettait plus de soigner. Et la révérende mère prieure de Zarauz avait acquis quelques unes de mes colonies. Or, au printemps dernier (1910), elle [1132r] m'exprima le désir d'avoir une reine d'abeilles italiennes, mais à la condition que je vinsse moi-même l'apposer à l'une de ses ruchées indigènes. Je lui répondis que je n'étais plus à même de faire une opération apiculturale aussi délicate et lui exposai le triste état de ma vue. Là-dessus, elle, avec sa robuste foi de carmélite, me répondit textuellement: « Ah! mais pas de ça! Les apiculteurs ont encore besoin de vous et nous carmélites surtout. Puisque la prière est toute puissante, nous allons faire violence au bon Dieu, et il sera bien obligé de vous rendre la vue.» Quelques jours après, je fus tout étonné de la facilité avec laquelle je pouvais lire et distinguer à mes pieds les marches de l'autel. Le même jour, je commandai la reine en question à un apiculteur d'Italie et prévins la mère prieure de la commande et de ma prochaine arrivée (mars 1910). A Zarauz, j'appris que la communauté avait fait une neuvaine pour obtenir la guérison de ma vue par l'intercession de soeur Thérèse de l’Enfant Jésus, dont jusque-là j'avais ignoré l'existence. C'est donc à un prêtre qui ne la connaissait pas, qui ne lui avait, lui personnellement, rien demandé, que l'angélique soeur [1132v] avait obtenu de son divin Epoux une insigne amélioration de ma vue. Je dis « amélioration », car, pour grand et surprenant que fût ce changement en mieux, je n'avais(pas) recouvré la vision claire et pleine. Nous convînmes donc, la révérende mère et moi, de faire une seconde neuvaine et elle me remit une image relique de celle que dès lors j'appelais ma « céleste oculiste », me recommandant de l'appliquer sur mes yeux chaque soir de la neuvaine (mai 1910). Or, cette neuvaine n'était pas finie que déjà je pouvais lire aisément les « Décrets de la S. Congrégation des Rites » qui se trouvent imprimés en caractères très fins en tête du Bréviaire Romain (édition in. 12 de 1902 de la Société de Saint Jean l'Évangéliste, Tournay) et qui auparavant ne présentaient à mes yeux qu'une page maculée indéchiffrable. Bien plus, je reconnais, depuis lors, les personnes à plus de cent pas. Nous avions commencé cette neuvaine le jeudi dans l'octave de la Pentecôte (19 mai). Vers la mi-juin je suis retourné en Espagne pour mettre ordre aux ruchées du Carmel. Nous décidâmes alors de faire une troisième neuvaine en action de grâces celle-là, et en même temps pour obtenir une plus parfaite lucidité de vue. Et. cette fois encore, ma [1133r] céleste oculiste exauça nos prières, ou plutôt celles de ses consoeurs de Zarauz, ainsi que l'atteste le fait suivant. Ayant recouvré la vue, je voulais redevenir apiculteur. J'achète donc une colonie d'abeilles dans une ruche du pays et la transvase, peuple et rayons, dans une de mes élégantes villas à cadres mobiles. Quelques jours après, je visite ma ruchée pour voir si tout est en ordre et j'y trouve plusieurs cellules royales dont les unes contenaient des larves déjà écloses et d'autres de simples oeufs. Oh! la vue de ces minimes oeufs d'abeilles, pareils à de petits bouts de tenu fil à coudre d'un blanc bleuâtre. Depuis des années, il m'avait été impossible de les apercevoir même avec de puissantes lunettes, et maintenant je les voyais de nouveau à l'oeil nu! Aussi avec quelle reconnaissance mes yeux se sont instantanément levés vers le ciel où ma céleste oculiste venait de réaliser, en ma faveur, sa résolution de faire du bien sur la terre.

Il n'y a donc plus de doute possible: la guérison de ma vue est réelle et persévérante. Je n'ai pas sans doute la vue d'un jeune homme de 20 ans, mais l'état de mes yeux est redevenu ce qu'il était avant l'apparition des premiers symptômes de cataracte en 1899. En somme, ma vue est meilleure que la vue normale d'un vieillard de mon âge (76 ans). Et cette guérison, incontestablement [1133v] merveilleuse, puisque obtenue sans l'intervention d'aucun secours ni remède humains, je la dois évidemment à l'intercession de celle qu'à cet effet nous avions invoquée: soeur Thérèse de l’Enfant Jésus, morte en 1897 au Carmel de Lisieux. Gloire à Dieu! et reconnaissance à ma céleste oculiste!!

Je puis communiquer au tribunal une lettre de monsieur le docteur Baradat, à Saint-Gervais-les-Bains, Haute-Savoie, en date du 7 septembre 1910. Voici cette lettre: « Mon cher abbé: je me souviens fort bien d'avoir vu une certaine opacité, un nuage dans votre cristallin (gauche ou droit, je ne m'en souviens plus), qui me permit de présager l'apparition plus ou moins lointaine d'une cataracte. Il y a dix ans de cela! les souvenirs sont trop imprécis pour que je puisse les formuler dans un certificat. Cependant, malgré les milliers de malades dont j'ai eu à m'occuper, je me rappelle très bien cette constatation; j'ai vu quelque chose dans ce sens, et j'ai dû sûrement vous le dire. Je vous prie d'agréer, mon cher abbé, l'assurance de mes sentiments les plus cordiaux. Docteur Baradat.» Je puis aussi remettre au tribunal, [1134r] pour être insérée à la suite de ma déposition, l'attestation autographe de la révérende mère prieure du Carmel de Zarauz, relatant les circonstances dans lesquelles ont été faites les prières qui ont obtenu ma guérison.

 

[Ayant reconnu l'authenticité de ce document, les juges et le promoteur décident de l'insérer à la fin de la déposition, comme il suit]:

[Relation de la prieure du monastère de Zarauz]:

« J.M.J.T.

Je soussignée, prieure du Carmel du Bon Pasteur à Zarauz, Guipuzcoa, Espagne, déclare avoir fait avec toute la communauté trois neuvaines, la première en mars, puis en mai et juin 1910, à la Servante de Dieu soeur Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, carmélite de Lisieux, pour obtenir le recouvrement de la vue de monsieur l'abbé C.M. Weber, prêtre lorrain du diocèse de Metz, domicilié à Saint-Jean-de-Luz, diocèse de Bayonne, dont un oeil était perdu depuis plus d'un an et l'autre atteint de cataracte. Au cours de ces neuvaines, il a recouvré progressivement la claire vision des deux yeux, aussi bien de l'oeil éteint [1134v] que de l'autre.

 

TÉMOIN 19: Claude-Marcel Weber

 

En foi de quoi j'ai signé avec les mères du conseil.

Signé: Soeur Thérèse Aimée du Coeur de Jésus, prieure

Soeur Marie-Thérèse de Jésus, sous-prieure

Soeur Marie de la Croix, 3e dépositaire,

Soeur Marie de la Trinité 1ère dépositaire,

Soeur Marie Joseph du Sauveur. Carmel du Bon Pasteur à Zarauz Le 10 août 1910.»

 

[Session 70: - 23 mars 1911, à 8h. 30]

 

[1138r] [1138v] [Suite de la réponse à la vingt-neuvième demande]:

[Demande du promoteur: faisant défaut l'attestation des médecins relative à cette maladie des yeux avant la guérison miraculeuse, pourriez-vous fournir au moins une attestation de la notoriété publique de cette infirmité? Réponse]:

Je n'ai pas prévu l'utilité de cette pièce, mais si le tribunal le désire, rien ne me sera plus facile que de l'obtenir après mon retour à Saint-Jean-de-Luz et de l'envoyer à monsieur le juge président. Tout le clergé de la ville et de la région sait en effet comment, avant mars 1910 mes confrères étaient souvent obligés de me conduire quand le temps devenait un peu sombre.

 

[Les juges admettent cette proposition en accord avec le promoteur et décident que ce document, authentifié par la curie épiscopale de Bayonne, sera joint aux Actes, à la fin de la présente déposition]..

[Le témoin poursuit]:

J'ai appris de monsieur le chanoine [1139r] Daranatz, secrétaire de l'évêque de Bayonne, que deux faits miraculeux étaient attribués à l'intercession de 1a Servante de Dieu dans la région: l° La conversion, sur son lit de mort, d'un père de famille réfractaire aux pratiques religieuses. 2° La guérison d'une petite fille de six ans. J'ai moi-même fait une neuvaine à la Servante de Dieu, associant cette neuvaine quelques personnes, pour obtenir la conversion d'un athée niant publiquement l'existence de Dieu et paraissant inaccessible à toute idée religieuse. Or, pendant notre neuvaine, à la grande surprise de son entourage, il a spontanément commencé à parler de Dieu et à implorer sa miséricorde, en répétant: « Seigneur, ayez pitié de moi. »

Un calviniste sectaire de ma connaissance, ayant consenti à lire la « Vie de soeur Thérèse de l’Enfant Jésus», a été tellement touché par cette lecture, qu'il va maintenant à l'église catholique, assiste aux instructions et paraît s'acheminer visiblement vers une prochaine conversion. Je connais, soit au Carmel de Zarauz, soit chez les ursulines de Getharia [sic], soit chez les visitandines de Zarauz, un certain nombre de guérisons et d'autres grâces temporelles et spirituelles attribuées par les religieuses et les supérieures de ces maisons, qui me l'ont elles [1139v]-mêmes rapporté, à l'intercession de la Servante de Dieu.

 

[Réponse à la trentième demande]:

J'ai exposé tout ce dont je me souviens.

 

[Au sujet des Articles, le témoin dit ne savoir que ce qu'il a déjà déposé en répondant aux demandes précédentes. Est ainsi terminé l'interrogatoire de ce témoin. Lecture des Actes est donnée. Le témoin n'y apporte aucune modification et signe comme suit]:

Ego testis, ita pro veritate deposui, illud ratum habeo et confirmo.

Signatum: CI. M. WEBER