Le berceau de Jésus ou le stabat joyeux
Que le divin petit Jésus soit toujours le gage le plus précieux de ton amour.

Ta soeur qui t'aime bien tendrement.

Léonie Enf. de M.    8 mai 1884

Le berceau de Jésus ou le Stabat joyeux de la contemplation. L'enfant Jésus sommeille Dans son humble berceau. Sur lui, sa mère veille En tournant son fuseau... Entre ses doigts agiles, Pour son enfant divin, Tournent les fils fragiles De la laine et du lin. Les Anges, autour d'elle En groupe se formant, Bercent du bout de l'aile N .L'Enfant Jésus dormant. Ils font taire la lyre De peur de l'éveiller ; Et sa mère l'admire Sur son blanc Oreiller. Qu'il est beau! qu'elle l'aime !.. Cet enfant, son seul bien! C'est le fils de Dieu même, Et ce Fils, c'est le sien ! C'est le divin Messie, C'est le Verbe éternel, Le Sauveur qu'Isaïe Prédît à Israël. Mais soudain quel nuage Sur son front a passé Quelle funèbre image De terreur l'a glacé ? Peut-être, pauvre Mère songe-t-elle déjà à cette coupe amère Qu'un jour son fils boira ! Elle voit par avance les épines, les Clous, La Croix, le fiel, la lance, les soldats en courroux. Les amis qui s'éloignent, l'Apôtre qui trahit Et ses deux mains se joignent Sur son cœur qui frémit. Rougissant sa paupière Des pleurs voilent ses jeux,.. Les Anges en prière Sont tristes, soucieux. Et l'Enfant Dieu sommeille ! Ses yeux ne s'ouvrent pas !.. L'un d'eux à son oreille Se penche et dit tout bas; » Seigneur Jésus, cette heure est bien douce pour nous ; « Mais votre Mère pleure ; Vite, réveillez -vous ! Soudain Jésus s'éveille, à l'Ange il obéit, Et sa bouche vermeille A sa Mère sourit. Emue, elle se penche Sur sa couche de lin Et son amour s'épanche Dans un baiser divin. Ses yeux se rassérènent Aux regards de Jésus, Et les Anges reprennent leurs chants interrompus. En cette contemplation divine, l'âme de Marie se fondait tout entière dans l'âme de Jésus, qu'il soit aussi notre unique pensée, notre unique amour, notre unique repos. LES DOUCEURS DE L'ORAISON ou le Regard de la Foi: La Mère de Dieu contemplait le Verbe anéanti, et ce regard de foi brûlait et consumait son cœur... Si nous avions la Foi !... Notre esprit, comme celui de Marie, verrait toujours Jésus ! méditerait toujours Jésus ! écouterait toujours Jésus ! et croirait tout perdu, lorsqu'il perdrait Jésus ! Si nous avions la Foi ! Notre cœur, comme celui de Marie, mépriserait tout ce qui n'est pas Jésus ! …fuirait tout ce qui déplaît à Jésus ! …mettrait toute sa joie à consoler Jésus ! et s'efforcerait de gagner tous les cœurs à Jésus. Si nous avions la Foi ! Notre volonté, comme celle de Marie, serait en tout et partout à Jésus ! Nous souffririons toujours volontiers pour Jésus ! Nous immolerions tout... à l'amour de Jésus ! Nous n'aspirerions qu'à posséder Jésus et nous mériterions de mourir dans la paix de Jésus. O Marie, Mère de mon Dieu et ma Mère... par cette intime union que votre recueillement et votre fidélité augmentaient chaque jour, obtenez que mon cœur devienne semblable au vôtre... faites qu'une Foi vive allume en moi un ardent Amour.

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