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Ms A 23r

joli cerceau pour l'encourager à continuer d'être bien studieuse. La pauvre petite avait un réel besoin de ces joies de la famille, sans elles, la vie de pension lui aurait été trop dure.

L'après-midi de chaque Jeudi c'était congé, mais ce n'était pas comme les congés de Pauline, je n'étais pas dans le belvédère avec Papa... Il fallait jouer non pas avec ma Céline, ce qui me plaisait quand j'étais toute seule avec elle, mais avec mes petites cousines et les petites Maudelonde ; c'était pour moi une vraie peine, ne sachant pas jouer comme les autres enfants, je n'étais pas une compagne agréable, cependant je faisais de mon mieux pour imiter les autres sans y réussir et je m'ennuyais beaucoup, surtout quand il fallait passer tout une après-midi à danser des quadrilles. La seule chose qui me plaisait c'était d'aller au jardin de l'étoile, alors j'étais la première partout, cueillant les fleurs à profusion et sachant trouver les plus jolies j'excitais l'envie de mes petites compagnes...

Ce qui me plaisait encore c'était lorsque par hasard j'étais seule avec la petite Marie, n'ayant plus Céline Maudelonde pour l'entraîner à des jeux ordinaires, elle me laissait libre de choisir et je choisissais un jeu tout à fait nouveau. Marie et Thérèse devenaient deux solitaires n'ayant qu'une pauvre cabane, un petit champ de blé et quelques légumes à cultiver. Leur vie se passait dans une contemplation continuelle, c'est-à-dire que l'une des solitaires remplaçait l'autre à l'oraison lorsqu'il fallait s'occuper de la vie active. Tout se faisait avec une entente, un silence et des manières si religieuses que c'était parfait. Lorsque ma Tante venait nous chercher pour la promenade, notre jeu continuait même dans la rue. Les deux solitaires récitaient