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Ms A 28r

crut que j'étais morte... Mais cette maladie n'était pas pour que je meure, elle était plutôt comme celle de Lazare afin que Dieu soit glorifié... Il le fut en effet, par la résignation admirable de mon pauvre petit Père qui crut que «sa petite fille allait devenir folle ou bien qu'elle allait mourir.» Il le fut aussi par celle de Marie !... Ah ! qu'elle a souffert à cause de moi... combien je lui suis reconnaissante des soins qu'elle m'a prodigués avec tant de désintéressement... son coeur lui dictait ce qui m'était nécessaire et vraiment un coeur de Mère est bien plus savant que celui d'un médecin, il sait deviner ce qui convient à la maladie de son enfant...

Cette pauvre Marie était obligée de venir s'installer chez mon Oncle car il était impossible de me transporter alors aux Buissonnets. Cependant la prise d'habit de Pauline approchait ; on évitait d'en parler devant moi sachant la peine que je ressentais de n'y pouvoir aller, mais moi j'en parlais souvent disant que je serais assez bien pour aller voir ma Pauline chérie.  En effet le Bon Dieu ne voulut pas me refuser cette consolation ou plutôt Il voulut consoler sa Fiancée chérie qui avait tant souffert de la maladie de sa petite fille... J'ai remarqué que Jésus ne veut pas éprouver ses enfants le jour de leurs fiançailles, cette fête doit être sans nuages, un avant-goût des joies du Paradis, ne l'a-t-Il pas montré déjà 5 fois ?... Je pus donc embrasser ma Mère chérie, m'asseoir sur ses genoux et la combler de caresses... Je pus la contempler si ravissante, sous la blanche parure de Fiancée... Ah ! ce fut un beau jour, au milieu de ma sombre épreuve, mais ce jour passa vite... Bientôt il me fallut monter dans la voiture qui m'emporta bien loin de Pauline... bien loin de mon Carmel chéri. En arrivant aux Buissonnets, on me fit coucher, malgré moi car j'assurais