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Témoin 23 - Marie‑Elisa‑Jeanne Guerin (La Neele)

TÉMOIN XXIII

MARIE‑ELISA‑JEANNE GUERIN (LA NEELE)

Le témoin appartient au groupe des membres de la famille de Thérèse de l'Enfant‑Jésus. A ce point de vue, sa déclaration, malgré sa brièveté, revêt une valeur particulière.

 

Il s'agit de « Jeanne », la cousine compagne d'enfance à Lisieux, dont parlent plusieurs passages du Manuscrit « A » de l'Histoire d'une âme, et certaines lettres de la Servante de Dieu. Née à Lisieux le 24 février 1868, fille d'Isidore Guérin, frère de Zélie, la maman de Thérèse, et de Céline Fournet, elle épousa le 1er octobre 1890 le docteur Francis La Néele, qui soigna, en quelques rares occasions, Thérèse pendant sa dernière maladie. Tous ceux qui connaissent les écrits de Thérèse se souviennent du « faire‑part » de son mariage avec Jésus qui lui avait été suggéré par le faire-part du mariage de Jeanne avec Francis, ainsi que de l'espoir avec lequel Thérèse soutenait continuellement sa cousine, désireuse d'avoir un enfant; cet espoir ne se réalisa jamais malgré la promesse de la Sainte de lui obtenir cette grâce quand elle serait au ciel. A en croire le témoin, il semble que Thérèse ait eu la mission de lui obtenir des grâces non pas de douceur, mais de souffrance. C'est donc avec le sourire aux lèvres qu'on l'entend déclarer: « Je remercie Dieu des grâces dont elle a été comblée, et pour cela je récite le Magnificat quand je vais sur sa tombe... Quant à lui demander de m'obtenir des grâces, comme elle ne m'a envoyé que des croix, cela me rend hésitante » (p. 1350). Elle y revient un peu plus loin, mais sous forme de conclusion fort intéressante: « J'ai souvent invoqué la Servante de Dieu dans mes peines temporelles, et je n'ai constaté qu'une recrudescence de croix et d'épreuves. Je lui demande de m'obtenir la grâce de les supporter chrétiennement » (p. 1360).

Son témoignage se déroule avec une extrême simplicité sur la base des souvenirs d'enfance. Tous les détails se trouvent déjà dans le Procès de 1911, au cours duquel le témoin avait parlé avec un peu plus d'étendue.

Elle déposa le 12 mars 1917, dans la sacristie du Carmel de Lisieux, au cours de la session 69 du Procès, et sa déposition se trouve aux pages 1349‑1360 de notre Copie publique.

 

[Session 69: ‑ 12 mars 1917, à 9h. et à 2h. de l'après‑midi]

[1349][Le témoin répond correctement à la première demande].

 

 [Réponse à la deuxième demande]:

Je m'appelle Marie‑Elisa‑Jeanne Gué­rin, veuve de monsieur le docteur Francis La Néele, née à Lisieux, le 24 février 1868, de Marie‑Isidore‑Victor Guérin, pharma­cien et de Céline Fournet. Mon père était le frère de madame Martin, mère de la Servante de Dieu; je suis donc la cousi­ne germaine de soeur Thérèse de l'Enfant -Jésus.

 

 [Le témoin répond correctement de la troisième à la cinquième demande].

 

 [Réponse à la sixième demande]:

Je vais faire ma déposition en conscience et en toute vérité, personne n'a exercé sur moi aucune influence; d'ailleurs c'eût été inutile.

 

 [Réponse à la septième demande]:

Depuis l'arrivée de la famille Martin à Lisieux, en 1877, jusqu'à l'entrée de la Servante de Dieu au Carmel, en 1888, les relations entre nos deux familles furent quotidiennes et très intimes. Nous nous            réunissions tous les jeudis et tous les di­manches. Les autres jours, Thérèse Mar­tin et moi allions à la même pension ain­si que ma soeur Marie et Céline Martin. Après l'entrée au [1350] Carmel de la Ser­vante de Dieu, je venais au parloir, en­viron tous les 15 jours.

 

[Réponse à la huitième demande]:

J'ai confiance que soeur Thérèse de l'Enfant Jésus est en très belle place au ciel. Je remercie Dieu des grâces dont elle a été comblée, et pour cela je récite le Magnificat quand je vais sur sa tombe. Je désire de tout mon coeur sa canonisation. Quant à lui demander de m'obtenir des grâces, comme elle ne m'a envoyé que des croix, cela me rend hésitante.

 

[Réponse à la neuvième demande]:

Je sais que la Servante de Dieu est née à Alençon le 2 janvier 1873. Elle avait quatre soeurs aînées survivantes: Marie, Pauline, Léonie et Céline. Plusieurs autres enfants, quatre je crois, étaient morts en bas âge; je ne les ai pas connus. Madame Martin est morte à Alençon, lorsque la Servante de Dieu avait environ quatre ans. Etant moi‑même de cinq ans plus âgée que soeur Thérèse, je suis allée plusieurs fois chez ses parents à Alençon avant la mort de sa mère. Je me rappelle que madame Martin était une chrétienne très fervente et très courageuse dans la pratique de ses devoirs. Tous les matins elle assistait à la messe de six heures et elle a été fidèle à cette pratique jusqu'à peu de jours avant sa mort, bien qu'elle fût atteinte d'une maladie très douloureuse, un cancer. Monsieur Martin était lui‑même un chrétien très ardent et exemplaire.

 

[1351] [Réponse à la dixième demande]:

Après la mort de madame Martin, en août 1877, monsieur Martin vint à Li

 

TÉMOIN 23: Jeanne Guérin

 

sieux avec ses enfants pour rapprocher nos deux familles et pour que ma mère s'occupât des jeunes filles. Il habita une petite villa, appelée les «Buissonnets», à un kilomètre de distance de la maison de mes parents. J'avais une soeur, Marie, plus jeune que moi de deux ans, et qui est morte au Carmel de Lisieux, en 1905. L'éducation de la petite Thérèse fut faite par son père, mais surtout par ma cousine Pauline, aujourd'hui mère Agnès de Jésus. Monsieur Martin aimait d'un amour de prédilection Thérèse, sa plus jeune enfant. Ses soeurs aînées partageaient aussi cette affection spéciale pour leur petite soeur. Mais j'affirme que cette préférence n'a pas nui à son éducation et ne suscitait aucune jalousie dans sa famille.

 

Vers huit ans, la Servante de Dieu commença à fréquenter chaque jour l'école des bénédictines de Lisieux. Céline y allait aussi, ainsi que Léonie Martin, ma soeur Marie et moi. Comme j'étais de cinq ans plus âgée que Thérèse, j'étais plutôt intime avec Céline qui était de mon âge, et Thérèse était plus liée avec ma jeune soeur Marie. A cette époque, j'ai souvenir que la Servante de Dieu se montrait très douce, très aimable pour tous, notablement sensible, mais n'aimant pas les jeux bruyants et le mouvement. Elle était sérieuse, réfléchie, et, en dehors de la famille très intime, ne se livrait pas. Je me souviens que quand Pauline la quitta pour le Carmel, elle ne dit rien de son chagrin à personne, pas même, je crois, à Céline. [1352] Cependant son chagrin était bien grand puisqu'il détermina, croyons‑nous, la maladie grave dont elle fut atteinte à cette époque. Je me souviens aussi qu'alors elle était très pieuse, aimait beaucoup les exercices religieux et priait avec une grande ferveur. Je ne lui connaissais pas de défauts que sa sensibilité extrême, mais ça n'était pas sa faute.

 

[Est‑ce que cette piété de la Servante de Dieu excédait la mesure commune? ‑ Réponse]:

Il n'y a pas de comparaison possible entre sa piété à cette époque et celle des autres enfants de son âge. Sa ferveur était extraordinaire et nous dépassait toutes dans la famille, sauf peut‑être Pauline qui, elle aussi, était très pieuse.

 

La Servante de Dieu, en l'absence de son père, était chez mes parents, quand se déclara la maladie dont elle fut atteinte à l'âge de dix ans (1883). Ce mal débuta par un tremblement violent qui fit croire d'abord à une fièvre. Puis se manifesta avec de la dépression, un état de demi‑hallucination qui lui faisait voir les différents objets ou les attitudes de ceux qui l'entouraient, sous des formes effrayantes. A la période la plus intense, il y eut aussi plusieurs crises motrices pendant lesquelles elle réalisait des mouvements rotatoires de tout le corps, dont elle eût été absolument incapable en état de santé. Le médecin, monsieur le docteur Notta, ne se prononçait pas nettement sur la nature de la maladie. Mon père qui, par sa profession et ses études, était très expérimenté dans la connaissance des malades, ne pouvait se résoudre à n'y voir qu'une [1353] maladie naturelle, il y voyait une action du démon. Dès cette époque, et toujours d'ailleurs, il reconnaissait en Thérèse une sainteté extraordinaire, et répétait: « Cette enfant fera de grandes choses.» Au plus fort des crises, ce mal cessa subitement. Je crois me rappeler qu'à ce moment même  on affirma, ce qui m'a été bien souvent redit depuis, qu'elle avait été guérie par la Sainte Vierge.

 

[Est‑ce qu'au moment même on crut à une apparition de la Sainte Vierge? ‑ Réponse]:

Je ne me rappelle pas si on l'a dit précisément à ce moment‑là.

[Suite de la ré­ponse]:

Jamais depuis aucune manifestation quelconque de ce mal ne s'est produite, et mon père disait que si c'eût été une af­fection nerveuse, laissée à son cours na­ turel, on en aurait retrouvé des traces ul­térieurement dans le tempérament de la jeune fille.

La Servante de Dieu fit sa première com­munion à l'Abbaye, après une retraite fermée. La grande piété, dont j'ai parlé, se manifesta en cette circonstance sans que j'aie pourtant rien remarqué de bien particulier.           Pendant son séjour à l'Abbaye, la Servante de Dieu était une bonne élève, réussissait bien dans ses études, elle était       très obéissante à ses maîtresses. Elle était bonne avec ses compagnes, mais ne parta­ geait pas volontiers leurs jeux; elle ne se familiarisait pas, et se tenait habituelle­   ment dans une certaine réserve. En somme, la vie de pension contrastant avec sa vie de famille, lui était plutôt pénible. Je crois que sa formation [1354] intérieure est restée surtout l'oeuvre de Pauline, et que la pension, où elle avait pourtant de bonnes maîtresses, a eu peu d'influence sur elle.

 

 [Réponse à la onzième demande]: 

A l'âge de 13 ans, la Servante de Dieu quitta la pension des bénédictines et acheva son éducation dans sa famille. Je crois que des maux de tête continuels furent la raison de son départ. Je n'ai pas gardé un souvenir bien précis des deux années qui ont précédé son entrée au Carmel. Je puis cependant caractériser d'une manière générale cette période: il n'y avait, dans nos deux familles, aucune mondanité; c'était une vie d'intérieur bien chrétien.

J'appris par mon père, qu'elle était venue consulter, sa décision d'entrer prochainement au Carmel. Je ne fus pas surprise qu'elle se fit carmélite, tout le monde le prévoyait, mais je ne m'attendais pas à ce qu'elle entrât si tôt.

 

[1355] [Suite de la réponse].

[Réponse à la douzième demande]:

A compter du jour où soeur Thérèse est entrée au Carmel, je ne l'ai plus suivie de bien près: je venais au parloir où elle me recevait avec ses soeurs, je ne sais donc rien de précis sur les détails de sa vie au Carmel, et cela d'autant plus que, par humilité sans doute, elle parlait peu, même quand elle venait au parloir, et laissait la parole à ses soeurs.

 

 [Réponse aux demandes treizième et quatorzième]:

Touchant ses vertus au Carmel, je puis citer de nouveau quelques témoignages écrits que j'ai déjà communiqués, soit au Procès des écrits, soit au Procès Informa

 

TÉMOIN 23: Jeanne Guérin

 

tif de l'ordinaire Ce sont des extraits de lettres écrites par la Servante de Dieu à mes parents, ou bien encore écrites par ma soeur Marie, carmélite, ou d'autres lettres encore.

Ainsi:

1° La supérieure du Carmel écrivait à mes parents au sujet de Thérèse: « Jamais je n'aurais pu croire à un jugement aussi avancé dans une enfant de 15 ans; pas un mot à lui dire: tout est parfait. La supérieure qui écrivait ainsi était mère de Marie de Gonzague.

2° Voici quelques passages des lettres de soeur Thérèse à ma mère:

« Bientôt neuf ans que je suis dans la maison du Seigneur, je devrais donc être déjà avancée dans les voies de la perfection, mais je suis encore au bas de l'échelle; cela ne me décourage pas... espérant à la fin de ma vie [1356] participer aux richesses de mes soeurs qui sont bien plus généreuses. J'espère aussi, ma chère tante, avoir une belle place au banquet céleste... Lorsque les anges sauront que j'ai l'honneur d'être votre petite fille, ils ne voudront pas me faire le chagrin de me placer loin de vous... aussi je jouirai à cause de vos vertus des biens éternels... Mon coeur se fond de reconnaissance envers le bon Dieu qui m'a donné des parents comme on n'en trouve plus sur la terre » @LT 202@

 

Une autre fois elle écrit encore à sa tante: « Pour votre fête, je voudrais vous enlever tout chagrin, prendre pour moi toutes vos peines. C'est ce que je demandais tout à l'heure... mais je sentais que tout ce que Jésus pouvait nous donner de meilleur était la souffrance, qu'il ne la donnait qu'à ses amis de choix... je voyais que Jésus aimait trop ma tante chérie pour lui enlever la croix.»@LT 67@ Elle écrivait à son oncle, mon père: « Oh! qu'il me semble que la couronne qui vous est réservée est belle! Il ne peut en être autrement puisque toute votre vie n'est qu'une croix perpétuelle et que Dieu n'agit ainsi qu'avec les grands saints»  @LT 59@. Si mon père avait vécu, il aurait été heureux de rendre témoignage pour sa chère petite Thérèse, et il aurait certainement rapporté bien des détails édifiants, ainsi que ma bien aimée mère.

                                                                   

[Réponse de la quinzième à la quarante‑sixième demande]:

Comme je l'ai dit, je ne suis pas en état de fournir un témoignage personnel et

détaillé sur ces points.

 

[1537] [Réponse à la quarante‑septième demande]:

Je ne l'ai connue personnellement que jusqu'à son entrée au Carmel, et après seulement par ce que m'en disaient mes parents et ses soeurs. J'étais bien loin de penser alors qu'elle ferait des miracles        comme elle en fait aujourd'hui et qu'on parlerait d'elle comme on en parle dans le monde entier; mais pour ce qui est des    vertus, je croyais dès le temps que nous vivions ensemble que sa perfection était tout à fait extraordinaire et dépassait ce qu'on observe communément dans les personnes vertueuses. C'était aussi l'avis de mes parents et de tous ceux qui la connaissaient.

 

[Pouvez‑vous dire en quoi spécialement les vertus de la Servante de Dieu apparaissaient héroïques? ‑ Réponse]:

Je ne lui ai jamais rien vu faire d'extraordinaire, mais, ce qui me paraissait héroïque dans sa conduite, c'est que jamais ses vertus ne souffraient aucune défaillance, même dans son enfance, c’est-à-dire, dans les années où je l'ai fréquentée. C'était remarquable surtout pour sa piété, son humilité, son obéissance, et sa douceur et sa charité envers le prochain.

 

 [Réponse de la quarante‑huitième à la cinquantième demande]:

Je n'ai rien entendu de particulier sur ces points.

 

[Réponse à la cinquante‑et‑unième demande]:

Tout le monde connaît l'histoire de sa vie écrite par elle‑même. J'ai gardé aussi les lettres qu'elle a écrites à mes parents ou à moi.

 

[1358] [Réponse à la cinquante‑deuxième demande]:

Lors de la dernière maladie de la Servante de Dieu, nous recevions, par ses soeurs carmélites, des nouvelles fréquentes, et je venais au parloir prendre de ses nouvelles. J'ai su ainsi qu'elle avait beaucoup souffert, plus qu'on ne souffre ordinairement de cette maladie (tuberculose pulmonaire) et qu'elle avait supporté ses souffrances avec une admirable patience.

 

Mon mari, monsieur le docteur La Néele fut appelé deux fois auprès d'elle en l'absence de monsieur le docteur de Cornières, médecin de la communauté. Il me dit, à cette occasion, qu'il avait été extrêmement frappé de sa sainteté et de la douceur angélique avec laquelle elle supportait ses souffrances.

 

[Réponse à la cinquante‑troisième demande]:

La Servante de Dieu mourut le 30 septembre 1897. Je vins prier auprès de son corps exposé à la grille du choeur. Je n'ai rien remarqué d'extraordinaire dans cette circonstance. Beaucoup de fidèles vinrent pareillement; mais ce concours peut s'expliquer par le fait que notre famille était très connue dans la ville.

 

 [Réponse à la cinquante‑quatrième demande]:

Tout le monde sait qu'elle a été inhumée au cimetière public de la ville de Lisieux, et que, en septembre l910, je crois, elle fut transférée, par ordre de monseigneur l'évêque de Bayeux, dans un tombeau voisin où tout le monde va prier.

 

 [Réponse à la cinquante‑cinquième demande]:

[1359] Je n'ai rien remarqué dans ces circonstances qui ressemblât à un culte.

 

 [Réponse à la cinquante‑sixième demande]:

Je vais souvent prier sur la tombe de la Servante de Dieu. Depuis le commencement du Procès en 1910, il s'est établi un concours de pèlerins qui se maintient et ne fait qu'augmenter. Il me semble que les pèlerins de toute condition qui vien-

 

TÉMOIN 23: Jeanne Guérin

 

nent sur la tombe prient avec ferveur et recueillement. Je n'ai rien remarqué dans ces manifestations qui ne fût sérieux et grave.

 

[Réponse à la cinquante‑septième demande]:

Je constate dans tout mon entourage que l'on a une très grande confiance dans l'invocation de la Servante de Dieu. On la prie beaucoup de toutes parts et on rapporte de tous côtés des faveurs obtenues par son intercession. Il est notoire aujourd'hui que cette réputation de sainteté est répandue pour ainsi dire dans le monde entier.

Je ne crois pas qu'on ait jamais cherché à cacher ou à dissimuler ce qui aurait pu nuire à la Cause; on n'a pas non plus, à mon avis, exagéré ses vertus, mais le Carmel en particulier n'a rien épargné pour la faire connaître telle qu'elle est.

 

[Réponse à la cinquante‑huitième demande]:

Je n'ai jamais entendu de critique qui eût pour objet les vertus ou la sainteté de la Servante de Dieu.

 

[Réponse de la cinquante‑neuvième à la soixante‑cinquième demande]:

[1360] En ce qui me concerne personnellement, j'ai souvent invoqué la Servante de Dieu dans mes peines temporelles, et je n'ai constaté qu'une recrudescence  de croix et d'épreuves.  Je lui demande de m'obtenir la grâce de les supporter chrétiennement.

Pour ce qui est d'autres personnes, j'ai entendu rapporter une foule de grâces obtenues par l'intercession de soeur Thérèse. Mon mari m'a rapporté qu'il avait lui‑même reconnu, comme médecin, la guérison miraculeuse de monsieur l'abbé Anne, vicaire de Pont‑l'Évêque, et d'un vieillard des Petites Soeurs des Pauvres, atteint d'un cancer à la langue.

 

[Réponse à la soixante‑sixième demande]:

Je n'ai rien à ajouter.

 

 [Au sujet des Articles, le témoin dit ne savoir que ce qu'il a déjà déposé en répondant aux demandes précédentes. ‑ Est ainsi terminé l'interrogatoire de ce témoin. Lecture des Actes est donnée. Le témoin n'y apporte aucune modification et signe comme suit]:

Signatum: JEANNE LA NÉELE, [1361]  témoin, j'ai déposé comme ci‑dessus selon la vérité, je le ratifie et je le confirme.