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Témoin 25 - Alexandre-Charles Maupas

Alexandre-Charles Maupas naquit à Mesnil-Auzoul (Calvados) le 27 août 1850 et fut ordonné prêtre à Bayeux le 29 juin 1874. Vicaire à Saint-Jean de Caen (1876) et curé de Bretteville-sur-Odon (1889) il succéda à son cousin, le chanoine Delatroëtte, en 1895 comme curé de Saint-Jacques de Lisieux et comme supérieur délégué du Carmel. Il fut donc à bonne source pour être informé de soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus, et eut avec elle des contacts directs au cours surtout de ses deux derniers mois. Cette assistance revenait, de droit, à l'abbé Louis-Auguste Youf (né en 1842), mais qui était déjà bien malade et devait mourir en 1897, quelques jours seulement après la Sainte. C'est pourquoi monsieur Maupas put visiter Thérèse, la confesser et lui donner l'Extrême-Onction le 30 juillet 1897. Il mourut à Lisieux, chanoine honoraire, le 19 février 1920. Le témoin déposa le 7 août 1911. au cours de la 79ème session, f. 1228r-1235r de notre Copie publique.

 

[Session 79: - 7 août 1911 à 8h. 30]

 

[1228r] [Le témoin répond correctement à la première demande].

 

[Réponse à la seconde demande]:

[1228v] Je m'appelle Alexandre-Charles Maupas, né à Mesnil-Auzouf le 27 août 1850 du légitime mariage de Alexandre Maupas, cultivateur, et de Jeanne Marie. Je suis prêtre, chanoine honoraire, curé de la paroisse de Saint Jacques de Lisieux depuis novembre 1895; je suis aussi supérieur ecclésiastique du Carmel de Lisieux depuis la même époque. J'ai donc commencé à exercer cette dernière fonction deux ans environ avant la mort de la Servante de Dieu.

 

TÉMOIN 25: Alexandre Maupas

 

[Le témoin répond correctement à la troisième demande].

 

[Réponse à la quatrième demande]:

J'ai comparu devant les juges civils, au moment de la séparation de l'Eglise et de l'Etat en France (décembre 1906) pour répondre du délit d'avoir célébré la messe sans la déclaration exigée par le gouvernement. C'est un délit dont je me fais gloire.

 

[1229r] [Le témoin répond correctement de la cinquième à la septième demande].

[Réponse à la huitième demande]:

Je crois inutile de reproduire dans mon témoignage ce que je sais par la lecture de l'« Histoire d'une âme », cet ouvrage étant connu de tous. Je dirai seulement mes informations personnelles: j'ai eu avec la Servante de Dieu quelques rapports directs dans l'exercice de ma charge de supérieur du Carmel. Ces rapports ont été un peu plus fréquents dans les derniers mois de sa maladie. Le chapelain étant alors lui-même gravement malade, j'ai visité cinq ou six fois la Servante de Dieu et lui ai administré les derniers Sacrements. J'ai aussi recueilli alors les témoignages des supérieures carmélites et de l'aumônier du monastère sur la Servante de Dieu.

 

Réponse à la neuvième demande]:

J'ai une dévotion confiante [1229v] pour la Servante de Dieu et j’espère que l'Eglise la mettra un jour sur les autels; mon espérance est fondée sur l'estime que j'ai de sa sainteté et sur la puissance de son intercession constatée, non seulement chez les autres, mais encore personnellement.

 

[Réponse de la dixième à la dix-septième demande]:

Je n'aurais rien à dire sur tous ces points sinon ce que j'en ai lu dans son autobiographie. Mes informations personnelles ne datent, en effet, que de l'époque où j'ai été nommé supérieur du Carmel (1895).

 

[Réponse à la dix-huitième demande]:

Mes fonctions de supérieur ecclésiastique ne me mettaient pas en rapport bien direct avec chacune des religieuses de la communauté. Mais je me souviens que la révérende mère prieure. Marie de Gonzague, m'entretenant de l'état de la communauté, signalait soeur Thérèse de l’Enfant Jésus comme une religieuse [1230r] exemplaire et exceptionnellement fervente. Je crois qu'elle l'avait chargée du soin des novices, bien qu'elle n'eût alors que 22 ans. L'aumônier du Carmel, monsieur Youf, me parlant de soeur Thérèse, me disait qu'il la tenait pour une religieuse d'une vertu exceptionnelle.

 

[Réponse à la dix-neuvième demande]:

Je me souviens qu'au moment de rédiger la circulaire nécrologique habituelle, après la mort de la Servante de Dieu, la révérende mère prieure me dit qu'elle possédait sur la vie de soeur Thérèse des notes très précieuses rédigées par elle-même sur l'ordre qu'elle lui en avait donné.

 

[Réponse de la vingtième à la vingt-troisième demande]:

Je n'ai pas connu assez intimement la Servante de Dieu pour faire sur chacun de ces points en particulier une déposition plus précise que ce que j'ai dit en réponse à la question dix-huitième.

 

[Réponse à la vingt-quatrième demande]:

La Servante de Dieu est morte d'affection tuberculeuse à l'infirmerie du Carmel de Lisieux, le 30 sep-[1230v] tembre 1897. Je fus appelé à la visiter, pour la première fois, deux mois environ avant sa mort. Je la trouvai alors toute radieuse et souriante. Comme je lui exprimais ma surprise de trouver une malade si épanouie, elle me répondit qu'elle était joyeuse à la pensée d'aller bientôt voir Jésus dans le ciel. Des quelques visites que je lui fis à cette époque, j'ai retenu cette impression générale, mais très nette, d'une candeur d'enfant, et d'un abandon très simple aux desseins de Dieu. Quand je lui donnai l'Extrême-Onction et l'indulgence de la Bonne-Mort, je lui dis que « ces grâces allaient rendre son âme pure comme au jour de son baptême.» Je trouve dans sa Vie que ces paroles l'avaient frappée et rendue très heureuse.

 

[Réponse de la vingt-cinquième à la vingt-sixième demande]:

Je sais qu'il est de notoriété publique que le tombeau de la Servante de Dieu, au cimetière de notre ville de Lisieux, est constamment visité par des pèlerins qui viennent de tous [1231r] pays pour prier et remercier. Mes vicaires vont plusieurs fois par semaine au cimetière pour le service de la paroisse et me rendent témoignage que la plupart du temps ils trouvent des fidèles priant sur le tombeau de la Servante de Dieu. Ce mouvement de piété dure depuis longtemps et ne se ralentit pas.

 

[Réponse à la vingt-septième demande]:

De tous côtés les fidèles invoquent la Servante de Dieu comme on invoque une sainte.

 

[Réponse à la vingt-huitième demande]:

Je n'ai rien entendu dire contre le renom de sainteté de la Servante de Dieu.

 

[Réponse à la vingt-neuvième demande]:

Comme curé de la paroisse Saint Jacques de Lisieux, je constate que la confiance des fidèles dans l'intervention miraculeuse de la Servante de Dieu est, pour ainsi dire, universelle. Dès que se déclare une maladie, on pense le plus souvent à se recommander à elle par des neuvaines et autres pratiques de piété. Parmi les faveurs particulières attribuées à l'intercession de la Servante de Dieu, je puis apporter un témoignage spécial sur deux cas:

1° Mon vicaire, monsieur l'abbé Lamy, m'a fait personnellement le récit de ses constatations dans la guérison du jeune Legot, atteint de méningite déclarée [1231v] incurable par le médecin, Ce cas est relaté dans les « Articles » du vice-postulateur sous le n.

 

TÉMOIN 25: Alexandre Maupas

 

132 et le récit que m'a fait mon vicaire est de tout point conforme à cette relation.

 

2° Monsieur l'abbé Anne, dont la guérison est rapportée dans les mêmes « Articles » (n. 126) était, lors de sa maladie, domicilié sur ma paroisse. J'ai pu constater qu'il était « à toute extrémité.» Sa guérison était désespérée; elle a surpris son entourage; je continue de le voir de temps à autre, maintenant qu'il est vicaire de Pont l'Evêque, et je constate qu'il jouit d'une bonne santé. Je sais aussi que sa guérison est attribuée par lui à l'intercession de la Servante de Dieu qu'il invoquait. Néanmoins, d’autres personnes qui s'intéressaient à lui, priaient en même temps Notre Dame de Lourdes pour son rétablissement.

 

Dans l'exercice de mon ministère pastoral, j'ai plusieurs fois recommandé à la Servante de Dieu des mourants, dont la conversion était particulièrement difficile. Dans trois cas différents, j'ai attri-[1233r]( * La Copie publique passe du f. 1231 au f. 1233, omettant donc le f. 1232.) bué le retour à Dieu de ces malades à l'intercession de soeur Thérèse de l’Enfant Jésus. Un surtout de ces mourants, compromis dans la spoliation des biens d'Eglise en France, et qui n'eût pu, sans une rétractation publique, recevoir la sépulture ecclésiastique, avait, une première fois, refusé cette rétractation. Je le recommandai à la Servante de Dieu, lui demandant comme un signe de son intervention que ce pécheur me fit appeler de lui-même; c'est ce qui arriva. Spontanément il envoya sa garde-malade me chercher, rétracta ses scandales, reçut tous les Sacrements, et mourut chrétiennement. Dans les quelques voyages que j'ai eu l'occasion de faire en France et en Suisse, j'ai remarqué que la renommée de sainteté de soeur Thérèse était répandue un peu partout. Il y a six ou sept ans, alors que les chartreux étaient encore dans leur monastère de la Grande-Chartreuse, l'économe qui me reçut, dans un de mes voyages, me déclara que la lecture de la vie de soeur Thérèse exerçait sur les frères une influence très marquée pour [1233v] les porter à la ferveur.

 

[Réponse à la trentième demande]:

Je ne vois rien de particulier à ajouter.

 

[Au sujet des Articles, le témoin dit ne savoir que ce qu'il a déjà déposé en répondant aux demandes précédentes. - Est ainsi terminé l'interrogatoire de ce témoin. Lecture des Actes est donnée. Le témoin n'y apporte aucune modification et signe comme suit]:

Ita pro veritate deposui, ratum habeo et confirmo.

Signatum: A. MAUPAS.