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Témoin 29 - Soeur Saint-André, O.S.B.

Née aux Chapelles (diocèse de Laval) le 21 janvier 1863, Eugénie-Marie Barbé arriva à l'Abbaye bénédictine Notre-Dame-du-Pré de Lisieux en janvier 1882, comme sous-maîtresse séculière du pensionnat. Elle y rencontra Thérèse Martin qui y venait comme élève depuis peu de mois. Elle fut admise au noviciat en 1884 et fit profession le 22 juillet 1886. La déposition présente peu d'intérêt.

Rappelons que la glorieuse institution bénédictine de Lisieux fondée au tout début du Xlème siècle, puis dispersée à la Révolution de la fin du XVIIIème, avait repris une nouvelle vie en 1808. Elle fut totalement détruite par les bombardements des 6-7 juin 1944.

Le témoin déposa le 11 août 1911, au cours de la 84ème session, f. 1287r-1290r de notre Copie publique.

 

[Session 84: - 11 août 1911, à 8h.30]

[1286v] [ Le témoin répond correctement à la première demande].

 

[Réponse à la seconde demande]:

[1287r] Je m'appelle Eugénie Virginie Marie Barbé, en religion soeur Saint André. Je suis née le 21 janvier 1863 aux Chapelles (diocèse de Laval) du légitime mariage de Michel Barbé, cultivateur, et de Anne Bigot. Je suis entrée à l'« Abbaye » (monastère des bénédictines de Lisieux), d'abord comme sous-maîtresse séculière au pensionnat (janvier 1882). Entrée au noviciat le 11 août 1884, j'ai fait profession le 22 juin 1886. Je suis actuellement prieure du monastère depuis le 18 août 1896.

 

[Le témoin répond correctement de la troisième à la septième demande].

[Réponse à la huitième demande]:

J'ai surtout connu la Servante de Dieu en exerçant ma charge de sous-maîtresse au pensionnat. Lorsque j'y arrivai en janvier 1882, Thérèse Martin y était élève

 

TÉMOIN 29: Soeur Saint-André O.S.B.

 

depuis quelques mois déjà. Mes rapports avec elle continuèrent jusqu'à mon entrée au noviciat, en août 1884. Elle ne faisait pas partie de la classe dont j'étais sous-maîtresse, [1287v] mais j'avais occasion de la voir et lui parler tous les jours en récréation, au réfectoire, dans les études, etc. Pour ces deux années de la vie de la Servante de Dieu, je rapporterai ce que j'ai pu observer personnellement. Je dirai aussi quelques confidences qui m'ont été faites depuis la mort de la Servante de Dieu sur des faveurs obtenues par son intercession. J'ai relu, pour préparer mon témoignage, l'« Histoire d'une âme écrite par elle-même », mais seulement pour me remémorer ce que j'avais observé directement. J'ai pu remarquer que notamment dans ces parties, objet de mes observations directes, le récit de la Servante de Dieu est bien conforme à la vérité.

 

[Réponse à la neuvième demande]:

Je désire que le Procès aboutisse à la béatification de la Servante de Dieu, parce que je crois et j'ai constaté que sa doctrine et ses exemples font du bien aux âmes. J'ai une certaine dévotion pour la Servante de Dieu, mais ce [1288r] sentiment me laisse entièrement libre dans mes appréciations et mon témoignage.

 

[Réponse de la dixième à la treizième demande]:

Je n'ai pas connu la Servante de Dieu avant mon arrivée comme sous-maîtresse séculière à l'« Abbaye » de Lisieux. Je ne connaissais pas non plus ses parents, ni la manière dont elle était élevée dans sa famille.

 

[Réponse à la quatorzième demande]:

La Servante de Dieu était déjà élève à l'« Abbaye », lorsque j'y arrivai. Je puis témoigner que, comme élève, elle était d'une régularité remarquable et toujours à son devoir. Mes observations sur ce point me paraissent avoir d'autant plus de poids que n'étant pas, à proprement parler, sa maîtresse, puisqu'elle ne faisait pas partie de ma section, je la voyais pour ainsi dire plus au naturel. Comme j'étais alors maîtresse séculière, je me trouvais plus mêlée aux élèves, et je traitais avec [1288v] elles plus d'égale à égale que ne le faisaient les maîtresses religieuses. J'ai compris depuis lors que cette fidélité procédait de son grand désir de plaire à Dieu, mais, à l'époque dont je parle, j'étais tentée d'y voir de l'exagération et comme la marque d'un état d'âme inquiet et scrupuleux. Je n'ai pas été mêlée directement à sa préparation à la première communion, et elle ne me faisait pas part de ses états d'âme. Je pouvais seulement observer son attitude pendant la retraite et le jour même de sa première communion dans la chapelle de l'« Abbaye », le 8 mai 1884. Je me souviens à ce sujet que sa tenue et l'expression de son visage témoignaient d'une piété tendre, et je puis dire exceptionnelle; on la remarquait entre toutes les autres qui, cependant, ne manquaient pas de piété. Après cette époque, je ne l'ai pas suivie assez intimement pour rien relever de particulier; j'entrai d'ailleurs au noviciat en août 1884, et je la perdis de vue, bien qu'elle continuât à être élève de la maison. [1289r] Les novices, en effet, n'avaient pas de rapports avec le pensionnat.

 

[De la quinzième à la vingt-sixième demande, le témoin répond n'avoir rien à déclarer].

[Réponse à la vingt-septième demande]:

Celles de nos soeurs qui ont connu au pensionnat la Servante de Dieu, rendaient toutes d'elle un bon témoignage; mais depuis sa mort, elles ont, comme moi d'ailleurs, mieux compris ce qu'il y avait de profond et d'élevé dans sa vertu.

 

[Réponse à la vingt-huitième demande]:

Je n'ai jamais entendu aucune protestation contre le renom de sainteté qui s'établit touchant la Servante de Dieu. Une ou deux de nos religieuses disent seulement qu'au temps de son séjour au pensionnat, elle était d'une sensibilité excessive qui la portait à se chagriner outre mesure.

 

[1289v] [Réponse à la vingt-neuvième demande]:

Dans ma charge de prieure, j'ai observé que la lecture de la vie et des écrits de soeur Thérèse exerçait une bienheureuse influence dans la formation des âmes. Je noterai en particulier que la méditation de cette vie procure une meilleure intelligence et une pratique plus fervente de la charité fraternelle, de la mortification de la sensibilité, des petits sacrifices et de l'abandon à Dieu. On m'a plusieurs fois communiqué des faveurs surnaturelles obtenues par l'influence de la Servante de Dieu. Il s'agissait plutôt de grâces intérieures que de faveurs temporelles. On les traduisait ainsi: « Je me sens plus près de Dieu, lorsque je la prie.» Ce témoignage m'a été communiqué par plusieurs de nos religieuses (pas moins de six) et par deux personnes du dehors.

 

[Réponse à la trentième demande]:

Je ne connais plus rien.

 

[1290r] [Au sujet des Articles, le témoin dit ne savoir que ce qu'il a déjà déposé en répondant aux demandes précédentes. - Est ainsi terminé l'interrogatoire de ce témoin. Lecture des Actes est donnée. Le témoin n’y apporte aucune modification et signe comme suit]:

Ita pro veritate deposui, ratum habeo et confirmo.

Signatum: Soeur SAINT ANDRÉ, O.S.B.