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Ms A 32r

sentir que la vraie gloire est celle qui durera éternellement et que pour y parvenir, il n'était pas nécessaire de faire des oeuvres éclatantes mais de se cacher et de pratiquer la vertu en sorte que la main gauche ignore ce que fait la droite... C'est ainsi qu'en lisant les récits des actions patriotiques des héroïnes Françaises, en particulier celles de la Vénérable Jeanne d'arc, j'avais un grand désir de les imiter, il me semblait sentir en moi la même ardeur dont elles étaient animées, la même inspiration Céleste. Alors je reçus une grâce que j'ai toujours regardée comme une des plus grandes de ma vie, car à cet âge je ne recevais pas de lumières comme maintenant où j'en suis inondée. Je pensai que j'étais née pour la gloire, et cherchant le moyen d'y parvenir, le Bon Dieu m'inspira les sentiments que je viens d'écrire. Il me fit comprendre aussi que ma gloire à moi ne paraîtrait pas aux yeux mortels, qu'elle consisterait à devenir une grande Sainte !!!... Ce désir pourrait sembler téméraire si l'on considère combien j'étais faible et imparfaite et combien je le suis encore après sept années passées en religion, cependant je sens toujours la même confiance audacieuse de devenir une grande Sainte, car je ne compte pas sur mes mérites n'en ayant aucun, mais j'espère en Celui qui est la Vertu, la Sainteté Même. C'est Lui seul qui se contentant de mes faibles efforts, m'élèvera jusqu'à Lui et, me couvrant de ses mérites infinis, me fera Sainte. Je ne pensais pas alors qu'il fallait beaucoup souffrir pour arriver à la sainteté, le Bon Dieu ne tarda pas à me le montrer en m'envoyant les épreuves que j'ai racontées plus haut... Maintenant je dois reprendre mon récit au point où je l'avais laissé.  Trois mois après ma guérison Papa nous fit faire le voyage d'Alençon, c'était la première fois que j'y retournais et ma joie fut bien grande en revoyant les lieux où s'était écoulée mon enfance,