Imprimer

Ms A 34r

et de faire comme elles, mais je n'étais pas habituée à faire ma toilette toute seule. Marie n'était pas là pour me friser aussi j'étais obligée d'aller timidement présenter mon peigne à la maîtresse de la chambre de toilette, elle riait en voyant une grande fille de 11 ans ne sachant pas se servir, cependant elle me peignait, mais pas si doucement que Marie et pourtant je n'osais pas crier, ce qui m'arrivait tous les jours sous la douce main de marraine... Je fis l'expérience pendant ma retraite que j'étais une enfant choyée et entourée comme il y en a peu sur la terre, surtout parmi les enfants qui sont privées de leur mère... Tous les jours Marie et Léonie venaient me voir avec Papa qui me comblait de gâteries, aussi je n'ai pas souffert de la privation d'être loin de la famille et rien ne vint obscurcir le beau Ciel de ma retraite.

J'écoutais avec beaucoup d'attention les instructions que nous faisait Mr l'abbé Domin et j'en écrivais même le résumé ; pour mes pensées, je ne voulus en écrire aucune, disant que je m'en rappellerais bien, ce qui fut vrai... C'était pour moi un grand bonheur d'aller avec les religieuses à tous les offices ; je me faisais remarquer au milieu de mes compagnes par un grand Crucifix que Léonie m'avait donné et que je passais dans ma ceinture à la façon des missionnaires, ce Crucifix faisait envie aux religieuses qui pensaient que je voulais, en le portant, imiter ma soeur carmélite... Ah ! c'était bien vers elle qu'allaient mes pensées, je savais que ma Pauline était en retraite comme moi, non pour que Jésus se donne à elle, mais pour se donner elle-même à Jésus, cette solitude passée dans l'attente m'était donc doublement chère...

Je me rappelle qu'un matin on m'avait fait aller dans l'infirmerie parce que je toussais beaucoup (depuis ma maladie mes maîtresses faisaient une grande attention à moi, pour un léger mal de tête ou bien si elles me voyaient plus pâle qu'à