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Ms A 34v

l'ordinaire, elles m'envoyaient prendre l'air ou me reposer à l'infirmerie). Je vis entrer ma Céline chérie, elle avait obtenu la permission de venir me voir malgré la retraite pour m'offrir une image qui me fit bien plaisir, c'était : «La petite fleur du Divin Prisonnier». Oh ! qu'il m'a été doux de recevoir ce souvenir de la main de Céline !... Combien de pensées d'amour n'ai-je pas eues à cause d'elle !...

La veille du grand jour je reçus l'absolution pour la seconde fois, ma confession générale me laissa une grande paix dans l'âme et le Bon Dieu ne permit pas que le plus léger nuage vînt la troubler. L'après-midi je demandai pardon à toute la famille qui vint me voir, mais je ne pus parler que par mes larmes, j'étais trop émue... Pauline n'était pas là, cependant je sentais qu'elle était près de moi par le coeur ; elle m'avait envoyé une belle image par Marie, je ne me lassais pas de l'admirer et de la faire admirer par tout le monde !... J'avais écrit au bon Père Pichon pour me recommander à ses prières, lui disant aussi que bientôt je serais carmélite et qu'alors il serait mon directeur. (C'est en effet ce qui arriva quatre ans plus tard, puisque ce fut au Carmel que je lui ouvris mon âme...) Marie me donna une lettre de lui, vraiment j'étais trop heureuse !... Tous les bonheurs m'arrivaient ensemble. Ce qui me fit le plus de plaisir dans sa lettre fut cette phrase : «Demain, je monterai au Saint Autel pour vous et votre Pauline! » Pauline et Thérèse devinrent le 8 Mai de plus en plus unies, puisque Jésus semblait les confondre en les inondant de ses grâces...

Le «beau jour entre les jours» arriva enfin, quels ineffables souvenirs ont laissés dans mon âme les plus petits détails de cette journée du Ciel !... Le joyeux réveil de l'aurore, les baisers respectueux et tendres des maîtresses et des