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Ms A 37r

commencer... Ce fut ma chère petite Léonie qui me servit de Marraine, elle était si émue qu'elle ne put empêcher ses larmes de couler tout le temps de la cérémonie. Avec moi elle reçut la Sainte Communion, car j'eus encore le bonheur de m'unir à Jésus en ce beau jour.

Après ces délicieuses et inoubliables fêtes, ma vie rentra dans l'ordinaire, c'est-à-dire que je dus reprendre la vie de pensionnaire qui m'était si pénible. Au moment de ma première Communion j'aimais cette existence avec des enfants de mon âge, toutes remplies de bonne volonté, ayant pris comme moi la résolution de pratiquer sérieusement la vertu ; mais il fallait me remettre en contact avec des élèves bien différentes, dissipées, ne voulant pas observer la règle, et cela me rendait bien malheureuse. J'étais d'un caractère gai, mais je ne savais pas me livrer aux jeux de mon âge ; souvent pendant les récréations, je m'appuyais contre un arbre et là je contemplais le coup d'oeil, me livrant à de sérieuses réflexions ! J'avais inventé un jeu qui me plaisait, c'était d'enterrer les pauvres petits oiseaux que nous trouvions morts sous les arbres ; beaucoup d'élèves voulurent m'aider en sorte que notre cimetière devint très joli, planté d'arbres et de fleurs proportionnés à la grandeur de nos petits emplumés. J'aimais encore à raconter des histoires que j'inventais à mesure qu'elles me venaient à l'esprit, mes compagnes alors m'entouraient avec empressement et parfois de grandes élèves se mêlaient à la troupe des auditeurs. La même histoire durait plusieurs jours, car je me plaisais à la rendre de plus en plus intéressante à mesure que je voyais les impressions qu'elle produisait et qui se manifestaient sur les visages de mes compagnes, mais bientôt la maîtresse me défendit de continuer mon métier d'orateur, voulant nous voir jouer et courir et non pas discourir...

Je retenais facilement le sens des choses que j'apprenais, mais j'avais de la peine à apprendre mot à mot ; aussi pour le catéchisme, je demandai