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Ms A 37v

presque tous les jours, l'année qui précéda ma première Communion, la permission de l'apprendre pendant les récréations ; mes efforts furent couronnés de succès et je fus toujours la première. Si par hasard pour un seul mot oublié, je perdais ma place, ma douleur se manifestait par des larmes amères que Mr l'abbé Domin ne savait comment apaiser... Il était bien content de moi (non pas lorsque je pleurais) et m'appelait son petit docteur, à cause de mon nom de Thérèse. Une fois, l'élève qui me suivait ne sut pas faire à sa compagne la question du catéchisme. Mr l'abbé ayant en vain fait le tour de toutes les élèves revint à moi et dit qu'il allait voir si je méritais ma place de première. Dans ma profonde humilité, je n'attendais que cela ; me levant avec assurance je dis ce qui m'était demandé sans faire une seule faute, au grand étonnement de tout le monde... Après ma première Communion, mon zèle pour le catéchisme continua jusqu'à ma sortie de pension. Je réussissais très bien dans mes études, presque toujours j'étais la première, mes plus grands succès étaient l'histoire et le style. Toutes mes maîtresses me regardaient comme une élève très intelligente, il n'en était pas de même chez mon Oncle où je passais pour une petite ignorante, bonne et douce, ayant un jugement droit, mais incapable et maladroite...

Je ne suis pas surprise de cette opinion que mon Oncle et ma Tante avaient et ont sans doute encore de moi, je ne parlais presque pas étant très timide ; lorsque j'écrivais, mon écriture de chat et mon orthographe qui n'est rien moins que naturelle n'étaient pas faites pour séduire... Dans les petits travaux de couture, broderies et autres, je réussissais bien, il est vrai, au gré de mes maîtresses, mais la façon gauche et maladroite dont je tenais mon ouvrage justifiait l'opinion peu avantageuse qu'on avait de moi. Je regarde cela comme une grâce, le Bon Dieu voulant mon coeur pour