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Témoin 31 - Soeur Saint-Jean L’évangéliste, O.S.B.

Marie-Blanche Dupont naquit à Balleroy (diocèse de Bayeux) le 11 mai 1867. Elle fut pendant quelque temps la compagne de Thérèse Martin à l'Abbaye des bénédictines où elle devait ensuite entrer comme religieuse. Elle y fit profession le 12 août 1890, peu de mois donc avant Thérèse au Carmel, la même année. Tandis que faisant un jour fonction de surveillante (car elle était un peu plus âgée), Marie-Blanche semblait mettre en doute la sincérité de Thérèse, elle en reçut cette riposte: « Marie!... je ne mens jamais » (f. 1297r).

Le témoin déposa le 11 août 1911, au cours de la 84ème session, f. 1296r-1298v de notre Copie publique.

 

[Session 84: -11 août 1911, à 2h. de l'après-midi]

 

[1296r] [Le témoin répond correctement à la première demande].

[Réponse à la seconde demande]:

Je m'appelle Marie-Blanche Dupont, en religion soeur Saint-Jean-l’Evangéliste, née à Balleroy, diocèse de Bayeux, le 11 mai 1867, du légitime mariage de Théodore Dupont, négociant, et de Léontine Domin. Je suis religieuse professe du monastère des bénédictines de Lisieux depuis le 12 août 1890.

 

[Le témoin répond correctement de la troisième à la septième demande].

[1296v] [Réponse à la huitième demande]:

J'ai connu la Servante de Dieu: l° dans une entrevue de famille le jour de sa première communion; 2° pendant le séjour que je fis au pensionnat pour mes études, à partir de juin 1885.

 

[Réponse à la neuvième demande]:

 

TÉMOIN 31: Soeur Saint-Jean l'Évangéliste O.S.B.

 

J'ai bien confiance dans soeur Thérèse, bien que ma dévotion ne soit pas aussi enthousiaste que celle de plusieurs autres que je connais. J'espère qu'elle sera béatifiée, parce que j'admire en elle entre autres vertus sa fidélité dans les petites choses.

 

[De la dixième à la treizième demande inclusivement, le témoin répond qu'il n'a rien à dire de particulier sur ces points-là ].

 

[Réponse à la quatorzième demande]:

Le jour de sa première communion (8 mai 1884) je vins à l'Abbaye visiter deux petites cousines qui y faisaient aussi leur première communion. Comme [1297r] il y avait quelques liens entre ma famille et celle de la Servante de Dieu, on nous présenta la petite Thérèse, et ma mère remarqua qu'elle avait les yeux très rouges et semblait avoir pleuré. La lecture de sa vie m'a depuis remémoré cette particularité et m'en a révélé la signification.

 

[Réponse à la quinzième demande]:

Au mois de juin 1885, étant âgée de 18 ans, j'entrai au pensionnat de l’Abbaye, pour y préparer mes examens d'institutrice, j'y rencontrai la Servante de Dieu pendant l'année scolaire 1885-1886; je remarquai qu'elle était exceptionnellement édifiante et régulière. Elle se tenait un peu à l'écart des jeux de ses compagnes; son caractère était beaucoup plus grave que le leur. Comme j'étais beaucoup plus âgée, on me confiait quelquefois une part de surveillance; dans une de ces circonstances, je demandai à la petite Thérèse si elle n'avait pas manqué au silence; elle répondit qu'elle n'y avait pas manqué; et comme un peu par taquinerie je feignais de douter de sa sincérité, elle parut très affligée et me dit: « Marie!... je ne mens jamais » - Source pre. -

 

[1297v] [Réponse à la quinzième demande]:

Après son départ du pensionnat, la Servante de Dieu y revenait deux ou trois fois par semaine, pour pouvoir être inscrite dans l'association des enfants de Marie, dont j'étais présidente; on lui avait imposé cette condition. La directrice du pensionnat, soeur Sainte-Placide, décédée au mois de décembre 1909, nous dit à cette occasion: « Thérèse qui a quitté le pensionnat demande à être admise parmi les enfants de Marie; je le lui ai accordé à cette condition; nous n'aurons pas à regretter d'avoir son nom dans nos listes.» Je me souviens que pendant les après-midi qu'elle passait alors au pensionnat, j'avais grande envie de converser avec elle après l'heure de classe, mais je constatais sa disparition. L'histoire de sa vie m'a révélé qu'elle se cachait dans la tribune de la chapelle pour y prier. Elle fut reçue enfant de Marie le 31 mai 1887, en même temps que Marie Domin qui devait devenir plus tard ma belle-soeur. J'en ai un souvenir très précis et je conserve une petite image signée « Thérèse, enfant de Marie », qu'elle me donna à cette occasion. [1298r] je note ces détails pour réparer un oubli regrettable que je commis alors. J'étais présidente et secrétaire de la congrégation et chargée à ce titre de rédiger les procès verbaux de réception. Quand après quelques jours je voulus dresser la liste des nouvelles associées, je regardai autour de moi celles qui étaient dans la maison et oubliai Thérèse Martin qui ne faisait point partie du pensionnat. C'est après sa mort que j'ai remarqué et réparé cet oubli.

 

[De la seizième à la vingt-huitième demande inclusivement, le témoin répond qu'il ne sait rien].

[Réponse à la vingt-neuvième demande]:

J'entends dire de tous côtés, que l'on obtient des faveurs signalées par l'intercession de la Servante de Dieu. Je n'ai pas éprouvé personnellement le bienfait de ces faveurs; mais je sais que, parmi nos soeurs, un bon nombre reconnaissent qu'elles obtiennent en l'invoquant des grâces intérieures signalées. Sa doctrine m'a éclairée utilement sur certains points de la vie [1298v] spirituelle, notamment sur la pratique de l'humilité.

 

[Réponse à la trentième demande]:

Je crois avoir dit tout ce que je savais sur la Servante de Dieu.

 

[Au sujet des Articles, le témoin dit ne savoir que ce qu'il a déjà déposé en répondant aux demandes précédentes. - Est ainsi terminé l'interrogatoire de ce témoin. Lecture des Actes est donnée. Le témoin n'y apporte aucune modification et signe comme suit]:

Ita pro veritate deposui, ratum habeo et confirmo.

Signatum: Soeur SAINT-JEAN L'EVANGÉLISTE, O.S.B.