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Témoin 32 - Soeur Marie du Saint Rosaire, O.S.B.

Marguerite-Léonie-Augustine Leroy naquit à Lisieux le 27 juin 1867. Elle fut au pensionnat, pendant deux ans, la compagne de Thérèse Martin, sans être cependant de la même classe. Après la mort de la Sainte, elle entra comme bénédictine en cette Abbaye et elle y fit profession le 2 juillet 1900. On retiendra plus spécialement la demande qu'à neuf ans Thérèse fit à cette compagne: « Marguerite, je voudrais bien que vous m'appreniez à faire la méditation » (f. 1305r).

Le témoin déposa le 12 août 1911, au cours de la 85ème session, f. 1303v-1306v de notre Copie publique.

 

[Session 85: - 12 août 1911 à 8h.30]

[1303v] [Le témoin répond correctement à la première demande].

[Réponse à la seconde demande]:

Je m'appelle Marguerite-Léonie-Augustine Leroy, en religion soeur Marie du Saint Rosaire. Je suis née à Saint Jacques de Lisieux, le 27 juin 1867, du légitime mariage de Ferdinand-Auguste Leroy, employé de commerce, et de Clémentine-Malvina Rivière. Je suis religieuse professe du monastère bénédictin de Lisieux, où j'ai fait profession le 2 juillet 1900.

 

[Le témoin répond correctement de la troisième à la septième demande].

[Réponse à la huitième demande]:

J'ai connu la Servante [1304r] de Dieu pour avoir été sa compagne de pensionnat pendant deux ans environ. Je ne faisais pas partie de la même classe, étant plus âgée qu'elle d'environ six ans. Je n'utiliserai dans mon témoignage que mes observations personnelles.

 

[Réponse à la neuvième demande]:

J'ai une sincère dévotion pour la Servante de Dieu; j'espère et je désire sa béatification. L'étude de sa vie me fait croire qu'elle est une sainte, et le bien que sa protection fait à mon âme me fait penser qu'elle est puissante auprès de Dieu.

 

[Réponse à la dixième demande]:

Je n'ai pas connu la Servante de Dieu ni sa famille avant leur arrivée à Lisieux (1877).

 

[Réponse à la onzième demande]:

J'ai vu très souvent monsieur Martin avec ses filles depuis leur arrivée à Lisieux. Il inspirait à ses enfants une profonde vénération; il était lui-même, comme chrétien, le modèle de [1304v ] toute la paroisse.

 

[Réponse à la douzième demande]:

Je n'ai point de témoignage spécial à fournir sur ce point.

 

[Réponse à la treizième demande]:

Avant mon entrée en religion, j'avais des relations suivies avec la famille de la Servante de Dieu. Aux yeux du monde, qui ne juge que superficiellement, il pouvait paraître que l'affection très délicate dont la Servante de Dieu était l'objet, ressemblait à de la « gâterie »; mais, les ayant moi-même observés plus intimement, je puis rendre témoignage qu'il n'en était pas ainsi. Les enfants de monsieur Martin, et particulièrement la petite Thérèse autant que ses autres soeurs, recevaient dans leur famille une éducation très sérieuse, très chrétienne et n'étaient pas livrées à leur propre volonté, je dirais plutôt que l'obéissance était stricte dans cette famille.

 

[Réponse à la quatorzième demande]:

Pendant les deux années que j'ai connu Thérèse Martin à la pension des bénédictines (1882-1884), [1305r] elle me parut d'un caractère timide et très sensible. A cause de cela et aussi parce que j'étais plus âgée qu'elle de six ans, je la laissais avec les « petites » sans nouer avec elle des relations bien intimes. Malgré cela, je saisissais en elle, sans trop m'en rendre compte, une exceptionnelle délicatesse de conscience qui m'inspirait un vrai respect. Je me souviens qu'un jour la petite Thérèse, alors âgée de 9 ans, demanda à m'entretenir pendant la récréation. J'étais présidente d'une association de piété dans la maison, et à ce titre les petites élèves me demandaient parfois quelques conseils ou encouragements sur leur conduite extérieure. J'imaginais qu'il s'agissait d'une confidence de ce genre; mais je fus surprise et surtout très embarrassée lorsqu'elle me dit: « Marguerite, je voudrais bien que vous m'appreniez à faire la méditation.» - Source Pre. - J'ai de ce trait un souvenir

 

TÉMOIN 32: Marie du Saint Rosaire O.S.B.

 

très certain. Il me semble bien aussi qu'à cette occasion elle me dit à moi-même ce qu'elle répéta plus tard à l'une de ses maîtresses, à savoir que chez [1305v] elle, elle s'isolait dans la ruelle de son lit pour... « penser » - MSA 33,2 - . Ce qui voulait dire penser à Dieu. Mais ce trait a été si souvent raconté dans notre communauté que j'ai conçu quelque doute de savoir si vraiment elle me l'avait dit à moi-même. J'avais quitté le pensionnat avant sa première communion. Soeur Thérèse laisse entendre dans sa vie qu'elle a souffert pendant son séjour au pensionnat des bénédictines. Je crois pouvoir en donner la raison qui était le contraste entre l'exquise délicatesse des rapports mutuels et des formes de la piété dans son milieu familial et la composition du pensionnat qui, à cette époque, comprenait un certain nombre de sujets d'éducation plutôt vulgaire.

 

[Réponse de la quinzième à la vingt-sixième demande]:

Ayant quitté la Servante de Dieu avant sa sortie de pension, je ne puis rendre de témoignage précis sur la suite de sa vie à dater de cette époque.

 

[Réponse à la vingt-septième demande]:

[1306r] Dans notre communauté toutes les religieuses ont étudié la « vie » de soeur Thérèse, et pensent d'une manière quasi unanime que c'est la vie d'une sainte.

 

[Réponse à la vingt-huitième demande]:

Il y a bien une de nos soeurs qui lorsque nous exprimons notre admiration pour soeur Thérèse semble s'appliquer à refroidir notre enthousiasme. Mais elle n'apporte de son opposition aucune raison positive, et j'estime qu'elle le fait plutôt par une certaine habitude de contredire que par une conviction vraie.

 

[Réponse à la vingt-neuvième demande]:

Je ne pourrais mentionner, en ce qui me concerne, aucune faveur temporelle obtenue par l'invocation de la Servante de Dieu; d'ailleurs je ne lui ai rien demandé de ce genre; mais la lecture de sa vie a éveillé en moi un plus grand désir de la perfection. Je puis dire que cette influence est très caractérisée; de plus, j'ai la conviction qu'en l'invoquant j'obtiens d'elle des secours précieux pour la réalisation de ces bons désirs.

 

[1306v] [Au sujet de la trentième demande, le témoin dit qu'il n'a rien omis].

 

[Au sujet des Articles témoin dit ne savoir que ce qu'il a déjà posé en répondant aux demandes précédentes. - Est ainsi terminé l'interrogatoire ce témoin. Lecture des Actes est donnée. Le témoin n'y apporte aucune modification et signe comme suit]:

Signatum-. Soeur MARIE DU SAINT ROSAIRE, O.B.