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Ms A 42v

bout de deux ou trois jours je tombai malade et il fallut me ramener à Lisieux ; ma maladie que l'on craignait qui fut grave, n'était que la nostalgie des Buissonnets, à peine y eus-je posé le pied que la santé revint... Et c'était à cette enfant-là que le Bon Dieu allait ravir l'unique appui qui l'attachât à la vie !...

Aussitôt que j'appris la détermination de Marie, je résolus de ne prendre plus aucun plaisir sur la terre... Depuis ma sortie de pension, je m'étais installée dans l'ancienne chambre de peinture à Pauline et je l'avais arrangée à mon goût. C'était un vrai bazar, un assemblage de piété et de curiosités, un jardin et une volière... Ainsi, dans le fond se détachait sur le mur une grande croix de bois noir sans Christ, quelques dessins qui me plaisaient ; sur un autre mur, une bourriche garnie de mousseline et de rubans roses avec des herbes fines et des fleurs ; enfin sur le dernier mur le portrait de Pauline à 10 ans trônait seul ; en dessous de ce portrait j'avais une table sur laquelle était placée une grande cage, renfermant un grand nombre d'oiseaux dont le ramage mélodieux cassait la tête aux visiteurs, mais non pas celle de leur petite maîtresse qui les chérissait beaucoup... Il y avait encore le «petit meuble blanc» rempli de mes livres d'études, cahiers, etc. sur ce meuble était posée une statue de la Ste Vierge avec des vases toujours garnis de fleurs naturelles, des flambeaux ; tout autour il y avait une quantité de petites statues de Saints et de Saintes, des petits paniers en coquillages, des boîtes en papier bristol, etc. ! Enfin mon jardin était suspendu devant la fenêtre où je soignais des pots de fleurs (les plus rares que je pouvais trouver) ; j'avais encore une jardinière dans l'intérieur de «mon musée» et j'y mettais ma plante privilégiée... Devant la