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Témoin 5 - Alexander-James Grant

TÉMOIN V

ALEXANDER-JAMES GRANT

Nous avons déjà présenté le Pasteur ,Alexander-James Grant.  Né en 1854 et mort en 1917, il abjura en 1911 (vol. 1, pp. 535-540).

Au cours de cette seconde déposition, le témoin revient sur l'intervention de Thérèse dans sa conversion et nous entretient de sa réputation de sainteté.  Gardien de la maison natale de la Servante de Dieu à Alençon depuis le 3 juin 1912, il était bien placé pour enregistrer les témoignages de vénération qui étaient allés se multipliant progressivement de manière impressionnante à l'égard de Thérèse.  Des milliers de fidèles se rendaient pieusement en pèlerinage à l'humble maison de la rue Saint-Blaise.

Le témoin demeure reconnaissant à soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus pour tous ses bienfaits et en témoigne humblement.  Il expérimente de manière mystérieuse sa « présence » particulière et, dit-il, « soeur Thérèse ne se contente pas de simples paroles d'amitié, ni de sentiments généreux, elle veut des actes, elle réclame des sacrifices » (p. 322).

Avant de mourir (ce fut à Alençon, le 19 juillet 1917), il murmura: « Petite Thérèse, venez me chercher, si c'est la volonté de Dieu et prenez moi avec vous.»

Le témoin déposa le 31 mai et le ler juin 1915, au cours des 8ème et 9ème sessions (pp. 305-314 et 320-323 de notre Copie publique).

 

 [305] [Le témoin répond correctement à la première demande].

 

 [Réponse à la deuxième demande]:

Je m'appelle Alexandre-James Grant, né à Latheron-Caithness, Ecosse, le 14 avril 1854.  J'étais ministre protestant pendant environ 25 ans, en Ecosse.  Je me suis converti à la religion catholique à Edim-[306]burg, en 1911. En avril 1912, je suis venu établir mon domicile en France, à Alençon, dans la maison natale de soeur Thérèse de l’Enfant Jésus, rue Saint-Blaise n. 42.  Je donne des leçons de langue anglaise, soit dans une école, soit à des particuliers dans la ville.  Je suis marié, ma femme, convertie elle-même plusieurs années avant moi, est gardienne de la maison natale de soeur Thérèse.

 

[Réponse à la troisième demande]:

J'ai le bonheur de communier presque tous les jours.  Je me confesse tous les quinze jours.

 

[Réponse à la quatrième demande]:

Jamais.

 

[Réponse à la cinquième demande]:

Depuis ma conversion, j'ai été fidèle aux préceptes de l'Eglise et je n'ai encouru aucune peine ecclésiastique.

 

 [Réponse à la sixième demande]:

J'aime soeur Thérèse au-delà de ce qu'on peut dire; j'ai eu peur autrefois que ce ne fut que du sentiment, mais maintenant je suis bien sûr que cette disposition est surnaturelle et qu'elle ne m'empêche pas de dire la vérité.  Mon témoignage est très spontané, il part de mon coeur et personne ne me l'a imposé.

 

[Réponse à la septième demande]:

[307] Je ne connais la vie de soeur Thérèse que par la lecture de son «Histoire » et par ce que j’en ai entendu dire depuis que je suis en France.  Mon témoignage ne portera que sur deux choses: 1° l'influence de soeur Thérèse sur l'état de mon âme – 2° le développement de sa réputation de sainteté dans la région d'Alençon, depuis que j'y ai fixé mon domicile.

 

[Réponse à la huitième demande]:

Je désire beaucoup que l'Eglise prononce la béatification de soeur Thérèse, à cause de ses mérites et parce que je crois qu'il en résultera un grand bien pour les âmes.

 

 [Réponse de la neuvième à la cinquante-cinquième demande]:

Je n'ai point de témoignage direct à donner sur tous ces points.

 

[Réponse à la cinquante-sixième demande]:

Depuis que je suis en France, j'ai visité le tombeau de soeur Thérèse une vingtaine de fois environ; j'y venais par dévotion pour témoigner ma reconnaissance et pour prier.  J'ai remarqué qu'il y avait un courant de pèlerins à peu près continuel.  Ces personnes ne venaient pas par curiosité, mais leur tenue exprimait des sentiments de grande piété.

 

 [Réponse à la cinquante-septième demande]:

A l'occasion de ma première visite à Lisieux, à l'épo-[308]que du premier procès, en 1911, on me demanda de devenir le gardien de la maison natale de soeur Thérèse à Alençon.  Je m'y suis établi avec ma femme.  Voici ce que nous avons constaté l'un et l'autre, au sujet du concours des pèlerins vers cette maison:

La chambre où est née la Servante de Dieu est visitée par l'élite du pays.  Ce ne sont pas simplement les pauvres et les illettrés qui viennent invoquer son appui, mais les riches, les savants et ceux qui sont les meilleurs du pays au point de vue intellectuel, moral et religieux.

 

TÉMOIN 5: Alexander-James Grant

 

Princes et princesses, ducs et duchesses, comtes et comtesses, évêques, prêtres, hommes de loi, officiers et simples soldats, gens de toutes classes et de toutes conditions viennent et inscrivent leurs noms au livre des visiteurs.

Ces visiteurs sont très nombreux.  La semaine de la Pentecôte, qui est, il est vrai, une semaine exceptionnelle, il en est venu mille soixante-treize (1073).  Les semaines ordinaires, il vient environ soixante personnes par jour, et le jeudi, jour de congé pour les enfants, il vient bien deux cents personnes.

Ces pèlerins se proposent, non de satisfaire leur curiosité, mais de prier.  Les feuilles de papier, déposées dans une petite corbeille, témoignent de leur confiance en la petite «Fleur de Jésus » et de leur reconnaissance pour les faveurs accordées.  On y trouve des requêtes pour la conversion d'un mari, d'un fiancé, d'une famille protestante, d'une mère.  Mais, depuis le commencement de la guerre, ce sont, pour la plupart, des faveurs [309] demandées par des soldats allant au front, ou pour des soldats déjà partis, ou prisonniers.  Des femmes demandent que leur mari ne soit pas blessé, etc., etc.  Il y a des prières très désintéressées, par exemple, un soldat ne demande rien pour lui-même, il prie simplement pour la France, pour les alliés et pour ses parents.  J'ai apporté des spécimens de ces requêtes et de ces remerciements.  Ce ne sont que de petits morceaux de papier, mais ils montrent d'une manière convaincante la confiance et la gratitude parfaites que soeur Thérèse inspire.

La plupart de ces visiteurs apportent des bougies que l'on fait brûler devant la Sainte Face ou devant la statue de la Sainte Vierge.  Quelques-uns donnent des fleurs, les plus belles de leur jardin; quelquefois des fleurs sauvages cueillies dans les champs, sachant que soeur Thérèse les aimait.  Il nous arrive souvent de recevoir trente bougies par jour, et des fleurs en si grande quantité que nous sommes obligés de les envoyer à l'église Notre-Dame, où fut baptisée soeur Thérèse.  Les visiteurs demandent souvent des messes d'action de grâces pour les faveurs reçues; d'autres offrent de l'argent, des vases de fleurs, des nappes d'autel; une des plus belles a été donnée par la femme du général qui commande à Alençon.

 

 [ R épouse à la cinquante-huitième demande]:

Je n'ai jamais entendu rien de contraire.

 

[Réponse de la cinquante-neuvième à la soixante-cinquième demande]:

Je puis relater d'abord un certain nombre de grâces [310] accordées à diverses personnes, à ma connaissance.  Je dirai ensuite les grâces qui me sont personnelles.

Je citerai donc:

1° La guérison d'un oeil chez une petite fille de quatre ans et demi.  A sa première visite, elle avait l'oeil fermé et bandé; elle revint tous les jours pendant quelques neuvaines, à la fin desquelles elle fut guérie.  Dans la suite, elle vint souvent remercier soeur Thérèse.  Sa mère a donné en reconnaissance des vases pour la chambre; cela se passait en 1912.

 [Savez-vous quelle était la nature de ce mal, ou, à tout le moins, s'il était grave ou non? - Réponse]:

J'ai vu l'oeil de cette enfant, il me paraissait gravement atteint, mais je ne saurais dire le nom de cette affection.  Je sais encore que le médecin l'avait traitée depuis plusieurs mois sans résultat.  La mère de l'enfant est morte et son père est à la guerre.

2° Madame Boulay, qui habite la petite maison voisine de la nôtre, avait à la lèvre un gros kyste qui avait été en grossissant pendant trois mois.  Alors le médecin lui dit qu'il faudrait une opération au bout de dix jours.  Nous avons fait avec elle quatre neuvaines à soeur Thérèse.  Elle a été complètement guérie, on ne voit plus trace du mal.  Au moment de faire les neuvaines, elle avait cessé tout traitement du médecin.

 

 [Connaissez-vous la nature de cette tumeur? - Réponse]:

Je ne sais pas quel était l'avis du médecin, mais [311] mon impression est qu'il s'agissait d'un kyste cancéreux, parce que j'ai connu plusieurs personnes atteintes de cancer certain et dont le mal présentait le même aspect.

3° Un employé du bureau de poste d'Alençon qui ne s'était pas confessé depuis huit ans, était malade, et le docteur disait qu'il faudrait une opération.  Sa femme vint me voir et me dit que si soeur Thérèse le préservait de l'opération, il promettait d'accomplir son devoir pascal.  Elle trouva beaucoup de personnes qui firent une neuvaine avec elle.  L'opération ne fut pas nécessaire, et l'homme a fait son devoir, et est venu depuis visiter la chambre de la petite soeur Thérèse.

Si on me permettait de dégager l'impression générale que l'oeuvre de soeur Thérèse a faite sur moi-même, je dirais qu'elle a voulu attirer les hommes plus près de Dieu, les conduire à son bercail, ennoblir et purifier leur vie, remplissant ainsi sa promesse de faire du bien sur la terre.

 

[312] [Suite de la réponse]:

2° En ce qui concerne les grâces qui me sont personnelles, la principale est ma conversion à la religion catholique, qui s'est faite sous l'influence de soeur Thérèse.  En voici l'histoire: pendant que j'étais à la tête d'une paroisse, à Loch-Ranza, comme ministre de l'Eglise unie écossaise, ma femme, sous des influences étrangères, se convertit au catholicisme; j'y fis d'abord opposition, mais finalement j'acceptai le fait accompli, par respect pour sa liberté de conscience.  Je n'avais alors pour mon compte aucune idée de me faire catholique, bien au contraire.  Cette conversion de ma femme me créa une situation intolérable dans ma paroisse; je fus obligé de quitter ce poste et je me retirai à Edimbourg où j'exerçai un ministère de prédicateur libre.  Ma femme faisait beaucoup prier pour ma conversion, mais tout cela à mon insu.  Un jour, je lus, par hasard, dans un journal catholique, un article de quelques lignes sur soeur Thérèse appelée « la petite Fleur », et annonçant la prochaine apparition d'une édition anglaise de sa vie.  Je fus dès lors poursuivi par le désir de lire cette vie et je demandai fréquemment à ma femme si on pouvait se la procurer.  Un an après, étant malade, à défaut de cette édition attendue qui ne parut que beaucoup plus

 

TÉMOIN 5: Alexander-James Grant

 

tard, je pus lire une vie abrégée en anglais.  Je la lus d'un trait dans une nuit, et j'eus [313] pendant tout ce temps comme une impression de la présence de soeur Thérèse dans ma chambre.  Sa pensée ne me quitta presque plus dans la suite.  Vers cette époque, la lecture de livres rationalistes très avancés, fit naître en moi des doutes graves sur la foi, et un jour que je me posais cette question « ne pourrait-on pas tout expliquer par les seules forces de la nature sans un Dieu personnel? », la vie de soeur Thérèse se présenta très vivement à mon esprit, et aussitôt cette pensée s'imposa à moi: « est-il possible que cette vie soit un mensonge et que le rationalisme soit la vérité? », car je voyais qu'il était impossible d'expliquer cette vie sans admettre un Dieu personnel.  C'était au mois d'août de l'année 1910; et je ne me convertis pourtant qu’en avril de l'année suivante. Cette évolution se fit peu à peu au cours de l'hiver, sous l'influence de soeur Thérèse.  Je m'étais procuré sa vie en français; son souvenir ne me quittait presque plus; je sentais que sans cesse elle agissait sur mon esprit pour me pousser à la conversion; mais de mon côté, je résistais de toutes mes forces à cette impulsion.  Il en fut ainsi jusqu'au commencement d'avril 1911. Je souffrais de grandes angoisses et j'étais très malheureux dans ce combat intérieur, continuant d'un côté de prêcher la doctrine protestante, et de l'autre me sentant attiré vers la vérité catholique.  L'influence de soeur Thérèse me suggérait surtout deux pensées, la première que l'Eglise catholique par son autorité infaillible supprime toutes les autres difficultés particulières, [314] la seconde qu'il faut invoquer la Sainte Vierge.  Un jour que je priais soeur Thérèse, cette question s'imposa à mon esprit: « pourquoi me prier, moi, et ne pas prier la Sainte Vierge?» Je répondis: « eh! bien, je la prierai», et aussitôt mon âme fut pénétrée d'une grande joie.

Un père jésuite que je consultai à cette époque, me conseillait de ne pas me presser et de continuer mon ministère en attendant que la lumière se fasse plus complète pour moi.  D'un autre côté une religieuse qui me donnait des leçons de français et qui connaissait mon état d'âme, me pressait d'en finir.  Mais ce furent surtout mes souffrances morales et l'influence attractive de soeur Thérèse qui me déterminèrent à l'abjuration que je fis au mois d'avril 1911.

 

[Session 9: - 1 juin 1915, à 8h.30]

[320] [Suite de la réponse de la cinquante-neuvième à la soixante-cinquième demande inclusivement]:

Par suite de ma conversion, je me trouvai privé de tous mes moyens d'existence, et comme je n'ai pas [321] de fortune personnelle, je pouvais craindre la gêne matérielle.  Cette crainte me fit impression quelque temps, mais je la surmontai.  J'eus alors de nouveau à deux reprises l'impression spirituelle de la présence de soeur Thérèse auprès de moi et la conviction impérieuse qu'elle s'occupait de nous à ce point de vue.  En effet, quoique nous eussions pris grand soin de cacher notre situation embarrassée, un prêtre catholique de Glascow, lui-même ancien ministre protestant converti, m'apporta de lui-même le lendemain un chèque de deux cents livres anglaises.

Je voudrais parler maintenant de ma dette personnelle à la petite Thérèse depuis que j'ai paru pour la première fois devant ce tribunal (1911).  A cette époque je n'étais qu'un enfant de trois mois dans l'Eglise Catholique, et c'est pourquoi je craignais, une fois passée la vague d'émotion qui m'avait poussé dans l'Eglise, de me trouver victime d'illusions auxquelles rien ne correspondrait dans la réalité.  Le temps, et des réflexions approfondies ont cependant apaisé mes craintes et m'ont convaincu que j'étais en possession de convictions et d'aspirations de la plus précieuse qualité, et que je puis seulement faire remonter à l'influence exercée sur moi et en ma faveur par ma chère petite protectrice céleste.

Depuis mon entrée dans l'Eglise, les liens qui nous unissent se sont fortifiés, et on ne croira pas, je l'espère, que je dépasse les limites de la modestie, si j'ajoute que je pense avoir fait quelques progrès sous son inspiration.  Je me crois autorisé à le dire, j'ai conscience [322] que ma vie a été élevée plus haut, que mes convictions sont devenues plus profondes, mon désir plus exclusif de parvenir à une vie de sainteté; j'ai conscience aussi que je suis dans un état d'âme plus profondément pénitent pour mes péchés passés et que je vis dans une atmosphère de pureté de pensées et de sentiment que je m’efforçai vainement d'atteindre quand j'étais protestant.  Et si j'ai fait si peu de progrès dans «la voie sûre», ce n'est pas que j'aie manqué de secours de la part de mon céleste guide.

Une des choses qui m'ont le plus frappé, c’est le sens du surnaturel qu'elle fait descendre sur l'âme.  Oh! cela est merveilleux!  En un instant, quand je m'y attendais le moins et quand le train naturel de mes pensées me conduisait au pôle opposé, je trouvais soudain mon âme envahie d'un sens du surnaturel qui ne saurait mieux s'exprimer que par les paroles du patriarche [Jacob] « Certainement le Seigneur était ici, et je ne le savais pas.»  Et en de telles occasions, une pensée brillait à travers mon esprit, laquelle m'en imposait, comme le surnaturel lui-même; ces mots m'arrivaient avec une grande puissance: « Thérèse prie pour vous.»  J'ai eu de ses visites à maintes reprises, et j'ai appris qu'elles présageaient un temps de tentations.

Soeur Thérèse ne se contente pas de simples paroles d'amitié, ni de sentiments généreux; elle veut des actes, elle réclame des sacrifices.  Une des premières choses qu’elle me demanda, à mon entrée dans l'Eglise, [323] ce fut de me séparer de livres qu'elle n'approuvait pas.  Ils étaient pour la plupart nettement rationalistes: je les lui sacrifiai immédiatement.  Mais il y avait certains ouvrages d'un autre genre qui m’intéressaient vivement et que je conservai, n'y voyant pas de mal.  Plus tard cependant soeur Thérèse revint et, regardant attentivement à travers les rayons de ma bibliothèque, se mit à soulever des objections « celui-ci doit s'en aller - dit-elle - et celui-là aussi», etc.  Je m'excusai beaucoup de les avoir retenus, mais elle revint maintes fois à la charge, en me disant: «Que voulez-vous en faire maintenant?» Et voyant que j'y étais toujours attaché, elle termi-

 

TÉMOIN 5: Alexander-James Grant

 

na enfin la discussion en m'en donnant une réelle aversion.

Ce que j'ai dit ici n'est qu'un des nombreux bienfaits dont je lui suis redevable.

C'est merveille de voir comment la chère petite soeur a ses moyens propres, comment elle fait connaître ses désirs et en obtient la réalisation.  J'ai la conviction que si l'abandon était complet de ma part, il n’y a rien qu'elle ne m'apprît.  Mais je crains qu’elle  ne trouve en moi un élève difficile à conduire et lent à suivre.  En tout cas, je crois qu'il est impossible d'exagérer son influence sur moi et mon amour pour elle. Ce que j'ai dit n'est qu'un essai bien faible pour exprimer l'inexprimable.

 

 [Réponse à la soixante-sixième demande]:

Je n'ai rien à ajouter.

 

[324] [Au sujet des Articles, le témoin dit ne savoir que ce qu'il a déjà déposé en répondant aux demandes précédentes. Est ainsi terminé l'interrogatoire de ce témoin. Lecture des Actes est donnée. Le témoin n'y apporte aucune modification et signe comme suit]:

Signatum:      A.  J. GRANT