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Ms A 51v

ses rayons et la pluie tomba par torrents. (J'ai remarqué que dans toutes les circonstances graves de ma vie, la nature était à l'image de mon âme. Les jours de larmes, le Ciel pleurait avec moi, les jours de joie, le Soleil envoyait à profusion ses gais rayons et l'azur n'était obscurci d'aucun nuage...)

Enfin le quatrième jour qui se trouvait être un samedi, jour consacré à la douce Reine des Cieux, j'allai voir mon oncle. Quelle ne fut pas ma surprise en le voyant me regarder et me faire entrer dans son cabinet sans que je lui en eusse témoigné le désir !... Il commença par me faire de doux reproches de ce que je paraissais avoir peur de lui et puis il me dit qu'il n'était pas nécessaire de demander un miracle, qu'il avait seulement prié le Bon Dieu de lui donner «une simple inclination de coeur» et qu'il était exaucé... Ah ! je ne fus pas tentée d'implorer de miracle, car pour moi le miracle était accordé, mon oncle n'était plus le même. Sans faire aucune allusion à «la prudence humaine» il me dit que j'étais une petite fleur que le Bon Dieu voulait cueillir et qu'il ne s'y opposerait plus !...

 

avec quelle allégresse je repris le chemin des Buissonnets, sous «le beau Ciel, dont les nuages s'étaient complètement dissipés» !... Dans mon âme aussi la nuit avait cessé. Jésus en se réveillant m'avait rendu la joie, le bruit des vagues s'était apaisé ; au lieu du vent de l'épreuve, une brise légère enflait ma voile et je croyais arriver bientôt sur le rivage béni que j'apercevais tout près de moi. Il était en effet bien près de ma nacelle, mais plus d'un orage devait encore s'élever et lui dérobant la vue de son phare lumineux, lui faire craindre de s'être éloignée sans retour de la plage si ardemment désirée...

            Peu de jours après avoir obtenu le consentement de mon oncle, j'allais vous voir, ma Mère chérie, et je vous dis ma joie de ce que toutes mes épreuves étaient passées, mais quelle ne fut pas ma surprise et mon chagrin en vous entendant me dire que Mr