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Ms A 66r

aimable pour moi, interrompant de temps en temps sa conversation avec les messieurs pour me parler du Carmel. Avant d'arriver à la gare tous les grands personnages tirèrent leurs grands porte-monnaie afin de donner de l'argent au cocher (déjà payé), je fis comme eux et pris mon tout petit porte-monnaie, mais Mr Révérony ne consentit pas à ce que j'en fisse sortir de jolies petites pièces, il aima mieux en donner une grande pour nous deux.

Une autre fois je me trouvai à côté de lui en omnibus, il fut encore plus aimable et me promit de faire tout ce qu'il pourrait afin que j'entre au Carmel... Tout en mettant un peu de baume sur mes plaies, ces petites rencontres m'empêchèrent pas le retour d'être beaucoup moins agréable que l'aller, car je n'avais plus l'espoir «du St Père» ; je ne trouvais aucun secours sur la terre qui me paraissait un désert aride et sans eau ; toute mon espérance était dans le Bon Dieu seul... je venais de faire l'expérience qu'il vaut mieux avoir recours à Lui qu'à ses saints..

La tristesse de mon âme ne m'empêcha pas de prendre un grand intérêt aux saints lieux que nous visitions. A Florence je fus heureuse de contempler Ste Madeleine de Pazzi au milieu du choeur des carmélites qui nous ouvrirent la grande grille ; comme nous ne savions pas jouir de ce privilège et beaucoup de personnes désirant faire toucher leurs chapelets au tombeau de la sainte, il n'y eut que moi à pouvoir passer la main dans la grille qui nous en séparait, aussi tout le monde m'apportait des chapelets et j'étais bien fière de mon office... Il fallait toujours que je trouve le moyen de toucher à tout, ainsi dans l'Eglise de Ste Croix en Jérusalem (de Rome) nous pûmes vénérer plusieurs morceaux de la vraie Croix, deux épines et l'un des clous sacrés renfermés dans un magnifique reliquaire d'or ouvragé, mais sans verre, aussi je trouvai moyen, en vénérant la précieuse relique, de couler mon petit doigt dans