Imprimer

Ms A 80v

aux âmes religieuses. Le Bon Dieu voulant me montrer que c'était Lui seul le directeur de mon âme se servit justement de ce Père qui ne fut apprécié que de moi... J'avais alors de grandes épreuves intérieures de toutes sortes (jusqu'à me demander parfois s'il y avait un Ciel). Je me sentais disposée à ne rien dire de mes dispositions intimes, ne sachant comment les exprimer, mais à peine entrée dans le confessionnal je sentis mon âme se dilater. Après avoir dit peu de mots, je fus comprise d'une façon merveilleuse et même devinée... mon âme était comme un livre dans lequel le Père lisait mieux que moi-même... Il me lança à pleine voiles sur les flots de la confiance et de l'amour qui m'attiraient si fort mais sur lesquels je n'osais avancer... il me dit que mes fautes ne faisaient pas de peine au Bon Dieu, que tenant sa place, il me disait de sa part qu'Il était très content de moi...

Oh ! que je fus heureuse en écoutant ces consolantes paroles !... Jamais je n'avais entendu dire que les fautes pouvaient ne pas faire de peine au bon Dieu, cette assurance me combla de joie, elle me fit supporter patiemment l'exil de la vie... Je sentais bien au fond de mon coeur que c'était vrai car le Bon Dieu est plus tendre qu'une Mère, eh bien, vous, ma Mère chérie, n'êtes-vous pas toujours prête à me pardonner les petites indélicatesses que je vous fais involontairement ?... Que de fois n'en ai-je pas fait la douce expérience !... Nul reproche ne m'aurait autant touchée qu'une seule de vos caresses. Je suis d'une nature telle que la crainte me fait reculer ; avec l'amour non seulement j'avance mais je vole...

O ma Mère ! ce fut surtout depuis le jour béni de votre élection que je volai dans les voies de l'amour... Ce jour-là, Pauline devint mon Jésus vivant...