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Ms A 81r

Depuis longtemps déjà, j'ai le bonheur de contempler les merveilles que Jésus opère par le moyen de ma Mère chérie... Je vois que la souffrance seule peut enfanter les âmes et plus que jamais ces sublimes paroles de Jésus me dévoilent leur profondeur : «En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé étant tombé en terre ne vient à mourir, il demeure seul, mais s'il meurt il rapporte beaucoup de fruit.» Quelle abondante moisson n'avez-vous pas récoltée !... Vous avez semé dans les larmes, mais bientôt vous verrez le fruit de vos travaux, vous reviendrez remplie de joie portant des gerbes en vos mains... O ma Mère, parmi ces gerbes fleuries, la petite fleur blanche se tient cachée mais au Ciel elle aura une voix pour chanter votre douceur et les vertus qu'elle vous voit pratiquer chaque jour dans l'ombre et le silence de la vie d'exil...

Oui, depuis deux ans, j'ai compris bien des mystères jusque là cachés pour moi. Le bon Dieu m'a montré la même miséricorde qu'Il montra au roi Salomon. Il n'a pas voulu que j'aie un seul désir qui ne soit rempli, non seulement mes désirs de perfection, mais encore ceux dont je comprenais la vanité, sans l'avoir expérimentée.

Vous ayant toujours, ma Mère chérie, regardée comme mon idéal, je désirais vous ressembler en tout ; vous voyant faire de belles peinture et de ravissantes poésies, je me disais : «Ah! que je serais heureuse de pouvoir peindre, de savoir exprimer mes pensées en vers et de faire aussi du bien aux âmes...» Je n'aurais pas voulu demander ces dons naturels et mes désirs restaient cachés au fond de mon coeur. Jésus caché lui aussi dans ce pauvre petit coeur se plut à lui montrer que tout est vanité et affliction d'esprit sous le soleil... Au grand étonnement des soeurs, on me fit peindre et le Bon Dieu permit que je sache profiter des leçons que ma Mère chérie me donna... Il voulut encore