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Mère Agnès de Jésus à Sr Françoise-Thérèse - 21 mai 1899

Mère Agnès de Jésus à sa sœur Léonie

J.M.J.T.

Jésus+                                                                     Carmel de Lisieux 21 Mai 1899

Ma petite sœur chérie,

Si tu savais combien j'ai prié pour toi le Saint Esprit ce matin! Comme je lui ai demandé de te venir en aide dans les différentes et nombreuses luttes de la vie religieuse ! (Léonie est entrée définitivement à la Visitation le 28 janvier). Mais tu sais ma chérie, tout le temps sur la terre, il faut s'attendre à tomber, à donner du nez en terre. Nous aurions de l'orgueil si tout allait tout droit, si nous pouvions nous dire: Ah! tout de même j'arrive à quelque chose! J'ai acquis telle vertu.

Ma petite Léonie, ne cherchons qu'une seule vertu: l'humilité qui fera que jamais nous ne nous étonnerons de nos faiblesses. Ayons toujours le désir de bien faire, aimons beaucoup le bon Dieu et puis chantons avec notre ange:

Ma paix c'est de rester petite
Aussi quand je tombe en chemin
Je puis me relever bien vite
Et Jésus me prend par la main.

Si le bon Jésus tout en nous prenant par la main ne nous console pas, si nous sommes dans la nuit, si nous ne voyons ni ne sentons rien que la tristesse chantons encore:

Lorsque le ciel bleu devient sombre
Et qu'il semble me délaisser
Ma joie est de rester dans l'ombre
De me cacher de m'abaisser.
Ma paix c'est la volonté sainte
De Jésus, mon unique amour.
Ainsi je vis sans nulle crainte
J'aime autant la nuit que le jour.

Ma petite Léonie, aimes-tu autant la nuit que le jour, les ténèbres que la lumière? Il faut pourtant arriver à cette sainte indifférence si nous voulons être dignes de notre séraphin et lui ressembler un peu.

Adieu ma sœur chérie, je te prie de dire à tes si bonnes Mères toute ma respectueuse affection. Pour toi je t'embrasse avec tendresse et te souhaite les sept dons de l'Esprit d'amour.

Sr Agnès de Jésus

r.c.i.