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Mère Agnès de Jésus à Sr Françoise-Thérèse - 22 novembre 1908

Mère Agnès de Jésus à sa sœur Léonie

J.M.J.T.

Jésus+                                                                                Carmel 22 Novembre 1908

Ma petite sœur bien aimée,

S.M. du S.C. me poursuit pour que je t'écrive seulement quelques lignes avant l'Avent. Comme mon coeur me poursuit encore plus qu'elle je me rends. Mais tu ne vas pas avoir lourd ni de papier, ni d'encre car je n'ai guère le temps. Nous venons donc d'avoir une retraite admirable je pense que Sr Geneviève t'en parle. Le bon Père ne s’est pas gêné de nous dire des vérités et je t'assure que cela fait du bien. Il veut qu'une épouse de Jésus soit intrépide et que lorsqu’il lui vient des croix elle s'écrie: "Mais c'est ce que je voulais, c'est ce que j'attendais."A un moment il nous a dit dans l'ardeur de son zèle : "Allez aux balles !" Je comprenais : allez au bal !" et tu comprends que je n'en revenais pas. J'ai été un bon moment dans cette illusion...

J'ai été frappée de cette autre parole: "Une grâce manquée est une faiblesse de plus" C'est-à-dire que lorsqu'on se laisse aller à des infidélités on est plus faible pour repousser les tentations.

J'ai bien aimé encore cette application qui me revient à l'instant : "Du jour où nous nous renonçons parfaitement, nous sommes au ciel. C'est alors que Jésus nous dit comme au bon larron: aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis."

Mais c'est assez prêcher, il faut que je te dise maintenant de prier pour le R.P.Pitrou notre aumônier qui est malade. Il faut que je te dise aussi que nous prions pour ta vénérée et si bonne Mère Supérieure.

Ah! les saints! C'est leur lot la souffrance ! Et c'est pour cela qu'ils passent tout le jour de leur vie en paradis par l'amour et la ressemblance qu'ils ont avec Jésus crucifié

La petite sœur visitandine de Dreux m'a bien édifiée. Elle t'aime beaucoup. Je ne comprends pas Céline de te gronder pour pleurer si tu n'y peux rien, ne te casse pas la tète pour retenir des larmes qui peuvent te soulager en coulant. Offre-les à Jésus comme si c'étaient des larmes d'amour et va en paix ton mouchoir en main pour ne pas arroser le plancher.

Ma petite sœur bien aimée, au fond soyons bien heureuses comme tu l'es d'ailleurs car notre part est bien belle.

Ta petite sœur et mère qui t'aime tant

Sr Agnès de Jésus

r.c.i.