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Mère Agnès de Jésus à Sr Françoise-Thérèse - 8 avril 1912

Mère Agnès de Jésus à sa sœur Léonie

                                 +                                                                                      8 Avril 1912

Ma petite sœur bien aimée,

Alléluia ! ma petite fille et sœur chérie! Oh! que nous serons heureuses quand nous le chanterons au Ciel en nous voyant, en nous embrassant, après une si longue absence !

Oui, quel bonheur ! car nous t'aimons si profondément petite sœur "lointaine" comme dit la bonne Mère Carmela de Gallipoli.

J'espère que tu as passé un bon Carême, eh bien j'en ai passé un bon aussi je me porte très bien malgré le jeûne il est vrai que je ne l'ai pas fait dans sa rigueur loin de là puisque j'ai pris quelque chose tous les matins sauf pendant la semaine sainte.

Je pense que les petites sœurs vont te donner les nouvelles, pour moi j'ai reçu hier une bonne lettre de Mgr de Teil qui me dit : "Le Père Rodrigue m'écrit que le chancelier de la Congrégation des rites s'emploie avec soin à la préparation du procès (le second procès au nom du Pape) sur la recommandation même du Promoteur de la Foi, Mgr Verde. Cela est de bon augure pour la marche du procès et pour l'intérêt qu'on lui porte déjà."

Nous préparons en ce moment une seconde édition de Pluie de roses, c'est-à-dire les miracles et grâces de 1911 - pas tout, loin de là - mais les plus intéressants, je m'empresserai de t'envoyer le premier exemplaire.

Ma petite sœur si chère je te quitte en te disant la lumière que j'ai eue hier matin, ça va te faire rire, je pensais que Jésus par sa mort avait tué le mortel microbe du péché en nous et qu'il nous fallait bien de la malice pour le reprendre et nous en faire tuer désormais en le faisant revivre. Le microbe est donc tué. Bon ! mais c'est comme quand Thérèse guérit miraculeusement un malade, elle tue aussi le microbe, mais le malade reste faible, pendant un certain temps il lui faut prendre des fortifiants il n'engraisse pas en un jour. Nous sommes de même tant que nous restons sur la terre de pauvres convalescents et il faut avoir bien pitié les uns des autres donner des fortifiants par la charité fraternelle que nous exercerons autour de nous. Après cela nous irons boire le vin nouveau dans le royaume du Père céleste et ce sera la santé parfaite, la jeunesse éternelle dans la joie et l'amour. Amen, Alléluia

Petite Maman

Sr Agnès de Jésus

r.c.i. 

Je souhaite de saintes fêtes à tes bonnes et dévouées Mères et Sœurs !