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Mère Agnès de Jésus à Sr Françoise-Thérèse - 26 décembre 1912

Mère Agnès de Jésus à sa sœur Léonie

                                              +                                                   26 Décembre 1912

Ma petite sœur bien aimée,

Bonne année !

Te rappelles-tu quand nous nous disions cela aux Buissonnets autrefois dès l'aurore du jour de l'an ? Maintenant c'est à Noël que nous nous envoyons nos vœux. Oh ! comme nous avons encore bien plus de tendresse qu'autrefois dans nos Cœurs !

Comme le bon Dieu les a dilatés ! J'ai pense à toi je ne sais combien de fois depuis hier et toujours avec une si grande douceur me rappelant ta triste enfance et ton bonheur d'aujourd’hui ! Pauvre petite ! Comme le bon Dieu t'a aimée et comme tu seras surprise au Ciel de la gloire et de l'amour dont tu jouiras. Le bon Dieu est bien libre d'avoir des préférences ça lui est bien égal qu'on ait des bosses au front et les dents de travers, il n'a pas besoin de dire pourquoi il aime davantage une âme. C'est son secret - mais qu'il sera doux de le connaitre au Ciel. Oh ! Comment ferons-nous pour jouir d'une pareille joie ! Quel bonheur de pouvoir en remercier d'avance le bon Dieu en lui jetant comme Thérèse les fleurs de nos petits sacrifices pendant que nous le pouvons encore. Au Ciel il n'y aura plus moyen de prouver notre amour, on en recevra, on en donnera, mais impossible d'en donner des preuves par le sacrifice comme ici-bas dans la nuit de la foi. J'entends encore notre petite Thérèse me dire : C'est moi qui ne veux pas souffrir au Ciel du chagrin de n’avoir pas tout fait sur la terre pour faire plaisir au bon Dieu.

Qu'est-ce que je deviendrais en voyant qu'il me comble d'amour et que je n'ai pas su lui en donner ici-bas. Ça me ferait une pitié qui me perdrait mon Ciel.

Je te dis cela mal, c'était si gentil, je ne sais si tu vas saisir le sens.

Ma petite sœur bien aimée, je t'embrasse avec tendresse.

Ta petite Mère et sœur

Sr Agnès de Jésus

r.c.i. 

Ma santé est très bonne.

Mon souvenir religieux et affectueux à tes bonnes Mères.