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Mère Agnès de Jésus à Sr Françoise-Thérèse - 22 septembre 1914

Mère Agnès de Jésus à sa sœur Léonie

Jésus +                                                                                            22 Septembre 1914

Ma chère et aimée petite sœur,

 

Nous sommes, je le sens, plus unies que jamais en ces heures d'épreuve terrible pour notre pauvre France!

C'est aujourd’hui que commence notre grande neuvaine à notre petite Thérèse, que va-t-elle faire le 30 Septembre ? Prions-la bien, elle est si puissante, mais elle ne peut vouloir que la gloire du bon Dieu, l'humiliation de ses ennemis, cela avant la gloire de la France, et la France est si pécheresse comme nation! Elle a méprisé tout ce qui est saint, à présent Dieu se lève et permet que des étrangers l'envahissent et détruisent les temples qui n'ont plus pour elle de signification puisqu'elle n'y veut pas entrer et qu'elle s'obstine à ne même pas prononcer le nom de Dieu. Il est vrai que ceux qui nous gouvernent ne sont pas la France. Il y a un relèvement, les individus prient, beaucoup d'âmes sont sauvées, mais tant que les chefs du Gouvernement n’appelleront pas le bon Dieu ils attirent sur toute la nation les foudres du Ciel. Ces foudres mettront beaucoup d’âmes en paradis, c'est ce qui me console et me fait admirer la miséricorde infinie du bon Dieu qui châtie sur la terre pour qu'on crie vers lui et qu'on se sauve pour l'éternité.

Voilà un petit billet bien lugubre. Je ne suis pourtant pas triste, je veux très bien être atteinte par une des foudres dont je viens de parler qu'avons-nous à craindre nous autres de passer le pas dans la bagarre actuelle? rien du tout nous n'aurions qu'à y gagner. Je me dis souvent: Quand je pense qu'on ne peut me faire aucun mal, puisqu'il est impossible si je ne le veux pas de perdre la grâce et l'amour du bon Dieu

Ta petite sœur-maman

Sr Agnès de Jésus

r.c.i.