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Mère Agnès de Jésus à Sr Françoise-Thérèse - 6 mars 1916

Mère Agnès de Jésus à sa sœur Léonie

Jésus          +                                                                                                       6 Mars 1916

Ma petite sœur bien aimée,

Je suis contente que mes lettres te fassent du bien, je ne réfléchis pourtant guère avant d'écrire car le temps me manque, j'écris comme en courant. Oh ! que je serai heureuse quand je ne ferai plus tout en courant, mais en me reposant avec toi et les petites sœurs dans le beau Ciel ! Pourtant dès ici-bas, il faudrait déjà se reposer, car nous pouvons commencer ce bienheureux repos éternel même dans le temps de nos labeurs. "Pendant que le corps s'occupe disait St Jean de la Croix il faut que l'âme se repose". Ma petite sœur chérie reposons-nous donc ensemble dans le Coeur de notre Jésus, ne nous troublant de rien de ce qui passe même pas de nos péchés qui, passés dans les flammes de ce Coeur si bon si miséricordieux disparaissent en un instant.

On a le coeur angoissé en ce moment des événements de la guerre que va-­t-il arriver puisque la France officielle ne veut pas se convertir, puisque tant de monde offense encore le bon Dieu et brave sa justice ? Oh ! que c'est triste ! On m'a raconté bien des choses affreuses, Je ne sais pas comment le bon Dieu patiente encore.

Au revoir ma petite sœur et fille aimée, bon et saint Carême. Pour nous, quoiqu'il arrive nous n'aurons jamais qu'à chanter avec notre Thérèse

O mon divin Sauveur

Je m'endors sur ton Coeur

Ta petite sœur-Maman

Sr Agnès de Jésus r.c.i.