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Mère Agnès de Jésus à Sr Françoise-Thérèse - 25 décembre 1917

Mère Agnès de Jésus à sa sœur Léonie

Jésus          +                                                                                     Carmel 25 Décembre 1917

Ma petite sœur et enfant très aimée,

Comment as-tu passé ton Avent ? Vite, vite des nouvelles. Ici tout va bien on est plus âgé de quelques semaines, par conséquent plus près du Ciel et c'est tout. Il me semble que tu peux nous donner les mêmes nouvelles.

Ton souvenir ma petite sœur nous est bien présent, je pensais ces jours-ci à ton bon coeur. Te rappelles-tu quand tu étais enfant et qu'on te demandait quelque chose, quand ta Marraine par exemple te faisait un cadeau aussitôt si tu nous le voyais trop admirer tu t'empressais de nous l'offrir. C'était si gentil ! A présent tu dois employer toutes les ressources de ton bon coeur pour Jésus.

Quand il te donne une grâce, une lumière, il regarde de côté lui aussi pour voir ce que tu vas en faire... Et quand tu les emploies bien, c'est-à-dire quand tu ne vas pas les cacher dans un placard comme le bonhomme de l'Evangile qui cachait ses talents dans la terre, mais que tu te sers de cette grâce, de cette lumière pour mieux prouver ton amour à Jésus dans les occasions, alors c'est lui faire un très beau cadeau, c'est te faire aimer davantage par lui, c'est augmenter tes mérites, ton amour et ta gloire au Ciel.

Les grâces, les lumières c'est un lingot d'or qu'il te met dans la main et c'est à toi de faire de ce lingot des petites pièces marquées à l'effigie de ton Epoux pour acheter des âmes, mais je sais bien que cette monnaie là est dure à faire... si on s'écoutait quand on n'en peut plus de tout parfois, on prendrait le lingot et on dirait au bon Dieu : Tenez, je vous le rends tel que vous me l'avez donné je n'ai pas le courage d'en battre de la monnaie.

Parce qu'on sait bien aussi que plus on en battra, plus il donnera cette matière première si précieuse pour faire notre fortune éternelle et celle des âmes. On ne sera pas si ingrates toutes les deux, dis.

Petite sœur bien aimée, après mon petit sermon, je descends de chaire et je t'embrasse pour m'avoir écoutée avec ton bon sourire que je vois d'ici.

Ta petite sœur maman

Sr Agnès de Jésus

r.c.i. 

Est-ce que tu pourrais savoir sans indiscrétion si tes bonnes Mères donnent quelque chose à Mgr lorsqu'il vient présider des cérémonies à la Visitation. Nous ne donnons rien ici, mais il faut peut être donner, je ne sais pas.