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Mère Agnès de Jésus à Sr Françoise-Thérèse - 28 mai 1928

Mère Agnès de Jésus à sa sœur Léonie

Jésus                                                                        Carmel de Lisieux 28 Mai 1928

Ma petite sœur aimée,

Nous attendons de tes nouvelles ; mais en voilà d'abord des nôtres. Notre marraine a été ravissante toute la journée du 22 Mai. Nous pleurions toutes quand elle a renouvelé ses vœux à l'infirmerie, elle l'a fait avec un tel accent ! Ensuite nous avons été l'embrasser et elle a reçu les sœurs avec un sourire céleste en leur donnant à chacune la photographie du beau Sacré-Cœur qui est dans sa cellule et qu'elle aime tant. Le soir nous lui avons chanté les couplets que tu connais. Et puis nous sommes allées à la châsse où elle a posé sur la tête de notre sainte une belle couronne de roses, l'autre tombant de vétusté et... de saleté ! Je suis sûre, ma petite sœur, que tu nous as été bien unie ce 22 Mai, combien de fois, ai-je pensé à toi ! Je t'envoie pour te faire plaisir, la copie de la belle lettre de M. Dubosq une autre copie aussi de la lettre du P. Martin et le télégramme de Rome, le Cardinal Cerretti et le Cardinal Laurenti ont donné leur  Messe à Sr M. du S.C. sans que je l'aie demandé.

Le bon Cardinal Vico l'a dite aussi, mais il ne restera plus longtemps sur la terre, on m'écrit qu'il est très faible. Que de reconnaissance nous avons envers ce Saint Cardinal ! Et il nous aime si sincèrement !

Dans sa dernière lettre il se recommandait à tes prières ne l'oublie donc pas, afin qu'il aille droit au Ciel, ce qu'il espère humblement et à quand notre tour ?..... Il me semble qu'il ne peut pas tarder de longues années. Quel bonheur. Et que je serais heureuse de revoir ma petite "Léonie" !

Je l'embrasse en attendant et lui redis ma grande tendresse fraternelle et maternelle comme Jésus l'a mise dans mon coeur pour elle.

Sr Agnès de Jésus

r.c.i. 

On t'enverra la prochaine fois la lettre du Japon que Sr M. du S.C. t'annonce.

Sr M.du S.C. a toujours beaucoup de mal à marcher. Elle ne le pourrait sans son bâton.