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De Mme Martin à son frère Isidore Guérin et à sa Belle‑Sœur CF 121 - 9 août 1874.

 

Lettre de Mme Martin CF 121

 

A son frère Isidore Guérin et à sa Belle‑Sœur

9 août 1874.

. . .Je vous attends, comme il est convenu, vendredi soir. Je suis allée chercher mes filles au Mans, lundi [voir ici la scolarité des filles]. Marie a été dix‑huit fois nommée et a neuf beaux prix; Pauline a été treize fois nommée et a eu quatre premiers prix; elle fait des progrès remarquables en dessin. On m'a dit qu'elle était artiste et que, si elle était poussée, elle irait loin.

Ma petite Thérèse a été bien malade cette semaine. I1 est vrai que ce n'était que les dents, mais dans quel état a‑t‑elle été ! Sa bouche faisait pitié à voir et sa langue était enflée et remplie de boutons, en sorte qu'elle ne pouvait rien prendre. J'ai vu le médecin, qui m'a conseillé de la forcer quand même à boire du lait. Vous dire les difficultés que j'ai eues, c'est impossible. Jour et nuit, il fallait être autour d'elle, qui souffrait terriblement, et cela a duré huit jours. Elle est bien mieux et commence à manger un peu de bouillie; cependant, elle est encore très faible et ne fait que dormir. I1 est fort heureux que cela ne se soit pas trouvé pendant votre séjour ici, nous aurions eu un triste plaisir !

Aux vacances de Pâques, Marie me disait: a Tu penses, Maman, que je n'aurai plus de petites sœurs ? Cela me fait du chagrin, on est si heureux quand on a des petits enfants. »

Mais cette fois, elle en a assez ! Ces pauvres petites ont passé une bien fâcheuse semaine; on n'avait pas un instant de repos; aussi Marie a grand peur d'avoir encore des petites sœurs et me dit que jamais elle ne se mariera, parce que c'est une source de trop grandes peines !

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