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De Mme Guérin à son mari - 9 août 1878.

 

De Mme Guérin à son mari. 9 août 1878.

 

           

            Mon Cher Ami,

J'ai reçu hier ta bonne lettre qui m'a fait bien plaisir. J'avais tout un courrier. Maman, Marie (sa sœur, Mme Maudelonde) m'avaient écrit aussi. Leurs lettres ont été données d'abord chez une autre dame Guérin, dans notre rue, on nous les a rapportées sans les décacheter ces dames n'avaient pas mis le numéro de ma villa, c'est pourquoi elles sont allées ailleurs. Enfin, j'ai été bien heureuse de toute cette aimable correspondance, et aussi de voir l’épanouissement de cette bonne petite Thérèse à la vue de cette grande mer (La veille, 8 août, M. Martin est venu à Trouville reprendre Marie, en vacances chez sa tante depuis le dimanche 4. Il a emmené Thérèse, qui découvre la mer pour la première fois).

M. Martin n'a guère joui du spectacle de la mer, il a été tout le temps occupé à pêcher dans la rivière. Il nous a pris une anguille grosse comme [v°] mon petit doigt et deux crabes, dont une s'est échappée cette nuit dans la cuisine, nous n'avons jamais pu la retrouver ce matin. Marie (Martin) s'est vite empressée de lui dire qu'il faisait bien mieux que cela à Lisieux, mais il trouve déjà très beau de ne pas être bredouille. Nous ne pouvions comprendre (Marie surtout) comment il faisait si peu d'attention à la mer. J'ai donc perdu ma charmante compagne Marie, aussi je me dédommage un peu en venant parler longuement avec toi ce matin. J'étais déjà habituée à sa compagnie, et elle était aussi, je crois, bien heureuse. J'ai essayé de la garder à dimanche, car elle rêvait prendre un bain et malheureusement c'eût été tout à fait dangereux pour elle d'en prendre un encore hier. Tu comprends pourquoi. J'attends dimanche avec beaucoup d'impatience pour te voir, puis je vais retrouver une petite compagne dans Pauline (Pauline arrivera avec son oncle le dimanche 11) je dois te prévenir d'une chose pour dimanche, c'est que la marée sera le matin, elle était hier à cinq heures, elle devra être vers huit heures dimanche, les bains du soir vont devenir impossibles; il faudra les prendre le matin, et comme je ne pourrais les faire prendre aux enfants (. . .)

- du café en poudre

- 1 pot de confiture mais il ne presse pas j'en ai encore 1 entier.

- si Aimée peut acheter un petit poulet tu l'apporterais à l'Assomption, si toutefois les prix sont doux.

Adieu mon cher Ami, le papier me manque, mille et mille baisers pour toi de ma part et de celle de tes filles Ta femme toute dévouée

            C. Guérin

Pardon de mon griffonnage, c'est un vrai brouillon. J'ai fait réclamer à Aimée un col qu'elle m'a renvoyé hier je lui en fais mes excuses et lui souhaite le bonjour.

Pour Joséphine, la femme de journée, je laisse Aimée juger ce qu’il y a de linge, elle doit laver tout le linge des enfants lundi chez maman, qu'elle voie ce qu'il restera et qu'elle s'arrange avec elle.

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