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De Mme Guérin à son mari - 2 août 1878.

 

De Mme Guérin à son mari. 2 août 1878. .

(Mme Guérin et ses filles sont en vacances à Trouville, du 1er au 31 août, dans la Grande‑Rue, Maison Leroux).

(…) une petite tranche de pâté de lapin, du café plein le petit tiroir du moulin seulement, parce que Aimée (Aimée Roger, cuisinière chez les Guérin) en grillera à son retour et nous en renverra le dimanche suivant.

J’espère bien que tu as bien dormi et que ta nuit t'a remis de tes fatigues. Que c'est donc malheureux que tu ne puisses te promener avec nous, ce serait un vrai bonheur.

Surtout n'oublie pas dimanche notre chère Marie Martin et tâche d'avoir la permission jusqu'au jeudi. Je suis persuadée qu'elle ne s‘ennuiera pas. Apporte, je te prie, à Mme Maudelonde une livre de camphre qu'elle nous avait demandée il y a huit jours. Nous l'avons oublié. Il en faudrait une livre plus une demi livre pour Mme Maudelonde (ces deux dames Maudelonde sont la sœur de Mme Guérin, née Marie Fournet (1843‑1926), et la belle-mère de cette dernière) [v°] Le bain est pris, très bien pris par Jeanne qui a commencé; Marie a suivi le cœur bien gros et l'air bien malheureux, elle a crié un peu et a été à peine sa minute, enfin le baigneur est content, il dit que pour un premier bain il ne faut pas se plaindre. Demain, Marie ne doit pas jeter un cri. Il faut te dire que j’avais promis un loucher à Jeanne et à Marie pour ce premier bain. Jeanne l'a bien gagné, mais Marie, on attend à demain. Ne me gronde pas; j'en étais, tu sais, presque aussi malade qu’elles, puis André a une bêche, Adrien (enfants non identifiés) aussi, et Adrien renvoie Jeanne du jeu parce qu'elle n'a qu'une pelle.

Adieu, mon bien cher petit mari, surtout ne t'ennuie pas trop, et ne te fatigue pas, afin que dimanche tu puisses bien promener ta belle ombrelle blanche. Il fait un vent sur la plage aujourd'hui qu'il nous est impossible d'y travailler.

[v° tv] je n'ai pu apercevoir Mme Simon, mais je n'oublie pas, sois tranquille. Je t'embrasse de tout cœur comme je t'aime.

Ta femme toute dévouée

C. Guérin

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