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1er novembre 1898

De la Visitation du Mans

La Sainte Eglise dit avec raison de chacun des Bienheureux que « nul ne lui a été semblable », s’il y a de plus grandes saintes au ciel, il n’y en a pas de plus charmante que notre chère petite sœur Thérèse de l’Enfant Jésus ; aussi cette lecture me semble appelée à faire beaucoup de bien dans le monde comme dans la vie religieuse, parce que la vraie et solide vertu s’y montre sous les traits les plus ravissants. Tout charme dans ce récit, sans parler des poésies délicieuses qui nous montrent la flamme qui dévorait son cœur, et aussi le fond de sa belle âme, la vie de cette chère Sulamite avec son Bien-Aimé, cet écoulement, cette fusion, qu’elle rend d’une manière si ravissante. Ses lettres à Céline sont non moins délicieuses : comme elle doit les garder précieusement ! Toutes nos sœurs seront heureuses de jouir à leur tour de l’intime consolation que nous a procurée cette chère lecture, d’entendre rappeler le souvenir toujours vivant parmi nous de Marie, de Pauline, ces mères de son enfance qui ont veillé avec tant de sollicitude sur le doux Trésor qui leur était confié. Dans sa vie religieuse, ces chers noms s’éclipsent, mais nos cœurs les devinent partout et s’identifient à leurs sentiments dans la joie comme dans l’épreuve. Venez, sœurs aimées, nous parler longuement de cette petite Fleur du ciel qui ne s’est épanouie sur la terre que pour ravir tous ceux qui on pu respirer son doux parfum. Faites-la prier pour notre Visitation comme quand elle était petite. Recommandez-lui toutes nos intentions.