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Le travail des reliques

 

Chaque monastère a un lieu où des reliques de saints sont conservées. Le Cérémonial décrit sa localisation idéale: "On prépare dans le bâtiment de l'église, ou dans les lieux adjacents, un endroit où l'on puisse garder respectueusement les reliques des saints." L'ornementation de ce lieu est aussi précisée.  Il y a donc dans les monastères un emploi des reliques. Dans les circulaires nécrologiques provenant des autres carmels, on nous raconte le zèle déployé dans cet office par une sœur de Cahors, une d'Albi, de Saint-Flour, d'Autun, etc.

reliquaire contenants1

les reliquaires

Au Carmel de Lisieux, on préparait aussi pour la dévotion de la communauté et pour les soeurs elles-mêmes des reliquaires contenant des reliques. Il pouvaient s'agir de reliques d'un seul saint ou sainte disposées dans un tout petit reliquaire comme on en voit ci-dessus, sur un fond de velours ou de soie. Une étiquette est alors mise en place autour des restes mortels, avec une calligraphie très soignée: c'est le nom du saint ou de la sainte, qui fait de ces restes un objet sacré, support de l'intensité des prières dans l'espérance.

reliquaire etiquettes2

    

Chaque carmélite pouvait également conserver un petit reliquaire personnel confié lors de la profession, comme on peut en admirer un exemplaire ci-contre. Le Papier d'exaction précise de le porter caché sur soi.

Thérèse elle-même voue dès sa jeunesse un culte aux reliques, comme en témoignent à l'occasion lettres et poésies, mais surtout le récit de son voyage à Rome (Ms A, à partir du folio 58v). Une partie du butin de la jeune voyageuse a été conservé et est visible ici.

 reliquaire-cte

Parfois, le reliquaire est plus ambitieux et on prépare un petit cadre comme ci-dessous avec plusieurs reliques à l'intérieur. Une image de piété placée au centre complète l'ensemble. Ces cadres de 15 cm. X 20 cm. sont exposés sur un mur ou un meuble.

 cadre reliques  cadre reliques 2

L’ornementation de ces cadres-reliquaires se faisait également avec du ribet. Il s’agit de fines lamelles de carton tournées sur elles-mêmes ; elles sont dorées ou colorées.

  reliquaire ribet2

Pour tout ce matériel, les soeurs se fournissaient chez Touchard et chez Biais Frères & Cie, deux maisons de Paris.

 

C'est un travail de spécialiste. On sait que parmi les contemporaines de Thérèse, c'est Sr Aimée de Jésus qui avait été placée à l'office des reliques dès sa profession (en 1873), et y était encore au moment de la mort de Thérèse. On peut voir ci-dessous les différentes étapes de la confection d'un reliquaire individuel, avec de précieux restes cousus sur un fond dont les fils sont scellés au dos, puis insérés dans un contenant, où le verre repose sur une bordure dorée, sous couvercle

portefolio reliquaire sepia

et d'où viennent les reliques?

D’où provient le contenu de ces reliquaires... Plusieurs reliques ont été offertes au Carmel par son fondateur et premier supérieur, l’abbé Sauvage. Avant même la fondation, en 1837, l’abbé avait fait un pèlerinage à Ste Radegonde, dont les reliques reposent dans l’église qui porte son nom à Poitiers. Il avait fait toucher plusieurs objets aux précieuses reliques de la Sainte.

Peu après la fondation du monastère, M. l’abbé Sauvage s’empresse de donner à sa communauté des reliques qu’il se procure par le secours de ses amis. Il donne ainsi au Carmel une relique de la vraie Croix, une partie des os de Ste Philomène, des reliques de St François de Sales et de St Vincent de Paul. Cette même année 1839, il donne plusieurs autres reliques, entre autres celles de Ste Thérèse et du tombeau de la Sainte Vierge.
Borie cornay reliquaireLT

En 1845, toujours via l’abbé Sauvage, Mgr Emmanuel Vérrolles, évêque en Mandchourie de passage à Lisieux pour revoir son ancien professeur qui n'est autre que l’abbé, offre au Carmel des reliques des vénérables Serviteurs de Dieu Charles Cornay et Mgr Pierre Borie (photo ci-contre à droite). Tous deux seront canonisés en 1988.

D'autres reliques sont de provenance très diverse. D'après les Fondations, après la mort de Mgr Robin en 1855, le nouvel évêque de Bayeux-Lisieux Mgr Didiot offrit deux ossements de Saint Mercure lors d’une visite en février 1857. Et en 1861, Mlle Hardouin de Caen, ayant son frère établi à Rome, procura plusieurs reliques au Carmel de Lisieux. En 1874, le Carmel de Messine donne les reliques de Ste Thérèse et de Ste Geneviève.  M. l’abbé Roger, sulpicien, enrichit aussi la communauté d’un grand nombre de parcelles de reliques. M. Turquentin, curé de Tortisambert, donna deux reliquaires contenant de très beaux ossements (?) et Mlle Sauvage offrit le beau reliquaire du choeur qui avait appartenu à M. le curé de Cernay, son frère.

Enfin, en 1891, les sœurs possèdent des reliques de St Jean de la Croix qui sont exposées à la vénération des fidèles lors des fêtes du centenaire. Peut-être les ont-elles obtenues par le bon Frère Siméon, qui écrit à Thérèse en juin: 

En annonçant à Madame votre vénérée Mère Supérieure que je lui envoie aujourd'hui quelques Reliques, peu nombreuses, mais avec l'espérance fondée de pouvoir lui en procurer d'autres... Vous verrez par les authentiques qu'il y en a qui me viennent de Parme. Il est très difficile aujourd'hui de se procurer ces Sts et Vénérables restes des Serviteurs de Dieu. La vraie Croix ne se donne plus qu'aux Evêques. Parmi mes reliques personnelles, j'ai trouvé une Ste Thérèse, patronne de ma Sœur, je m'en prive volontiers pour vous. (du frère Siméon à Thérèse - 12 juin 1891).

ouvrages en cheveux sous verre

Un autre type de souvenir rapproche des personnes connues, vivantes ou décédées: il s’agit d’un travail fait avec des cheveux. Ces derniers sont finement coupés et enduits de colle pour être ensuite, une fois séchés, découpés en des formes de feuillage et de fleurs. L'ensemble est disposé dans un cadre de bonne dimension (environ 23 cm. X 20 cm.), sous verre. On voit ci-dessous à droite un détail du travail. Ces oeuvres d'art bien spéciales étaient vendues à l'accueil du monastère, comme on peut le voir dans les Recettes du livre de comptes.

 cheveux souvenir  cheveux3

Cette tradition d'ouvrages en cheveux s'enracine notamment dans la famille Martin. On peut lire dans une lettre de Mme Martin à Mme Guérin qu'on va disposer des cheveux de sa soeur Marie-Dosithée récemment décédée (4 mars 1877). Nous avons conservé de ces travaux artistiques avec cheveux pour plusieurs membres de la famille.

 

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D’où proviennent le contenu de ces reliquaires ? Plusieurs reliques ont été offertes au Carmel par son fondateur et premier supérieur, l’abbé Sauvage. Avant même la fondation, en 1837, l’abbé avait fait un pèlerinage à Ste Radegonde, dont les reliques reposent dans l’église qui porte son nom à Poitiers. Il avait fait toucher plusieurs objets aux précieuses reliques.

Peu après la fondation du monastère, M. l’abbé Sauvage s’empresse de donner à sa communauté des reliques qu’il se procure par le secours de ses amis. Il donne ainsi au Carmel une relique de la vraie Croix, une partie des os de Ste Philomène, des reliques de St François de Sales et de St Vincent de Paul. Cette même année 1839, il donne plusieurs autres reliques, entre autres celles de Ste Thérèse et du tombeau de la Sainte Vierge.

 

En 1845, toujours via l’abbé Sauvage, un évêque de Mandchourie, de passage à Lisieux pour revoir son ancien professeur l’abbé Sauvage, Mgr Emmanuel Vérrolles offre au Carmel des reliques des vénérables serviteurs de Dieu Charles Cornay et Mgr Pierre Borie. CANONISES

 

Les autres reliques sont de provenance diverse. 

Après la mort de Mgr Robin en 1855, le nouvel évêque Mgr Didiot lors d’une visite en février 1857 offrit deux ossements de Saint Mercure.

En 1861, Mlle Hardouin de Caen, ayant son frère établi à Rome, procura plusieurs reliques au Carmel de Lisieux.

En 1874, on note plusieurs dons de reliques. Les Mères du Carmel de Messine donnèrent les reliques de Ste Thérèse et de Ste Geneviève.  M. l’abbé Roger, Sulpicien, enrichit aussi la communauté d’un grand nombre de parcelles de reliques. M. Turquentin, curé de Tortisambert, donna deux reliquaires contenant de très beaux ossements et Mlle Sauvage offrit le beau reliquaire du choeur qui avait appartenu à M. le curé de Cernay, son frère.

 

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Enfin, en 1891, les sœurs possèdent des reliques de N. P. St Jean de la Croix qui sont exposées à la vénération des fidèles lors des fêtes du centenaire.

 

 

Du frère Siméon à Thérèse.  12 juin 1891

En annonçant à Madame votre vénérée Mère Supérieure que je lui envoie aujourd'hui quelques Reliques, peu nombreuses, mais avec l'espérance fondée de pouvoir lui en procurer d'autres. Je n'ai pas oublié qu'en faisant plaisir à Votre Vénérée Mère, je le faisais aussi à vous, la charité pour l'une et pour l'autre ont soutenu mes démarches. 

Vous verrez par les authentiques qu'il y en a qui me viennent de Parme. Il est très difficile aujourd'hui de se procurer ces Sts et Vénérables restes des Serviteurs de Dieu. La vraie Croix ne se donne plus qu'aux Evêques. Parmi mes reliques personnelles, j'ai trouvé une Ste Thérèse, patronne de ma Sœur, je m'en prive volontiers pour vous.

 F. Siméon

 

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Du P. Bellière à Thérèse. 2 octobre 1897

                                                                                                                              

sauf du linge de la Bienheureuse Marguerite Marie

 

 

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