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L'oraison

La prière spécifique du Carmel
Deux heures par jour à prier silencieusement au chœur,
à genoux à côté des stalles, visibles sur cette photo contemporaine. 
Que se passe-t-il dans ce silence ? 

un élan du cœur...

un simple regard

jeté vers le ciel...

un cri de reconnaissance et d’amour...

                                                                                                                                                                                                         Ms C, 25r

La grande Thérèse d'Avila était passionnée par la présence de Dieu en chaque personne. Sa principale occupation était de Lui tenir compagnie! Aussi, lorsqu'elle réforma le Carmel au 16e siècle, elle voulut insérer dans l'horaire quotidien deux heures d'attention intense à cette présence divine : deux heures d'oraison, qui sont précisées dans le texte des Constitutions contemporain de la petite Thérèse. 

L'oraison est un échange d’amour avec Dieu, une conversation, un entretien. Cet échange d’amour fait chercher Dieu en soi, au centre de l'âme. Le ciel vit tout entier dans notre âme, et la foi réalise le contact. C'est un rendez-vous où nous sommes attendus.  Dieu Amour nous a créés par amour et nous appelle à la communion d’amour avec lui. Thérèse, si jeune, a compris la grandeur de la vocation de l’être humain appelé à l’union avec Dieu.

Sainte Thérèse d’Avila invite à cette intimité avec Dieu. Elle décrit sa présence dans le Château intérieur de notre âme. Elle affirme que « la porte de ce Château c’est l’oraison… un commerce intime d’amitié où l’on s’entretient souvent seul à seul avec ce Dieu dont on se sait aimé. » 

Le petit manuel de la Direction spirituelle, de l’époque de Thérèse, déclare que « cette heure est la plus sainte et la plus utile de la journée ; car c'est dans l'oraison que l'âme se nourrit et reprend de nouvelles forces ; c'est là qu'elle rallume, tous les matins, le feu spirituel qui doit brû­ler sans cesse dans le sanctuaire de son cœur. »

Dans ce petit manuel à l’usage de Thérèse, on décrit plusieurs manières de commencer l’oraison, notamment « de se mettre en la pré­sence de Dieu et de le représenter comme présent en tout et partout, et remplissant tout au ciel et en la terre, et nous étant dans lui comme une éponge dans la mer » (p.14).

On constate l'importance de l'oraison au Carmel lorsqu'on consulte le Manuel de la Maîtresse des Novices en usage au temps de Thérèse: un chapitre entier explique comment la maîtresse des novices doit apporter le plus grand soin à conduire les novices dans les voies de l'oraison "selon leur attrait" (chapitre 12).

 Thérèse d'Avila

« Demeurons près du Sauveur. Occupons-nous à considérer qu’Il nous regarde, que nous lui tenons compagnie. »

in Vie, chap. 13

 

Thérèse d'Avila

« Tout ce que je vous demande, c'est de le regarder."

in Chemin de la perfection

 

 

Jean de la Croix

« Tu es toi-même la demeure où il habite, la retraite où il se cache.»

 in Le Cantique spirituel

L’oraison est un acte de foi qui se prolonge, ou mieux, une série d’actes de foi qui reprennent un contact interrompu. Ainsi Thérèse, à laquelle il arrive d'être distraite à l'oraison, se compare à un petit oiseau qui ne cesse de fixer "le Soleil divin, le Soleil de l'Amour" (Ms B folio 4 v°). Elle continue dans ce texte à faire le tour de ses distractions mais toujours elle revient au Soleil divin: Manuscrit B, folio 5 recto.

Ces deux heures d’oraison quotidienne, ce temps pour Dieu dans le silence,  ont un effet sur la personne : celle-ci est transformée. Cet exercice d’amour de Dieu déborde et conduit à l’amour du prochain. Thérèse en témoigne, racontant que peu à peu elle a été conduite à compendre ce qu'est la charité dans son Manuscrit C, folio 11 verso, et suivants.

Jean de la Croix

« Dans cette heureuse nuit
Je n’apercevais rien 
Pour me guider
Que la lumière 
Qui brûlait dans mon cœur
Elle me guidait plus sûrement
Que la lumière du midi... » 

in La nuit obscure

Une fois où on voulut donner à Thérèse un remède assez long pendant l’oraison du soir [bain de pieds à la farine de moutarde] on lui dit : « Mais cela va vous empêcher de faire oraison ! » Elle répondit : « Rien ne peut empêcher de faire oraison. »
Lettre de Marie de Jésus à Mère Agnès 1935

 

Pour en savoir plus sur l'oraison

http://www.oraison.net/

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