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Prières de la recommandation de l'âme

 

Prières de la recommandation de l'âme

à l'usage des religieuses carmélites déchaussée de l'ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel


Rubriques du Cérémonial. S. Laurent-sur-Sèvre: Biton, libraire-éditeur. 1894
 

                 APPROBATION

Nous autorisons l'impression du présent Extrait du Manuel, pour l'assistance des sœurs malades, comme étant conforme au Manuel de divers Offices divins et au Cérémonial qui sont déjà en usage parmi les Religieuses Carmélites de France, avec l'approbation du Saint Siège.

Luçon, le 12 Décembre 1894.  + CLOV. J.  Evêque de Luçon.

Assistance des soeurs malades

 

Après l'Extrême-Onction, la Prieure a grand soin que la malade ne reste jamais seule, et lorsqu'il est temps de faire la recommandation de l'âme, on appelle le Confesseur et les Religieuses pour rendre ce dernier devoir à l'agonisante, que les Sœurs n'abandonnent plus jusqu'à la mort si la Prieure ne les fait retirer.

Si l'on fait les prières de l'agonie pendant le jour, on ap­pelle les Sœurs en teintant deux fois, à un Ave Maria d'intervalle, cinq ou six coups de la petite cloche.

Si ce signal est donné lorsque les Religieuses assistent à la Messe, ou récitent les Heures Canoniales, la Prieure et quelques-unes qu'elle avertira sortiront, les autres demeu­rant pour achever l'Office.

Si elles sont au commencement ou au milieu du repas, la Prieure en fera sortir quelques-unes seulement. Si elles sont presque à la fin, au signe de la Prieure, on dira : Tu autem, etc., et toutes les Sœurs se lèveront. La Semainière dira: Agimus, etc., ou, Benedictus Deus etc.

Pendant la nuit, après la retraite, on frappe la matraque, à moins que, pour quelque motif particulier, la Prieure ne juge plus convenable de faire éveiller seulement quelques Sœurs.

En se rendant à l'infirmerie, les Sœurs diront le Credo in Deum qu'elles répéteront jusqu'à ce qu'elles y soient arri­vées.

Lorsque les Religieuses sont assemblées à l'infirmerie, elles se mettent à genoux, et le Prêtre, revêtu d'un surplis et d'une étole violette, interroge la malade en cette sorte évitant toutefois de la fatiguer.

1.     Ne croyez-vous pas, ma Sœur, tous les articles de notre foi, comme la sainte Eglise Catholique, Apostolique et Romaine notre mère les croit ?
R. Oui, je les crois.
2.     Ne voulez-vous pas vivre et mourir dans la con­fession de cette même foi Catholique ?
R. Oui, je le veux.
3.   N'êtes-vous pas marrie d'avoir offensé Dieu ?
R. Oui, j'en suis marrie.
4.     Ne voudriez-vous pas avoir une grande douleur de vos péchés, non pas tant par la crainte de l'enfer, que pour l'amour que vous portez à Dieu ?
R. Oui, je le voudrais.
5.      Ne demandez-vous pas pardon à Dieu des péchés que vous avez commis contre sa Majesté, et de ce que vous ne l'avez pas honoré et servi comme vous le deviez ?
R. Oui, je lui demande pardon.
6.      N'espérez-vous pas obtenir ce pardon de la mi­séricorde et de la bonté infinie de Dieu, par les mé­rites de la Passion de Jésus-Christ notre Seigneur ?
R. Oui, je l'espère.
7.     N'avez-vous pas une ferme volonté de mieux vivre que vous n'avez fait jusqu'ici, si vous revenez en santé ?
R. Oui, je le veux.
8.      Ne pardonnez-vous pas à tous ceux qui vous ont offensée ?
R. Oui, je leur pardonne.
9.       N'êtes-vous pas prête à vous réconcilier avec tous ceux qui ont conçu de l'aigreur contre vous ?
R. Oui.
10.      Ne demandez-vous pas pardon à tous ceux que vous avez offensés ?
R. Oui, je leur demande pardon.
11.       Ne vous confesseriez-vous pas volontiers des péchés dont vous ne vous souvenez point, si vous les connaissiez?
R. Oui, je m'en confesserais.
12.      N'endurez-vous pas de bon cœur, pour l'amour de Dieu, toutes les douleurs que vous souffrez?
R. Oui.
13.      Ne demandez-vous pas à Dieu qu'il vous fasse la grâce de ne jamais changer de résolution, mais de persévérer toujours dans la contrition de vos péchés, et dans la pratique des bonnes œuvres ?
R. Je le lui demande de tout mon cœur.

 

Après cela, il l'avertira de demander souvent à Dieu par­don de ses péchés, d'invoquer de bouche ou de cœur le très doux nom de Jésus, l'aide de la très sainte Vierge Marie, et des Saints auxquels elle a eu toujours une particulière dé­votion. Il lira dévotement devant elle les Oraisons suivantes, afin que, si elle peut, elle les prononce avec lui. Toutes les au­tres Religieuses les diront tout bas. 

Seigneur, je remets mon âme entre vos mains : vous m'avez ra­chetée, Seigneur, Dieu de vérité.
Jésus-Christ, Père des miséricordes, ayez pitié de moi, votre pau­vre créature.
Venez à mon aide, ô très doux Jésus, et pour la gloire de votre nom, délivrez-moi ; pardon­nez-moi mes péchés, pour la gloire de votre saint nom.
Aidez-moi dans cette nécessité extrême, Sei­gneur, notre Dieu, se­courez mon âme pau­vre et désolée, afin qu'elle ne devienne pas la proie des monstres infernaux.
Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, placez votre passion, votre croix et votre mort entre votre juge­ment et mon âme.
Jésus-Christ, mon Cré­ateur et mon Rédemp­teur, je m'abandonne entièrement à vous, ne refusez pas mon offrande ; je viens à vous, ne me rejetez pas.
Comme le cerf sou­pire après la source des eaux, ainsi mon âme soupire après vous, mon Dieu.
Seigneur, ne me re­prenez pas dans votre fureur, et ne me châtiez pas dans votre colère.
Ayez pitié de moi, Seigneur, parce que je suis faible, guérissez- moi parce que j'ai pé­ché contre vous.
Ne vous souvenez point de mes anciennes iniquités, et que vos miséricordes se hâtent de me prévenir, parce que je suis réduite à une indigence extrême.
Ayez pitié de moi, ô mon Dieu, selon votre grande miséricorde.


Avec quelques versets du même Psaume, selon sa dévotion.

Eclairez mes yeux, afin que je ne m'endorme jamais dans la mort.
De peur que mon ennemi ne dise : j'ai prévalu contre elle.
Ne m'abandonnez pas, Seigneur mon Dieu, ne vous éloignez pas de moi : Hâtez-vous de me secourir, Seigneur Dieu de mon salut.
En vous, Seigneur, j'ai mis mon espérance: que je ne sois point confondue pour ja­mais ; mettez-moi à couvert sous l'ombre de vos ailes.
Tirez mon âme de la prison, afin que je bé­nisse votre nom : les justes attendent que vous me donniez la rétribution.
J'ai péché contre le ciel et contre vous; je ne suis plus digne d'être appelée votre enfant.
Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, ayez pi­tié de moi.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de moi.
Seigneur, je remets mon âme entre vos mains.

 

Répétant souvent ces paroles, il dira aussi de fois à autres l'Oraison Dominicale, Pater noster, et implorera le secours de la bienheureuse Vierge Marie, disant :

Marie, mère de grâce, mère de miséricorde, protégez-moi contre mes ennemis, et recevez-moi à l'heure de ma mort.
Montrez que vous êtes notre mère, et qu'il reçoive par vous nos prières celui qui, né pour nous, a bien voulu être votre Fils.

 

Ces Oraisons étant finies, la malade s'adressera aux Saints auxquels elle a eu une dévotion spéciale, pour implorer leur secours, disant si elle peut :

O très glorieux Saints N. N., j'ai eu durant le temps de ma vie, une grande confiance en vous, comptant que vous intercéderiez pour moi auprès de Dieu : c'est maintenant, surtout, que j'ai besoin de votre secours; aidez-moi donc, et hâtez-vous de m'assister en ce moment de mon extrême besoin.

Enfin, elle répétera trois fois ou plus, l'Oraison suivante:

Que la paix de Jésus-Christ notre Seigneur, et la bénédiction de tous les Saints, et la garde des Anges, et encore les suffrages de tous les Elus soient entre moi et tous mes ennemis visibles et invisibles, en cette heure de ma mort. Ainsi soit-il.

Avant que la malade perde l'usage de ses sens, on met entre ses mains le cierge bénit allumé, et elle le tient un peu de temps, pendant lequel on l'aide à produire des actes de foi vive, d'espérance et de charité. C'est pour nous exci­ter à produire ces actes que l'Eglise bénit les cierges.

Le Prêtre, et en son absence la Prieure, jette de l'eau bé­nite sur la malade, lui présente le Crucifix à baiser, et com­mence les prières de la Recommandation de l'âme. Après les Litanies des Saints,

Litanies des Saints.

Saint Abraham, priez pour elle.
Notre père saint Elie, priez pour elle.
Saint Elisée, priez pour elle.
Saint Jean-Baptiste, priez pour elle.
Notre père saint Jo­seph, priez pour elle.
Saints Patriarches et Prophètes, priez tous pour elle.
Saint Pierre, priez pour elle.
Saint Paul, priez pour elle.
Saint André, priez pour elle
Saint Jean, priez pour elle
Saints Apôtre et Evangélistes, priez tous pour elle.
Saints Disciples du Sei­gneur, priez tous pour elle.
Saints Innocents, priez tous pour elle.
Saint Etienne, priez pour elle.
Saint Laurent, priez pour elle.
Saint Ange, priez elle.
Saints Martyrs, priez tous pour elle.
Saint Silvestre, priez pour elle.
Saint Grégoire, priez pour elle.
Saint Augustin, priez pour elle.
Saint Cyrille, priez pour elle
Saints Pontifes et Con­fesseurs, priez tous pour elle.
Saint Benoît, priez pour elle.
Saint François, priez pour elle.
Saint Albert, priez pour elle
Notre père saint Jean de la Croix, priez pour elle
Saints Moines et Ermi­tes, priez tous pour elle
Sainte Anne, priez pour elle.
Sainte Marie-Madeleine, priez pour elle
Sainte Luce, priez pour elle
Notre Mère sainte Thé­rèse, priez pour elle.
Saintes Vierges et Veu­ves, priez toutes pour elle
Saints et Saintes de Dieu, intercédez tous pour elle.
Soyez-lui propice, par­donnez-lui, Seigneur.
Soyez-lui propice, déli­vrez-la, Seigneur.
Soyez-lui propice, délivrez.
De votre colère,
délivrez-la, Seigneur.
Du péril de la mort, délivrez.
D'une mauvaise mort, délivrez.
Des peines de l'enfer, délivrez.
De tout mal, délivrez.
De la puissance du dé­mon, délivrez.
Par votre Nativité, dé­livrez-la, Seigneur.
Par votre Croix et vo­tre Passion, délivrez.
Par votre Mort et votre Sépulture, délivrez.
Par votre glorieuse Ré­surrection, délivrez.
Par votre admirable Ascension, délivrez.
Par la grâce du Saint- Esprit, délivrez.
Au jour du jugement, délivrez.
Pécheurs, nous vous supplions, exaucez- nous.
Pardonnez-lui ses pé­chés, nous vous en sup­plions, exaucez-nous.

Le Prêtre dit :

Seigneur, ayez pitié de nous.
Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Oraison.

Partez de ce monde, âme chrétienne, au nom de Dieu le Père tout-puissant, qui vous a créée ; au nom de Jésus-Christ Fils du Dieu vivant, qui a souf­fert pour vous ; au nom de l'Esprit-Saint, qui est descendu sur vous ; au nom des Anges et des Archanges; au nom des Trônes et des Do­minations, au nom des Principautés et des Puissances, au nom des Chérubins et des Séraphins, au nom des Patriarches et des Pro­phètes, au nom des saints Apôtres et des Evangélistes, au nom des saints Martyrs et des Confesseurs, au nom des saints Reli­gieux et des Ermites, au nom des saintes Vierges et de tous les Saints et Saintes. Qu’aujourd’hui votre habita­tion soit dans la paix et votre demeure dans la sainte Sion. Par le Jésus-Christ Notre- Seigneur.

R). Ainsi soit-il.

 

Oraison.

Dieu de miséricorde, Dieu clément, Dieu qui, selon la multitude de vos bontés, remettez les péchés à ceux qui se repentent, et qui, par la grâce de la réconci­liation, videz les cons­ciences de toutes les fautes commises ; re­gardez d'un œil propi­ce notre chère Sœur N., votre servante, qui

vous fait de tout son cœur l'humble aveu de ses péchés, et vous en demande le pardon. Daignez l'exaucer : Renou­velez dans son cœur, ô le plus tendre des Pè­res, tout ce qui a été gâté par la fragilité humaine ou flétri par la malice du démon, et tenez attaché à l'unité de votre Eglise un membre racheté par vous. Ayez pitié de ses gémissements, Sei­gneur ; ayez pitié de ses larmes, et puisque cette âme n'a confiance que dans votre miséri­corde, admettez-la au bonheur de rentrer en grâce avec vous. Par Notre-Seigneur Jésus- Christ.

R). Ainsi soit-il.

 

Je vous recommande à Dieu tout-puissant, ma bien chère Sœur : je vous, mets entre les mains de celui dont vous êtes la créa­ture, afin que, quand vous aurez à votre der­nière heure payé la dette de l'humanité, vous retourniez à votre auteur qui vous avait formée du limon de la terre. Lors donc que votre âme sortira du corps, que les Chœurs resplendissants des An­ges accourent à sa ren­contre ; que le Sénat des Apôtres qui doit ju­ger les tribus vous ac­cueille ; que l'armée triomphante des glo­rieux Martyrs vienne au-devant de vous; que la troupe des Confes­seurs vous environne ; que la bienheureuse as­semblée des Vierges vous reçoive, et que les saints embrassements des Patriarches vous ac­cueillent au sein de l'é­ternel repos ; que Jésus-Christ vous apparaisse avec un visage doux et joyeux, et qu'il vous as­signe pour toujours une place au milieu de ceux qui forment sa cour. Que vous ignoriez à ja­mais l'horreur des ténè­bres, le frémissement des flammes, le déses­poir des tortures éter­nelles ; que le cruel Satan et ses satellites soient impuissants sur vous ; qu'à votre arri­vée il soit, avec tous ses Anges, terrassé de crainte, et qu'il s'en­fuie dans la nuit horri­ble de l'éternel désor­dre. Que Dieu se lève, et que ses ennemis soient dispersés. Que ceux qui le haïssent fuient devant sa face, qu'ils s'évanouissent comme s'évanouit la fumée. De même que la cire se fond à l'appro­che du feu, qu'ainsi, à la vue de Dieu, les pé­cheurs périssent, et qu'en présence de Dieu, les justes soient dans les fêtes et les joies. Qu'elles soient confondues, qu’elles soient couvertes de honte, toutes les légions de l'enfer ; que pas un ministre de Satan n'ose vous arrê­ter dans ce grand pas­sage. Que Jésus-Christ, crucifié pour vous, vous délivre de vos souffran­ces; qu'il vous délivre de l'éternelle mort, lui qui pour vous a daigné mou­rir ; que Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, vous établisse dans les délices inaltérables de son Paradis ; que le vrai Pasteur vous re­connaisse pour une de ses brebis fidèles ; qu'il vous délie de vos pé­chés ; qu'il vous place à sa droite, dans le même sort que ses élus. Que vous voyiez votre Rédempteur face à fa­ce ; que, toujours à sa vue et à ses côtés, vous ayez le bonheur de voir la vérité dans tonte son évidence, et qu'ainsi mise au rang des bien­heureux, vous possé­diez les délices de la contemplation de Dieu, dans les siècles des siè­cles.

R). Ainsi soit-il.

Oraison.

Recevez, Seigneur, votre servante dans le sein du salut que votre miséricorde lui a fait espérer.

Délivrez, Seigneur, l'âme de votre servante de tous les périls de l'enfer, des liens de la damnation et de toutes ses tortures,
          R). Ainsi soit-il.
Délivrez, Seigneur, l'âme de votre servante comme vous avez déli­vré Enoch et Elie de la mort commune à tous les hommes,
          R) Ainsi soit-il.
Délivrez, Seigneur, l'âme de votre servante comme vous avez déli­vré Noé du déluge.
          R). Ainsi soit-il.
Délivrez, Seigneur, l'âme de votre servante comme vous avez tiré Abraham d'Ur en Chaldée.
          R) Ainsi soit-il.
Délivrez, Seigneur, l'âme de votre servante comme vous avez déli­vré Job de ses douleurs.
          R) Ainsi soit-il.
Délivrez, Seigneur, l'âme de votre servante comme vous avez déli­vré Isaac du sacrifice et du glaive d'Abraham son père.
          R) Ainsi soit-il.
Délivrez, Seigneur, l'âme de votre servante comme vous avez déli­vré Loth de Sodome et des flammes qui la con­sumèrent.
          R) Ainsi soit-il.
Délivrez, Seigneur, l'âme de votre servante, comme vous avez déli­vré Moïse de la main de Pharaon, roi des Egyp­tiens.
          R) Ainsi soit-il.
Délivrez, Seigneur, l'âme de votre servante comme vous avez déli­vré Daniel de la fosse aux lions.
          R) Ainsi soit-il.
Délivrez, Seigneur, l'âme de votre servante comme vous avez déli­vré les trois enfants de la fournaise ardente et des mains d'un roi méchant.
          R) Ainsi soit-il.
Délivrez, Seigneur, l'âme de votre servante comme vous avez déli­vré Susanne d'une faus­se accusation,
          R). Ainsi soit-il.
Délivrez, Seigneur, l'âme de votre servante comme vous avez déli­vré David de la main du roi Saul et de la main de Goliath,
          R). Ainsi soit-il.
Délivrez, Seigneur, l'âme de votre servante connue vous avez déli­vré Pierre et Paul de la prison.
          R) Ainsi soit-il.
Et, comme vous avez daigné délivrer la bien­heureuse Thècle, Vier­ge et Martyre, de trois tourments atroces, ain­si daignez délivrer l'âme de notre chère Sœur N., votre servan­te, et faites-la jouir avec vous des biens du ciel,
          R). Ainsi soit-il.

 

Oraison.

Nous vous recom­mandons, Sei­gneur, l'âme de notre chère Sœur N., votre servante, et nous vous conjurons qu'étant miséricordieusement des­cendu pour elle sur la terre, vous ne refusiez pas de l'admettre avec vos Patriarches.

Reconnaissez, Seigneur, votre créature, qui n'a pas été faite par des dieux étrangers, mais par vous seul, Dieu vivant et véritable : car il n'y a pas d'autre Dieu que vous, il n'en est aucun qui puisse faire vos oeuvres. Fai­tes, Seigneur, que son âme puisse se réjouir en votre présence ; ne vous souvenez plus de ses iniquités anciennes, ni des enivrements in­sensés que lui a causés l'ardeur des mauvais désirs : car, quoiqu'elle ait péché, elle a cepen­dant cru au Père, au Fils et au Saint-Esprit ; elle a eu en elle le zèle de Dieu, et elle a fidèle­ment adoré Dieu, au­teur de toutes choses.

R). Ainsi soit-il.

 

Oraison.

Daignez, Seigneur, ne plus vous sou­venir des péchés de sa jeunesse ni des effets de son ignorance; mais, par votre grande misé­ricorde, souvenez-vous d'elle dans la splendeur de votre gloire. Que les cieux lui ouvrent leurs portes ; que, pour elle, tous les Anges se ré­jouissent; et vous, Sei­gneur, recevez votre servante dans votre ro­yaume. Qu'elle soit re­çue par saint Michel, Archange de Dieu, qui a mérité d'être le prince de la milice céleste ; que tous les saints Anges de Dieu viennent au-devant d'elle et la conduisent dans la céleste Jérusalem; qu'elle soit reçue par le bien­heureux Apôtre saint Pierre, à qui Dieu a confié les clefs du ro­yaume des cieux ; qu'el­le soit assistée par l'Apôtre saint Paul, qui a mérité d'être un vase d'élection ; que pour elle intercède saint Jean, Apôtre bien-aimé de Dieu, à qui ont été révélés les secrets du ciel ; que pour elle prient tous les saints Apôtres, à qui le Sei­gneur a donné le pou­voir de lier et de délier ; que pour elle intercè­dent tous les Saints et Elus de Dieu, qui, dans ce monde, ont souffert des tourments pour le nom de Jésus-Christ ; afin que, dépouillée des liens de la chair, elle mérite de parvenir à la gloire du royaume du ciel : par la grâce de Notre-Seigneur Jésus- Christ, qui vit et règne avec le Père et le Saint- Esprit dans les siècles des siècles.

R). Ainsi soit-il.

 

Si l'agonie dure plus longtemps, on pourra dire sur la ma­lade l'Evangile selon saint Jean.

 

Passion de N.-S. Jésus-Christ selon saint Jean, chap. 17 à 19


Jésus leva les yeux au ciel, et dit : Père, l'heure est venue, glo­rifiez votre Fils, afin que votre Fils vous glo­rifie. Comme vous lui avez donné puissance sur tous les hommes, afin qu'il donne la vie éternelle à tous ceux que vous lui avez don­nés. Or la vie éternelle est qu'ils vous connais­sent, vous, le seul Dieu véritable, et Jésus-Christ que vous avez envoyé. Je vous ai glo­rifié sur la terre : j'ai achevé l'oeuvre que vous m'aviez chargé de faire. Et vous, mon Père, glorifiez-moi maintenant en vous-même de cette gloire que j'ai eue en vous avant que le monde fût. J'ai fait connaître votre nom aux hommes que vous m'avez donnés du monde. Ils étaient à vous et vous me les avez donnés, et ils ont gar­dé votre parole. Ils sa­vent présentement que tout ce que vous m'avez donné vient de vous. Parce que je leur ai donné les paroles que vous m'avez données, et ils les ont reçues; ils ont reconnu véritable­ment que vous m'avez envoyé. Je prie pour eux, je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que vous m'avez donnés, parce qu'ils sont à vous. Tout ce qui est à moi est à vous, et tout ce qui est à vous est à moi, et je suis glo­rifié en eux. Déjà je ne suis plus dans le mon­de ; pour eux, ils sont encore dans le monde, et moi, je viens à vous. Père saint, conservez en votre nom ceux que vous m'avez donnés, afin qu'ils soient un comme nous. Lorsque j'étais avec eux, je les conservais en votre nom. J'ai gardé ceux que vous m'avez don­nés, et aucun d'eux ne s'est perdu, excepté le fils de la perdition, afin que l'Ecriture fut ac­complie. Mais mainte­nant je viens à vous, et je dis ces choses étant encore dans le monde, afin qu'ils aient en eux la plénitude de ma joie. Je leur ai donné votre parole et le mon­de les a haïs, parce qu'ils ne sont point du monde, comme moi-même je ne suis pas du monde. Je ne vous prie pas de les ôter du mon­de, mais de les garder du mal. Ils ne sont point du monde, com­me je ne suis pas moi- même du monde. Sanc­tifiez-les dans la vérité. Votre parole est vé­rité. Comme vous m'a­vez envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde.

Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu'ils soient aussi sanc­tifiés dans la vérité. Je ne prie pas pour eux seulement, mais encore pour ceux qui doivent croire en moi par leur parole ; afin qu'ils soient tous une seule chose, comme vous, mon Père, êtes en moi, et moi en vous ; qu'ils soient de même une seule chose en nous, et qu'ainsi le monde croie que c'est vous qui m'avez envoyé. Pour moi, je leur ai donné la gloire que vous m'a­vez donnée, afin qu'ils soient une seule chose, comme nous sommes une seule chose. Je suis en eux et vous en moi, afin qu'ils soient con­sommés dans l'unité, et que le monde connaisse que c'est vous qui m'a­vez envoyé, et que vous les avez aimés comme vous m'avez aimé. Mon Père, je veux que là où je suis, ceux que vous m'avez donnés soient aussi avec moi ; afin qu'ils voient la gloire que vous m'avez don­née ; parce que vous m'avez aimé avant la fondation du monde. Père juste, le monde ne vous a point connu ; mais moi je vous ai connu, et ceux-ci ont connu que c'est vous qui m'avez envoyé. Je leur ai fait connaître vo­tre nom, et le leur ferai connaître encore, afin que l'amour dont vous m'avez aimé soit en eux, et moi en eux.

En ce temps-là, Jésus s'en alla avec ses disciples au-delà du torrent de Cédron, où il y avait un jardin dans lequel il entra, lui et ses disciples. Or Judas, qui le trahissait, con­naissait aussi ce lieu, parce que Jésus y était venu souvent avec ses disciples. Judas ayant donc pris la cohorte et des archers des pontifes et des pharisiens, vint là avec des lanternes, des torches et des ar­mes. Mais Jésus sa­chant tout ce qui devait lui arriver, s'avança et leur demanda : Qui cherchez-vous ? Ils lui répondirent : Jésus de Nazareth. Jésus leur dit : C'est moi. Or avec eux se trouvait aussi Judas, qui le trahissait. Mais dès qu'il leur eut dit : C'est moi, ils fu­rent renversés, et tombèrent par terre. Ils leur demanda donc de nou­veau : Qui cherchez- vous ? Ils répondirent: Jésus de Nazareth. Jé­sus reprit : Je vous ai dit que c'est moi. Mais si c'est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci. Afin que fût ac­complie la parole qu'il avait dite : Je n'ai perdu aucun de ceux que vous m'avez donnés. Alors Simon Pierre, qui avait une épée, la tira, et frap­pant le serviteur du grand prêtre, il lui coupa l'oreille droite. Or le nom de ce servi­teur était Malchus. Mais Jésus dit à Pierre : Remets ton épée dans le fourreau. Et le calice que mon Père m'a don­né, ne le boirai-je donc point? Alors la cohorte, le tribun et les archers des Juifs se saisirent de Jésus et le lièrent. Puis ils l'emmenèrent d'a­bord chez Anne, parce qu'il était le beau-père de Caïphe, qui était le pontife de cette année-là. Or Caïphe était celui qui avait donné ce con­seil aux Juifs : Il est avantageux qu'un seul homme meure pour le peuple. Cependant Si­mon Pierre suivait Jé­sus, et aussi l'autre disciple. Or comme ce disciple était connu du pontife, il entra avec Jésus dans la cour du pontife. Mais Pierre se tenait dehors à la porte. C'est pourquoi l'autre disciple, qui était connu du pontife, sortit, et parla à la portière, et elle fit entrer Pierre. Alors cette servante, qui gardait la porte, de­manda à Pierre : Et toi, n'es-tu pas aussi des disciples de cet homme ? Il lui répondit: je n'en suis point. Or les ser­viteurs et les archers se tenaient auprès du feu, et se chauffaient, parce qu'il faisait froid; et Pierre était aussi avec eux debout et se chauffant. Cependant le pontife interrogea Jé­sus touchant ses disci­ples et sa doctrine. Jésus lui répondit: J'ai parlé publiquement au mon­de ; j'ai toujours en­seigné dans la synago­gue et dans le temple, où tous les Juifs s'as­semblent, et en secret je n'ai rien dit. Pour­quoi m'interroges-tu ? Interroge ceux qui ont entendu ce que je leur ai dit ; voilà ceux qui savent ce que j'ai en­seigné. Après qu'il eut dit cela, un des archers là présent donna un soufflet à Jésus, disant: Est-ce ainsi que tu ré­ponds au pontife ?Jésus lui répondit : Si j'ai mal parlé, rends té­moignage du mal ; mais si j'ai bien parlé, pour­quoi me frappes-tu ? Et Anne l'envoya lié à Caïphe, le grand prê­tre. Cependant Simon Pierre était là debout et se chauffant. Ils lui dirent donc : Et toi, n’es-tu pas aussi de ses dis­ciples ? Il le nia et dit : je n'en suis point. Un des serviteurs du pon­tife, parent de celui à qui Pierre avait coupé l'oreille, lui dit : Ne t'ai-je pas vu dans le jardin avec lui ? Et Pierre le nia de nou­veau ; et aussitôt un coq chanta.

Ils amenèrent donc Jésus de chez Caïphe dans le prétoire. Or c'était le matin, et eux n'entrèrent point dans le prétoire, afin de ne point se souiller et de pouvoir manger la pâque. Pilate donc vint à eux dehors et dit : Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? Ils répondi­rent et lui dirent : Si ce n'était pas un malfai­teur, nous ne vous l'au­rions pas livré. Alors Pilate leur dit : Prenez- le vous-mêmes, et le jugez selon votre loi. Mais les Juifs lui ré­pondirent : Il ne nous est pas permis de mettre personne à mort. Afin que fût accomplie la parole que Jésus avait dite, montrant de quelle mort il devait mourir. Pilate rentra donc dans le prétoire, appela Jésus, et lui dit : Es-tu le roi des Juifs ? Jésus répondit : Dis-tu cela de toi-même, ou d'autres te l'ont-ils dit de moi ? Pilate reprit : Est-ce que je suis Juif, moi ? Ta nation et les pontifes t'ont livré à moi ; Qu'as-tu fait ? Jésus répondit : Mon royaume n'est pas de ce monde ; si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs combat­traient certainement pour que je ne fusse point livré aux Juifs ; mais je l'assure, mon royaume n'est pas d'ici. C'est pourquoi Pilate lui repartit : Tu es donc roi? Jésus répondit : Tu le dis, je suis roi. Si je suis né et si je suis venu dans le monde, c'est pour rendre témoigna­ge à la vérité ; qui­conque est de la vérité, écoute ma voix. Pilate lui demanda : Qu'est- ce que la vérité ? Et ayant dit cela, il alla de nouveau vers les Juifs, et leur dit : Je ne trouve en lui aucune cause de mort. Mais c'est la coutume parmi vous que je vous délivre un criminel à la Pâque ; voulez-vous donc que je vous délivre le roi des Juifs ? Alors ils crièrent tous de nou­veau, disant : Non pas celui-ci, mais Barabbas. Or Barabbas était un voleur. Alors donc Pi­late prit Jésus et le fit flageller. Et les soldats ayant tressé une cou­ronne d'épines, la mi­rent sur sa tête, et le couvrirent d'un vête­ment de pourpre. Et ils venaient à lui et di­saient : Salut, roi des Juifs ; et ils lui don­naient des soufflets. Pi­late sortit donc de nou­veau, et leur dit : Voici que je vous l'amène de­hors, afin que vous sa­chiez que je ne trouve en lui aucune cause de mort. (Ainsi Jésus sor­tit, portant la couronne d'épines et le vêtement de pourpre. )

Et Pilate leur dit: Voilà l'homme. Quand les pontifes et les archers l'eurent vu, ils criaient, disant : Crucifiez-le, crucifiez- le ! Pilate leur dit : Prenez-le vous-mêmes, et le crucifiez, car moi, je ne trouve pas en lui une cause de mort. Les Juifs lui répondirent : Nous, nous avons une loi, et, selon cette loi, il doit mourir, parce qu'il s'est fait Fils de Dieu. Lors donc que Pilate eut entendu cette pa­role, il craignit davan­tage. Et, rentrant dans le prétoire, il dit à Jésus : D'où es-tu ? Mais Jésus ne lui fit point de réponse. Pilate lui dit donc : Tu ne me par­les pas? Ignores-tu que j'ai le pouvoir de te crucifier, et le pouvoir de te délivrer ? Jésus répondit : Tu n'aurais sur moi aucun pouvoir, s'il ne t'avait été donné d'en haut. C'est pour­quoi celui qui m'a livré à toi a un plus grand péché. Et, dès ce mo­ment, Pilate cherchait à le délivrer. Mais les Juifs criaient, disant : Si vous le délivrez, vous n'êtes pas ami de César; car quiconque se fait roi, se déclare contre César. Or Pilate ayant entendu ces paroles, fit amener Jésus de­hors, et il s'assit sur son tribunal, au lieu qui est appelé Lithostrotos, et en hébreu Gabbatha. C'était la préparation de la Pâque, vers la sixième heure, et Pilate dit aux Juifs : Voilà votre roi. Mais eux criaient : Otez- le, ôtez-le du monde, crucifiez-le ! Pilate leur demanda : crucifierai- je votre roi ? Les pon­tifes répondirent : Nous n'avons de roi que Cé­sar. Alors il le leur livra pour être crucifié. Ils prirent donc Jésus et l'emmenèrent. Ainsi, portant sa croix, il alla au lieu qui est appelé Calvaire, et en hébreu Golgotha, où ils le cru­cifièrent, et avec lui deux autres, l'un d'un côté, l'autre de l'autre, et Jésus au milieu. Pi­late fit aussi une ins­cription et la mit sur la croix. Or il était écrit : Jésus de Nazareth, le roi des Juifs. Beaucoup de Juifs lurent cette inscription, parce que le lieu où Jésus avait été crucifié se trouvait près de la ville, et qu'elle était écrite en hébreu, en grec et en latin. Les pontifes des Juifs dirent donc à Pi­late : N'écrivez point : Le roi des Juifs ; mais : Parce qu'il a dit : Je suis le roi des Juifs. Pilate répondit : Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit. Cependant les soldats après l'avoir crucifié, prirent ses vêtements (et ils en firent quatre parts, une part pour chaque soldat), et sa tunique, or la tunique était sans couture, d'un seul tissu d'en haut jusqu'en bas. Ils se di­rent donc l'un à l'autre : Ne la divisons point mais tirons au sort à qui elle sera. Afin que s'accomplit l'Ecriture disant : Ils se sont par­tagé mes vêtements, et sur ma robe ils ont jeté le sort. Les soldats firent donc cela. Ce­pendant étaient debout près de la croix de Jésus, sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie-Madeleine. Lors donc que Jésus eut vu sa mère, et, près d'elle, le disciple qu'il aimait, il dit à sa mère: Femme, voilà votre fils. Ensuite il dit au disciple :Voilà ta mère. Et depuis cette heure-là, le disciple la prit avec lui. Après cela, Jésus sachant que tout était consommé, afin d'accomplir l'Ecri­ture, dit : J'ai soif. Or il y avait là un vase plein de vinaigre. C'est pourquoi les soldats en­tourant d'hysope une éponge pleine de vi­naigre, la présentè­rent à sa bouche. Lors donc que Jésus eut pris le vinaigre, il dit : Tout est consommé. Et, la tête inclinée, il rendit l'esprit. Les Juifs donc (parce que c'était la préparation), afin que les corps ne demeu­rassent pas en croix le jour du sabbat (car ce jour de sabbat était très solennel ), prièrent Pi­late qu'on leur rompit les jambes et qu'on les enlevât. Les soldats vinrent donc, et ils rompirent les jambes du premier, puis du second qui avait été crucifié avec lui. Mais lorsqu'ils vinrent à Jé­sus, et qu'ils le virent déjà mort, ils ne rompi­rent point ses jambes. Seulement un des sol­dats ouvrit son côté avec une lance, et aus­sitôt il en sortit du sang et de l'eau. Et celui qui l'a vu en a rendu témoignage, et son témoignage est vrai. Et il sait qu'il dit vrai, afin que vous croyiez aussi. Car ces choses ont été faites, afin que s'accomplit l'Ecriture : Vous n'en briserez aucun os. Et dans un autre endroit, l'Ecriture dit encore : Ils porteront leurs re­gards sur celui qu'ils ont transpercé. Après cela, Joseph d'Arimathie ( qui était disciple de Jésus, mais en secret, par crainte des Juifs) demanda à Pilate de prendre le corps de Jé­sus. Et Pilate le permit. Il vint donc, et en­leva le corps de Jésus. Vint aussi Nicodème, qui était d'abord venu trouver Jésus pendant la nuit; il apportait une composition de myrrhe et d'aloès, d'environ cent livres. Ils prirent donc le corps de Jésus, et l'enveloppèrent dans des linges avec des parfums, comme les Juifs ont coutume d'en­sevelir. Or il y avait au lieu où il fut cru­cifié, un jardin, et dans le jardin, un sé­pulcre neuf, où per­sonne encore n'avait été mis. Là donc, à cause de la préparation des Juifs, et parce que le sépulcre était pro­che, ils déposèrent Jésus.

 

Oraison à Notre Seigneur Jésus-Christ, qui sera dite par la malade, ou par quelque autre pour elle,

v). Nous vous ado­rons, ô Jésus, et nous vous bénissons.

R) Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte croix.

Dieu, qui, pour la ré­demption du mon­de, avez voulu naître, subir la circoncision, être réprouvé par les Juifs, trahi par le bai­ser de Judas, garrotté, conduit au supplice comme un agneau inno­cent, donné en specta­cle à Anne, à Caïphe, à Pilate et à Hérode, ac­cusé par de faux té­moins, accablé de coups et d'outrages, couvert de crachats, couronné d'épines, souffleté, frappé avec un roseau, dépouillé de vos vête­ments, cloué et suspen­du sur la croix, mis au rang des voleurs, abreuvé de fiel et de vinaigre et transpercé par la lance : je vous en supplie, Seigneur, par ces tourments que vous avez endurés et que, malgré mon indi­gnité, je repasse dans mon esprit, par votre sainte Croix et par votre mort, délivrez-moi (ou délivrez votre servante) des peines de l'enfer et daignez me (ou la) faire arriver où vous avez admis le larron crucifié avec vous. Vous qui avec le Père et le saint Esprit, vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Dieu, mon Dieu, jetez vos regards sur moi ; pourquoi m'avez-vous abandonné ? La voix de mes péchés a fait fuir mon salut.

 

On pourra aussi dire les Psaumes suivants

Psaume 21.

Dieu, mon Dieu, jetez vos regards sur moi : pourquoi m'avez-vous abandonné ?
La voix de mes péchés a fait fuir mon salut.
Mon Dieu, je crierai vers vous pendant le jour, et vous ne m'exaucerez pas ; et pendant la nuit, et on ne me l'imputera pas à folie.
Vous habitez dans le lieu saint, ô vous qui êtes la gloire d'Israël.
Nos pères ont espéré en vous, ils ont espéré et vous les avez délivrés.
Ils ont crié vers vous, et ils ont été sauvés ; ils ont espéré en vous, et ils n'ont point été confondus.
Pour moi, je suis un ver, et non un homme ; l'opprobre des hom­mes, et le rebut du peuple.
Tous ceux qui m'ont vu m'ont insulté ; ils ont dit en secouant la tête :
Il a mis son espérance dans le Seigneur, qu'il le délivre ; qu'il le sau­ve, puisqu'il l'aime.
C'est vous, Seigneur, qui m'avez tiré du sein de ma mère ; vous êtes mon espérance dès la mamelle.
J'ai été jeté entre vos bras ; dès le sein de ma mère, vous êtes mon Dieu : ne vous éloignez pas de moi.
Parce que la tribu­lation est proche, et il n'y a personne pour me secourir.
Une multitude de jeunes taureaux m'ont environné : des tau­reaux furieux m'ont assiégé.
Ils ont ouvert leur gueule contre moi, comme un lion qui dé­chire et qui rugit.
Je me suis écoulé comme l'eau, et tous mes os ont été dislo­qués.
Mon cœur est deve­nu, au milieu de mes entrailles, comme de la cire qui se fond.
Ma vigueur s'est desséchée comme l'ar­gile au feu, ma langue s'est attachée à mon palais ; et vous m'avez conduit jusqu'à la pous­sière du tombeau.
Une meute de chiens s'est précipitée sur moi ; les méchants se sont ligués contre moi.
Ils ont percé mes mains et mes pieds ; ils ont compté tous mes os.
Ils m'ont considéré, ils m'ont regardé ; ils ont partagé entre eux mes vêtements, et jeté le sort sur ma robe.
Mais vous, Seigneur, n'éloignez pas de moi votre secours ; prenez en main ma défense.
O Dieu ! arrachez mon âme au glaive, et sauvez-la, de la gueule du chien.
Délivrez-moi de la gueule du lion, et sau­vez ma faiblesse des cornes des licornes.
J'annoncerai votre nom à mes frères : je vous louerai au milieu de leur assemblée.
Vous qui craignez le Seigneur, louez-le; enfants de Jacob, glo­rifiez-le tous.
Que toute la race d'Israël le craigne : parce qu'il n'a point méprisé ni dédaigné la prière du pauvre.
Il n'a point détourné de moi son visage ; il m'a exaucé lorsque j'ai crié vers lui.
Je vous louerai dans une grande assem­blée : j'accomplirai mes vœux en présence de ceux qui vous crai­gnent.
Les pauvres mange­ront et seront rassa­siés ; ceux qui cher­chent le Seigneur le loueront : leurs cœurs vivront éternellement.
Toutes les extrémi­tés de la terre se sou­viendront du Seigneur, et se convertiront à lui.
Et toutes les nations du monde se proster­neront en sa présence.
Car l'empire est au Seigneur, et il domine­ra les nations.
Tous les riches de la terre mangeront et adoreront : tout ce qui descend dans la tombe s'inclinera de­vant lui.
Et mon âme vivra pour lui ; et ma posté­rité le servira.
Le peuple qui doit venir appartiendra au Seigneur : et les cieux annonceront sa justice au peuple qui naîtra et que le Seigneur a fait.
Gloire au Père.


Psaume 117.

Rendez gloire au Seigneur parce qu'il est bon, parce que sa miséricorde est éternelle.
Qu'Israël dise aujourd'hui que le Seigneur est bon, que sa miséricorde est éternelle.
Que la maison d'Aaron dise aujourd'hui que sa miséricorde est éternelle.
Que ceux qui crai­gnent le Seigneur ré­pètent aujourd'hui que sa miséricorde est éter­nelle.
Du milieu des an­goisses, j'ai invoqué le Seigneur : et le Sei­gneur m'a exaucé et il a dilaté mon âme.
Le Seigneur est mon soutien ; je ne crain­drai pas : que peut me faire l'homme ?
Le Seigneur est avec moi : je dédaignerai mes ennemis.
Il est bon de se con­fier dans le Seigneur, plutôt que de se confier dans l'homme.
Il est bon d'espérer dans le Seigneur, plu­tôt que d'espérer dans les princes de la terre.
Toutes les nations se sont armées contre moi; et, au nom du Seigneur, j'ai été ven­gé d'elles.
Elles m'ont environ­né de toutes parts ; et, au nom du Seigneur, j'ai été vengé d'elles.
Elles se sont jetées sur moi comme un es­saim d'abeilles ; elles se sont embrasées comme le feu au milieu des épines ; et, au nom du Seigneur, j'ai été ven­gé d'elles.
Mes ennemis m'ont heurté pour précipiter ma chute ; mais le Seigneur m'a soutenu.
Le Seigneur est ma force et ma gloire, il est devenu mon Sau­veur.
Des cris de joie et de victoire retentissent sous la tente des justes.
La droite du Sei­gneur a déployé sa force, la droite du Sei­gneur m'a exalté, la droite du Seigneur a signalé sa puissance.
Je ne mourrai pas, je vivrai ; je raconterai les œuvres du Sei­gneur.
Le Seigneur m'a châ­tié avec sévérité, mais il ne m'a pas laissé en proie à la mort.
Ouvrez-moi les por­tes de la justice ; j'y entrerai et je rendrai grâces au Seigneur : voilà la porte du Sei­gneur ; c'est là que les justes entreront.
Je vous rendrai grâ­ces, ô mon Dieu ! parce que vous m'avez exau­cé, et que vous êtes devenu mon libéra­teur.
La pierre que les architectes avaient re­jetée est devenue la pierre de l'angle.
C'est ici l'œuvre du Seigneur ; et elle est admirable à nos yeux.
C'est ici le jour que Seigneur a fait : ré­jouissons-nous en ce jour, et tressaillons d'allégresse.
Seigneur, sauvez- moi ; Seigneur, soyez- moi propice : béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.
Du fond du sanctu­aire nous vous bénis­sons : le Seigneur est le Dieu fort ; sa lumiè­re s'est levée sur nous.
Instituez en son honneur un jour so­lennel ; ornez vos ten­tes de feuillages jus­qu'aux angles de l'au­tel.
Vous êtes mon Dieu, et je vous rendrai gloi­re ; vous êtes mon Dieu, et j'exalterai votre nom.
Je publierai vos lou­anges, parce que vous m'avez exaucé, et que vous êtes devenu mon salut.

Rendez gloire au Sei­gneur, parce qu'il est bon, parce que sa mi­séricorde est éternelle.

Gloire au Père.


Psaume 118

Heureux les hom­mes irréprocha­bles dans leurs voies, qui suivent la loi du Sei­gneur.
Heureux ceux qui mé­ditent ses commande­ments, qui le cherchent de tout leur cœur.
Car ceux qui com­mettent l'iniquité n'ont pas suivi les voies du Seigneur.
Vous avez vous-même ordonné d'observer vos commandements avec fidélité.
Puissent mes pas suivre toujours la voie de vos commande­ments !
Je ne serai point cou­vert de confusion, tant que je serai attentif à tous vos préceptes.
Je vous rendrai té­moignage dans la droi­ture de mon cœur, lors­que j'aurai appris les jugements émanés de votre justice.
Je garderai vos pré­ceptes ; Seigneur, ne m'abandonnez jamais.
Comment la jeunesse redressera-t-elle ses voies ? en gardant vos paroles.
Je vous ai cherché de tout mon cœur ; ne permettez pas que je m'écarte du sentier de vos préceptes.
J'ai renfermé vos pa­roles dans le fond de mon âme, afin de ne vous point offenser.
Vous êtes digne, Sei­gneur, de toute béné­diction ; enseignez-moi vos justices.
Mes lèvres ont répété sans cesse tous les ju­gements que vous avez prononcés.
J'ai trouvé mes déli­ces dans l'accomplisse­ment de vos oracles, comme dans le plus riche trésor.
Je m'exercerai dans vos commandements, et je considérerai la sainteté de vos voies.
Je méditerai vos lois pleines de justice ; je n'oublierai jamais vos paroles.
Gloire au Père.
Répandez votre grâ­ce sur votre servi­teur, donnez-moi l'esprit de vie, et je gar­derai vos préceptes.
Otez le voile qui cou­vre mes yeux, et je contemplerai les mer­veilles de votre loi.
Je suis étranger sur la terre ; ne me cachez pas vos commande­ments.
Mon âme a désiré en tout temps avec ardeur ce qui justifie devant vous.
Vous avez châtié les superbes ; et ceux qui s'écartent de votre loi sont l'objet de vos malédictions.
Eloignez de moi le mépris et l'opprobre, parce que j'ai observé vos oracles.
Les princes se sont assis pour me juger; ils parlaient contre moi, et votre serviteur s'ex­erçait à la pratique de vos lois pleines de justice.
Car vos oracles sont l'objet de mes méditations, et votre loi est mon conseil.
Mon cœur est atta­ché à la poussière ; rendez-moi la vie votre parole.
Je vous ai déclaré mes voies, et vous m'a­vez exaucé ; enseignez- moi vos ordonnances pleines de justice.
Donnez-moi l'intel­ligence de vos précep­tes; et je méditerai vos merveilles.
Mon âme s'est assou­pie d'ennui ; fortifiez-moi par vos paroles.
Détournez-moi de la voie de l'iniquité, et faites-moi la grâce de vivre selon votre loi.
J'ai choisi la route de la vérité ; je n'ai point oublié vos juge­ments.
Je me suis attaché, Seigneur, à vos ensei­gnements, ne trompez pas mon attente.
J'ai couru dans la voie de vos comman­dements, quand vous avez dilaté mon cœur.
Gloire au Père.


 

Le symbole de saint Athanase.

Quiconque veut être sauvé doit, avant tout, demeurer ferme dans la foi catholique.
Et quiconque ne la conservera pas entière et inviolable, périra in­failliblement pour l'é­ternité.
Or la foi catholique consiste à adorer un seul Dieu en trois per­sonnes, et trois personnes en un seul Dieu.
Sans confondre les personnes, ni séparer la substance.
Car autre est la per­sonne du Père, autre est celle du Fils, autre est celle du Saint- Esprit.
Mais la divinité du Père et du Fils, et du Saint-Esprit est une ; leur gloire égale, leur majesté coéternelle.
Tel qu'est le Père, tel est le Fils, tel est le Saint-Esprit.
Le Père est incréé, le Fils est incréé le Saint- Esprit est incréé.
Le Père est immense, le Fils est immense, le Saint-Esprit est im­mense.
Le Père est éternel, le Fils est éternel, le Saint-Esprit est éter­nel.
Et néanmoins ce ne sont pas trois éternels, mais un seul éternel.
Comme aussi ce ne sont pas trois incréés, ni trois immenses; mais un seul incréé et un seul immense.
De même le Père est tout-puissant, le Fils est tout-puissant, le Saint-Esprit est tout- puissant.
Cependant ce ne sont pas trois tout-puis­sants, mais un seul tout-puissant.
Ainsi le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu.
Et néanmoins ce ne sont pas trois dieux, mais un seul Dieu.
Ainsi le Père est Seigneur, le Fils est Seigneur, le Saint- Esprit est Seigneur.
Et néanmoins ce ne sont pas trois sei­gneurs, mais un seul Seigneur.
Car, comme la vérité chrétienne nous oblige de reconnaître et de confesser que chacune des trois personnes est Dieu et Seigneur, aussi la religion catholique nous défend de dire trois dieux ou trois seigneurs.
Le Père n'a été ni fait, ni créé, ni engendré d'aucun autre. Le Fils n'a été ni fait, ni créé, mais engendré du Père seul. Le Saint-Esprit n'a été ni fait, ni créé, ni engendré, mais il pro­cède du Père et du Fils.
Il n'y a donc qu'un seul Père et non trois pères; un Fils, et non trois fils ; un Saint- Esprit, et non trois saints-esprits.
Et dans cette Trinité il n'y a ni plus ancien, ni moins ancien, ni plus grand, ni moins grand; mais les trois personnes sont coéternelles et égales entre elles.
De sorte qu'en tout, comme il a été dit, on doit adorer l'Unité dans la Trinité, et la Trinité dans l'Unité.
Quiconque donc veut être sauvé, doit avoir ces sentiments et cette croyance de la Trinité.
Mais il est nécessaire pour le salut éternel, qu'il ait encore une cro­yance exacte de l'In­carnation de Notre- Seigneur Jésus-Christ.
Or la pureté de la foi consiste à croire et à confesser que Notre-Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, est Dieu et homme.
Il est Dieu, étant engendré de la subs­tance du Père, avant tous les temps: et il est homme, étant né, dans le temps, de la subs­tance de sa mère.
Dieu parfait et hom­me parfait, ayant une âme raisonnable et une chair humaine.
Egal au Père selon la divinité, et moindre que le Père selon l'hu­manité.
Et, quoiqu'il soit Dieu et homme, il n'est pas néanmoins deux per­sonnes, mais un seul Jésus-Christ.
Il est un, non par le changement de la divinité en l'humanité, mais par l'union de l'humanité à la divinité.
Un enfin, non par confusion de nature, mais par unité de per­sonne.
Car comme l'âme raisonnable et la chair ne font qu'un seul hom­me, de même Dieu et l'homme sont un seul Jésus-Christ.
Qui a souffert la mort pour notre salut, est descendu aux enfers ; le troisième jour est ressuscité d'entre les morts.
Est monté aux Cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puis­sant, d'où il viendra juger les vivants et les morts.
A l'avènement duquel tous les hommes res­susciteront avec leurs corps et rendront compte de leurs ac­tions.
Et ceux qui auront pratiqué le bien rece­vront la vie éternelle ; mais ceux qui auront fait le mal seront pré­cipités dans les flam­mes éternelles.
Tel est la foi catho­lique ; quiconque ne la gardera pas fidèlement et constamment ne pourra être sauvé.

Gloire au Père.


 

On pourra aussi dire, s'il est nécessaire, les sept Psaumes Pénitentiaux.

Si l'on s'aperçoit que la malade expire, les Sœurs, omet­tant les autres prières, diront tout haut Credo in Deum, etc., et le Prêtre ou la Prieure, jetant de temps à autre de l'eau bénite sur la malade, dira les Versets et Oraisons qui suivent:

O Dieu ! arrachez son âme au glaive.

Les Soeurs répondront:

v.) Et sauvez-la de la gueule du chien.

r). Délivrez-la de la gueule du lion.

v). Et sauvez sa fai­blesse des cornes des licornes.

r). Prenez pitié de son âme et délivrez-la.

v). Et à cause de nos ennemis, secourez-la.

r) Au déclin de ce jour, donnez à son âme la lumière qui la conserve dans la vie.

v). Qu'une mort sainte la conduise aux splen­deurs de la gloire éter­nelle.

r.) Marie mère de grâce, mère de misé­ricorde.

v). Protégez-la contre l'ennemi, et recevez-la à l'heure de la mort.

 

Puis le Prêtre ou la Prieure prenant la Croix la donnera à baiser à la malade, disant ou lui faisant dire si elle peut:

Nous vous adorons, ô Jésus, et nous vous bénissons.

R) Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte croix.

v). Seigneur, je re­mets mon âme entre vos mains.

R) Vous nous avez ra­chetés, Seigneur, Dieu de vérité.

Je crois en Dieu, etc.

 

Ensuite on dira :

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Notre Père.

Je vous salue Marie.

ORAISON

Seigneur Jésus, par votre très sainte agonie et par l'oraison que vous fîtes pour nous sur le mont des Olives, alors que la sueur, s'échappant de votre corps en gouttes de sang, inondait la terre ; daignez, nous vous en supplions, pré­senter et offrir à Dieu le Père tout-puissant, l'abondance de votre sueur sanglante, que vous avez répandue pour nous avec tant de profusion, pour qu'elle efface la multitude des péchés de votre ser­vante notre Sœur N., et, à cette heure, qui est celle de sa mort, délivrez-la des angois­ses qu'elle craint d'avoir méritées par ses pé­chés. Vous qui, avec le Père et le Saint- Esprit, vivez et régnez dans les siècles des siècles, R. Ainsi soit-il.

On dit pour la seconde fois :

Seigneur, ayez pitié de nous.
Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Notre Père.
Je vous salue Marie.

ORAISON

Seigneur Jésus, qui avez daigné mourir pour nous sur la Croix, veuillez, nous vous en supplions, offrir à Dieu le Père tout-puissant pour l'âme de votre servante, notre Sœur N., toutes les amer­tumes de votre Passion que vous avez endurées sur la Croix pour nous, misérables pécheurs, surtout à l'heure où vo­tre très sainte âme est sortie de votre corps sacré, et délivrez notre Sœur agonisante des souffrances et des an­goisses qu'elle craint d'avoir méritées par ses péchés. Vous qui, avec le Père et le Saint- Esprit, vivez et régnez dans une unité par­faite, pendant tous les siècles des siècles.

R). Ainsi soit-il.

 

On dit pour la troisième fois :

Seigneur, ayez pitié de nous.
Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Notre Père.
Je vous salue Marie.

ORAISON

Seigneur Jésus qui avez dit par la bou­che de votre Prophète : « Je vous ai aimés d'un amour éternel ; ému de pitié, je vous ai attirés à moi, » daignez, nous vous en supplions, offrir à Dieu le Père tout-puissant, pour l'âme de votre servante, no­tre Sœur N., cette cha­rité qui vous a fait des­cendre du ciel sur la terre pour endurer tou­tes les souffrances de votre passion, délivrez-la de toutes les peines qu'elle croit avoir mé­ritées par ses péchés et, à cette heure de sa mort, recevez son âme dans la gloire éternelle. Et vous, miséricor­dieux Jésus, qui nous avez rachetés par vo­tre précieux sang, ayez pitié de l'âme de votre servante et daignez l'introduire dans le Pa­radis où elle vivra et sera unie avec vous par les liens d'un éter­nel amour. Vous qui avec le Père et le Saint- Esprit, vivez et régnez, dans une unité par­faite, pendant la durée infinie des siècles des siècles.

 

Autres oraisons


ORAISON

O très doux Jésus, au nom de cet amour qui vous a fait souffrir et mourir pour le salut des hommes, vous très digne, très innocent et très tendre objet de l'amour de votre Père, faites mi­séricorde à votre ser­vante, notre Sœur N., et pardonnez-lui toutes les fautes qu'elle a commises en pensées, paroles et actions ; ex­ercez à son égard l'a­mour ardent qui vous a fait expier les péchés du monde entier; pour suppléer à toutes ses négligences, accordez- lui le mérite de votre passion et le fruit de toutes les bonnes œu­vres accomplies par vos élus. R)Ainsi soit-il.

 

ORAISON

Seigneur Jésus, nous unissant à cet amour ardent qui vous a porté à vous incarner et à mourir sur la Croix, nous frappons à la por­te de votre cœur, et nous vous supplions de remettre à votre ser­vante, notre Sœur N., toutes les fautes qu'elle a commises et de lui faire éprouver toute l'abondance de vos misé­ricordes ; disposez son âme de la manière qui vous sera le plus agréa­ble et qui lui sera le plus utile ; établissez-la dans une douce patien­ce, une vraie pénitence, une foi droite, une fer­me espérance et une ardente charité ; qu'elle expire dans vos bras et dans la joie de votre saint baiser, et qu'elle aille louer, connaître et contempler durant toute l'éternité votre glorieuse majesté.

R). Ainsi soit-il.


ORAISON

Seigneur Jésus, nous unissant à cet amour ardent qui vous a porter à vous incarner et à mourir sur

la Croix, nous frappons à la porte de votre cœur, nous nous vous supplions de remettre à votre servante, notre Soeur N., toutes les fautes qu'elle a commises et de lui faire éprouver toute l'abondance de vos miséricordes; disposez son âme de la manière qui vous sera le plus agréable et qui lui sera le plus utile ; établissez-la dans une douce patience, une vraie pénitence, une foi droite, une ferme espérance et une ardente charité ; qu'elle expire dans vos bras et dans la joie de votre saint baiser, et qu'elle aille louer, connaître et contempler durant toute l'éternité votre glorieuse majesté.

R) Ainsi soit-il.

 

ORAISON

Seigneur Jésus, nous remettons entre vos mains très miséricordieuses l'âme de votre servante, notre Soeur N., comme vous-même sur la croix avez remis à votre Père votre très sainte âme. Recevez-la avec le même amour, nous vous en conjurons. Au souvenir des plaintes amères que vous fîtes entendre sur la Croix, alors que, agonisant pour le salut de l'hu­manité et épuisé par les travaux et les dou­leurs de votre passion, vous souffriez l'aban­don de la part de votre Père, ne tardez pas à secourir votre ser­vante qui, à cette heu­re de son agonie, ne peut elle-même vous prier : par le triomphe de votre Croix et votre mort salutaire, conce­vez pour elle des pen­sées de paix, de con­solation et de miséri­corde, et avec votre bonté accoutumée, dé­livrez-la de ses tourments et faites-lui bien­tôt goûter les joies de l'éternel repos,

R). Ainsi soit-il.

 

ORAISON

O Marie, Vierge très pure, notre se­cours dans nos angois­ses et nos misères, venez soulager notre Sœur N., et, par la vertu de votre Fils Jésus-Christ et de sa sainte Croix, dispersez tous ses ennemis ; dé­fendez-la contre la puissance de l'infernal dragon et contre les ruses des mauvais es­prits et délivrez son âme de toute angoisse, afin que dans le royau­me du ciel, elle unisse sa voix à la vôtre et à celle de tous les Es­prits bienheureux pour chanter les louanges de Dieu.

R). Ainsi soit-il.

 

ORAISON

Saint Michel Archan­ge, assistez cette âme au tribunal du souverain Juge. Lut­teur invincible, soute­nez-la au milieu de ses travaux suprêmes et défendez-la contre la puissance des dé­mons. De plus, nous vous supplions de recevoir son âme à sa dernière heure, de la déposer dans votre sein et de la conduire au lieu du rafraîchis­sement, de la lumière et de la paix, avec Notre Seigneur Jésus-Christ qui vit et règne dans les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

 

Si après ces prières la malade ne paraît pas devoir expi­rer sitôt, les Sœurs se retireront, excepté celles que la Pri­eure désignera pour rester afin de prier pour la malade. Elles répéteront dévotement les mêmes prières que l'on aura déjà dites. Et quand elles croiront que la malade approche de sa fin, elles feront avertir par le signal ordinaire toutes les Sœurs qui se rendront aussitôt à l'Infirmerie, disant en al­lant: Credo in Deum, etc., ou quelque autre prière. Etant ar­rivées, elles réciteront de nouveau quelques-unes des prières précédentes jusqu'à ce que la malade ait rendu l'esprit.

 

Prières après le décès

 

Premiers devoirs à rendre après la mort.

Lorsque la mourante a rendu le dernier soupir, on cesse les prières commencées, la Prieure ferme les yeux et la bouche de la défunte, puis l'Infirmière redresse la tête et étend les pieds ; mais il est bon de ne pas trop se presser de toucher le corps après la mort.

Le Prêtre quitte l'étole violette, met l'étole noire que la Sacristine a dû apporter d'avance, et dit d'une voix médiocre le Répons Subvenite, Sancti Dei, que les Sœurs continuent, demeurant toujours à genoux ; il dit ensuite Kyrie eleison avec les Versets et les Oraisons qui suivent. S'il n'y a pas de Prêtre, c'est la Prieure qui dit ces prières. Au même instant, on va donner le signal du décès ; pour cela, on tinte par trois fois un seul coup de la grosse cloche, et, après un moment d'interruption, on sonne en branle pendant un Mi­serere à trois reprises différentes, laissant entre les trois fois l'espace du même Psaume.

Si une Religieuse meurt la nuit, on ne donne ce signal que le matin, après avoir sonné l'Oraison.

v) Secourez son âme, ô Saints de Dieu; ve­nez à sa rencontre, An­ges de Dieu,
          r) Recevez-la, et présentez-la au Tout-Puissant. 
v) Que le Christ, qui vous a appelée, vous reçoive, et que les Anges vous in­troduisent dans le sein d'Abraham. 
          r) Recevez-la, et présentez-la au Tout-Puissant. 
v) Donnez-lui, Seigneur, le repos éternel, et que la lumiè­re éternelle l'éclairé.
          r) Recevez-la, et présentez-la au Tout-Puissant. 

Seigneur, ayez pitié de nous.
Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Notre Père.
v). Et ne nous lais­sez pas succomber à la tentation.
          Mais délivrez-nous du mal.
v). Donnez-lui, Sei­gneur, le repos éternel.
          Et que la lumière éternelle l'éclaire.
v). De la porte des enfers.
          Arrachez son âme Seigneur.
Qu'elle repose en paix !
          Ainsi soit-il.
v). Seigneur, exaucez ma prière.
          Et que mes cris s'élèvent jusqu'à vous.
v). Le Seigneur soit avec vous.
          Et avec votre es­prit .

Oraison.

Nous vous recom­mandons, Sei­gneur, l'âme de votre servante, notre Sœur N., afin que, morte pour le monde, elle vive pour vous ; les péchés qu'elle a com­mis par suite de la fragilité de la chair pendant son séjour au milieu des hommes, veuillez les effacer dans votre très miséricordi­euse bonté. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur.

R). Ainsi soit-il.

 

Seigneur, ayez pitié de nous.
Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Notre Père.

v) . Et ne nous lais­sez pas succomber à la tentation.
          r). Mais délivrez-nous du mal.
v). On se souviendra éternellement du juste.
          r) Il n'aura point à craindre les mauvais discours des hommes.
v) Ne livrez pas aux bêtes l'âme qui a foi en vous.
          r) Et n'oubliez point pour toujours l'âme de votre pauvre servante.
v). Ne citez point en justice votre servante, Seigneur!
          r) Car nul être vi­vant ne sera trouvé juste devant vous.
v). De la porte des enfers.
          r). Arrachez son âme, Seigneur.
v). Qu'elle repose en paix !
          r). Ainsi soit-il.
v). Seigneur, exaucez ma prière.
          r). Et que mes cris s'élèvent jusqu'à vous.
v). Le Seigneur soit avec vous.
          r) Et avec votre es­prit.

 

Oraison.

Accueillez, Sei­gneur, l'âme de votre servante notre Sœur N., que vous avez daigné appeler hors de la prison de ce monde; et délivrez-la des lieux où l'on souffre; et qu'el­le goûte la béatitude du repos et de la lumière éternelle : pour que, au jour glorieux de la ré­surrection, elle mérite de ressusciter au mi­lieu de vos Saints et de vos Elus. Par Jésus- Christ Notre-Seigneur.

R. Ainsi soit-il.

Oraison.

O Dieu dont la misé­ricorde et la bonté sont invincibles, dont la clémence est éternel­le, nous vous deman­dons avec supplicati­ons que l'âme de votre servante notre Sœur N., qui par votre ordre a terminé le doulou­reux voyage de cette vie, après que vous lui aurez fait rémission de toutes ses fautes, reçoive aussi par votre ordre une place dans le sein d'Abraham. Nous vous conjurons donc, ô Père très miséricordi­eux, de ne pas laisser en pâture aux vers éternels celle que l'effu­sion du sang de votre Fils unique a rachetée; mais que, sous l'escor­te protectrice des ba­taillons angéliques, elle parvienne sans danger aux joies de votre Paradis ; et que, couronne en tête, elle marche au milieu des cohortes triomphales de vos Martyres victo­rieuses; qu'elle ait pla­ce à la droite de votre Fils, prête à recevoir sa récompense ; que rangée dans l'heureuse compagnie de vos Saints, elle possède le royaume céleste. Par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur.

R). Ainsi soit-il.

 

Oraison.

Frappés et pour ain­si dire déchirés par une nouvelle et cruelle blessure, nous implorons de nos voix plaintives votre misé­ricorde Ô Rédempteur du monde; que l'âme de votre servante notre Sœur N., qui se réfugie de nouveau dans votre clémence, source de l'indulgence, soit ac­cueillie avec tendresse et douceur; et si, par suite du contact avec la chair elle a contrac­té quelques taches, ef­facez-les avec votre bonté accoutumée, pardonnez-les avec in­dulgence, oubliez-les pour toujours ; et, pour qu'elle chante vos lou­anges avec les autres, quand un jour elle se­ra retournée dans son corps, commandez qu'elle prenne rang dans l'assemblée de vos Saints

vous qui vivez et régnez, ô Dieu, dans les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

 

Oraison.

Votre miséricorde, Seigneur saint, Père tout-puissant, Dieu éternel, les senti­ments de notre cœur nous contraignent à l'invoquer pour les au­tres, nous qui ne pou­vons suffire à prier pour nos propres pé­chés. Pourtant, confi­ants dans la bonté que vous nous prodiguez constamment et sans que nous l'ayons méri­tée, nous prions votre clémence : accueillez avec indulgence l'âme de votre servante notre Sœur N., qui retourne vers vous. Qu'elle soit assistée par saint Mi­chel l'Ange de votre Testament, et que, par les mains de vos saints Anges, vous daigniez la placer parmi vos Elus dans le sein d'Abra­ham, d'Isaac et de Ja­cob, vos Patriarches ; si bien que, soustraite à l'empire des princes des ténèbres et aux lieux où l'on est puni, el­le ne soit plus inondée des souillures de la cor­ruption originelle, de ses propres iniquités ou de sa fragilité. Que plu­tôt elle soit reconnue comme une sœur par ceux qui vous appartiennent, et qu'elle jouis­se du saint repos de la béatitude, et que, au grand jour du jugement dernier, ressuscitant au milieu de vos Elus et de vos Saints, elle soit rassasiée, et pour tou­jours, par la gloire de vous contempler sans voiles. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur. R). Ainsi soit-il.

 

Oraison.

   Dieu tout-puissant et éternel, qui avez daigné animer le corps humain par une âme créée à votre ima­ge ; aujourd'hui que, par votre ordre, ce qui était poussière rede­vient poussière, nous vous prions pour que vous ordonniez que l'âme de votre servante, notre Sœur N., soit as­sociée à vos Saints et à vos Elus dans les de­meures éternelles ; elle retourne, vers vous quit­tant la terre d'Egypte, recevez-la avec ten­dresse et douceur ; et envoyez au-devant d'elle vos saints An­ges, et montrez-lui le chemin que prennent les justes. Repoussez loin d'elle, nous vous en prions, Seigneur, tous les princes des ténèbres, et re­connaissez comme vô­tre un bien qui vous appartient. Recevez, Seigneur, votre cré­ature : elle n'a pas été créée par des dieux étrangers, mais par vous qui êtes le Dieu vivant et vrai, parce qu'il n'y a pas d'autre Dieu que vous, Sei­gneur, et qu'il n'y en a point parmi vos œu­vres. Comblez de joie, ô Dieu très clément, l'âme de votre Servan­te, et glorifiez-la par l'abondance de vos mi­séricordes. Ne vous souvenez point de ses anciennes iniquités et folies causées par la fureur des mauvais dé­sirs : bien qu'elle ait péché en effet, elle ne vous a point renié ; mais, marquée du ca­ractère de la foi, elle vous a adoré fidèle­ment, vous qui avez tout créé, et qui l'avez créée elle-même. Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles.

 

Oraison.

Qu'elle ait part à la résurrection bienheureuse, et qu'elle mérite d'avoir au ciel la vie éternelle, par vous ô Jésus-Christ, Sauveur du monde, qui vivez avec le Père Je Saint-Esprit dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Lorsque ces prières sont achevées, on reconduit le Prêtre à la porte conventuelle et les Religieuses se retirent, à l'exception de celles que la Prieure désigne pour ensevelir la défunte et de quelques autres qui prient auprès d'elle récitant à voix basse les Psaumes et autres prières pour les morts.

 

Exposition du corps à l'infirmerie


On lave le corps, s'il en est besoin, ou du moins le visage, les mains et les pieds, puis on revêt la défunte de la tunique, de la robe, de la ceinture, du scapulaire, du manteau, de la toque et du voile; on la met ensuite dans le cercueil du mo­nastère, ou mieux dans celui où elle devra être enterrée, laissant le visage découvert, les pieds nus et les mains jointes ; on place entre ses mains une croix avec le Crucifix tourné vers le visage, et l'on met sur la tête une couronne de fleurs; on peut aussi parsemer les habits de fleurs.

Le cercueil doit être un peu élevé de terre ; on le pose sur des tréteaux couverts d'une serge grise. La Sacristine met à la tête du cercueil, sur un banc, une croix ayant le Cru­cifix tourné vers la défunte : cette croix ne doit pas être celle qui sert aux processions. On place de chaque côté de la croix un chandelier garni d'un cierge jaune allumé, et l'on met au pied du cercueil le bénitier et l'aspersoir. Le corps reste ainsi à l'infirmerie, jusqu'à ce qu'on le transporte au Chœur.