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Le cérémonial


Cérémonial

à l'usage des religieuses carmélites déchaussées de l'Ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel

érigé en France selon la première règle

Nouvelle édition

Paris: Mersch, imprimeur 1888.

Livre premier : du plan des monastères

Livre second : des choses qui servent au culte

Livre troisième : de l'office divin

Livre quatrième : des officières du choeur

Livre cinquième: des cérémonies des jours solennels et des fêtes principales de l'année

Livre sixième : de la réception des sacrements, de l'oraison et de plusieurs autres saintes actions de la vie religieuse

Livre septième: repas, récréations, table des offices

Livre huitième: élections, chapitres, visites, confesseurs et prédicateurs

Livre neuvième: noviciat, profession, agrégation

Livre dixième: de la communion des malades, de l'extrême-onction et des funérailles

Livre onzième: de la clôture 



LIVRE PREMIER

DU PLAN DES MONASTÈRES

AVANT-PROPOS

1. Pour faciliter l'intelligence des cérémonies que l'on décrit en ce Cérémonial et des règles que l'on y trace pour l'observation de la clôture, il faut avant tout donner la description du plan des monastères.[ Ceux-ci doivent être disposés pour les exercices de la vie régulière, selon les règles de la clôture et dans l'esprit de pauvreté recommandé par les Constitutions.

2. On doit donc observer partout certaines dis­positions générales conformes à ces règles et aux usages de l'Ordre, sans qu'il soit absolument né­cessaire que, dans tous les détails, les monastères soient semblables entre eux.

3. On est souvent obligé de faire varier la dispo­sition des monastères d'après les dimensions du terrain, les constructions voisines, un local à uti­liser. Notre Mère sainte Thérèse tenait compte de ces diverses circonstances, comme on le voit par les couvents qu'elle a fait construire ou approprier.

4.  Les plans apportés d'Espagne par M. de Brétigny pour la construction des Carmels en France mettent le chœur au premier étage ; il est bon d'ob­server que dans les monastères d'Avila, d'Albe, de Valladolid et d'autres encore, le chœur est au rez-de-chaussée, de plain-pied ou élevé seulement de quelques marches. On peut donc en conclure que mettre le chœur au premier n'est ni une obligation ni un usage universel].

CHAPITRE PREMIER

De l'église.

1.  Il faut choisir soigneusement l'emplacement sur lequel on construit l'église, en faire dresser le plan par un architecte habile, et suivre dans sa disposition et sa décoration les règles de la sainte Église.

2.  Avant de commencer le bâtiment, il faut ob­tenir la permission des Supérieurs, puis observer les cérémonies prescrites au Pontifical romain pour la bénédiction du lieu et de la pierre fonda­mentale.

3.  L'église est divisée en deux parties : l'une d'elles est renfermée dans la clôture du monastère, réservée aux fonctions des Religieuses et appelée chœur des Religieuses. L'autre partie est en dehors de la clôture et destinée aux fonctions des prêtres et au service des fidèles.

4.  L'église de dehors est encore divisée en trois parties : le chœur, la nef et les chapelles.

5.  Le chœur est séparé de la nef par un balustre et des degrés; on y place le grand autel, qui doit être appuyé contre la muraille du fond de l'église et élevé sur un marchepied qui soit environ au ni­veau du plancher du chœur des Religieuses, afin que celles-ci puissent voir aisément l'élévation de la sainte Hostie. Le chœur ou sanctuaire est réservé aux fonctions des prêtres.

6. La nef, destinée aux fidèles, doit autant que possible être éloignée des grilles du chœur par quelques marches qu'on peut fermer d'un second balustre, ou par un espace suffisant pour que les Religieuses ne soient pas exposées à la vue des sé­culiers, lorsque ces grilles sont ouvertes pour la Messe, la communion et l'exposition du Saint- Sacrement.

7. Les chapelles latérales peuvent être au nom­bre de trois ou quatre. Il convient de les dédier à la sainte Vierge, à saint Joseph, à sainte Thérèse, à moins que l'église elle-même ne soit sous leur vocable; s'il y a un plus grand nombre de cha­pelles, il est bon de les dédier à saint Jean-Baptiste, à sainte Madeleine, à quelque saint de l'Ordre ou encore à un mystère ou à un saint qui serait dans un monastère ou une localité l'objet d'une dévotion spéciale.

8. On fait, dans un des murs de l'église, autant que possible près du grand autel, du côté de l'épître ou de l'évangile, une sorte de petit taber­nacle fermant à clef, dans lequel on garde les saintes huiles; on l'orne de peintures et l'on y ins­crit ces mots : Oleum infirmorum.

9.  On peut aussi placer dans le mur, près de l'autel, un tuyau pour faire écouler l'eau qui a servi à laver les doigts du célébrant à la Messe, quoiqu'on puisse y suppléer par un vase, comme on le dira au livre second.

CHAPITRE II

Des autels et des crédences.

1. Lorsque les Religieuses font construire un autel, elles doivent lui faire donner une hauteur convenable pour la célébration du saint sacrifice, et une longueur proportionnée à la chapelle où il doit être établi. Il faut observer soigneusement ce que prescrivent les rubriques du missel et les ca­nons ecclésiastiques, c'est-à-dire que la partie con­sacrée de l'autel fixe soit de pierre et d'un seul morceau; que l'autel portatif ou simple pierre sa­crée soit aussi d'un seul morceau ; que l'autel con­tienne des reliques, qu'il ne soit pas placé au-dessus d'un endroit où des morts sont enterrés ; que l'au­tel principal soit élevé sur trois degrés et les autres sur un au moins.

2. On met sur le devant de l'autel une croix ou quelqu'autre image pieuse qui porte à la dévotion, lorsque le jeudi et le vendredi saints l'autel est dé­couvert.

3.  Il est bon d'entourer la pierre sacrée d'un châssis de bois pour empêcher qu'elle ne se rompe et pour qu'on puisse la porter sans la toucher ; on peut aussi boiser les rebords de la pierre autour de l'autel afin de garantir de l'humidité les nappes et les parements ; on met encore sur le marche­pied une corniche de bois mobile qui préserve le bas du parement ; mais on ne peut pas en mettre en haut, parce que le Cérémonial des Évêques le défend.

4. On met sur les autels un ou deux gradins qui servent à poser les chandeliers, les vases de fleurs et les autres ornements. On place au-dessus, s'il est possible, un baldaquin assez grand pour couvrir l'autel et une partie du marchepied. Ce baldaquin peut être en pierre ou en marbre, soutenu par des colonnettes, ou encore en bois ou en métal, ou en­fin en étoffe, suspendu à la voûte.

5. On place de chaque côté du grand autel une crédence stable ; aux petits autels, on n'en met qu'une seule du côté de l’épître.

6. L'autel doit être consacré par l'Évêque; on inscrit dans les registres du monastère le jour et l'an de la consécration, ainsi que le nom du prélat qui l'a faite.

7. Il ne doit y avoir, dans la clôture du monas­tère, aucun autel où l'on puisse célébrer la Messe.

CHAPITRE III

Du tabernacle et de sa communication avec l'oratoire.

1. Le tabernacle, placé au milieu de l'autel, doit être d'une matière convenable et orné, autant que possible, de sculptures; on met au sommet une croix simple en relief; on lui donne une grandeur proportionnée à celle de l'autel, et l'on y fait une porte assez haute pour que les ciboires et les osten­soirs y passent facilement. Le tabernacle ne doit pas être si élevé que le prêtre ne puisse aisément y atteindre.

2.  Lorsqu'on expose le Saint-Sacrement sur le tabernacle, il faut préparer un trône assez élevé pour que l'ostensoir surpasse toujours les chande­liers, et aussi les reliquaires, s'il y en a sur l'autel qui ne puissent être enlevés pendant la durée de l'exposition.

3.  Au fond du tabernacle du grand autel, on fait une seconde porte opposée à la première, par laquelle le prêtre passe l'ostensoir dans une arcade, sorte de tabernacle intérieur fait du côté des Reli­gieuses. Cette porte ne doit s'ouvrir qu'au moment de passer l'ostensoir.

4.  Le tabernacle doit être bénit de la bénédiction marquée au missel, et toujours fermé à clef. La sacristine conserve soigneusement cette clef dans une boîte.

CHAPITRE IV

De l'oratoire du Saint-Sacrement.

On construit, derrière le grand autel de l'é­glise, l'oratoire où l'on expose à certains jours le Saint-Sacrement du côté des Religieuses. On fait dans le mur, au niveau de la porte de communica­tion avec le tabernacle, une ouverture en arcade, haute d'environ 0m,65 et large de 0m,40 à 0m,45, dont les bords aillent en s'évasant afin qu'on voie mieux la sainte Hostie; on lambrisse cette ouverture, on recouvre le bois de soie blanche ou d'une étoffe d'argent ornée de fleurs ou de broderies, et on ferme l'ouverture, du côté des Religieuses, d'une grille de cuivre doré enchâssée dans le mur et dont les trous soient si petits qu'on ne puisse y passer la main, mais seulement une petite queue de renard ou chose semblable pour nettoyer. On met par-dessus cette grille un volet dont la Prieure garde toujours la clef, hors le temps où le Saint- Sacrement est exposé, et l'on place au-dessous un autel d'une grandeur proportionnée à celle de l'oratoire. Le haut et le tour de l'arcade sont dorés et ornés de peintures, et tout l'oratoire, autant que possible, orné de tableaux. Il ne doit avoir de jour que du côté du monastère et il communique avec le chœur par une petite porte faite ordinairement auprès de la grille de communion.

 

CHAPITRE V

Du chœur des Religieuses.

1. Le chœur des Religieuses, dont les dimensions sont indiquées sur le plan, a autant que possible 4 mètres de hauteur du plancher jusqu'au com­mencement de la voûte; celle-ci peut être de bois ou de plâtre et le plancher doit être de bois. Les murailles des côtés sont lambrissées à la hauteur de 2 mètres.

     2. Le chœur a deux portes d'entrée faites dans le mur qui le sépare de l'avant-chœur; on fait entre les stalles et la grille de communion une autre porte qui conduit à l'oratoire; en face de cette porte, il est facultatif d'en faire une autre plus large, donnant sur le cloître, par laquelle la Communauté puisse entrer et sortir en procession pour quelques cérémonies.

3. On place dans le chœur, contre le mur de l'avant-chœur, un autel d'environ lm,50 de long, 0m,66 de large et 1 mètre de haut; on le pose sur un marchepied et on le garnit d'un gradin pour por­ter les chandeliers; ou place au-dessus quelque ta­bleau de dévotion. La partie du chœur où se trouve l'autel est appelée le haut du chœur.

4.  La stalle de la Prieure est au côté droit de l'autel et celle de la Sous-Prieure à gauche ; toutes deux sont semblables à celles des Sœurs. Les stalles des Sœurs sont placées de chaque côté du chœur le long des murailles, et il ne doit y en avoir qu'un seul rang. Ces stalles sont immobiles, en bois tout uni, sans sculptures; le lambris de la muraille en forme le dossier, et les accoudoirs sont d'un simple bois poli, sans aucun ornement. La dernière stalle doit être éloignée de la grille de 1m,50 à 2 mètres. Chacune d'elles a 1 mètre ou un peu moins de lar­geur, 0m,40 à 0m,45 de profondeur, 0m,45 de hau­teur au-dessus du plancher et 0m,25 entre le siège et les accoudoirs.

5.  On enchâsse dans le plancher de petites roses ou carrés d'un bois de couleur différente, pour marquer aux officières l'endroit où elles doivent faire leur office. La première marque destinée à la semainière est à 4 mètres du marchepied de l'autel; deux autres marques, placées à lm,30 à 35 de celle-ci, sont pour les premières chantres; deux autres à la même distance des secondes sont pour les sous-chantres ; les deux dernières sont pour les versiculaires et doivent être éloignées de la grille d'environ 2 mètres.

CHAPITRE VI

De la grande grille du chœur.

1. Au bas du chœur des Religieuses, c'est-à-dire dans le mur qui le sépare d'avec l'église, à 0m,30 ou 35 du plancher du chœur, on laisse un grand vide en arcade de 4 mètres de haut, l'arcade y com­prise, et 3m,30 de large ; on remplit ce vide d'une grille, de barreaux et d'un châssis.

2.  La grille est de fer, enclavée et fortement scellée dans le mur, à 0m,25 de profondeur du côté de l'église. Les barreaux montants ont 0m,016 de face et 0m,025 d'épaisseur ; les traversants peuvent être semblables ou n'avoir que 0m,018 d'épaisseur et 0m,006 de face. Les barreaux sont placés à telle distance les uns des autres que les montants et les traversants forment des carrés vides de 0m,05.

3.  A tous les barreaux montants, mais seulement de deux en deux points de jonction avec les traver­sants, on met du côté de l'église une pointe de fer de 0cm,ll. La base de cette pointe est delà même largeur que les montants et bien soudée à ceux-ci; l'extrémité est émoussée et arrondie, dans la crainte de blesser; elle a environ 0m,016 de circon­férence.

4. A 0m,25 de la grille de fer, on met du côté du chœur comme un second rempart de même lar­geur et hauteur que la grille et finissant aussi en arcade; il se compose de barreaux de bois mon­tants et sans traverses. Le cintre du haut ne s'ouvre pas et est fixé à la muraille par des pattes de fer. Au-dessous du cintre et dans la partie carrée, ces barreaux sont divisés en deux volets qui peuvent s'ouvrir. Ils ont près de 0m,075 de circon­férence et l'on met 0m,025 de distance entre chacun d'eux.

5. Les deux volets qui s'ouvrent sont garnis de deux serrures qui les ferment ensemble et sont distantes l'une de l'autre d'un peu plus du tiers de la hauteur des volets.

6. Par-dessus ces barreaux de bois, on suspend à une tringle de fer, à la hauteur du volet le plus bas du châssis dont on va parler, un rideau de toile noire très claire qui puisse être relevé avec de pe­tites cordes au moment de la consécration et pen­dant les sermons.

7. Par-dessus la grille de fer, les barreaux de bois et le rideau clair, on applique dans toute la hauteur et la largeur de l'ouverture un châssis de bois couvert de toile noire très épaisse. La partie supérieure qui fait le cintre ne doit pas s'ouvrir, mais être fixée au mur comme les barreaux de bois le sont en cette partie. Toute l'étendue du châssis, au-dessous du cintre, est divisée en quatre volets, deux l'un au-dessous de l'autre en hauteur de chaque côté ; chacun de ces volets est de plus brisé en deux dans sa largeur afin de se replier lorsqu'on l'ouvre. On ferme le volet du haut d'un grand verrou plat qui entre dans le linteau du cintre, et celui du bas d'un verrou semblable qui entre dans la marche d'appui. Chacun de ces verrous ren­contre dans son châssis une serrure à même clef que celle des volets et des barreaux de bois. [On peut avec avantage remplacer ces verrous par des crémones fermant à clef.] La clef du châssis doit être gardée par la Prieure.

8. Enfin, la grille et les châssis sont couverts, du côté du chœur, par un rideau de grosse toile noire, fendu au milieu pour qu'il s'ouvre des deux côtés. On le suspend par des anneaux de fer ou de cuivre à deux tringles de fer au-dessus ou au-dessous du cintre, et il dépasse le bas de la grille de 0m,l5 environ pour empêcher le vent.

9.  On met au-dessus de la grille un tableau ou une statue de la sainte Vierge tenant l'Enfant Jésus entre ses bras ou quelqu'autre sujet de dévotion.

CHAPITRE VII

De la grille de communion.

1. Pour la communion des Religieuses, on laisse dans le mur qui sépare le chœur de l'église, une seconde ouverture placée à 0m,35 environ de celle que ferme la grande grille, du côté de l'autel, et à 0m,30 au-dessus du plancher; on lui donne lm,65 de haut et 0m 6o de large. On la remplit dans toute son étendue par une grille de fer enchâssée et bien affermie dans le mur. Cette grille a, du côté de l'église, des pointes de fer comme celles de la grande grille, si ce n'est que le travail en est plus délicat proportionnellement à la grandeur de l'ou­verture.

2.  Au milieu de cette grille, à 1 mètre environ au- dessus du plancher, on dispose pour passer la sainte communion une petite fenêtre de fer fer­mant à clef; elle a en tous sens 0m,48 à 0m,22; elle est fixée par des gonds à l'un des barreaux et est toute plate et sans pointes ainsi que le barreau au­quel sont attachés les gonds, celui qui lui sert de battant et quelques autres encore, s'il en est besoin, afin de ne pas gêner le prêtre qui donne la commu­nion. Elle s'ouvre au dedans du chœur.

3. On met en dedans, contre la grille et dans toute son étendue, un châssis de bois sans clef couvert de toile noire; mais on fend cette toile à l'endroit de la petite fenêtre de communion, de manière à ce que la partie ainsi fendue de trois côtés reste attachée par le haut seulement. On la relève pour le temps de la communion et on la tient abaissée aux autres temps.

4.  Du côté du chœur, derrière cette grille, de sa grandeur et à son aplomb intérieur, on ménage dans la muraille jusqu'au plancher un vide, sorte d'enfoncement carré, afin que les Religieuses puis­sent s'avancer pour recevoir la sainte communion. [Il est bon de mettre au bas, contre le mur, une marche d'environ 0m,15 sur laquelle elles s'age­nouillent, et de placer au niveau des mains une tablette qui serve d'appui], puis une seconde d'en­viron 0m,12 de large, régnant avec le bas de la fe­nêtre sur laquelle on dispose pour la communion le taffetas, le petit corporal et la plaque d'argent doré dont il est parlé au deuxième et au sixième livre.

5.  On ferme tout ce vide d'une porte de bois fer­mant à clef, on lambrisse l'intervalle placé entre la porte et la grille et on l'orne de peintures. On écrit en lettres d'or, au-dessus de cette porte, ces paroles de Notre-Seigneur : Ma chair est vrai­ment nourriture et mon sang est vraiment breu­vage-, celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui.

6.  La Prieure garde la clef de la fenêtre de communion et celle de la porte de bois, et les donne à la sacristine pour la communion des Reli­gieuses.

7.  Le dais que l'on place dans l'église au-dessus de la grille de communion peut être de marbre, de bois ou de métal, s'il n'est en étoffe, comme il sera dit plus loin.

CHAPITRE VIII

De l'avant-chœur.

1.  Les Religieuses s'assemblent à l'avant-chœur avant d'entrer au chœur et lorsqu'elles en sortent.

2.  L'avant-chœur doit être placé immédiatement avant le chœur, séparé du haut du chœur seule­ment par la muraille.

3.  Il n'est pas nécessaire qu'il soit voûté ni lam­brissé ; il peut être simplement carrelé ; [il y aurait pourtant avantage à le planchéier, puisque les Sœurs ont souvent à s'y tenir à genoux]. On fait les fenêtres en arcade aussi bien que la porte d'entrée ; celle-ci doit être assez large pour que deux Sœurs puissent facilement y passer de front. Les deux portes qui donnent dans le chœur doivent être moins larges; on place entre les deux une statue ou un tableau devant lequel les Sœurs s'age­nouillent lorsqu'elles attendent pour passer au chœur.

4.  Il ne doit y avoir à l'avant-chœur ni sièges ni bancs pour s'asseoir; on place un bénitier à la porte d'entrée, et un à chacune des deux portes qui donnent dans le chœur. On y tient aussi, suspen­due à la muraille, la croix de procession qui doit avoir environ lm,65 de hauteur, 0m,06 de largeur et 0m,025 d'épaisseur et porter l'image du Crucifix. On y suspend encore, dans un lieu très en vue, la table des officières du chœur.

CHAPITRE IX

Du clocher et des cloches.

1. On élève, sur le faîte de l'avant-chœur, un clocher de bois ou de pierre surmonté d'une croix et, si c'est la coutume du pays, d'un coq de cuivre. On y suspend deux cloches de grosseur inégale [et d'un poids médiocre pour que les Sœurs puissent aisément les sonner].

2. Le clocher doit excéder un peu en hauteur ce qu'il y a de plus élevé dans le monastère, même le faîte de l'église, et avoir des ouvertures assez larges pour que les cloches puissent être entendues, non seulement de tout le monastère et du voisi­nage, mais encore de loin ; le clocher doit être construit solidement et les cloches suspendues à un beffroi pour que leur mouvement n'ébranle pas le clocher.

3.  Pour ne pas gêner les Sœurs qui s'assemblent à l'avant-chœur, on fait revenir les cordes dans un coin, par des poulies de rappel, et l'on en attache le bout à la muraille, excepté pendant qu'on sonne. [Il serait plus simple de placer le clocher directe­ment au-dessus de l'endroit où l'on sonne ; le re­cueillement gagnerait à ce que l'on ne sonnât pas à l'avant-chœur, mais dans un lieu attenant.]

4. La Prieure garde la clef de la porte du clo­cher, qui doit toujours être fermé afin que personne n'y monte sans sa permission.

 

CHAPITRE X

De la sacristie.

1. Il doit y avoir deux sacristies qui ne soient éloignées ni du chœur de l'église, ni de celui des Religieuses ; la première est au dehors de la clô­ture et destinée aux prêtres, la seconde est au dedans et réservée aux Religieuses ; ces deux sacris­ties sont séparées par une muraille épaisse dans laquelle on place un tour pour passer ce qui est né­cessaire au service de l'autel.

2. La sacristie des prêtres prend jour sur le de­hors et non dans la clôture; on la garnit de tables et d'armoires, et on place dans le bas une fontaine avec des tuyaux qui emportent les eaux et préser­vent la sacristie de l'humidité. On tient des essuie- mains près de la fontaine.

3. La sacristie du dedans peut être partagée en deux par une petite cloison ; dans la partie qui est près du tour, on pose et on nettoie ce qui va servir ou a servi à l'église, et dans l'autre on conserve les ornements. Ces deux pièces sont garnies de tables et d'armoires.

4. Il est nécessaire qu'il y ait dans la sacristie extérieure et dans celle de l'intérieur une piscine ou sacraire où l'on jette les eaux sanctifiées comme celles dans lesquelles on a purifié les linges sa­crés ; on y jette aussi les cendres des vêtements sa­crés, corporaux et pales brûlés, le reste de l'eau bénite et autres choses semblables; on peut en pla­cer le puits près de la muraille qui divise les sa­cristies et faire deux ouvertures, une de chaque côté, mais en séparant les conduits jusqu'au bas par une grille de fer qui empêche toute communi­cation. Ces ouvertures doivent être couvertes et même fermées à clef pour qu'on n'y jette rien de profane.

 

CHAPITRE XI

De la chapelle de l'infirmerie.

1. On construit près de l'infirmerie une chapelle pour le service des Religieuses malades. Elle doit être bénite par un prêtre député des Supérieurs et avoir un autel sur lequel on puisse célébrer la sainte Messe; l'entrée en est située hors de la clô­ture, et les Religieuses n'y peuvent aller. On place dans le mur qui sépare cette chapelle de l'infir­merie, une grille par laquelle une Sœur longtemps malade puisse entendre la Messe, se confesser et communier; mais cette grille ne s'ouvre pour au­cun autre usage. Elle a lm,l5 ou lm,20 de haut et lm,50 de large; elle est garnie de pointes de fer semblables à celles du parloir; on y met aussi des barreaux de bois immobiles et un châssis couvert de toile; mais on fait, au milieu de ces barreaux et de la grille, une petite fenêtre qui s'ouvre et se ferme comme celle de la communion, pour donner le Saint-Sacrement aux malades. La clef de cette fenêtre est gardée par la Prieure.

2. Comme il peut souvent être difficile de faire dire la Messe spécialement pour les malades, on peut, pour leur procurer le moyen de l'entendre, faire placer dans la tribune une seconde grille don­nant sur l'église, construite comme celle dont nous venons de parler, mais sans fenêtre et dont le châssis couvert de toile ne s'ouvre pas. On la re­couvre de plus de volets de bois fermant à clef. La clef doit être gardée par la Prieure.

 

CHAPITRE XII

Du lieu pour garder les reliques.

1. On prépare dans le bâtiment de l'église, ou dans les lieux adjacents, un endroit où l'on puisse garder respectueusement les reliques des saints; il semblerait très convenable de les placer clans l'oratoire du Saint-Sacrement et de laisser à cette fin, dans la muraille qui le sépare du grand autel de l'église, deux vides assez larges, sortes de niches ou d'armoires ouvrant vers l'oratoire. Ces vides doivent être placés plus bas que l'arcade dans la­quelle on expose le Saint-Sacrement, parce que, selon les décrets de la Sacrée Congrégation des Rites, les reliques ne doivent jamais être exposées au-dessus du Saint-Sacrement. D'après les mêmes décrets, les armoires ne doivent pas être ouvertes lorsqu'il est exposé.

2.  L'endroit dans lequel on place les reliques doit être lambrissé au dedans et doublé d'étoffe de soie; on y fait des séparations pour placer distincte­ment et plus aisément les reliquaires devant les­quels on suspend, à une tringle de fer, un rideau de taffetas; ce rideau est rouge s'il couvre des reliques de martyrs, et blanc si les reliques sont de confesseurs ou de vierges. On place par-dessus une grille de fer poli dont la Prieure garde la clef; cette grille doit être mince et avoir des jours larges pour ne pas empêcher la vue des reliquaires; enfin par-dessus la grille on ferme ces armoires par une porte un peu forte, ornée au dehors de peintures et d'une inscription qui indique que c'est le lieu où reposent les reliques; la sacristine en garde la clef, mais aux jours de fête on ouvre ces volets et les rideaux pour laisser aux Religieuses la vue des reliques.

 

CHAPITRE XIII

Des ermitages.

1. On aura soin de faire plusieurs ermitages dédiés aux mystères de Notre-Seigneur et de la sainte Vierge, ou bien aux Saints les plus révérés dans l'Église et dans l'Ordre.

2. Quelques-uns de ces ermitages, sans être très grands, doivent l'être assez pour contenir toutes les Sœurs, non en rang, mais ensemble et sans ordre. Ils doivent être planchéiés, avoir un autel surmonté d'un tableau représentant le mystère ou le Saint auxquels ils sont dédiés, et être tenus avec grande netteté, comme des endroits saints dans lesquels on se retire pour la prière.

 

CHAPITRE XIV

Du chapitre.

1. Le chapitre doit être assez grand pour contenir toute la Communauté partagée en deux rangs sans être pressée, et avoir une porte d'entrée assez large pour que deux Sœurs puissent y passer de front. Cette porte donne sur le cloître et doit être faite en arcade.

2.       On met dans le chapitre un autel surmonté d'un grand tableau.

3.      Le chapitre est planchéié, parce que les Reli­gieuses s'y tiennent à genoux ou assises à terre; on ne doit donc pas y mettre de stalles, mais seule­ment une petite chaise de paille, à droite de l'autel, pour la Prieure; on peut fixer des bancs au mur, mais ils ne servent que le jeudi saint pour le lave­ment des pieds.

4.      On écrit autour des murailles des sentences propres à l'exercice qui se fait en ce lieu; ces sen­tences peuvent être enfermées dans des cartouches peints.

CHAPITRE XV

Du noviciat.

1.      Chaque monastère doit avoir un lieu destiné à l'instruction des novices; il est planchéié et orné d'un autel surmonté d'un tableau ou d’une statue. On inscrit des sentences sur les murailles.

2.      On met au noviciat un ou deux bancs pour y placer les livres propres à l'instruction des novices.

CHAPITRE XVI

Du réfectoire.

1. On entre dans le réfectoire par une porte placée, autant que possible, dans le bas et donnant dans le cloître; il faut qu'elle soit assez large pour que les Sœurs puissent y entrer en procession deux à deux.

2. Le réfectoire doit être percé de plusieurs fenêtres et bien aéré, pour qu'il ne conserve aucune odeur. Il est carrelé et l'on inscrit des sentences sur les murailles, qui sont lambrissées à une hau­teur de lm,65 à 2 mètres.

3. On pose sur le carreau, le long du lambris, un marchepied de 0m,07 à 0m,08 de hauteur et l'on fixe au lambris, à 0m,45 au-dessus du marchepied, des bancs de 0m,25 au moins de large. Les tables sont rangées devant les bancs à une petite distance de ceux-ci pour qu'on puisse s'asseoir aisément; elles ont à peu près 0m,65 de hauteur et 0m,58 de largeur, et leurs pieds sont enclavés dans le mar­chepied, qui est assez large pour arriver jusqu'au bord des tables. On met une table au haut du ré­fectoire, à égale distance des murs latéraux, pour la Prieure et la Sous-Prieure; deux de chaque côté pour les Religieuses [et une autre dans le bas, sui­vant l'usage de l'Ordre, pour les Sœurs malades]. On laisse entre chaque table assez d'espace vide pour qu'on puisse facilement entrer et sortir.

4. On suspend au haut du réfectoire, au milieu du mur et au-dessus du lambris, un crucifix au­quel les Religieuses font leurs inclinations. Au milieu de l'un des côtés, entre deux tables, on place la chaire de la lectrice, faite en menuiserie à la façon de celles des prédicateurs, en octogone, en hexagone ou en carré. On y monte par trois ou quatre degrés de bois qui peuvent être mobiles ou portatifs. Il y a dans cette chaire un siège fixe pour la lectrice et au-dessous une tablette pour poser des livres. On met sur le devant de la chaire un pu­pitre pour tenir les livres ouverts, et auprès de la lectrice un chandelier de fer pour l'éclairer.

5.  Au milieu du mur qui sépare le réfectoire de la cuisine, on fait une ouverture ou fenêtre de service ayant lm, 50 de largeur et de hauteur, et se fermant par un volet du côté de la cuisine.

6.  Devant cette ouverture, on fait du côté du réfectoire une avance de lambris d'environ 0m,65 à 0m,70 de saillie, contenant toute la largeur de la fenêtre, et ouvrant sur les deux côtés par des volets que l'on tient toujours fermés hors le temps du service. On met dans cette avance une table de pierre soutenue de colonnettes, sur laquelle on pose tout ce que la serveuse prend et rapporte. On tient ordinairement à l'un des côtés de celte fenêtre une croix sans crucifix, d'environ 1 mètre de long, dont les Religieuses se servent pour faire des mor­tifications.

CHAPITRE XVII

Des allées du cloître et du cimetière.

1. Autour du préau du monastère sont les quatre allées appelées cloîtres; elles doivent ouvrir sur le préau par des arcades. Ou met aux quatre coins des bénitiers, et l'on a toujours des croix de bois attachées aux murs, à moins qu'on ne puisse avoir des tableaux de dévotion ou des figures en relief enchâssées dans les murailles.

2. Les allées du cloître doivent être bénites par un prêtre député des Supérieurs, afin de servir de cimetière aux religieuses ; on y enterre toutes les Sœurs professes et novices. On ne peut y enter­rer des Religieuses d'un autre Ordre ni des per­sonnes séculières, si ce n'est par un privilège que l'on n'accorde que très rarement, comme aux fon­datrices ou à d'autres personnes dont le monastère ait reçu de très notables bienfaits. Ce privilège ne peut s'étendre aux fondateurs, car on ne doit ja­mais enterrer d'hommes dans la clôture.

3. Les Prieures n'ont pas d'autre lieu de sépul­ture que le cloître commun à toutes les Religieuses.

4. On ne met sur les sépultures des Prieures et des Religieuses qu'une simple pierre d'environ 50 centimètres carrés, ne contenant que l'inscrip­tion de leur nom, de leur âge, du jour du décès et du temps qu'elles ont vécu en religion. Si quelque Sœur est morte en odeur de sainteté, on ne doit, selon les décrets d'Urbain VIII, mettre aucun orne­ment particulier à son tombeau sans la permission du Saint-Siège.

NOTE. La loi civile ne permet pas en France d'enterrer dans la clô­ture. Il est louable pourtant de demander ce privilège dans les localités où il est possible de l'obtenir; il serait à souhaiter que 1’on demandât au moins l'autorisation de rapporter les ossements dans le monastère quelques années après la mort. On se rap­procherait ainsi de l'intention de notre sainte Mère, qui aurait désiré faire un point de Constitution de l'enterrement des Reli­euses dans la clôture.

 

CHAPITRE XVIII

Du parloir et de sa grille.

1.  Saint Jérôme aurait souhaité qu'il n'y eût qu'une grille dans les monastères ou que, s'il y en avait plusieurs, elles fussent très petites et les bar­reaux si pressés qu'on pût à peine y passer le doigt. Urbain IV a ordonné que chaque grille fût armée de pointes de fer ; saint François de Paule a pres­crit à ses Religieuses de poser une seconde grille de fer distante de la première de l'épaisseur du mur. Saint Charles, dans ses Synodes, approuve ces deux grilles; de plus, il veut qu'elles soient si fortes qu'on ne puisse facilement les plier ou les rompre, qu'elles soient distantes l'une de l'autre au moins de 0m,22, qu'on ajoute à celle qui est du côté des Religieuses une plaque de fer percée de petits trous comme pour passer des grains de poivre ordinaire, et que cette plaque soit couverte d'un châssis de toile ou d'autre étoffe noire et grossière. Enfin les Cardinaux, en la Visitation apostolique, ordonnent que les ouvertures des grilles soient si étroites que la main d'une petite fille n'y puisse passer. Toutes ces saintes précautions approuvent et confirment celles qui sont en usage dans l'Ordre.

2.  Il ne doit y avoir en chaque monastère qu'un seul parloir par lequel on puisse voir. Il peut ce­pendant être quelquefois nécessaire d'avoir un se­cond parloir dont les volets puissent s'ouvrir.

3.  On place dans le mur de ce parloir une grille toute de fer, haute de 1 mètre et large de lm,30 à lm,35 ; ses montants ont 0m,009 de face et le double d'épaisseur, et les traverses ont des proportions égales ou un peu moindres; ils forment en se croi­sant des carrés vides de 0m,038. On attache aux points de jonction, mais de deux en deux seule­ment, des pointes de fer de 0m,10 de longueur; leur largeur à la base est celle des montants, et leur circonférence à la pointe, qui est arrondie, de 0m,018.

A cette grille armée de pointes de fer, sainte Thérèse a voulu qu'on ajoutât du côté des Reli­gieuses une grille de barreaux de bois distante de 0m,30 à 0m,35 de la première; ces barreaux ont 0m,05 de circonférence et sont à 0m,025 de distance les uns des autres. La grille de fer et les barreaux de bois sont enchâssés dans le mur, et n'ont au­cune fenêtre qui puisse s'ouvrir. On met par-des­sus les barreaux un rideau, et on applique sur le tout un châssis de bois couvert d'une toile noire si grosse et si épaisse que les Religieuses ne puissent voir au travers, parce qu'elles ne doivent pas plus voir qu'être vues. Ce châssis ouvre à deux volets, un de chaque côté, et ferme à clef. La Prieure garde la clef du châssis comme celle de la porte conventuelle.

5. L'usage défendant de rien passer par la grille, il y a ordinairement dans le parloir, pour passer des papiers d'affaires ou autres choses sem­blables, un tour très petit dont la Prieure garde la clef.

6.  Il n'y a jamais de cheminée dans le parloir ni du côté des Religieuses, ni du côté des séculiers ; cet usage a été établi par sainte Thérèse.

CHAPITRE XIX

Des confessionnaux et des parloirs ayant les mêmes grilles.

1. Les confessionnaux sont bâtis en forme de cellule; la partie du dehors est à peu près égale à celle du dedans; ces deux parties sont séparées l'une de l'autre par une muraille épaisse dans la­quelle on laisse, à environ 0m,75 ou 0m,80 du plan­cher, une ouverture de 65 centimètres carrés; on fait tout autour, au dedans et au dehors, une pente en biseau de 0m,07 ou de 0m,08, et on remplit le vide par une grille de 50 centimètres carrés qui se trouve ainsi enclavée au milieu de l'épaisseur de la muraille. Les trous de cette grille sont de 38 milli­mètres carrés comme ceux de la grille du parloir, mais on n'y met pas de pointes. On fixe derrière la grille, du côté des Religieuses, une plaque de fer- blanc de même grandeur, immobile, percée de pe­tits trous comme pour passer des grains de poivre, laissant autant de pleins que de vides pour donner passage à la voix. Cette plaque de fer-blanc, comme la grille, doit être fixée dans le mur de manière à ne pouvoir s'ouvrir; elle est couverte d'un rideau de toile noire du côté des Religieuses, et de plus, à 0m,050 ou 0m,075 de distance, on met un châssis de bois ne pouvant s'ouvrir et couvert d'une toile noire fort épaisse. Les accoudoirs et tout le tour de cette ouverture sont lambrissés et on place au-dessus quelque tableau qui excite à la pénitence.

2. Chaque monastère doit avoir au moins un de ces confessionnaux, près de l'église, pour les con­fessions des Religieuses; on peut avoir une ou deux autres pièces semblables, ayant le même usage que le parloir, mais dont la grille soit construite comme celle des confessionnaux.

 

CHAPITRE XX

Des tours.

1. Il est nécessaire, pour éviter la fréquente ou­verture de la porte, d'avoir deux tours : l'un d'eux s'appelle le grand tour, on y reçoit tous les mes­sages et les choses nécessaires au monastère; l'autre est celui de la sacristie, par lequel on passe les ornements de l'église et l'on dit aux ecclésias­tiques et au sacristain ce qui concerne le culte divin.

2. Le grand tour ne doit pas être posé dans un passage ni dans un lieu ouvert où les Religieuses puissent entendre ce que l'on y traite ; il faut au contraire qu'il soit entre deux petites pièces, l'une au dedans où les Religieuses n'entrent pas, l'autre au dehors où les séculiers ne puissent pénétrer sans y être introduits par les tourières.

3. On ne doit pas permettre qu'il y ait de che­minée, ni au dedans, ni au dehors, dans les cham­bres du grand tour.

4.  La hauteur de ce tour est de 1m,10 y compris l'épaisseur des deux planches en bas et en haut, et son diamètre de même mesure; la hauteur est sé­parée en croix par des planches faisant en deux étages huit compartiments égaux qui finissent en diminuant depuis la circonférence jusqu'au milieu; [ces huit compartiments peuvent cependant être les uns larges et peu élevés, les autres longs et étroits, ce qui permet de passer par le tour un plus grand nombre d'objets, sans laisser la place suffisante pour le passage d'une personne.] On ne doit jamais y souffrir de fentes par lesquelles on puisse tant soit peu voir ou être vu ; l'arbre qui fait le milieu a 0m, 16 de grosseur et est taillé à huit pans ; il a toute la hauteur du tour pour le rendre plus fort. L'ou­verture du mur pour les portes du dedans et du dehors ne peut excéder 0m, 53 à 0m, 38 de largeur, ni 1 mètre de hauteur, afin qu'on ne puisse voir ni par-dessus ni par-dessous; on peut lambrisser le bord de cette ouverture pour y attacher les vo­lets qui ferment le tour.

5.  Il faut toujours que ces volets soient fermés à clef des deux côtés, hors le temps qu'on y parle, et que la portière et la tourière du dehors portent leur clef sur elles.

6.  Le tour de la sacristie a 0m,90 de hauteur et à 0m,88 de diamètre ou de profondeur, car on ne met pas d'arbre au milieu; il est entouré de planches rondes qui le ferment tout autour à la ré­serve de 0m,50 de largeur. On y met à la hauteur de 0m,55 une séparation qui forme un second étage; sa largeur est aussi séparée en deux. [On peut y faire des divisions inégales, comme il a été indiqué pour le grand tour, en sorte qu'il suffise au besoin de la sacristie; on pourrait même don­ner à ce tour la hauteur du grand tour, pourvu que, par la disposition de divisions fixes, on rende impossible le passage d'une personne.] Les ouver­tures ont 0m,90 de hauteur et 0m,50 de largeur.

7. Les volets du tour de la sacristie doivent tou­jours être fermés à clef des deux côtés, comme ceux du grand tour. La sacristine porte sur elle la clef du dedans, le confesseur et le sacristain ont chacun une clef du dehors.

8. Ces deux tours doivent être de planches fortes et épaisses, si parfaitement jointes, comme on l'a dit plus haut, qu'on ne puisse voir ni passer quoi que ce soit de part ni d'autre. Hors du temps de l'usage, un crochet de fer doit les tenir perpétuel­lement arrêtés du côté des Religieuses.

 

CHAPITRE XXI

Des murs et de la porte de clôture.

1. Il est aisé de voir par les ordonnances de saint Jérôme que l'ancien usage de l'Église est d'entourer de murs élevés la clôture des monas­tères. Saint Charles, dans ses Synodes, prescrit que les murs de clôture aient au moins 7 mètres à mesurer du terrain du dehors et du dedans, et qu'on les fasse plus hauts encore si cela est néces­saire pour se préserver de la vue des séculiers. La coutume de l'Ordre est de leur donner environ 7m,00 de hauteur et au moins 0m,60 d'épaisseur,

proportionnellement à la hauteur et à la qualité des matériaux. Il faut que les murs soient assez solides pour qu'on ne puisse facilement y faire de brèche ni les abattre; on ne doit y laisser aucune fenêtre, ni même une fente, si petite qu'elle soit, qui ait vue sur le dehors.

2. On doit éviter autant que possible d'attacher aux murs de clôture aucun appentis ni autre bâti­ment, si bas qu'il soit, ni même de le placer plus près que 2m,50 à 3 mètres. Il ne faut pas non plus y mettre des treilles soutenues de perches ou d'au­tres choses, ni planter trop près de ces murs des arbres dont les branches puissent tant soit peu fa­ciliter l'entrée ou la sortie du monastère. S'il se trouve des choses semblables contre le mur de clô­ture du côté des voisins, il faut prier ceux-ci de les ôter, et s'ils refusent de le faire, s'adresser, si cela est possible, aux seigneurs des lieux et aux ma­gistrats ; mais pour éviter toute occasion de procès, il serait à propos que les monastères n'eussent pas de murs mitoyens et qu'ils les fissent faire à leurs frais.

3. S'il passe quelque ruisseau dans la clôture ou qu'il y naisse une fontaine dont les eaux doivent en sortir, il faut fermer l'entrée et la sortie avec une forte voûte ou conduit de près de 3 mètres de longueur, et proportionner la hauteur et la lar­geur à la quantité de l'eau. La voûte doit être fer­mée aux deux extrémités par une grille de bar­reaux de fer fort épais et pressés, bien scellés dans le mur et plantés profondément dans la terre. Il n'est pas nécessaire de mettre ces grilles lorsque le ruisseau ne passe que par un endroit de la clô­ture entièrement couvert d'une forte voûte, sans aucune ouverture ni fente, ou n'ayant, comme le permet saint Charles, que de petits trous pour faire passer l'eau dans la clôture. Lorsqu'on ne peut éviter que les éguiers (citernes contenant les eaux de ruissellement) aient leur décharge au de­hors, il faut y mettre des grilles à petites mailles et un conduit si long que l'on ne puisse voir ni du dehors au dedans, ni du dedans au dehors.

4. Il ne faut qu'une porte de clôture, haute de 5 mètres et large de 4 mètres, renforcée de dou­bles planches ou faite de planches ayant au moins 0m,075 d'épaisseur. Jules II, la Congrégation des Cardinaux et saint Charles ont ordonné que les planches soient si bien jointes qu'il n'y ait pas une fente par laquelle on puisse, ni d'un côté ni de l'autre, faire passer un simple papier. Il est néces­saire qu'on fasse, dans cette grande porte, une porte plus petite appelée guichet. Cette petite porte et la grande doivent toujours être fermées à deux clefs, dont l'une est gardée par la Prieure et l'autre par la portière.

La Congrégation des Cardinaux en la Visita­tion apostolique et saint Charles dans ses Conciles provinciaux ont ordonné, pour une plus grande sûreté, qu'il y ait, à 3m,50 ou 4 mètres en arrière de cette première porte, une seconde porte de pa­reille grandeur et munie de serrures qui ne s'ou­vrent qu'en même temps et pour les mêmes occa­sions que la première. L'Ordre a toujours observé cette précaution.

 

CHAPITRE XXII

Des règles à suivre pour les jours à donner au monastère.

1.  On ne doit faire aucune fenêtre qui ait vue sur le dehors, c'est-à-dire sur les rues et les autres en­droits où les séculiers peuvent aller; tous les jours se prennent sur la clôture. Si pourtant on ne pou­vait éclairer un dortoir ou autres lieux des étages les plus élevés qu'en prenant jour sur la cour de dehors, on pourrait le faire ; mais les ouvertures devraient être placées au plus haut de la pièce, contre le plafond, être faites en glacis, n'avoir que 0m,35 de hauteur et 0m,65 de largeur, et être gar­nies d'un treillis de fil de fer. Il faut toujours ob­server que ces jours ne peuvent se prendre que sur les cours de dehors et jamais sur les rues ni sur d'autres lieux.

2.  Il n'est pas permis aux Prieures d'avoir, sous prétexte de surveillance, aucune grille ni fenêtre qui donne sur la cour ou le logement des domes­tiques. L'avantage qu'on croit retirer de cette li­berté n'est pas comparable au mal qui peut en résulter, et ce serait s'écarter des règles et des conseils que les saints Pères donnent aux Reli­gieuses pour se conserver dans la pureté de leur état.

3.  Les étages d'en haut peuvent bien avoir vue sur la campagne, par-dessus les murs de clôture, mais il faut prendre garde que cette vue soit assez éloignée pour qu'on ne puisse reconnaître une per­sonne, ni l'entendre parler.

4.       Toutes les fenêtres qui donnent sur les cours et les jardins du monastère doivent être garnies de barreaux de fer, mais cela n'est pas nécessaire pour celles qui donnent sur le cloître.

5.      On doit aussi éviter, autant qu'il se peut, qu'aucune maison séculière n'ait vue sur le mo­nastère.

CHAPITRE XXIII

Du logement du confesseur et de celui des domestiques.

1. Il faut que le logement du confesseur soit absolument séparé du monastère et qu'il n'ait aucune porte du côté de la cour des tourières.

2. Le logement des tourières du dehors est atte­nant aux tours et aux parloirs; il ne doit y avoir aucune fenêtre qui regarde du monastère sur ce logement, ni de ce logement sur le monastère. S'il y a des chambres de la clôture qui soient au-des­sus ou au-dessous de celles où entrent les sécu­liers, il faut qu'elles en soient séparées par de fortes voûtes sans aucune ouverture, si petite qu'elle soit.

CHAPITRE XXIV

Des sentences à inscrire en divers lieux du monastère.

Il est d'usage dans notre Ordre d'inscrire sur les murailles, en divers endroits du monastère, des sentences tirées de l'Écriture sainte et des œuvres des saints. On le fait au chapitre, au noviciat, au réfectoire, au parloir, etc. On peut enfermer ces sentences dans des cartouches; elles doivent être appropriées à chaque lieu. On donne celles-ci comme indication.

POUR LE CHAPITRE

1.        Jésus-Christ a été obéissant jusqu'à la mort.

2.       Le Christ lui-même a souffert pour nous, afin de nous donner l'exemple.

3.       Les souffrances de la vie présente n'ont point de proportion avec cette gloire qui doit un    

           un jour éclater en nous.

4.      Le juste s'accuse toujours le premier.

5.       Mes bien-aimés, confessez vos fautes les uns aux autres.

6.       Je me rappellerai ma vie passée dans l'amer­tume de mon âme.

7.       Si nous ne faisons pénitence, nous tomberons aux mains du Seigneur.

8.       Souvenez-vous que nous méritons tous le châ­timent.

9.      Qui rejette la correction méprise son âme.

10.      Le patient souffre pour un temps, mais après, la joie lui sera rendue.

11.     Humilie ton cœur et souffre; prête l'oreille et reçois les paroles de la sagesse,

12.     Celui qui méprise la discipline est malheu­reux.

 

POUR LE NOVICIAT

1.        Bienheureux celui que vous instruirez, Sei­gneur, et à qui vous enseignerez votre loi.

2.        Bienheureux celui qui met sa volonté dans la loi du Seigneur et qui la médite jour et nuit.

3.       Ouvrez mes yeux, Seigneur, et je considére­rai les merveilles de votre loi.

4.        Que j'aime votre loi, Seigneur; elle est le su­jet de ma méditation le jour et la nuit.

5.        La loi du Seigneur est immaculée, elle con­vertit les âmes.

6.       Le témoignage du Seigneur est fidèle, il donne la sagesse aux petits.

7.        Seigneur, enseignez-moi la voie de vos pré­ceptes, faites-moi connaître le chemin dans lequel je dois marcher.

8.       Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il re­nonce à soi-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive.


POUR LE RÉFECTOIRE

1.        Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, parce qu'ils seront rassasiés.

2.        Celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura jamais soif, mais l'eau que je lui  

           donnerai deviendra en lui une fontaine d'eau jaillissante jusque dans la vie éternelle.

3.        L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.

4.       Je serai rassasié, Seigneur, lorsque votre gloire m'apparaîtra.

5.      Soit que je mange, ou que je boive, ou que je dorme, ou que je fasse quelqu'autre chose, j'ai toujours à mes oreilles la voix de la trompette disant : Levez-vous, morts, venez au  jugement.

6.       Ma nourriture est de faire la volonté de Celui qui m'a envoyé et d'accomplir son œuvre.

7.      Ils m'ont donné du fiel pour nourriture, et clans ma soif ils m'ont abreuvé de vinaigre.

8.      Je suis le pain de vie, celui qui me mange n'aura jamais faim, et celui qui croit en moi  n'aura jamais soif.

9.      Ma chair est vraiment nourriture et mon sang est vraiment breuvage.

10.      Je suis à la porte et je frappe; si quelqu'un m'ouvre, je souperai avec lui et lui avec moi.

11. Considérez la table du Ciel, et la nourriture qui est Dieu, et les conviés qui sont les Anges; élevez les yeux à cette table, désirant de vous y voir.

12. Ne vous inquiétez point disant : Que man­gerons-nous, que boirons-nous ou de quoi nous  vêtirons-nous? et ne cherchez pas à vous élever, car les gens du monde cherchent toutes  ces choses; mais plutôt cherchez le royaume de Dieu et sa jus­tice et toutes ces choses vous  seront données par surcroît.

13. Bienheureux celui qui mangera le pain au royaume de Dieu.

14. Il vous semblait que je mangeais et buvais avec vous, mais j'use d'une nourriture et d'un  breuvage que les hommes ne peuvent voir.

15. Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelqu'autre chose,  faites tout pour la gloire de Dieu.

POUR LE PARLOIR

1.  Vous serez justifiés ou condamnés par vos paroles.

2.  Vous rendrez compte au jour du jugement de chaque parole oiseuse que vous aurez dite.

3.  A parler beaucoup, il se fait toujours quelque faute.

4.  Si quelqu'un parle, que ce soit comme ayant les paroles de Dieu.

5.  Il n'y a que les parfaits qui se gardent d'of­fense en leurs paroles.

     6.  Qui garde sa bouche garde son âme.

POUR LE CHAUFFOIR

1. Réjouissez-vous toujours en Dieu.

2. Que ceux qui se réjouissent soient comme s'ils ne se réjouissaient point, et que ceux qui pleurent soient comme s'ils ne pleuraient point.

3. La vie religieuse garde le cœur et donne joie et allégresse.

4. Les amis de l'Époux peuvent-ils être dans le deuil tandis que l'Époux est avec eux?

5. Les plaisanteries dans le monde sont plai­santeries, mais en religion ce sont des blas­phèmes.

6. Que mon cœur se réjouisse pour craindre Dieu.

 


LIVRE SECOND

DES CHOSES QUI SERVENT AU CULTE


PREMIÈRE PARTIE

DE CE QUI SERT AU CULTE DANS L'EGLISE

CHAPITRE PREMIER

De l'ornement intérieur du tabernacle et de la décoration des autels de l'église.

1. L'intérieur du tabernacle, même la porte, doit être doublé d'une étoffe d'argent ou de soie blanche; on attache sur le fond avec des épingles une toile nette et bien blanche qui en couvre toute l'étendue, et l'on met sur cette toile le corporal bénit pour poser le saint ciboire. On étend aussi, dans la fenêtre où l'on expose le Saint-Sacrement à l'ora­toire, un corporal sur lequel on pose l'ostensoir.

2. On ne doit garder clans le tabernacle ni les saintes huiles, ni aucune relique, mais seulement le très Saint-Sacrement.

3. Les chapelains visitent chaque semaine le tabernacle pour le tenir parfaitement net, et veiller à ce que le corporal soit toujours bien placé.

4. On couvre l'autel fixe ou portatif d'une toile cirée. Selon la rubrique du missel (ch. xx), l'autel doit, pour la célébration de la Messe, être couvert de trois nappes blanches, bénites par l'Évêque ou par un prêtre qui en ait reçu de lui le pouvoir. Il faut que celle de dessus soit assez longue pour que, couvrant tout l'autel, elle retombe et touche la terre des deux côtés également. Les deux autres sont plus courtes, une pliée en deux peut suffire.

5. Ces trois nappes doivent avoir la même lar­geur que l'autel; elles ne sont nécessaires qu'aux autels auxquels on célèbre la sainte Messe; aux autres on peut n'en mettre qu'une.

6. Pour le parement d'autel, voyez le chapitre suivant.

7. La rubrique du missel veut que sur l'autel où l'on doit célébrer la Messe, il y ait un crucifix et deux chandeliers au moins avec leurs cierges; on met au pied de la croix la tablette des secrètes, et du côté de l'épître un coussin pour poser le missel. De ce même côté de l'épître, sur la crédence, on place un cierge pour l'élévation du Saint-Sacre­ment, une clochette, deux burettes de verre, une pour le vin, l'autre pour l'eau, un petit bassin et une serviette pour essuyer les mains.

8. La croix de l'autel pour la Messe doit porter l'image de Notre-Seigneur crucifié. Sa place est au milieu de l'autel.

9. On ôte cette croix quand le Saint-Sacrement est exposé sur l'autel.

10. Pour l'usage des chandeliers, voyez le cha­pitre viii de ce livre.

11. On choisit la tablette des secrètes bien cor­recte, complète et de gros caractères ; on met une autre tablette contenant les prières du Lavabo au côté de l'épître, et une troisième contenant l'Évan­gile de saint Jean du côté de l'évangile. Ces trois tablettes sont vulgairement appelées canons.

12. Le missel doit aussi être correct, de gros caractères et bien relié.

13. On pose ce missel sur un coussin de la cou­leur conforme aux parements et convenablement orné; ce coussin est long de 0m,40 à 0m,4o et large de 0m,30 à 0m,35 ; on le remplit ordinairement de crin. On remplace souvent ce coussin par un pu­pitre.

14. On tinte la clochette à la Messe suivant la rubrique du missel, et de plus, on tinte à l'éléva­tion la cloche du monastère, comme il sera dit plus loin.

15. La rubrique indique d'employer des burettes de verre plutôt que d'une autre matière, afin d'é­viter, grâce à la transparence du verre, que l'on ne confonde l'eau et le vin, ce qui exposerait à ce que le sacrifice fût nul; on peut cependant se ser­vir de burettes d'argent, mais il faut alors prendre de grandes précautions et mettre, en plus des indi­cations qui sont sur les couvercles, un ruban rouge à la burette qui contient le vin.

16. S'il n'y a pas une piscine destinée à recevoir l'eau dont le prêtre s'est servi au Lavabo, on pré­pare, en un lieu convenable, un vase pour la rece­voir.

17. On ne peut mettre sur la table même de l'autel, pendant la Messe, que ce qui sert au saint sacrifice; en dehors des Messes, on peut y placer des ornements, comme de petits tableaux, des vases et des fleurs; en aucun temps, on ne peut y poser la barrette Ou le mouchoir du prêtre.

18. On couvre la crédence d'une nappe blanche descendant jusqu'à terre de tous les côtés, même devant.

19. On place sur la crédence les burettes, le bassin, le manuterge, le cierge et la nappe pour la communion.

20. On pose le cierge pour l'élévation sur un grand chandelier près du marchepied de l'autel.

21. Après les Messes, le sacristain couvre les autels d'un tapis ou voile d'une étoffe convenable. On ne couvre pas l'autel lorsque le Saint-Sacrement est exposé, ni pendant une cérémonie de vêture ou quelqu'autre qui demande qu'il soit découvert.

22. L'autel de la chapelle de l'infirmerie est orné comme les autels de l'église.

 

CHAPITRE II

Des parements.

1. On applique à la partie antérieure de l'autel un parement nommé devant d'autel; sa couleur doit être en rapport avec l'office et la Messe du jour, selon l'usage de l'Église romaine qui emploie cinq couleurs : le blanc, le rouge, le vert, le violet et le noir. On se sert de ces diverses couleurs comme le marque la rubrique du missel.

2. Le parement doit être orné au milieu d'une croix ou d'une figure pieuse; il serait bien de ne pas y mettre des armoiries de famille. Il ne faut pas de figures au temps de la Passion.

3. Il convient de mettre une frange à la partie supérieure du parement, si cela ne nuit pas à son ornementation ; sa partie inférieure est cachée par la corniche qui doit la préserver. Il doit pouvoir se suspendre à un châssis de bois de même gran­deur que l'autel; ce châssis doit être caché sous l'étoffe et la tenir étendue. Il est permis, pendant le temps des Messes, de couvrir d'un voile, pour la garantir, la partie supérieure d'un parement pré­cieux.

4.  Il n'y a pas de bénédiction pour les pare­ments d'autel.

5.  On a soin de varier les parements selon la solennité et d'en mettre de plus beaux aux fêtes de première et de seconde classe, de médiocres aux dimanches et aux fêtes moins solennelles, enfin de moindres aux jours ordinaires. On se sert des parements les plus beaux lorsque le Saint-Sacrement est exposé et au reposoir du jeudi saint, lorsqu'un Évêque célèbre la Messe ou confère le sacrement de Confirmation dans l'église du mo­nastère, lorsqu'un prêtre dit sa première Messe, lorsqu'une Sœur reçoit l'habit ou le voile ou fait profession.

CHAPITRE III  

Des pavillons, dais, etc.

1. Le tabernacle, lorsqu'il renferme le Saint- Sacrement, doit être couvert d'un pavillon de soie ample et grand qui le cache tout entier, mais qui permette d'en ouvrir facilement la porte; le pa­villon doit être blanc, ou mieux de la couleur du jour, sauf les exceptions marquées au chapitre sui­vant.

2. On a dit au livre premier qu'on place un baldaquin au-dessus du grand autel. Si ce balda­quin est d'étoffe, on peut en faire les pentes de couleurs mêlées, pour avoir à les changer moins souvent; mais il est convenable, au moins aux fêtes, qu'elles soient de la couleur du jour. On peut faire peindre dans le fond une figure pieuse.

3. La grille de communion doit être garnie en tout temps, du côté de l'église, d'un dais avec des pentes et de deux rideaux tombant jusqu'au bas de la grille; on les change pour qu'ils soient tou­jours de même couleur que les parements de l'autel.

4. Pour la communion, on garnit la petite fenêtre d'une écharpe de taffetas de la couleur du parement de l'autel; toutefois si l'autel est couvert de noir, cette écharpe doit être violette; sa lon­gueur est à peu près de 1 m.20 et sa largeur de 0ra,60; on la fait pendre autant dehors que dedans.

5.  Lorsqu'il y a sermon, on orne la chaire d'un parement; si cette chaire est embellie de peintures ou d'autres ornements, on peut la couvrir hors les jours de prédication.

6. On couvre ordinairement d'un tapis le mar­chepied du grand autel; du moins il ne faut pas manquer de le faire quand le Saint-Sacrement est exposé ou qu'il y a solennité dans l'église.

CHAPITRE IV

Eclaircissement des rubriques du missel et du rituel sur l'usage des parements et des pavillons.

1. On change les couleurs des autels aux pre­mières Vêpres de la fête suivante; on ne pourrait s'en dispenser qu'en Carême si les Vêpres se réci­tant immédiatement après la célébration des Mes­ses, le temps manquait pour faire ce changement.

2.  Lorsque les Vêpres sont partagées entre l'office du jour et celui du lendemain, on pare l'autel de la couleur du suivant.

3.  Aux dimanches qui viennent dans les octaves, les ornements du prêtre et les parements de l'autel sont de la couleur de l'octave, excepté aux di­manches où l'on use de violet.

4.  Les parements des autels, pavillons de taber­nacle, chasubles, dalmatiques ou tuniques, étoles, manipules, coussins, bourses, voiles, chapes, cou­vertures de pupitre, rideaux, dais et parements de la communion, doivent être uniformes en couleur sauf les exceptions suivantes : 1° le pavillon du tabernacle et le taffetas de la communion sont de couleur violette lorsque les ornements sont de cou­leur noire; 2° lorsque la Messe n'est pas conforme à l'office, les parements de l'autel sont de la cou­leur convenable à l'office, et les ornements du célébrant de la couleur convenable à la Messe; 3° quand le Saint-Sacrement est exposé, le devant d'autel, le pavillon et le taffetas de communion sont toujours de couleur blanche, quoique les autres autels et les ornements du prêtre soient d'une autre couleur à raison du temps ou d'une fête; 4° pour les saluts du Saint-Sacrement, on se sert au grand autel de parements et d'ornements blancs quelle que soit la couleur du jour, mais on ne change pas la couleur des autres autels. Aux cérémonies de prise d'habit et de voile, on se sert du blanc, à moins qu'un dimanche ou une fête double n'exige une autre couleur.

5. La sacristine passe les ornements conve­nables à l'office suivant après la dernière Messe de l'église ou du grand autel, et le sacristain les met à l'autel le matin même, s'il est possible.

6. Quand il faut déparer les autels pour le len­demain, le sacristain ne le fait que le soir quand le peuple s'est retiré, après Vêpres et le sermon, on seulement après Complies si on les dit ensuite. A l'office des Morts, on ôte le parement noir après les Messes.

7. Malgré les diverses coutumes des diocèses ou s'en tiendra à l'usage romain, qui est de cou­vrir les croix de voiles violets sans aucune figure depuis le dimanche de la Passion jusqu'au ven­dredi saint après l'adoration de la croix; on fait de même pour les autres images, mais on ne les découvre que le samedi saint pendant le Gloria in excelsis.

CHAPITRE V

Des vases sacrés et de quelques autres.

1. Les Religieuses doivent suivre avec grand soin les règles de la sainte Église pour la matière, la forme, la consécration ou la bénédiction des vases sacrés. Elles n'oublieront pas que lorsque le calice a été rompu ou profané, ou que la coupe en a été redorée, il perd sa consécration et doit la recevoir de nouveau.

2.  Elles ne se contenteront pas de ce qui est absolument prescrit par l'Église pour les vases sacrés, comme d'avoir des calices et des ciboires dont la coupe seulement soit d'argent et dorée au dedans, et des ostensoirs dont la lunule seule soit d'argent doré; mais elles feront leur possible pour que ces vases sacrés soient entièrement d'or ou d'argent.

3. La sacristine ne peut toucher les vases sacrés les mains nues, à moins d'une permission spéciale [que l'on obtient ordinairement pour elle]. Elle doit les laver et les nettoyer de temps en temps, si les chapelains ne le font eux-mêmes, et ne les resserrer chaque jour qu'après en avoir soigneuse­ment enlevé la poussière. Elle met le calice et la patène séparément dans une enveloppe de toile et les renferme dans un étui où ils doivent être conservés.

     4.  L'ostensoir se garde aussi dans un étui.

5.  Il doit y avoir deux ciboires, l'un plus grand qui reste habituellement dans le tabernacle et ren­ferme les hosties pour la communion, l'autre plus petit qui puisse être porté pour la communion des malades. [Il est bon d'en avoir un troisième de grandeur suffisante pour contenir des hosties pour plusieurs jours, et de s'en servir alternativement avec le premier.]

6.  Outre ces vases sacrés, on doit avoir pour la communion des Religieuses une plaque d'ar­gent doré de la largeur de la fenêtre de commu­nion, et un peu plus longue que la table qui est du côté des Religieuses n'est large, afin qu'elle passe du côté du prêtre d'environ 0m,05. Elle a un petit rebord pour tenir les particules des hosties qui peuvent y tomber; il est convenable de mettre sur le devant un anneau par lequel le prêtre puisse l'emporter plus aisément. Elle doit être bénite de la bénédiction des ciboires.

7. Il faut encore avoir à la sacristie des encen­soirs avec la navette et la cuillère, des bénitiers et des aspersoirs, des aiguières et des bassins pour laver les mains des prêtres à la Messe et en diverses cérémonies.

8. On a aussi quelques vases de cuivre ou d'autre matière pour y laver et nettoyer les calices, les patènes et les ciboires, ainsi que pour y puri­fier et blanchir les corporaux, les pales et les puri­ficatoires. On tient ces vases à part, parfaitement nets, et on ne les emploie jamais à des usages profanes.

 

CHAPITRE VI  

Du linge de la sacristie.

1.  Pour les linges de l'église comme pour les vases sacrés, les sacristines se conformeront soigneuse­ment aux règles de la sainte Église, soit pour leurs tissus et leurs dimensions, soit pour les bénédictions qu'ils doivent recevoir.

2.  Les linges sacrés sont les nappes d'autel, les corporaux, les pales et les purificatoires. On les bénit, excepté les purificatoires.

3.  Les linges non sacrés sont les manuterges et les nappes de communion. On ne les bénit pas.

4.  L'amict, l'aube et le cordon font partie des vêtements sacrés. Ils doivent être bénits.

5.  On doit avoir encore à la sacristie des rochets avec les manches étroites pour lesÉvêques et les prélats, et des surplis avec les manches larges pour les autres ecclésiastiques et les clercs. Les rochets et les surplis ne sont pas bénits.

6.  La sacristine doit tenir tous ces linges avec une grande netteté, particulièrement les corpo­raux, les pales et les purificatoires; elle doit changer le linge aussi souvent qu'il est nécessaire, surtout ce qui se salit plus facilement, comme les amicts.

7.  Lorsque les linges bénits ont été blanchis, ils n'ont pas besoin de nouvelle bénédiction; mais s'ils ont été si déchirés ou raccommodés qu'ils aient perdu leur première forme, il faut les faire bénir de nouveau.

8.  La sacristine ne doit pas, sans une permission spéciale, toucher les mains nues aux corporaux, aux pales et aux purificatoires lorsqu'ils ont servi à l'autel; et comme les saints canons défendent aux femmes, même consacrées à Dieu, de purifier les linges sacrés, les Religieuses les feront passer à une première eau, avant de les blanchir, par une personne qui soit dans les ordres; ensuite elles pourront les manier jusqu'à ce qu'ils aient de nouveau servi à l'autel.

9. Il faut empeser les corporaux et les pales, mais on ne doit employer que de l'amidon pur sans mélange d'aucune couleur. Des diverses manières indiquées par les rubriques pour plier le corporal, la plus simple est d'en former neuf carrés égaux.

10. Il faut avoir encore à la sacristie divers autres linges, comme des essuie-mains pour les prêtres et des mouchoirs; ces linges peuvent se mettre à la lessive commune, mais tous les autres doivent être lavés à part.

 

CHAPITRE VII

Des ornements sacrés.

1. Les monastères auront des chasubles, étoles manipules, voiles de calice, bourses, dalma- tiques, tuniques et chapes de formes, étoffes et couleurs adoptées par la sainte Église. Tous ces vêtements doivent être bénits, cela pourtant est controversé pour la chape; si, en les réparant, on

leur fait perdre leur première forme, il faut les faire bénir de nouveau. Il faut encore des pavillons de couleur blanche et d'étoffe précieuse pour les ciboires; un voile huméral; un voile violet pour couvrir les saintes huiles, lorsqu'on les porte aux malades; des voiles violets, blancs et noirs pour couvrir les croix selon la rubrique pendant le temps de la Passion, le jeudi et le vendredi saints; des voiles blancs tissus de soie violette pour l'ado­ration de la croix le vendredi saint; enfin des écharpes ou couvertures de pupitre, des coussins et des tapis de diverses couleurs pour servir aux différents usages indiqués en ce Cérémonial.

2. Les prêtres se servent de ces ornements dans les circonstances marquées par les rubriques.

CHAPITRE VIII

Des lampes et des cierges.

1.  On entretient devant l'autel où repose le Saint- Sacrement une lampe qui brûle incessamment jour et nuit. La sacristine aura soin qu'on ne laisse pas cette lampe s'éteindre et qu'on n'y brûle que de l'huile d'olive; si l'on ne peut s'en procurer, on se sert autant que possible d'une huile végétale. On peut allumer des lampes aux autres chapelles devant les autels ou images des saints, si telle est la coutume du pays.

2.  Il est convenable d'avoir dans chaque sa­cristie plusieurs garnitures de chandeliers plus ou moins riches, pour les varier selon la solennité et selon les autels. Il faut aussi des chandeliers bas pour éclairer le célébrant, s'il en est besoin.

3. La sacristine entretient les diverses garni­tures de chandeliers avec une grande netteté, et, s'il y en a d'argent, elle les garde dans leurs étuis,

4. Au grand autel il n'y a pas moins de quatre chandeliers, ni plus de six, à moins de quelque cause extraordinaire, comme on le dira plus loin.

5.  On met de plus, au devant de cet autel, deux grands chandeliers assez éloignés pour qu'ils ne gênent pas les ministres qui servent à la Messe.

6. On pose sur la crédence un troisième flam­beau qui sert au moment de la communion pour accompagner le prêtre lorsqu'il porte l'Eucharistie aux Religieuses.

7. Sur les autres autels, on ne met que deux ou quatre chandeliers qui y restent toujours comme ornements, et sur le devant on n'en met qu'un seul.

8. L'usage de couvrir les chandeliers aux jours ordinaires n'est que toléré, , il est beaucoup plus régulier de ne pas le faire.

9. Au-dessous de la pointe de tous les chan­deliers, on met une plaque ronde de fer blanc ou jaune suivant la couleur des chandeliers, pour recevoir les gouttes de cire qui découlent du cierge.

10. Tous les chandeliers sont garnis de cierges de cire. On allume deux cierges sur l'autel à toutes les Messes basses. On en allume quatre aux Messes conventuelles des dimanches et des fêtes peu solennelles, et, en règle générale, à toutes les Messes chantées qui ne sont pas solennelles. On en allume six : 1° à la Messe conventuelle des fêtes de première classe et à celles de seconde classe qui ont octave; 2° aux Messes des Cardinaux, Nonces et Évêques; 3° aux Messes des chapelles le jour de leur solennité, s'il y a grand Concours; sinon on n'en allume que quatre; 4° aux bénédic­tions des Cierges, des Cendres et des Rameaux et aux Messes qui les suivent.

11. On allume deux gros cierges sur les chan­deliers au devant de l'autel avant la consécration jusqu'après la communion : 1° à toutes les Messes conventuelles; 2° aux Messes chantées; 3° aux Messes des Cardinaux, Nonces et Évêques. On allume seulement celui qui est du côté de l'épître aux Messes basses ordinaires; on allume de même celui des petits autels. On n'ôte jamais les cierges de ces chandeliers pour accompagner le prêtre lorsqu'il porte la communion aux Religieuses; on se sert à cet effet du troisième flambeau placé sur la crédence.

12. Il faut toujours tenir près d'un Évêque un bougeoir d'argent garni d'une bougie de cire. Si en temps sombre le prêtre qui célèbre a besoin de lumière, il faut lui donner un chandelier bas avec une bougie.

13. On allume quatre cierges au grand autel aux Vêpres des dimanches et aux premières et secondes Vêpres des fêtes de seconde classe qui n'ont pas d'octave; on en allume six aux premières et secondes Vêpres des fêtes de première classe et à celles de seconde classe qui ont octave.

14. Toutes les fois que le Saint-Sacrement est exposé à l'église, on allume sur l'autel dix cierges au moins; dans les monastères qui en ont le moyen, on en allume un plus grand nombre, au moins pendant la Messe conventuelle, l'exposition et la bénédiction. On allume de plus, pendant l'ex­position et la reposition, les deux cierges qui sont devant l'autel. On observera l'Instruction Clémen­tine autant que ce sera possible.

15. On n'allume pas moins de dix cierges au reposoir du jeudi saint; mais il est bon d'en aug­menter le nombre le plus possible, pour rendre plus d'honneur au Saint-Sacrement.

16. On se sert encore de cierges, en plus de ceux de l'autel, quand on transporte le Saint-Sacrement le matin du jeudi et du vendredi saints; on en fait aussi usage à l'office du samedi saint.

17. On allume six cierges de cire jaune sur le grand autel aux trois jours des Ténèbres pendant Matines et Laudes, et le vendredi saint pendant la Messe des Présanctifiés.

18. On garnit le triangle des Ténèbres de quinze cierges jaunes.

19. On emploie aussi les cierges jaunes pour les services des Morts; on en allume quatre ou six au grand autel suivant la solennité du service.

20. Pour allumer les cierges, le sacristain prend de la lumière à la lampe du Saint-Sacrement, à moins qu'il n'y ait déjà des lumières sur l'autel. Il allume d'abord le cierge le plus rapproché de la croix du côté de l'évangile, puis le cierge corres­pondant du côté de l'épître, et ainsi de suite. Pour éteindre, il suit l'ordre contraire, commençant par le cierge le plus éloigné de la croix du côté de l'épître, puis par le cierge correspondant du côté de l'évangile, et ainsi de suite. Après la Messe il n'éteint les cierges qu'après avoir reconduit le prêtre à la sacristie. Pour allumer et éteindre les cierges, on se sert d'une petite lumière et d'un éteignoir placés au bout d'une baguette.

CHAPITRE IX

De l'eau bénite.

1. La sacristine doit, chaque dimanche, faire bénir de l'eau en quantité suffisante pour l'usage de l'église et du monastère durant toute la semaine. A cette fin, elle passe le matin de l'eau et un peu de sel ; le prêtre qui doit célébrer ou le chapelain du monastère bénit cette eau avant la Messe con­ventuelle; on en porte à l'autel de l'église pour l'aspersion et on en passe une partie pour le monas­tère. . .

2.  On fait cette bénédiction, même au matin de Pâques et de la Pentecôte, puisqu'il n'y a pas eu la veille, dans les monastères, la bénédiction des fonts.

3.  Le sacristain tient les bénitiers de 1’église toujours pleins d'eau bénite; il y met chaque di­manche de l'eau nouvellement bénite; il a soin à cet effet d'enlever d'abord avec une éponge celle qui reste et de la jeter dans la piscine, puis de bien nettoyer le bénitier.

 

CHAPITRE X

Des tableaux.

1.      D'après la recommandation du saint concile de Trente, on met dans l'église du monastère des tableaux de Notre-Seigneur, de la sainte Vierge el des saints. On doit particulièrement en placer au-dessus des autels et les entourer de corniches de bois ou de marbre. Ces tableaux doivent être propres à exciter la piété et n'avoir rien de pro­fane ni d'inconvenant.

2.       La sacristine fait souvent nettoyer les ta­bleaux de l'église; elle peut même les faire couvrir aux jours de la semaine, pourtant il est mieux de ne le faire qu'au temps de la Passion où l'Église le prescrit.

 

CHAPITRE XI

De quelques devoirs de la sacristine.

1. La sacristine a quelques fonctions à remplir dans la plupart des cérémonies et dans plusieurs actions saintes de la vie religieuse, comme la confession et la communion des Sœurs. Elle a aussi quelques obligations spéciales relatives à la clôture. Ces diverses obligations lui seront indi­quées dans les chapitres qui traitent de ces ma­tières, comme celles qui concernent le service de l'église ont été marquées dans les chapitres pré­cédents; nous nous bornerons donc à réunir ici quelques devoirs qui lui sont particuliers, et dont nous n'aurions pas occasion de parler dans le cours de ce Cérémonial.

2. La sacristine a soin qu'il y ait toujours à la sacristie des pains d'autel faits par l'un des cha­pelains ou par les Religieuses, mais jamais par des mains laïques. Ils doivent être de farine de fleur de froment, sans tache ni rupture; on les garde après qu'ils sont coupés dans un lieu sec, on les renouvelle de quinze en quinze jours, et on les nettoie des fragments avant de les donner pour le saint sacrifice. On les passe au célébrant dans des boîtes doublées de toile blanche, si elles ne sont d'argent.

3.  Si, après la Messe, il est resté quelque par­celle sur la patène, la sacristine prie le prêtre de la reprendre; s'il a déjà quitté l'église, elle fait tomber la parcelle dans le corporal, sans y toucher, et l'y laisse jusqu'au lendemain.

4. Lorsqu'on rapporte de l'autel les purifica­toires encore mouillés, elle les met à l'air pour leur enlever toute humidité.

5.  Aux grandes fêtes et lorsque le Saint-Sacre­ment est exposé, elle fait brûler des parfums dans des cassolettes, dans l'église et dans le chœur des Religieuses; elle les renouvelle de temps en temps, principalement aux Messes et à l'office, et plus spécialement encore à la Messe conventuelle au moment de la communion, et aux Vêpres. Cela remplace l'encens que l'on donne aux autres églises.

6.  Elle tient toujours des sachets de senteur sur la petite table de la grille de communion près du volet.

7.  Quoiqu'on puisse mélanger les parfums de divers ingrédients, on emploie cependant aux en­censements de l'autel plus d'encens que d'autre matière.

8.  La sacristine rappelle aux chapelains de net­toyer le tabernacle chaque semaine; elle-même doit être très propre en tout ce qui concerne l'autel.

9.  Elle fournit au sacristain une soutane et un rochet pour servir la Messe conventuelle.

10. Par respect pour les vêtements sacrés et pour leur conservation, on garnit d'une nappe (sous laquelle on peut mettre un tapis) les tables sur lesquelles on les étend. La sacristine garnit aussi de papier ou de toile les armoires et les planches de la sacristie, afin que ce qu'on y pose ne soit pas endommagé.

 

 

DEUXIÈME PARTIE                

DE CE QUI SERT AU CULTE DANS LE MONASTÈRE

CHAPITRE XII

De la décoration des autels du monastère et des tableaux.

1. On place un autel devant l'arcade où l'on expose le Saint-Sacrement à l'oratoire; en tout temps on couvre cet autel de deux nappes, ou d'une seule pliée en deux, et d'un parement blanc ; lorsque le Saint-Sacrement est exposé, on y met plusieurs chandeliers et quelques vases de fleurs, et aux autres temps un crucifix et deux chande­liers avec leurs cierges.

2. On garnit l'autel du chœur d'une nappe pen­dant jusqu'à terre et d'un parement de la couleur de l'office du jour ; on met sur le gradin un cru­cifix et deux ou quatre chandeliers.

3. Sur les autels du chapitre, du noviciat et des ermitages, on met un crucifix et deux chandeliers.

4.       Il est bon de mettre à tous les autels une nappe de dessous pour conserver celle de dessus.

5.       On ne doit pas mettre d'or ni d'argent aux parements des autels du monastère, excepté à celui de l'oratoire du Saint-Sacrement.

6.    On a déjà dit au livre premier que l'oratoire peut être garni de tableaux, et qu'on applique un tableau ou une statue contre le mur au-dessus de tous les autres autels; qu'on en met un à l'avant- chœur, entre les deux portes du chœur, et aussi à la tête du réfectoire, au-dessus du lambris; on peut encore en mettre d'autres au chœur, à l'avant- chœur, aux ermitages et aux autres lieux publics. Chaque Sœur peut avoir dans sa cellule un tableau d'environ 0m,30 à 0m,35 pour ranimer sa dévotion en le contemplant.

CHAPITRE XIII

Des cierges et autres luminaires.

1. Lorsque le Saint-Sacrement est exposé à l'oratoire, on y allume au moins six cierges de cire.

2. On allume quatre cierges de cire blanche sur l'autel du chœur pendant les premières et les secondes Vêpres, les Matines et les Laudes des fêtes de première classe, ainsi qu'aux prises d'habit et de voile. A la Commémoration des Morts et aux enterrements des Sœurs, on allume quatre cierges de cire jaune.

3. A toutes les processions, on porte un cierge de chaque côté de la croix ; de plus les Sœurs por­tent des cierges au grand Salve des samedis, à la lecture du Martyrologe de la veille de Noël à la procession de la Chandeleur, aux prises d'habit, professions, prises de voile, à la communion des malades, aux enterrements des Sœurs et à ceux des séculiers. On se sert encore de cierges lorsqu'on reçoit, qu'on expose ou qu'on porte en pro­cession des reliques. On en met aussi aux repré­sentations des Morts.

4. On ne se sert au chœur pour dire l'office que de chandelles de suif [ou d'un autre éclairage pau­vre]. On pose les chandelles sur des chandeliers portatifs de bois tout uni et ayant au sommet une plaque de fer-blanc. Ces chandeliers ont environ lm,20 de hauteur.

5.  On dispose ces chandeliers de chaque côté du chœur à Matines, pour qu'il y en ait un pour éclairer quatre Religieuses; on peut diminuer ce nombre aux Heures du matin et à Complies; mais il y a toujours au milieu du chœur un chandelier avec une chandelle plus grosse que les autres pour l'usage de la semainière, des lectrices et des au­tres officières.

6. On désigne sur la table des officières du chœur, de semaine en semaine, ou plus rarement si la Prieure le trouve mieux, une Sœur pour prendre soin de ces luminaires. Avant l'oraison du soir, elle apporte les chandeliers dans un coin de l'avant-chœur; avant l'office elle les porte au chœur, et après l'office elle les rapporte à l'endroit où elle les garde. Elle les nettoie tous les jours, ainsi que la plaque et les mouchettes.

7.  Cette même Sœur a aussi la charge de tous les autres luminaires qui servent à la Communauté; elle met au milieu du réfectoire, et dans sa lon­gueur, deux ou trois chandeliers semblables à ceux du chœur; pour la récréation elle n'en met jamais plus de trois, qui ont environ 0m,75 de hauteur.

8. Elle a soin que le chemin soit éclairé lorsque la Communauté va le soir d'un exercice à un au­tre, comme de l'oraison au réfectoire, et de la ré­création à Complies.

9. Aussitôt que la nuit commence, c'est-à-dire en hiver à peu près à quatre heures et demie, elle allume une lanterne et la met sur un chandelier dans un coin du chœur; au moment de Complies elle la transporte à l'avant-chœur et la remet au chœur après Complies. Quand neuf heures son­nent, elle la rapporte à l'avant-chœur et l'éteint. Elle l'allume encore le matin pendant l'oraison.

10. On suspend au milieu du dortoir, soit au moyen d'une poulie, soit autrement, une lanterne avec une lampe assez grosse pour brûler treize ou quatorze heures de suite sans qu'il soit besoin d'y remettre d'huile. On l'allume à l'entrée de la nuit et on ne l'éteint qu'au jour.

 

CHAPITRE XIV

Des bénitiers.

1. On met des bénitiers dans tous les lieux pu­blics du monastère, tels que l'avant-chœur, le chœur, le réfectoire, le chapitre, les ermitages, le dortoir et autres. On en met aux quatre coins

des cloîtres. On a un bénitier de cuivre pour le chœur.Il faut aussi mettre un bénitier dans chaque cellule. Les Religieuse» doivent faire usage de l’eau benite avec respect et prendre garde de ne pas en répandre à terre. Après en avoir pris, elles s'en mettent sur le front en forme de croix.

3.  Lorsqu'elles entrent en cérémonie au réfec­toire, celle qui est du côté du bénitier prend de l'eau bénite et en donne à sa compagne, et elles se font mutuellement une demi-inclination.

4.  On donne de semaine en semaine le soin des bénitiers à une Sœur nommée à la table des offices du chœur. Cette Sœur retire l'eau des bénitiers à la fin de la semaine et la fait jeter dans la piscine.

 

CHAPITRE XV

De l'usage de la grille du chœur.

1. Il n'y a jamais qu'une clef au châssis de la grille ; cette clef est gardée par la Prieure, qui la remet à la Sous-Prieure ou, en son absence, à la sacristine, lorsqu'elle ne peut elle-même ouvrir le châssis.

2.  Le châssis ne s'ouvre que pour la Messe, les sermons, [les saluts], lorsque le Saint-Sacrement est exposé, aux élections, aux prises d'habit et de voile, lorsqu'une Religieuse défunte est exposée au chœur, et enfin aux enterrements.

3.  On n'ouvre que les volets du bas pour la Messe et les sermons.

4.  On ouvre ces volets aux Messes basses depuis le commencement et aux Messes chantées depuis l'offertoire. On laisse pendre le rideau de toile entre le châssis et les barreaux ; toutefois si les Re­ligieuses ne peuvent être vues des séculiers, on le lève avant la consécration et on ne le rabaisse qu'au Pater. Les volets des fenêtres du chœur doi­vent être fermés avant qu'on n'ouvre le châssis.

5. [On ouvre le châssis pour le salut comme pour la Messe, mais on ne lève jamais le rideau.]

6. On lève le rideau pour les sermons et lorsque le Saint-Sacrement est exposé.

7. On n'ouvre les barreaux de bois qu'aux élec­tions, aux prises d'habit et de voile, lorsqu'une dé­funte est exposée au chœur, et aux enterrements.

8. Les novices ne s'approchent jamais de la grille plus près qu'un mètre quand elle est fer­mée, et que quatre mètres quand elle est ouverte. Les professes ne s'en approchent qu'à un pied lorsqu'elle est fermée, et à trois ou quatre pieds lorsqu'elle est ouverte. Lorsque le rideau est ou­vert, les Sœurs doivent être couvertes de leurs voiles, excepté pour la consécration de la Messe et lorsque le Saint-Sacrement est exposé, parce qu'a­lors les fenêtres du chœur sont fermées.

CHAPITRE XVI

De l'usage des cloches.

1. Chaque monastère doit avoir, comme il a été dit, deux cloches de grosseur inégale : la plus grosse sert à sonner en branle et la plus petite à tinter, si le contraire n'est marqué. [11 est d'ancien usage dans l'Ordre de sonner les deux cloches en branle et à la fois aux grandes fêtes et dans quel­ques circonstances solennelles.]

2. Pour qu'il y ait uniformité entre tous les mo­nastères dans l'usage des cloches, la Sous-Prieure aura soin qu'on observe exactement les règles sui­vantes :

§ Ier. — MESSES, OFFICES, PROCESSIONS, SERMONS.

1. Pour la Messe conventuelle on sonne trois coups de la longueur d'un Miserere, les deux premiers en branle à un demi-quart d'heure l'un de l'autre, le troisième tinté deux Miserere après le second coup.

2. On tinte pour la Messe des infirmes après les Heures pendant un Miserere, et pour toutes les au­tres Messes basses pendant un De profundis dit posément.

3. Quand un prêtre dit sa première Messe, quoique ce soit sans solennité et que ce ne soit pas la Messe conventuelle, on sonne une fois en branle.

4. On tinte, mais avec la grosse cloche, au mo­ment de l'élévation de la Messe conventuelle et de celle des infirmes après les Heures.

5. Le jeudi saint et la veille de Pâques et de la Pentecôte, on sonne en branle pendant tout le Gloria in excelsis, après que le prêtre en a en­tonné les premiers mots.

6. Aux jours ordinaires on sonne deux coups pour toutes les Heures de l'office, le premier en branle pendant un Miserere, le second tinté pen­dant un De profundis; on laisse deux Miserere d'intervalle entre ces deux coups.

7.  Il faut excepter de cette règle les Laudes qu'on ne sonne pas, parce qu'on les dit à la suite des Matines, et les Complies pour lesquelles, soit qu'on les chante, soit qu'on les récite, on ne fait que tinter durant un De profundis ou comptant trente coups, comme il sera indiqué plus loin.

8.  On sonne la grosse cloche pendant tout le Te Deum.

9. Le premier coup de la Messe sert pour None aux jours fériaux où l'on récite le petit office de la sainte Vierge ; [mais alors on peut avancer ce pre­mier coup de telle sorte qu'il y ait entre les deux coups un intervalle suffisant pour réciter l'office].

10. Aux fêtes de première classe et à celles de seconde classe qui ont octave, on sonne trois coups pour Matines et pour Vêpres, les deux premiers en branle et le dernier tinté. On donne à chacun de ces coups la longueur d'un Miserere et on laisse le même intervalle de l'un à l'autre. On suit la coutume des jours ordinaires pour les autres Heures, excepté pour None, que l'on commence au premier coup de la Messe toutes les fois qu'on chante cette partie de l'office, hors le jour de l'As­cension. [On peut avancer alors ce premier coup, comme il a été dit plus haut.]

11. Certains jours de l'année demandent quel­ques règles particulières.

12. Aux Vêpres des derniers jours de l'Avent on sonne la grosse cloche pendant les antiennes appelées 0 et le Magnificat ; si l'on ne fait que mémoire de la férie, on sonne seulement pendant 1’antienne, le verset et l'oraison.

13. La nuit de Noël, on sonne les trois coups de Matines à égale distance, commençant à neuf heures un quart et terminant à neuf heures et demie. Le coup du Te Deum sert pour la Messe, puis on tinte de manière à ce que le célébrant ne commence pas avant minuit. Le matin de ce même jour, le coup ordinaire de l’Angélus et de l'oraison sert pour Prime qui se dit alors, et vers la fin de Prime on tinte pour la Messe de l'aurore, après laquelle on sonne pour Tierce et Sexte les coups accoutumés.

14. En Carême, quoi qu'on dise Vêpres à onze heures, on les sonne en la manière ordinaire ; mais aux jours fériaux auxquels on dit l'office de la sainte Vierge, on tinte sept ou huit coups un quart d'heure avant onze heures pour en dire les Vêpres, pendant lesquelles on sonne celles du jour, en sorte que les deux coups soient finis quand les grandes Vêpres commencent.

15. Le mercredi saint, à quatre heures moins un quart, on tinte l'espace d'un De profundis pour Complies, pendant lesquelles on sonne pour les Ténèbres les trois coups accoutumés aux Matines solennelles. Le soir, à huit heures et demie, on tinte pour la discipline.

16. Le jeudi saint, on sonne Prime et la Grand' Messe à l'heure et à la manière ordinaires ; à cette Messe, on sonne pendant le Gloria in excelsis, comme il a été dit plus haut, et ensuite on ne se sert plus des cloches jusqu'au Gloria in excelsis du samedi saint, mais de la matraque dont on parlera plus loin. Après la procession du Saint- Sacrement qui suit la Messe, on frappe un coup de la matraque pour Vêpres; à deux heures de l'après-midi, un coup pour le lavement des pieds; à quatre heures un coup pour Complies, et à la fin de Complies un autre coup pour les Ténèbres; le soir à neuf heures, on frappe un coup pour la dis­cipline.

17. Le vendredi saint, on frappe un coup à cinq heures du matin pour Prime, [un second coup à la fin de Prime pour le chapitre], et un troisième après le chapitre pour les autres Heures. A dix heures, on frappe deux coups avec les intervalles ordinaires aux Messes pour annoncer le service, et après la post-communion un coup pour Vêpres. On frappe pour Complies et Ténèbres à la même heure et de la même façon que le jeudi saint; le soir on frappe à huit heures et demie pour la dis­cipline.

18. Le samedi saint, on frappe la matraque à l'heure ordinaire pour Prime, et à la fin des Heures on frappe deux coups pour le service, lais­sant entre ces deux coups un demi-quart d'heure d'intervalle. On sonne les cloches pendant le Glo­ria in excelsis comme le jeudi saint, mais on ne sonne pas pour Vêpres. A quatre heures, on tinte l'espace d'un De profundis pour Complies.

19.  Le jour de Pâques, à trois heures du matin, on sonne Matines à la manière accoutumée aux jours solennels ; on sonne le Te Deum, la Messe basse et l’Angélus comme à l'ordinaire, mais rien de particulier pour Prime; le dernier coup de la procession sert pour annoncer les autres Heures.

20. Le jour de l'Ascension, à une heure de l'après-midi, on sonne pour None avec la grosse cloche l'espace d'un Miserere.

21. La veille de la Pentecôte, les coups de la Messe servent pour les prophéties. On sonne pen­dant le Gloria in excelsis comme le jeudi saint.

22. Aux offices des Morts solennels, on sonne l'a grosse cloche pendant les Vêpres, les psaumes du premier Nocturne des vigiles, le grand Libéra et toutes les Laudes. [Il est d'usage de sonner alors par coups entrecoupés, puis en branle avec les in­tervalles indiqués plus loin pour le décès d'une Sœur.] Aux vigiles doubles et semi-doubles, on sonne pendant le Libéra qui suit la dernière leçon et pendant celui qui se chante après la Messe.

23. A toutes les processions d'obligation, on sonne en branle l'espace d'un Miserere, la pre­mière fois au commencement de la procession quand les Religieuses sortent du chœur, la seconde à la fin lorsqu'elles y retournent. On observe la même chose aux processions qui viennent du de­hors en dévotion aux églises des monastères, son­nant une fois à leur entrée et l'autre à leur sortie.

24. Pour la procession qui se fait à l'issue de la Messe des Morts, le jour de leur Commémoration, on sonne la grosse cloche sans s'arrêter pendant toute sa durée; à la procession qui se fait toutes les semaines pour les défunts, on la sonne à chaque station durant les répons jusqu'au Pater et pen­dant le De profundis qui se dit à la fin.

25. Pour les sermons, on tinte depuis le com­mencement de l'hymne de Vêpres (ou à Pâques de­puis la fin du psaume In exitu Israël de Egypto)

jusqu'à la fin de la dernière oraison de l'office, et, après avoir laissé un Miserere d'intervalle, on tinte une seconde fois l'espace d'un De profundis. [On peut se borner à tinter l'espace d'un Miserere un peu avant le sermon, excepté aux jours solen­nels où on l'annonce par une volée.] En Carême, on sonne le sermon de la même façon un quart d'heure avant de le commencer; aux prises d'habit et de voile on ne le sonne pas.

§ II – ANGELUS, ORAISON, RÉCRÉATION, ETC.

1. Pour l’Angélus, on tinte par trois fois trois coups de la grosse cloche, laissant entre ces trois fois l'espace d'un Ave Maria, puis on sonne en branle pendant un De profundis. On sonne l'An­gélus du matin avant l'oraison, le second à midi et le troisième à la fin de l'oraison du soir.

2. Pour l'oraison du matin, après avoir sonné l'Angélus, on sonne la grosse cloche pendant deux Miserere; pour l'oraison du soir, on ne la sonne que pendant un Miserere.

3. Pour la fin des deux récréations et de l'heure de leçon à trois heures, le commencement du si­lence après Complies, l'examen du soir et la retraite après Matines, on sonne trente coups de la petite cloche.

4. Les coups de la fin de la récréation du soir servent aussi pour annoncer les Complies. Lors­qu'on chante Complies, on les annonce également par trente coups.

5. [On sonne douze ou quinze coups après Prime pour indiquer la fin du grand silence.]

6. On sonne par deux fois douze coups de la petite cloche, laissant l'espace d'un Ave Maria entre les deux fois, lorsqu'on veut assembler la Communauté pour quelque exhortation au parloir, pour la bénédiction d'un Évêque, pour l'annonce de la Visite du monastère et des futures élections ainsi que pour tirer les voix, pour l'administration du saint Viatique ou de l'Extrême-Onction, enfin en d'autres occasions où la Prieure le jugera néces­saire.

§ III. — PROFESSIONS, ENTERREMENTS, ETC.

1. Aux jours de profession, on sonne la grosse cloche pendant le Te Deum, après que la novice a prononcé ses vœux.

2. Pour appeler les Sœurs à faire les prières de l'agonie pendant le jour, on tinte deux fois cinq ou six coups, laissant entre les deux fois l'espace d'un Ave Maria; pendant la nuit, on avertit les Sœurs par la matraque.

3. Lorsqu'une Religieuse vient d'expirer, on tinte par trois fois un seul coup de la grosse cloche, et, après un moment d'interruption, on sonne en branle pendant un Miserere à trois reprises diffé­rentes, laissant entre les trois fois l'espace du même psaume.

4. Lorsqu'on porte la défunte de l'infirmerie au chœur et du chœur à la sépulture, on sonne la grosse cloche, ce qu'on fait encore pendant toute la cérémonie qui se fait autour de la sépulture.

5. Si l'on enterre dans l'église du monastère, on sonne la grosse cloche d'abord à l'entrée du corps à l'église; puis deux autres fois pendant l'office de la sépulture durant un De profundis, laissant l'es­pace du même psaume entre les deux fois; enfin pendant qu'on met le corps dans la sépulture jus­qu'à ce que l'enterrement soit achevé.

§ IV – DU TIMBRE ET DE LA MATRAQUE.

1. Outre les deux cloches dont on vient de par­ler, il doit y en avoir une autre appelée timbre, que l'on suspend dans un lieu un peu éminent et com­mode d'où elle puisse être facilement entendue par tout le couvent. Ce timbre sert à sonner l'exa­men du matin, le réfectoire, le chapitre, quelques assemblées particulières des vocales, et aussi à appeler les officières et autres Religieuses du monastère.

2. Pour le chapitre, on sonne trois fois trois coups doubles, laissant entre ces trois fois l'espace d'un Ave Maria; mais si l'on ne veut assembler que les vocales, on ne sonne que deux fois trois coups doubles.

3. Pour l'examen avant dîner, on sonne douze coups doubles qui servent aussi pour le réfectoire ; on en sonne autant après l’Angélus du soir pour le souper ou la collation.

4. On place auprès du timbre une tablette con­tenant les noms des Sœurs et le nombre de coups par lequel chacune d'elles doit être appelée.

5. Pour servir de signal aux Sœurs, on se sert encore de la matraque; on appelle ainsi une planche fort épaisse ayant de chaque côté deux boucles de fer se mouvant horizontalement, et

au sommet une poignée par laquelle on l'agite.

6.  On se sert de la matraque pour éveiller les Sœurs; on la passe dans le dortoir le matin, un quart d'heure avant l'Angélus, puis à la fin du silence de midi.

7.  On se sert encore de la matraque dans les autres circonstances marquées dans ce chapitre, c'est-à-dire, pour remplacer les cloches depuis le Gloria in excelsis du jeudi saint jusqu'à celui du samedi saint, et pour appeler les Sœurs lorsqu'on doit la nuit faire les prières de l'agonie ou donner le saint Viatique et l'Extrême-Onction.

 

LIVRE TROISIEME

de l'office divin


CHAPITRE PREMIER

De l'heure de l'office divin.

1. Les Constitutions ordonnent de dire Matines après neuf heures, et non auparavant, ni tant après que l'on ne puisse sortir du chœur vers onze heures, peu plus ou moins. Ceci ne s'entend pas de la nuit de Noël où l'on commence les Matines à neuf heures et demie, réservant Laudes pour les chanter immé­diatement après la Messe de minuit. On excepte aussi de cette règle les trois derniers jours de la semaine sainte où l'on chante les Ténèbres à qua­tre heures et demie ou un peu auparavant, et enfin le dimanche de la Résurrection de Notre-Seigneur où l'on chante Matines et Laudes à trois heures du matin.

2. On dit Vêpres en tout temps au coup de deux heures, comme les Constitutions l'ordonnent, à la réserve seulement du Carême où elles prescrivent de les dire le matin avant le dîner, selon l'ordre et la coutume de l'Église; en ce temps, on les com­mence à onze heures, et si l'on devait dire aupa­ravant les Vêpres du petit office de la sainte Vierge, on commencerait un quart d'heure plus tôt.

3. Le jour de la Commémoration des défunts, on dit les Vêpres des Morts après celles du jour et les Matines après celles du grand office. Aux autres jours où l'on doit dire l'office des Morts, on le récite tout entier après les Vêpres du jour pendant l'an­née, et à deux heures en Carême.

4. Prime se dit immédiatement après l'oraison du matin, et si la Prieure le trouve bon, on dira encore les autres Heures tout de suite ; sinon on en laissera une ou deux que l'on dira avant la Messe, en sorte qu'avant la Messe elles soient toutes dites. Telle est la règle des Constitutions; elle souffre néanmoins quelques exceptions à cause de la sin­gularité de certains jours, comme de Noël, du vendredi saint, de Pâques et de l'Ascension, ainsi qu'il est prescrit aux cérémonies de ces fêtes. Selon la liberté que donnent les Constitutions de différer quelques-unes des Heures pour les dire immédiate­ment avant la Messe, on réserve None pour cette heure-là toutes les fois qu'elle doit être chantée, commençant cette Heure de l'office au premier coup de la Messe [qu'on peut sonner alors un peu plus tôt]. On dit None en ce même temps aux fêtes sim­ples et aux jours de férié où l'on dit le petit office de la sainte Vierge.

5. Les Constitutions permettent d'une part de se récréer une heure après le repas, et ordonnent de l'autre que l'on dise Complies en tout temps après le souper ou la collation, afin de garder le silence ensuite. Cela donne à entendre qu'on doit dire Com­plies après la récréation et terminer celle-ci à sept heures et demie ou, quand il n'est pas jeûne, un peu après. [L'usage le plus général est de sonner la fin de la récréation toujours à la même heure, c'est-à-dire de manière à commencer les Complies à huit heures moins un quart.] Cependant, lorsqu'on doit dire les Complies et les Matines du petit office de la sainte Vierge, on sonne la fin de la récréation à sept heures [ou sept heures un quart], à moins qu'on n'ait chanté les Complies du grand office. Lorsqu'on doit les chanter, on le fait [avant ou] après le sermon, s'il y en a ; sinon à quatre heures et demie.

CHAPITRE II

De l'usage des manteaux, des grands voiles et des livres.

1. Lorsque les Religieuses doivent porter les manteaux, elles les mettent avant d'entrer à l'avant-chœur, et si l'une d'elles avait oublié de s'en revê­tir, elle n'entrerait pas au chœur avec les autres.

2. Les Religieuses portent les manteaux à toutes les Grand ‘Messes chantées, excepté à celles des défunts qui ne sont pas solennelles.

3. Aux Messes basses auxquelles elles commu­nient, elles emportent les manteaux au chœur et s'en revêtent après l'offertoire.

4. Aux Messes chantées où l'on ne doit point porter les manteaux et où la Communauté ne com­munie pas, les Religieuses qui auraient communié les quitteraient pour chanter la post-communion et paraître conformes au reste du chœur.

5. Elles portent les manteaux aux Heures cano­niales des fêtes de première classe, de celles de

seconde classe qui ont octave, des fêtes de la sainte Trinité, de la Circoncision de Notre-Seigneur, des trois derniers jours de la semaine sainte, à partir des Ténèbres du mercredi ; enfin à tout l'office des Morts le jour de leur grande Commémoration. Il faut remarquer qu'on porte les manteaux aux fêtes et non aux dimanches de première classe. On ne les porte jamais à Complies.

6. Les Religieuses portent encore les manteaux à Prime la veille de Noël, à la bénédiction des Cierges, des Cendres et des Rameaux, au lave­ment des pieds le jeudi saint, à l'office et à la Messe le vendredi saint, aux prophéties et à la Messe de la veille de Pâques et de la Pentecôte, au grand Salve Regina des samedis, aux processions d'obligation que l'on chante marquées au Manuel, aux sermons, aux vêtures, professions et imposi­tions du voile des Religieuses, au chapitre, à la Visite, aux élections, à la réception d'une relique, d'un Evêque, d'une Prieure élue hors de la maison, à la réception solennelle du Visiteur et du roi ou de la reine, à la Confirmation d'une postulante ou d'une novice.

7.  Elles en sont revêtues lorsqu'elles assistent à la communion des malades et à l'administration de l'Extrême-Onction, lorsqu'on porte une défunte au chœur et qu'on l'y garde, aux enterrements des Religieuses et à tous les offices des Morts quand le corps est présent, au premier que l'on dit pour le Supérieur et pour la propre Prieure, enfin à celui des Visiteurs et des propres fondateurs ou fonda­trices.

8. Les Religieuses portent le grand voile baissé, en règle générale, toutes les fois qu'elles sont ex­posées à la vue des séculiers, comme lorsqu'elles entendent le sermon, reçoivent les Cierges, les Cendres et les Rameaux, assistent aux prises d'ha­bit et de voile, à la communion et à l'administration des Sœurs malades, aux enterrements des Sœurs, et en quelques autres occasions qui seront mar­quées en leur lieu.

9. Pour la communion, on abaisse simplement le petit voile jusqu'auprès de la bouche, de façon à ce que le prêtre puisse aisément donner la sainte Hostie sans le toucher.

10. Les livres que les Sœurs doivent emporter au chœur sont les bréviaires ou le Propre pour Ma­tines, le missel pour les Messes chantées et le Ma­nuel pour les processions ou autres cérémonies. Les diurnaux restent ordinairement au chœur.

 

CHAPITRE III

De l'assemblée à l'avant-chœur.

1. Avant d'entrer au chœur pour la Messe, pour l'office et pour le grand Salve, les Religieuses s’arrêtent quelque temps à l'avant-chœur afin de se recueillir.

Au premier coup de la cloche appelant à ces exercices, ou au second si l'on en doit sonner trois, chacune, quittant tout travail, se rend à l'avant- chœur avec gravité et modestie, la robe et les manches baissées, les mains sous le scapulaire, avec les livres nécessaires, et aussi le manteau s'il est ordonné.

3.  Arrivée à l'avant-chœur, elle prend de l'eau bénite et s'en met sur le front en forme de croix, puis elle fait une profonde inclination au tableau placé entre les deux portes du chœur, s'agenouille en son rang et fait le signe ordinaire de la croix.

4.  Les Sœurs se tiennent à genoux partagées en deux chœurs, les plus jeunes plus près du ta­bleau ; elles attendent ainsi le dernier coup de la cloche.

5. On ne s'assemble pas à l'avant-chœur : l° pour la Messe quand la Communauté en entend une autre que la conventuelle; 2° pour la Messe et pour l'office quand le Saint-Sacrement est exposé; 3° pendant les trois jours des Ténèbres, c'est-à-dire depuis que les Matines sont dites le mercredi jus­qu'aux Complies du samedi saint exclusivement.

6.  On entre directement au chœur pour l'orai­son mentale du matin et du soir, et pour l'examen du matin.

CHAPITRE IV

De l'entrée et des situations au chœur.

1. Lorsqu'on commence à sonner le dernier coup de la cloche, celle qui préside à l'avant-chœur donne le signe : toutes aussitôt baisent la terre ; puis, sans aucun délai, la première chantre com­mence le psaume d'entrée; les Sœurs, se levant, le poursuivent à deux chœurs, et, les novices passant les premières, toutes vont deux à deux, une de chaque côté, faire une inclination profonde au ta­bleau ; se séparant alors, elles prennent de l'eau bénite, entrent chacune par la porte de son côté, viennent faire ensemble, sur les marques des chantres, la génuflexion au Saint-Sacrement et vont à leurs stalles, se tournant pour cela de la même façon, [c'est-à-dire chacune vers le côté des stalles qu'elle doit occuper].

2. Les plus jeunes, réservant toutefois les places des officières, se placent aux stalles les plus pro­ches de la grille et les anciennes aux plus éloi­gnées, excepté pour la Messe, comme il sera dit au chapitre xvii ; toutes se tiennent debout tour­nées les unes vers les autres, partagées en deux chœurs jusqu'à la fin du psaume; ensuite elles se mettent à genoux tournées vers le Saint-Sacre­ment; au signe donné par celle qui préside, toutes font le signe de la croix avec le pouce sur le front, les lèvres et la poitrine, en disant : Per signum crucis de inimicis nostris libera nos, Deus noster; puis le signe de croix ordinaire, en disant : In nomine Patris, etc.; après quoi elles baisent la terre et se lèvent pour commencer l'office.

3.  La Sous-Prieure peut mettre au milieu des rangs, de chaque côté du chœur, quelques Sœurs ayant la voix plus forte pour soutenir les autres, quoique ce ne soient pas leurs places.

4. Les Sœurs du voile blanc ne sont pas comprises dans l'ordre qu'on vient d'indiquer, parce qu'elles ne doivent faire aucune fonction au chœur, ni pour l'office ni pour les cérémonies, excepté aux proces­sions. On peut encore les employer lorsqu'il n'y a pas assez de Religieuses du chœur pour les céré­monies de prise d'habit et de voile et aux enterre­ments; mais, hors ces occasions, elles ne s'arrête­ront jamais à l'avant-chœur lorsque la Commu­nauté y est assemblée ni ne se mettront aux stalles du chœur. A l'office, elles seront agenouillées au­près de la grille, hors des stalles, et, en quelque en­droit que ce soit, leurs places seront toujours après les Sœurs du chœur.

5.  En allant de l'avant-chœur au chœur, on dit d'ordinaire le psaume Laetatus sum, excepté pour Complies où l'on dit le psaume Deus misereatur nostri, les Matines de Pâques où l'on chante le Regina cœli, et le grand Salve où l'on entre en silence.

6. Si une Sœur vient tard à l'office, c'est-à-dire après que le premier psaume est commencé, elle se met à genoux au milieu, près de l'autel du chœur, fait les signes de croix et baise la terre; au signe de celle qui préside, elle se relève, salue les deux côtés du chœur et se rend à sa place, où elle prend l'attitude des autres Sœurs.

7. Si elle arrive pendant que les chœurs sont profondément inclinés ou qu'une officière dit seule ce qui est de son office, elle se tient près de la porte jusqu'à la fin de ces choses ou, si elle est déjà en­trée et à genoux, elle ne se prosterne que lors­qu'elles sont terminées, car celle qui préside peut seulement alors lui faire signe de se relever.

8.  Si celle qui vient tard au chœur n'y trouve aucune Sœur plus ancienne qu'elle, elle ne se prosterne pas au milieu du chœur, mais fait seulement la génuflexion et les saluts ordinaires, puis se rend à sa place et y baise la terre.

9. Si une Sœur rentre au chœur après en être sortie, elle fait la génuflexion et les saluts ordi­naires, puis se rend à sa place et y baise la terre sans attendre aucun signe de la Prieure.

10.Toutes les fois qu'une Religieuse entre au chœur hors de l'office pour quelque fin que ce soit, excepté pour les grâces et la dernière station des processions, elle fait la génuflexion au Saint- Sacrement et l'inclination à celle qui préside, puis elle va à sa place, se met à genoux et baise la terre. [En entrant pour l'oraison mentale et aussi pour l'examen du matin, chacune fait en particulier les mêmes signes de croix que pour l'office, avant de baiser la terre.]

41. Pour l'oraison mentale et l'examen du ma­tin et du soir, les Religieuses se mettent à genoux le long de leurs stalles, les novices plus près de la grille.

 

CHAPITRE V

Des règles du chant et du récit.

1.   Il y a dans notre saint Ordre deux façons de dire l’office : le chant et le récit.

2.   Le chant consiste en un ton relativement élevé, [mais encore bas selon la recommandation de notre Mère sainte Thérèse], une prononciation lente, des pauses longues et une petite inflexion de

voix sur les dernières syllabes à la fin du verset. Tout autre chant est interdit dans le chœur.

3. Le récit consiste en un ton plus bas, une pro­nonciation plus vive, des pauses moins longues et un ton toujours uniforme, sans aucune inflexion.

4. Entre le chant et le récit il y a donc cette dif­férence que dans le chant on tient le ton plus haut et que l'on termine par une inflexion de voix, et que dans le récit le ton est plus bas et qu'on le sou­tient jusqu'à la fin sans inflexion.

5. Dans le chant, on use de l'inflexion comme il suit :

6. La semainière la fait à la fin des versets Do­mine, labia mea aperies; Deus in adjutorium meum intende; Couverte nos, Deus salutaris noster; Domine, exaudi orationem meam; Bene- dicamus Domino; à la fin des absolutions, des bénédictions et des chapitres ; aux oraisons, en di­sant Oremus, puis avant la conclusion et à la fin de cette conclusion; à l'intonation du Te Deum, des antiennes finales de la sainte Vierge, et du Regina Cœli de l'entrée au chœur le jour de Pâques.

7. Les chantres font l'inflexion à la fin des ver­sets de l'Invitatoire et de ceux du psaume Venite exultemus; avant toutes les reprises que le chœur fait de l'Invitatoire; au Benedicamus Domino; au Requiescant in pace des Vêpres et des Laudes so­lennelles.

8. Les versiculaires la font à tous les versets, même à ceux des répons brefs, excepté au second qui ne fait qu'un demi-verset.

9. Les lectrices font l'inflexion à la fin du ver­set Jube, Domne, benedicere, à chaque période, à tous les points interrogatifs et à la fin de toutes les leçons, même de l'office des Morts; au verse Tu autem, Domine, miserere nobis, et au verset des répons.

40. La lectrice du martyrologe observe les mêmes inflexions après avoir prononcé les Ca­lendes et après le jour de la lune, à chaque point qui termine l'histoire du saint ou du mystère an­noncé, avant la conclusion et alibi aliorum, et enfin au mot Virginum. Elle fait aussi une in­flexion à la fin de la leçon brève de Prime et de Complies, et à la fin de Tu autem, Domine, mise­rere nobis.

11. Toutes celles qui entonnent ou répètent seules une antienne, font une inflexion à l'endroit où elles cessent pour laisser continuer le chœur.

12. Le chœur fait l'inflexion lorsqu'il répond à la semainière, aux chantres, versiculaires et lec­trices, après qu'elles-mêmes ont chanté avec in­flexion; il la fait encore à la fin du Gloria Patri, du Sicut erat, de l'Alléluia ou Laus tibi Domine du commencement des Heures, à la fin de chaque verset des psaumes et du Te Deum, de chaque strophe des hymnes, des répons et de leur reprise, de toute» les antiennes; enfin à chaque point du Salve Regina et des autres antiennes finales de la sainte Vierge.

13.  On observe tous les accents dans le chant et dans le récit, mais dans chaque verset on en mar­que principalement quatre : le premier du verset le dernier avant la médiante, le premier qui la suit et le dernier avant la fin.

14. Il faut faire une pause raisonnable à toutes les médiantes et une autre pause un peu plus lon­gue à la fin des versets.

15. Aux hymnes où les strophes sont de quatre ou de six lignes, on dit deux lignes sans pause. Lorsqu'on chante l'hymne Iste Confessor et les hymnes de saint Jean-Baptiste, de saint Élie, de saint Élisée, de saint Albert et autres de longue mesure, on pose tant soit peu à la fin de chaque ligne; dans le récit, on dit, comme aux autres hymnes, deux lignes sans pause.

16. L'office doit être récité, d'une manière dé­vote, simple et grave, à voix pleine, sans interrup­tion ni précipitation.

17. Le ton du chant et du récit doit être aisé et naturel, afin que toutes les voix puissent y arriver sans effort, et que toutes s'accordent sans aucune dissonance.

18. Il doit y avoir aussi un même mouvement, toutes devant commencer et finir ensemble; à cette fin, il y aura dans chaque chœur quelques voix principales qui auront soin de commencer, et les autres seront attentives à les suivre.

19. Chaque verset des psaumes doit être com­mencé sans aucune précipitation; il faut qu'un chœur ait parfaitement achevé quand l'autre re­prend.

20. Il faut avoir soin d'adoucir un peu la voix avant et après les pauses; on l'adoucit sur la première syllabe afin qu'elle soit dite plus posé­ment et plus distinctement. Il faut éviter de faire un jet de voix sur la dernière syllabe, mais la dire d'une force égale au reste du verset, puis laisser mourir la voix en finissant. Il faut toutefois main­tenir le ton, car chaque chœur doit donner à celui qui va reprendre un ton plein et entier. Il faut sou­tenir surtout à tua, tuo, tuas, meis, etc., car ces mots courts sont de mauvais effet s'ils ne sont bien soutenus.

21. Chacune évitera soigneusement l'affecta­tion, les particularités et les lenteurs, car celles-ci nuisent au chant sans ajouter à sa gravité, et il est mieux de faire des pauses plus longues que de traîner sur les mots. La prononciation doit être simple, nette et distincte; il faut éviter aussi tout mouvement de visage en chantant, comme tout ce qui nuirait à la dignité de l'office, et n'épargner ni sa voix ni ses forces pour s'en bien acquitter.

22. Toutes les Sœurs doivent bien connaître les règles du chant et du récit, mais celles qui con­duisent le chœur doivent plus encore en avoir l'intelligence; aussi la Sous-Prieure, qui a la di­rection du chœur, y veillera-t-elle avec un grand soin, corrigeant les fautes et rectifiant les défauts qui pourraient s'introduire.

 

CHAPITRE VI

Des divers degrés de solennité dans la récitation de l'office.

1. Aux fêtes solennelles de première et de seconde classe, le ton du chant et du récit doit être plus élevé, le mouvement plus lent, les accents plus soutenus et les pauses plus longues à raison de la dignité du jour. Aux offices doubles et semi-doubles des fêtes non chômées, on récite plus légèrement et d'un ton médiocre; à ceux des fêtes simples, des fériés et à l'office ordinaire des Morts, on dit un peu plus vite et d'un ton plus bas; au petit office de la sainte Vierge, on récite d'une voix plus basse encore.

2.  Tout ce qui se récite les trois derniers jours de la semaine sainte se dit plus bas et plus posé­ment que d'ordinaire.

3. On dit Matines et Laudes d'un ton plus bas que le reste de l'office et assez posément pour les terminer à l'heure indiquée par les Constitutions. Quand le ton de l'office est trop élevé, la Sous- Prieure a soin de le faire baisser au commence­ment des répons qui suivent les leçons.

4. On dit les Heures et les Complies un peu plus haut que Matines, et les Vêpres encore plus haut et aussi plus posément. Il ne faut pas toutefois que le ton soit aigre et trop élevé, mais que toutes les Religieuses puissent aisément y arriver et le soutenir.     

5.  Il faut toujours garder les pauses plus brèves ou plus longues à proportion du mouvement.

6. Le Domine, labia mea, le Deus, in adjutorium, l'Invitatoire, le Venite exultemus, le Te Deum, les cantiques Benedictus, Magnificat, Nunc dimittis, les hymnes, les chapitres et les oraisons se récitent plus posément que les psaumes.

7.  Les preces, les mémoires, les versets Dominus det nobis suam pacem, Fidelium animae et Divinum auxilum se disent d'un ton plus bas que le reste, et les mémoires de dévotion qui suivent l'office se disent plus bas encore.

CHAPITRE VII  

Des jours où l'on doit chanter.

1. On chante les premières et les secondes Vê­pres des fêtes de première classe et de celles de seconde classe qui ont octave, des fêtes de la sainte Trinité et de la Circoncision. On chante aussi les Vêpres de sainte Anne et celles de la Transfigura­tion de Notre-Seigneur; mais ces fêtes n'ont point, l'une de premières Vêpres et l'autre de secondes, à cause des fêtes qui sont en concurrence avec elles. On ne chante que les secondes Vêpres des fêtes de commandement.

2. On chante encore les Vêpres les dimanches, pendant toute l'octave de la fête du Saint-Sacrement, et toutes les fois que le Saint-Sacrement est exposé.

3. Les mémoires et l'antienne finale de la sainte Vierge ne sont pas comprises dans le chant des Vêpres, elles ne sont ordinairement que récitées; toutefois on les chante aux Vêpres du jour de Pâques, et aux premières et secondes Vêpres de Noël, de la Pentecôte, [de Notre-Dame du Mont- Carmel,] de l'Assomption de la sainte Vierge, des fêtes de sainte Thérèse, de saint Joseph, du titu­laire de l'église, enfin aux premières Vêpres de la Toussaint et aux secondes Vêpres quand il y a lieu.

4. On chante les Vêpres des Morts à la Commé­moration solennelle des défunts et à l'office com­plet qui se dit à la mort d'une Religieuse dans son propre monastère.

5. On chante entièrement Matines et Laudes aux fêtes de Noël, de Pâques, de la Pentecôte, et le jeudi, le vendredi et le samedi de la semaine sainte; les leçons doivent être chantées plus haut que le reste de l'office.

6.  Aux autres fêtes de première classe, soit de l'Église, soit de l'Ordre, on ne chante des Matines que le commencement jusqu'à l'hymne inclusive­ment, puis le Te Deum. A Laudes, on chante de­puis le chapitre jusqu'à la fin.

7.  Aux fêtes de seconde classe qui ont octave, à la sainte Trinité et à la Circoncision, on chante une partie des Matines comme aux fêtes de pre­mière classe; mais à Laudes on ne chante depuis le chapitre que si la Prieure fait l'office.

8.  Aux autres fêtes de seconde classe qui n'ont pas d'octave, on ne chante que le Te Deum.

9.  A la Commémoration des morts et à l'office qui se dit après la mort d'une Religieuse dans son propre monastère, on chante l'Invitatoire, le Venite et le Libera qui suit la neuvième leçon. On chante encore le Nocturne à trois leçons qui précède la Grand’messe de l'enterrement.

10. On chante Prime, y compris le martyro­loge, la veille et le jour de Noël, le jour de Pâques et celui de la sainte Trinité.

11. On chante Tierce le jour de la Pentecôte et les deux premiers jours de son octave.

12.  On chante None à toutes les fêtes de pre­mière classe, à celles de seconde classe qui ont octave et à la Circoncision; on excepte seulement les deux dernières fêtes de la Pentecôte, parce qu'on a chanté Tierce.

13.  On chante Complies, y compris l'antienne à la sainte Vierge, la veille et le jour de Noël, de Pâques, de la Pentecôte; à la Fête-Dieu et chacun des jours de son octave ; à l'Assomption de la sainte Vierge; aux fêtes de Notre-Dame du Mont-Carmel, de la Toussaint, de saint Joseph, de sainte Thérèse et du patron ou titulaire de l'église du monastère.

14. Aux autres fêtes de première classe et à celles de seconde classe qui ont octave, on chante seulement l'antienne de la sainte Vierge la veille et le jour.

15. On chante cette même antienne pendant toute l'octave des fêtes de Noël, de Pâques, de la Pentecôte, [de Notre-Dame du Mont-Carmel,] de l'Assomption, de sainte Thérèse, de la Toussaint et du patron ou titulaire.

16. Les versets Dominus det nobis snam pacem, Fidelium animae et Divinum auxilium ne sont jamais chantés, de même que les mémoires de dévotion qui se disent après l'office.

17. Ce qu'il est ordonné de chanter aux fêtes de première et de deuxième classe, ne s'entend pas des dimanches des dites classes.

18. La Prieure ne peut rien diminuer du chant, si ce n'est pour une fois et dans quelque circon­stance qui n'ait pas de suite.

 

CHAPITRE VIII

Du signe de la croix.

1. Les Religieuses font le signe de la croix du front à la poitrine en disant : In nomine Patris, etc., après s'être agenouillées à l'avant-chœur avant l'office divin.

2. Elles font le signe de la croix avec le pouce sur le front, les lèvres et le cœur, en disant : Per signum Crucis, etc., puis du front â la poitrine en disant : In nomine Patris, etc., après être entrées au chœur, avant de baiser la terre pour com­mencer l'office.

3.  Pendant l'office, elles le font avec le pouce : 1° sur les lèvres, lorsque la semainière dit : Do­mine, labia mea aperies, au commencement de Matines; 2° sur le scapulaire à l'endroit du cœur à ces mots : Converte nos, Deus, salutaris noster, au commencement de Complies.

4.  Elles font le signe de la croix du front à la poitrine : 1° en disant Deus, in adjutorium, au commencement des Heures ; 2° à Adjutorium nostrum ; 3° à Indulgentiam après la confession ; 4° aux versets Dominus nos benedicat et Benedicat et custodiat nos, à la fin de Prime et de Complies; 5° au commencement des cantiques Magnificat, Benedictus, Nunc dimittis; 6° à ces mots : Per signum Crucis de la commémoration de la Croix à l'office férial.

 

CHAPITRE IX

Quand il faut être tourné vers le Saint-Sacrement ou en chœur.

1.        Les Religieuses sont tournées vers le Saint- Sacrement à toutes les Heures depuis le Deus, in adjutorium jusqu'au Gloria Patri. Elles le sont de plus :

2.        A Matines, pendant le Domine, labia mea aperies.

3.        A Laudes, pendant le chapitre; s'il y a des mémoires, depuis le commencement de ces mémoires jusqu'au Pater; enfin pendant l'antienne à la sainte Vierge.

4.        A Prime, depuis le chapitre jusqu'à la pre­mière oraison et depuis Pretiosa jusqu'à la fin, excepté depuis le premier Gloria Patri jusqu'a­près le Pater et pendant le second Gloria Patri.

5.        A Tierce, Sexte et None, depuis le chapitre jusqu'à l'oraison, et pendant l'antienne de la sainte Vierge qui se dit à celle des Heures par laquelle on termine.

6.    A Vêpres, comme à Laudes.

7.        A Complies, depuis le commencement jus­qu'au Pater, depuis Couverte nos jusqu'au Glo­ria Patri, pendant le chapitre et le répons bref, enfin pendant l'antienne à la sainte Vierge quand on la dit debout.

8.  Lorsqu'on dit les preces à quelque Heure que ce soit, on est tourné vers le Saint-Sacrement pendant toute leur durée si on les dit à genoux, [à part le Confiteor pendant lequel on se met à demi en chœur;] on est de même vers le Saint- Sacrement quand on les dit debout, excepté pen­dant le Confiteor et tout ce qu'on dit profondé­ment incliné.

9.  Les Religieuses sont encore tournées vers le Saint-Sacrement aux premières strophes des hymnes Veni Creator et Ave Maris Stella, pen­dant le verset Christus factus est, le Miserere et l'oraison Respice des trois jours des Ténèbres. Elles le sont aussi pendant le chant pour la béné­diction des Cierges, des Cendres et des Rameaux, et au service du matin le vendredi saint, les veilles de Pâques et de la Pentecôte, excepté pendant les prophéties et lorsqu'on est profondément incliné.

10. Aux oraisons où l'on est incliné, on se tourne vers le Saint-Sacrement sitôt que l'on est redressé, si ce n'est que les chœurs dussent être tournés l'un vers l'autre à ce qui se dit tout de suite après l'oraison.

11. Toutes les officières qui disent quelque chose de l'office, soit au milieu du chœur, soit à leurs stalles, le disent tournées vers la grille, et tant qu'elles sont au milieu du chœur, elles de­meurent dans cette attitude.

12. Les chœurs sont tournés l'un vers l'autre à tout le reste de l'office et, en général, à tout ce qu'on dit profondément incliné.

13. Quoique les chœurs soient le plus souvent tournés vers le Saint-Sacrement lorsqu'ils sont à genoux, ils sont cependant tournés l'un vers l'autre à ces paroles du Venite à Matines : Venite, adoremus et procidamus ante Deum, et au verset du Te Deum : Te ergo quœsumus; aux strophes O Crux ave et Tantum ergo; enfin pendant l'an­tienne de la sainte Vierge à Complies, excepté lors­qu'elle se dit debout, comme il a été marqué plus haut.

CHAPITRE X

Quand il faut être debout, à genoux ou assis.

1. Les Religieuses sont debout durant tout l'of­fice divin à part les exceptions suivantes :

2. On est à genoux à ces paroles du Venite à Matines : Venite, adoremus et procidamus ante Deum, et au verset du Te Deum : Te ergo quaesumus; à l'antienne de la sainte Vierge qui termine les Heures, excepté pendant tout le temps pascal et, le reste de l'année, depuis les Vêpres du samedi jusqu'après les Complies du Dimanche; pendant le Pater, l'Ave et le Credo de Complies lorsqu'on a dit à genoux l'antienne à la sainte Vierge; pendant la première strophe des hymnes Veni Creator et Ave maris stella, les strophes O Crux ave et Tantum ergo; pendant les preces où la rubrique le prescrit, ne se relevant à Prime que pour le martyrologe (après lequel on ne se remet pas à genoux), et aux autres Heures qu'après l'oraison et les mémoires; pendant les preces de l'office des Trépassés, même au temps pascal- à tous les offices des trois jours des Ténèbres, depuis le verset Christus factus est jusqu'à la fin de l'oraison; à toutes les mémoires de dévotion que l'on dit après l'office.

3.  On est assis : 1° pendant les leçons du bré­viaire, à la réserve du texte de l'Evangile qui pré­cède l'homélie et d'une leçon lue par la Prieure; on s'assied après avoir répondu Amen à la béné­diction de la semainière et on se lève lorsque la lectrice dit : Tu autern ; 2° pendant le martyro­loge; on s'assied dès le commencement de la lec­ture excepté pendant les annonces des fêtes de Noël, de Pâques, [de Notre-Dame du Mont-Carmel et de sainte Thérèse]. On se lève à la fin pour répondre Deo gratias,

4.  Les chœurs se tiennent alternativement de­bout ou assis psaume après psaume, pendant les psaumes de l'office canonial et de l'office des Morts; pourtant ce changement ne se fait aux Matines des féries que de deux en deux psaumes, et au premier nocturne de l'office du dimanche, de quatre en quatre psaumes.

5.  Toutefois on dit toujours debout les psau­mes Laudate Dominum omnes gentes et Laudate Dominum de cœlis avec les deux suivants, ainsi que le commencement du psaume 112, Lau­date pueri Dominum, jusqu'après ces mots : Sit nomen Domini benedictum; le verset Gloria Patri à la fin des psaumes et le verset Benedicamus Patrem et Filium cum Sancto Spiritu à la fin du cantique Benedicite omnia opera Domini Domino.

6. Quand on s'assied pour les psaumes, on le fait à la médiante du premier verset et on se lève à la médiante du dernier verset avant Gloria Patri ou Benedicamus Patrem, etc.

7. On se tient debout : 1° pendant tout le petit office de la sainte Vierge et tout ce qui se chante aux pupitres à la bénédiction des Cierges et des Cendres; 2° à la bénédiction des Rameaux, excepté pendant l'épître; 3° à l'office du matin le vendredi saint, le samedi saint et la veille de la Pentecôte, excepté pendant les prophéties où l'on s'assied.

8. Les officières disent debout tout ce qui est de leur office, excepté aux preces des féries et des Morts et aux mémoires de dévotion où elles se tien­nent à genoux. Toutefois la semainière se lève à la fin des preces pour dire debout toutes les oraisons, sans s'agenouiller de nouveau pour aucune antienne ou mémoire qui les suivrait.

9.  Lorsque la Prieure ou, en son absence, la Sous-Prieure entre ou sort du chœur, les Reli­gieuses se lèvent si elles sont assises; mais lors­qu'elles sont à genoux à l'avant-chœur, elles ne se lèvent que pour la Prieure.

10. Les Religieuses, selon la coutume gardée de tout temps, ne parlent qu'à genoux à la Prieure; elles parlent de même à la Sous-Prieure dans les lieux où la Communauté est réunie si la Prieure est absente.

CHAPITRE XI

Des prosternements.

1. Les Religieuses ont en usage trois sortes de prosternements : le demi-prosternement, qui se fait en s'inclinant étant à genoux, en sorte que la tête soit environ à un pied de terre; le prosternement entier, qui consiste à baiser la terre, et le grand prosternement, qui se fait en s'étendant entièrement contre terre, les bras ouverts en forme de croix.

2. Le demi-prosternement se fait dans l'office à Prime lorsqu'on dit les preces à genoux,, d'abord par la semainière seule pendant qu'elle dit le Confiteor et que le chœur reprend Misereatur, ensuite par toutes les Sœurs quand elles répètent le Confiteor et que la semainière dit : Misereatur.

3. Le prosternement entier ou baisement de terre se fait toutes les fois qu'on entre au chœur ou qu'on en sort, excepté lorsque la Communauté y entre pour les grâces après le repas et pour la dernière station des processions, ou qu'elle en sort après des prières dites debout ; chaque Sœur le fait encore lorsqu'elle vient tard à l'office ou qu'elle y fait quelque faute.

4. On fait le grand prosternement au renouvel­lement des vœux le jour de la Présentation de la sainte Vierge, et lorsqu'on a fait au chœur une faute si notable qu'elle ait pu être entendue du de­hors. Les novices le font aussi lorsqu'elles reçoi­vent l'habit et le voile et lorsqu'elles font profession.

5. Hors la prise d'habit et de voile, on ne fait aucun prosternement quand la grille est ouverte et qu'on pourrait être vu des séculiers. On ne com­prend pas sous cette règle le demi-prosternement qui se fait à la Messe basse, parce que les fenêtres du chœur sont fermées.

 

CHAPITRE XII

Des génuflexions.

1. Il y a deux espèces de révérences : la génu­flexion et l'inclination.

2. La génuflexion elle-même est de deux sortes : la génuflexion à deux genoux et la génuflexion d'un seul genou ou simplement génuflexion.

3. La génuflexion à deux genoux se fait en met­tant les deux genoux en terre; étant à genoux, on fait une inclination.

4. La génuflexion à deux genoux se fait devant le Saint-Sacrement exposé, même quand il est voilé, devant le tabernacle ouvert, ou pendant la Messe si le Saint-Sacrement est sur l'autel (c'est-à- dire depuis la consécration jusqu'à la communion). On fait encore la génuflexion à deux genoux devant le tabernacle qui renferme la sainte Hostie réser­vée pour la Messe des Présanctifiés, le jeudi et le vendredi saints.

5. La génuflexion à deux genoux se fait seule­ment en arrivant au chœur et en le quittant. S'il faut aller et venir pour faire une cérémonie, ou pour une autre raison devant le Saint-Sacrement exposé, découvert ou renfermé dans la chapelle du reposoir, on fait alors la génuflexion d'un seul genou.

6. Si l'on est dans le cas de se mettre à genoux au lieu même où l'on doit faire la génuflexion à deux genoux, ou bien si l'on est actuellement à genoux au même lieu, on fait seulement l'inclina­tion qui complète cette génuflexion quand on s'est mis à genoux et avant de se relever.

7.  La génuflexion ordinaire ou génuflexion d'un seul genou se fait en pliant le genou droit seu­lement ; il doit toucher la terre près du talon gau­che. Cette génuflexion ne doit pas être accompa­gnée d'une inclination de tête.

8. La génuflexion d'un seul genou se fait pour saluer le très Saint-Sacrement renfermé dans le tabernacle. On excepte la sainte Hostie réservée pour la Messe des Présanctifiés, le jeudi et le ven­dredi saints, qui se salue par une génuflexion à deux genoux, comme il est dit précédemment au n° 4. On salue de même par la génuflexion ordi­naire le Saint-Sacrement exposé ou découvert, toutes les fois qu'il n'y a pas lieu de faire la génuflexion à deux genoux, suivant ce qui est dit au n° 5.

9.  11 faut saluer le Saint-Sacrement par la génu­flexion : 1° lorsqu'on entre au chœur, qu'on le tra­verse ou qu'on en sort; 2° lorsqu'on arrive au milieu du chœur pour y remplir un office ou qu'on le quitte après l'avoir rempli; 3° à la fin des leçons en disant : Tu autem, Domine, miserere nobis.

10. On salue par une génuflexion d'un seul genou une relique de la vraie Croix exposée à la vénération.

11. On fait la génuflexion pour saluer la croix du grand autel pendant toute la journée du ven­dredi saint, depuis le moment où elle est décou­verte.

12 Si l'on est dans le cas de se mettre à genoux au lieu même où l'on doit faire la génuflexion, ou bien si l'on est actuellement à genoux au même lieu il n'y a, en règle générale, aucune génu­flexion à faire, soit avant de se mettre à genoux, soit avant de se relever.

 

CHAPITRE XIII

Des inclinations.

1. Il y a trois sortes d'inclinations : l'inclination profonde qui se fait en courbant assez les épaules pour que les mains puissent être placées en croix sur les genoux, sous le scapulaire; l'inclination médiocre qui se fait en courbant les épaules d'une façon assez notable, ayant aussi les mains sous le scapulaire; et l'inclination légère qui se fait de la tête seulement avec quelque mouvement des épaules.

2. Les Sœurs font l'inclination profonde pendant les Pater, Ave, Credo, quand on les dit debout; à ces mots : Benedicamus Patrem et Filium cum Sancto Spiritu du cantique Benedicile omnia opera Domini Domino; au verset Gloria Patri jusqu'à Sicut erat; aux doxologies où l'on nomme les trois personnes de la sainte Trinité par leurs noms propres et dans l'ordre des processions divines; à la première oraison de l'office canonial et de celui de la sainte Vierge, depuis le mot Oremus jusqu'à Per omnia saecula saeculorum, et à toutes les orai­sons de la procession des Morts, excepté à la der­nière.

3. La semainière fait l'inclination profonde à Prime et à Complies pendant qu'elle récite le Confiteor et que le chœur reprend Misereatur ; le chœur la fait à son tour pendant qu'il répète le Confiteor et que la semainière dit Misereatur.

4. L'inclination médiocre ou demi-inclination se fait pour saluer le Saint-Sacrement lorsque, étant tournées vers la grille, les Religieuses se retour­nent en chœur, soit toutes ensemble, soit indivi­duellement, excepté lorsqu'elles se retournent pour s'incliner profondément.

5.  La demi-inclination se fait encore d'une façon plus ou moins prononcée, à quelqu'un d'un rang supérieur, égal ou presque égal. On la fait :

6.  Pour saluer la Prieure ou en son absence la Sous-Prieure : 1° en passant près d'elle lorsqu'on entre au chœur ou qu'on en sort; 2° toutes les fois qu'on quitte sa place pour aller remplir une fonc­tion au milieu du chœur ou qu'on revient à sa place après l'avoir remplie.

7.  Pour saluer les deux côtés du chœur : 1° toutes les fois qu'on entre au chœur, qu'on le traverse ou qu'on en sort pendant l'office; 2° lorsqu'on arrive au milieu du chœur pour y remplir seule un office ou qu'on le quitte après l'avoir rempli.

8.  Pour se saluer mutuellement : 1° lorsqu'on se rend ensemble au milieu du chœur pour y rem­plir le même office, avant la génuflexion quand on arrive, après la génuflexion quand on part; avant et après l'annonce d'une antienne ou sim­plement avant, si l'office est semi-double; avant l'annonce et après l'intonation s'il est double; 3e quand on se rencontre dans la maison [ou qu'on se place l'une auprès de l'autre, soit au chœur, soit à quelque autre exercice de Communauté].

9.  Les officières font une inclination médiocre en disant seules le Gloria Patri.

10. Lorsqu'une Sœur entre au chœur hors de l'office, elle fait seulement une demi-inclination à celle qui préside, après avoir fait la génuflexion.

11. On fait l'inclination légère au nom de la sainte Trinité, au verset Benedicamus Patrem toutes les fois qu'il revient dans l'office (excepté dans le cantique Benedicite où l'on fait l'inclination profonde, comme il vient d'être dit), et toutes les fois que les trois personnes adorables sont nom­mées par leurs noms propres; au mot Oremus; aux noms de Jésus, de Marie, de saint Joseph, de saint Élie, de sainte Thérèse, du saint dont on fait l'office ou la mémoire, du Saint-Père le Pape vivant et de l'Évêque diocésain si l'on dit à haute voix l'oraison pour lui. On entend ici par mémoire une commémoraison proprement dite et non pas les suffrages du patron, du titulaire, etc., qui se font aux offices du rite semi-double et au-dessous.

12. On fait encore la petite inclination à ces mots du psaume 110 : Sanctum et terribile nomen ejus, et à ceux du psaume 112 : Sit nomen Domini benedictum; à ces mots de l'hymne de Noël : Et nos beata quos sacri Rigavit unda sanguinis, et à ceux de l'hymne de la sainte Vierge : Maria, Mater gratiae, Mater misericordiœ ; lorsqu'on com­mence une des quatre antiennes de la sainte Vierge à la fin des Heures, si on la dit debout. Chaque Sœur la fait encore en recevant l'eau bénite de la main de la semainière.

13. On gradue l'inclination selon les circon­stances; mais toutes choses égales, elle doit être plus profonde quand on la fait étant assis.

CHAPITRE XIV

De la tenue, des règles et du silence à garder au chœur.

1. Les Religieuses, avant d'entrer au chœur ou à l'avant-chœur, doivent mettre leurs vêtements en ordre, baisser leur robe et leurs manches, et ne paraître dans le lieu saint qu'avec une grande mo­destie, les yeux baissés, les mains sous le scapulaire, évitant toutefois que cette parfaite composi­tion extérieure sente jamais l'affectation.

2.  Quand elles baiseront la terre, soit au milieu du chœur, soit à leur place, elles se tourneront toujours vers le Saint-Sacrement, mais reprendront ensuite l'attitude des autres.

3.  Elle prendront garde en saluant celle qui préside de ne pas tourner le dos au Saint-Sacrement.

4. Elles ne marcheront dans le chœur que par grande nécessité, et jamais pendant la lecture de l'Evangile, du martyrologe, ni lorsqu'on est pro­fondément incliné. Si elles sont en chemin lors­qu'on dit le Gloria Patri ou toute autre parole qui demande l'inclination profonde, elles s'arrêteront jusqu'à ce qu'on se relève. Elles éviteront aussi de passer devant les officières lorsque celles-ci sont au milieu du choeur.

5.  Si elles portent quelque livre, ce sera sous le scapulaire.

6. Leur attitude doit toujours se ressentir de la gravité et de la mortification ; étant debout, elles se­ront droites et fermes; assises, elles se tiendront au milieu de leurs stalles sans s'y appuyer; en tout temps, elles auront les mains sous le scapulaire, excepté lorsqu'elles doivent les joindre ou tenir leur livre, et alors elles les couvriront toujours de leurs manches; leurs pieds seront aussi entière­ment couverts de leur robe.

7. Elles joindront les mains sur le scapulaire pendant les antiennes finales de la sainte Vierge, qu'on les dise debout ou à genoux.

8. Elles feront les cérémonies du chœur avec uniformité, ayant soin de ne pas se devancer les unes les autres pour les génuflexions, inclinations et changements d'attitude.

9. Si une Sœur ne peut pas se prosterner, s'incli­ner ou se tenir debout, elle baisera son scapulaire en se tournant vers celle qui préside pour lui en demander la permission ; pendant les prostrations ou inclinations du chœur, elle mettra ses mains sous son scapulaire et fera du moins la demi-incli­nation au Gloria Patri.

10. Le silence doit être gardé au chœur avec un grand respect. Il n'y a que la Prieure qui puisse y parler aux Sœurs pour les choses nécessaires, et la Sous-Prieure pour le besoin de son office. Les Sœurs ne peuvent parler en ce lieu qu'à la Prieure et à la Sous-Prieure et ne doivent le faire que par grande nécessité; les unes et les autres parleront très bas et en peu de mots, s'exprimant même, s'il est possible, par signes, comme serait de baiser son scapulaire devant la Prieure pour demander la permission de passer d'un chœur à l'autre, etc.

11. Lorsqu'une Religieuse a besoin de parler à une autre pendant l'office, elle doit la faire sortir du chœur. Ce silence au chœur ne doit pas seule­ment s'observer lorsque la Communauté y est assemblée, mais encore en tout temps.

12. On doit éviter aussi toute action qui pourrait troubler le silence du chœur, telle que de tousser trop fort, etc. Lorsqu'une ou deux officières di­sent seules quelque chose, on doit s'abstenir de faire le moindre bruit, ne fût-ce que de tourner les feuillets de son livre.

13. La Prieure ni aucune des Sœurs ne peut parler aux grilles du chœur.

CHAPITRE XV

Des précautions contre les fautes à l'office et des pénitences.

1.  Pour éviter les fautes pendant l'office, les Religieuses doivent avoir des bréviaires corrects et bien accentués, en étudier avec soin les rubriques et consulter tous les jours le bref et les remarques que la Sous-Prieure pourrait y ajouter; enfin pré­voir tout ce qu'elles doivent dire et observer au chœur, surtout celles qui ont des offices à remplir.

2.  Si, malgré ces précautions, une Religieuse fait une faute, elle baisera la terre à la place où elle l'aura commise, mais elle attendra que l'autre côté du chœur chante ou récite pour ne pas affaiblir les voix de son côté ; si c'est une officière, elle ne bai­sera la terre qu'après avoir achevé ce qui est de son office ; enfin, si deux officières sont ensemble au milieu du chœur et qu'une seule fasse une faute, sa compagne attendra qu'elle ait baisé la terre pour faire la génuflexion et quitter la mar­que en même temps qu'elle.

3. Si tout le chœur, ou du moins une grande partie, fait une faute, toutes celles qui y ont parti­cipé baiseront la terre immédiatement après, mais les unes après les autres en commençant par les plus anciennes, en sorte qu'il y ait toujours des voix pour soutenir le chant.

4. Si la faute commise par une ou plusieurs Sœurs est si notable qu'elle ait pu être aperçue du dehors, celles qui l'ont faite viendront après l'of­fice, avant le psaume de sortie, faire le grand prosternement au milieu du chœur et ne se lève­ront qu'au signe de celle qui préside.

CHAPITRE XVI

De la sortie du chœur.

1. Lorsqu'on doit sortir du chœur, celle qui pré­side en donne le signe ; alors toutes baisent la terre si elles sont à genoux, la première chantre com­mence le psaume de sortie et les Sœurs viennent de chaque côté du chœur, par rang de religion, les plus jeunes les premières, faire deux à deux la génuflexion sur les marques des chantres ; elles se séparent pour sortir chacune par la porte de son côté, font ensemble une demi-inclination en pas­sant près de la Prieure, ne prennent pas d'eau bé­nite et se placent à l'avant-chœur, les plus jeunes près de la porte d'entrée et les anciennes près des portes du chœur. Elles demeurent ainsi en chœur jusqu'à la fin du psaume, et se tournent vers l'image qui est entre les deux portes pour les versets et les oraisons.

2. En sortant de Matines et des petites Heures, on dit le psaume Deus misereatur nostri avec les versets Salvos fac, etc., et l'oraison indiquée au livre VI, chapitre XIII. Après Complies, on dit le psaume De profundis avec les versets A porta inferi, etc., et l'oraison indiquée au même cha­pitre.

3. En sortant de Vêpres, on traverse l'avant- chœur sans s'y arrêter pour aller, en disant les litanies de la sainte Vierge, à l'ermitage désigné par la Prieure ou par celle qui préside; mais si l'on ne fait pas de procession, on dit les litanies au chœur, puis on sort dans le même ordre et en disant les mêmes prières qu'après Matines et les petites Heures.

4. Lorsqu'on sort de l'examen du matin et de l'oraison du soir, on se rend processionnellement au réfectoire en disant une ou plusieurs fois le psaume De profundis, selon la distance. Arrivées au réfectoire, toutes se tiennent debout, tournées vers le tableau, et la semainière dit : A porta inferi, etc., comme à la sortie des Complies.

5. La sortie des trois jours des Ténèbres est indiquée au livre VII, chapitre v.

6. Quand le Saint-Sacrement est exposé, chacune se retire en particulier sans dire de psaume ; on ne sort en procession que pour aller au réfectoire.

7. Aucune Religieuse ne peut sortir du chœur sans la permission de celle qui préside ; si elle est obligée de s'en absenter, elle baise son scapulaire devant celle-ci pour lui en demander la permis­sion, lui dit le motif de sa sortie et fait une demi- inclination en passant près d'elle. Si une Sœur a besoin d'en faire sortir une autre, elle en demande d'abord la permission, fait une demi-inclination à la Sœur qu'elle veut appeler, puis toutes deux baisent leur scapulaire et font une demi-inclina­tion en passant devant la première du chœur. La portière, venant appeler une Sœur, observe les mêmes règles que les autres Religieuses si la Prieure est présente, mais en son absence elle ne fait que baiser son scapulaire devant celle qui pré­side.

8. Lorsqu'une Sœur a la permission de sortir, elle baise la terre à la place où elle est avant de quitter le chœur.

CHAPITRE XVII

De la Messe.

§ Ier. — DE L'HEURE DE LA MESSE ET DE L'ENTRÉE AU CHŒUR.

1. Selon les Constitutions, la Messe se dit à huit heures en été et à neuf heures en hiver, ce qui doit s'entendre des Messes chantées aussi bien que des Messes basses.

2. Les Religieuses s'arrêtent à l'avant-chœur avant d'entrer au chœur pour la Messe, excepté lorsque le Saint-Sacrement est exposé à l'église ou que la Messe à laquelle assiste la Communauté est autre que la Messe conventuelle.

3.  Elles entrent au chœur selon l'ordre prescrit pour l'office; mais la manière dont elles se rangent aux stalles en entrant pour la Messe basse est dif­férente, c'est-à-dire que les plus jeunes se placent aux stalles les plus éloignées de la grille et les an­ciennes aux plus proches, selon l'ordre qu'elles oc­cuperont devant la grille.

4.  On ne doit pas entrer au chœur pendant l'épître et l'évangile ; il convient aussi de ne pas entrer ou marcher dans le chœur pendant les orai­sons, ou depuis la consécration jusqu'à la com­munion, à moins que ce ne soit pour le service du chœur.

5. Si l'on arrive après l'introït de la Messe chan­tée, on fait la même pénitence que pour l'entrée en retard à l'office. On ne fait pas cette pénitence à la Messe basse, parce que la grille est ouverte.

§ II. — DE LA MESSE BASSE.

1. Pour entendre la Messe basse, les Reli­gieuses se mettent à genoux en face de la grille, ou du côté où elles peuvent le mieux voir l'élévation de l'Hostie et du calice. Elles forment deux rangs éloignés l'un de l'autre de deux ou trois pieds. La Prieure et la Sous-Prieure se mettent à quatre pieds de la grille, les Sœurs se placent derrière elles par rang de religion en commençant par les anciennes. On laisse environ un demi-pied d'inter­valle entre chaque Sœur du même rang.

2. Dès le commencement de la Messe, les fenê­tres étant fermées, on ouvre le châssis de la grille, laissant pendre le rideau de toile noire sur les bar­reaux de bois.

3. Les Sœurs font le signe de la croix quand le prêtre dit : In nomine Patris.

4. Elles font le demi-prosternement depuis le Confiteor du clerc jusqu'à ce que le prêtre monte à l'autel.

5. Elles se lèvent à l'évangile et font le signe de la croix avec le pouce sur le front, les lèvres et la poitrine quand le prêtre dit : Initium ou Sequentia sancti Evangelii.

6. Elles se remettent à genoux pour le Credo et baisent la terre à ces paroles : Et homo factus est.

7. Si elles communient, elles mettent leurs man­teaux à l'offertoire.

8. On tinte la grosse cloche au moment de la consécration.

9. On lève le rideau qui couvre les barreaux de bois au moment de la consécration jusqu'au Pater, s'il n'y a pas de séculiers assez proches de la grille pour qu'on puisse en être vu.

10. Les Sœurs font le demi-prosternement après l'élévation du calice jusqu'à Nobis quoque peccatoribus.

11. Elles le font encore lorsqu'elles communient, depuis le Confiteor jusqu'après le Domine non sum dignus.

12. Elles s'inclinent et font le signe de la croix en recevant la bénédiction du prêtre.

13. Elles se lèvent et font les signes de croix au dernier évangile comme au premier; elles se met­tent à genoux et baisent la terre à ces paroles : Et Verbum caro factum est. [On ferme la grille aus­sitôt que la Messe est achevée.]

14. On baise la terre le jour de Noël au premier évangile de la troisième Messe à ces mots : Et Ver­bum caro factum est. On se met à genoux le jour de l'Épiphanie à ces paroles de l'évangile : Et procidentes adoraverunt eum, et le mercredi de la quatrième semaine de Carême à celles-ci : Et procidens adoravit eum.

§ III. — DE LA MESSE HAUTE.

1. Quand on doit chanter la Messe, on met à l'avance deux pupitres avec leurs missels à trois ou quatre pieds de la grande grille du chœur et à semblable distance l'un de l'autre.

2.  Après le psaume d'entrée, les chantres se mettent à genoux devant les pupitres et les Sœurs aux stalles par rang de religion, les plus jeunes plus près de la grille; il faut toutefois réserver pour les chantres les stalles les plus proches de la grille, vis-à-vis des pupitres; on peut aussi, pendant que la grille est fermée, faire mettre aux stalles qui en sont plus rapprochées quelques-unes des Sœurs qui ont meilleure voix.

3. Les Sœurs sont tournées vers le Saint-Sacre­ment durant toute la Messe, excepté quand elles sont assises ou profondément inclinées. On ob­serve pendant la Messe les inclinations générale­ment indiquées pour l'office.

4. Au coup de clochette du commencement de la Messe, toutes se lèvent, font le signe de la croix, et en même temps les chantres averties, s'il en est besoin, par la Sous-Prieure et en son absence par la sacristine, commencent devant les pupitres l'in­troït, que les Sœurs poursuivent aux stalles avec leurs missels.

5. Au Gloria in excelsis, les Religieuses, en plus des inclinations ordinaires, font l'inclination légère aux mots : Deo, Adoramus te, Gratias agimus tibi, Suscipe deprecationem nostram.

6. Elles s'inclinent profondément pendant la première oraison, se relèvent au Per omnia et, s'il y a d'autres oraisons, se retournent aussitôt vers le Saint-Sacrement.

7.  Les Sœurs s'asseyent pendant l'épître; les versiculaires seules se tiennent debout devant les pupitres; vers la fin, elles se tournent vers les chantres et leur font une demi-inclination pour les convier à y revenir.

     8. Toutes se lèvent après l'épître.

9. Lorsque le prêtre chante avant l'évangile : lnitium ou Sequentia sancti Evangelii, les Sœurs font le signe de la croix avec le pouce sur le front, les lèvres et la poitrine.

10. Au Credo, elles font l'inclination légère aux mots Deum et Simul adoratur, se mettent à ge­noux à Et incarnatus est et baisent la terre à ces mots : Et homo factus est; les chantres seules les disent et ne baisent la terre qu'après les avoir achevés.

11. Après l'offertoire, on ouvre le châssis, les fenêtres du chœur étant fermées auparavant, et l'on se range à genoux devant la grille comme aux Messes basses, [avec cette différence que les chantres se placent immédiatement après la Prieure et la Sous-Prieure].

12. On se lève au Per omnia de la préface; on s'incline au mot Deo du verset Gratias agamus.

13. Au moment de la consécration, on lève et on abaisse le rideau comme aux Messes basses et on tinte la grosse cloche.

14. Après l'élévation du calice, on se lève pour chanter le Benedictus et on reste ainsi jusqu'après l'Agnus Dei.

15. Au Confiteor qui précède la communion des Sœurs, on fait le demi-prosternement jus­qu'au Domine non sum dignus.

16. On suit pour la communion l'ordre indiqué au livre VI, chapitre II.

17. On chante l'antienne de la communion debout aux stalles, [la grille étant de nouveau fermée et les volets ouverts. Les chantres sont aux pupitres].

18. On s'incline profondément à la première oraison qui suit la communion, puis on se retourne vers le Saint-Sacrement.

      19. On se met à genoux pour la bénédiction du célébrant; on s'incline et on fait le signe de la croix en la recevant.

20. On se lève pour le dernier évangile; on y fait les mêmes signes de croix qu'au premier et on baise la terre à ces paroles : Et Verbum caro fac­tum est.

21. On s'agenouille en quelques cas particu­liers : 1° au verset Veni, Sancte Spiritus, reple tuorum corda fidelium des Messes du Saint- Esprit, même au temps pascal; 2° à ces paroles : In nomine Jesu omne genu flectatur, lorsqu'on les chante dans l'épître; 3° au verset du trait Adjuva nos, Deus, en Carême; 4° lorsqu'on dit : Flectamus genua, jusqu'à Levate.

22. On suit encore aux Messes hautes les règles particulières indiquées aux Messes basses.

S IV. — DU CHANT POUR LA MESSE.

1.  On chante la .Messe solennellement, s'il est possible, c'est-à-dire avec diacre et sous-diacre, deux acolytes et un thuriféraire, à toutes les fêtes de première classe et à celles de seconde classe ayant octave.

2. On use de la même solennité pour la béné­diction des Cierges à la Chandeleur, pour celle des Cendres et des Rameaux ainsi que pour la Messe qui les suit; pour l'office et la Messe du jeudi et du samedi saints et pour l'office du matin, le vendredi saint; pour l'office et la Messe de la veille de la Pentecôte.

3. On chante solennellement la Messe des Morts : 1° le jour de leur Commémoration; 2° à l'enterre­ment d'une Religieuse ou d'une novice; 3° la pre­mière des deux Messes qui doivent être dites pour le Supérieur et la Prieure; 4° la Messe pour les Visiteurs et le propre fondateur ou la propre fon­datrice.

4. A toutes ces Messes, on emploie quatre chantres, excepté aux fêtes de seconde classe aux­quelles la Prieure ne fait pas l'office.

5. On chante la Messe sans solennité, c'est-à- dire sans diacre ni sous-diacre, aux fêtes de deuxième classe et tous les dimanches de l'année; en ces occasions on n'emploie que deux chantres. On chanterait de même la Messe aux jours où il serait de coutume générale ou de vœu de la chanter dans la ville où est situé le monastère. Il est au choix des Prieures de faire chanter la Messe en l'octave de la Fête-Dieu et le jour de la Transfi­guration.

6. On chante aussi de même manière la seconde Messe après la mort du Supérieur ou de la Prieure et, s'il se peut facilement, celle qu'on dit à la mort d'une Religieuse d'un autre monastère.

7. Toutes les fois qu'on chante la Messe pour quelque circonstance extraordinaire, on emploie quatre chantres quand elle est solennelle et deux quand elle ne l'est pas.

8.  On peut, dans les endroits où il est facile d'avoir diacre et sous-diacre, les employer à toutes les Messes chantées; mais on ne doit mettre quatre chantres qu'à celles qui ont été indiquées plus haut.

9. Aux Grand ‘Messes, le chœur chante l'introït, les Kyrie, le Gloria in excelsis, le graduel avec ses versets et l'Alléluia, les traits, la prose, le Credo, l'offertoire, le Sanctus, l’Agnus Dei, la communion et tout ce qu'il répond au célébrant. Ces diverses parties de la Messe se chantent comme il suit :

10. Les chantres entonnent gravement et d'un ton facile l'introït que le chœur poursuit jusqu'au verset du psaume; elles chantent la moitié de ce verset que le chœur achève ; elles disent Gloria Patri, le chœur poursuit Sicut erat; elles re­prennent plus légèrement les premiers mots de l'introït, le chœur le continue de même.

11. Les chantres commencent Kyrie, le pre­mier chœur poursuit eleison; le second chœur chante Kyrie eleison; le premier reprend Kyrie eleison, et ainsi chacun chante alternativement jus­qu'au dernier Kyrie, que les deux chœurs chan­tent ensemble et plus gravement.

12. Le prêtre ayant entonné Gloria in excelsis Deo, les chantres poursuivent et in terra pax et le premier chœur continue; le second chœur chante le second verset, et ainsi alternativement jusqu'au dernier, que les deux chœurs chantent ensemble et plus posément.

13. Les chantres entonnent le graduel, le chœur le poursuit; elles commencent le premier verset et le chœur l'achève; elles disent le premier Alléluia et le chœur le second; elles chantent tout le dernier verset et le chœur dit ensuite Alléluia.

14. Le jour de Pâques et pendant son octave, les chantres commencent les deux premiers ver­sets du graduel, le chœur les poursuit; elles disent le premier Alléluia, le chœur le second; elles commencent le troisième verset que le chœur achève.

15. Au temps pascal, on chante ainsi le gra­duel : les chantres disent le premier Alléluia et le chœur le second; elles commencent le premier verset, le chœur le poursuit et dit aussi Alléluia; elles disent le second verset tout entier et le chœur répond Alléluia.

16. Les chantres commencent le trait et les chœurs en poursuivent alternativement les ver­sets. On fait de même aux traits qui suivent les prophéties la semaine sainte et la veille de la Pentecôte.

17. Les chantres commencent les proses, dont chaque chœur chante une strophe alternative­ment, se réunissant pour chanter Amen et aussi Alléluia quand on doit le dire.

18. On suit au Credo le même ordre qu'au Gloria, mais ces mots : Et homo factus est, sont chantés plus lentement et seulement par les chantres.

19. Les chantres commencent l'offertoire, qui est continué par les deux chœurs.

20. Les chantres disent le premier Sanctus et les deux chœurs continuent jusqu'à Benedictus qui venit. Après l'élévation du calice, elles commencent Benediclus qui venit, qui est poursuivi par les deux chœurs.

21. Chacun des trois Agnus Dei est entonné par les chantres et poursuivi par les deux chœurs.

22. On chante la communion comme l'offer­toire.

23. Les chantres, qu'elles soient deux ou quatre, disent ensemble tout ce qui est de leur office; puis, lorsque les chœurs chantent alternativement, elles s'unissent chacune à leur chœur. On considère comme le premier celui dont fait partie la semainière, quoique celle-ci n'ait aucune fonction à rem­plir pendant la Messe.

     24. Tout le chœur répond au célébrant.

25. Les chantres font une inflexion à la fin de toutes les intonations, mais non à la médiation des versets qu'elles commencent; le chœur la fait à la fin de ce qu'il poursuit ou du verset qu'il chante. Ainsi à l'introït, les chantres font l'inflexion au commencement et le chœur à la fin ; les chantres ne la font pas à la médiation du verset, mais le chœur la fait en le terminant; les chantres la font à la fin du Gloria Patri, et le chœur au mot Amen. Au Kyrie, on fait une petite pause entre Kyrie et eleison, et les chantres font l'inflexion avec le chœur sur eleison.

26.  On fait encore une inflexion à tous les Alléluia, ou seulement au dernier lorsqu'il y en a deux de suite.

27. On la fait de même à la fin de tout ce qu'on répond au célébrant.

 

§ V. — DE LA MESSE DES MORTS ET DU « LIBERA ».

1. On suit aux Messes des Morts les règles des Messes chantées ordinaires avec ces différences : 1° les Religieuses sont à genoux pendant les orai­sons; 2° à l'offertoire, les chantres disent en­semble : Hostias et preces, et les chœurs répè­tent également ensemble : Quam olim Abrahœ, etc.; 3° à la communion, les chantres seules disent le verset Requiem aeternam et le chœur reprend : Cum sanctis tuis, etc.

2. On chante le Libéra après toutes les Grand- Messes des Morts et après les Messes basses pour les Religieuses.

3.  Les chantres, étant au milieu du chœur, com­mencent le Libera, disent les trois versets sui­vants, le premier Kyrie eleison et le Requiescant in pace, après lequel seulement elles quittent le milieu du chœur.

4.  Elles se mettent à genoux, ainsi que tout le chœur, depuis le premier Kyrie eleison jusqu'à la fin.

5.  Le prêtre se tient ordinairement devant le grand autel pour dire le Pater, les versets et l'o­raison; mais si la sépulture était dans l'église, il s'y rendrait pour faire les prières marquées au missel.

§ VI. — DES PÉNITENCES A LA MESSE ET DE LA SORTIE DU CHOEUR.

 

4. Lorsqu'une Sœur fait une faute à la Messe, elle baise la terre comme à l'office.

2. Les Religieuses sortent de la Messe dans le même ordre et en disant les mêmes prières qu'a­près Matines et les petites Heures, excepté : 1° lors­que la plus grande partie de la Communauté a communié; 2° lorsque le Saint-Sacrement est exposé; 3° lorsque, dans un cas particulier, la Messe que la Communauté a entendue est autre que la Messe conventuelle.


 

LIVRE QUATRIEME

DES OFFICIÈRES DU CHŒUR


CHAPITRE PREMIER

De la table des officières du chœur.

1.       Il doit y avoir en chaque monastère une table des officières du chœur; d'un côté sont inscrits les noms des offices, de l'autre ceux des Sœurs des­tinées à les remplir. Les noms des Sœurs sont écrits sur des billets mobiles, afin qu'on puisse les changer de semaine en semaine.

2.       Chaque semaine la Sous-Prieure, ou à son défaut celle que la Prieure désigne, dresse la table des officières de la semaine suivante.

3.       Elle nomme la semainière, la prenant alter­nativement d'un chœur à l'autre, de semaine en semaine; elle commence le tour par elle-même, puis descend des plus anciennes aux plus jeunes.

4.       Elle choisit deux chantres, une dans chaque chœur; celle du premier chœur s'appelle chantre première; celle du second, chantre seconde.

5.       Elle choisit et désigne de même deux versiculaires.

6.       Elle nomme aussi la lectrice du martyrologe. Elle désigne toutes ces officières en descendant des anciennes aux plus jeunes.

 

TABLE DES OFFICES DU CHŒUR

Lectrice de la I*Leçon

Lectrice de la II* Leçon

Lectrice de la III* Leçon

Lectrice de la IV* Leçon

Lectrice de la V* Leçon

Lectrice de la VI* Leçon

Lectrice de la VII* Leçon

Lectrice de la VIII' Leçon

Lectrice de la IX* Leçon.

Lectrice du Martyrologe.

Pour sonner les Cloches

Pour les luminaires du Chœur.

Pour nettoyer les Bénitiers.    

7. La veille de Noël, de Pâques et de la Pente­côte, elle indique les lectrices des leçons et l'ordre dans lequel elles doivent lire. Elle peut faire de même le samedi de chaque semaine si la Prieure le trouve à propos, mais il n'y a pas d'obligation de le faire.

8. La Prieure fait l'office à un certain nombre de fêtes; il y alors quatre chantres spéciales : chantre et sous-chantre premières dans le premier chœur, chantre et sous-chantre secondes dans le second chœur. On emploie à cet office la Sous- Prieure et les trois premières du chœur, si elles ont la voix suffisante; sinon la Sous-Prieure leur substitue celles qui ont la meilleure voix parmi celles qui suivent. La Prieure n'a que deux versiculaires, choisies aussi parmi les plus anciennes après les chantres. On ne nomme sur la table la Prieure et ses officières qu'aux semaines de Noël, de Pâques et de la Pentecôte. La Sous-Prieure fait semainière le lendemain de ces trois fêtes sans être nommée sur la table.

9. Il faut prendre garde, en composant cette table, de ne donner à une Sœur que les offices qu'elle peut bien remplir et de ne pas lui en donner deux qui soient incompatibles; il ne faut pas non plus mettre ensemble à un même office une novice non professe, c'est-à-dire portant en­core le voile blanc, avec une Sœur portant le voile noir; enfin il convient, autant que possible, d'em­ployer à un même office des Religieuses dont la taille et la voix s'accordent bien, et de choisir pour les fêtes celles des Sœurs qui ont meilleure voix.

      10. Il ne faut jamais donner les offices de semainière et de chantre à des novices qui ne sont pas encore professes.

11. On lit la table des offices à la fin du réfec­toire le samedi de chaque semaine, excepté celui de l'octave de Noël, auquel on ne la renouvelle pas, parce que la Prieure, la Sous-Prieure et les an­ciennes faisant l'office pendant cette octave, les officières dont les fonctions ont été interrompues par la fête, les reprennent après que l'octave est terminée et les continuent jusqu'au samedi sui­vant.

12. Si la Prieure trouve bon qu'une Sœur ait le soin des luminaires du chœur pendant un temps notable, son nom n'est pendant ce temps ni ins­crit sur la table ni lu au réfectoire.

13. La table des officières du chœur reste ex­posée à l'avant-chœur pendant toute la semaine.

 

CHAPITRE II

Des devoirs de la Prieure et de la Sous-Prieure.

1. La Prieure et la Sous-Prieure, devant être le modèle et la règle vivante du monastère, regar­deront comme une de leurs premières obligations d’étudier les rubriques du bréviaire et du missel, de bien connaître le Cérémonial et le Manuel, en un mot, d'être parfaitement instruites des céré­monies du chœur.

2. La principale fonction de la Prieure, et en son absence de celle qui préside, relativement à

l'office divin, est de donner le signe lorsqu'on doit entrer au chœur ou en sortir, baiser la terre avant de commencer l'office, se relever après l'avoir baisée quand on arrive en retard, puis commencer ou poursuivre l'office à haute voix après Pater, Ave, Credo.

3.  Elle donne ces signes en frappant dans ses mains ou sur son livre ou sur quelque chose qui fasse du bruit et soit aisément et distinctement entendu ; elle donne aussi, soit verbalement, soit par une inclination de tête, la permission à une Sœur de sortir du chœur ou d'en faire sortir une autre; elle dit très posément Pater, Ave, Credo, avant de donner le signe au chœur, et fait de même pour les prières que l'on dit à voix basse aux autres exercices de Communauté.

4.  La Prieure donne la bénédiction à la Commu­nauté à l'avant-chœur, le matin après les Heures et le soir après Complies, en faisant un signe de croix sur les Sœurs avec les paroles Benedicat et custodiat, etc., puis une troisième fois après Matines en faisant le même signe de croix sur les Sœurs, mais en silence.

5.  La Sous-Prieure, étant spécialement chargée de la direction du chœur et des autres cérémonies conventuelles, doit s'en acquitter avec zèle et ne rien négliger pour que les offices se fassent avec ordre et dignité. Elle doit composer la table des officières, veiller à ce que les exercices soient sonnés avec exactitude, faire mettre à l'avant- chœur un Ordo que toutes les Religieuses puissent consulter, y faire les corrections et additions nécessaires, prévoir les difficultés, instruire des céré­monies toutes les Sœurs, surtout les officières, et enfin avertir la Communauté à l'avant-chœur, soit par écrit, soit de vive voix à la sortie des Heures, des exercices particuliers qu'il y aurait à faire.

6. Elle doit réduire le ton et le mouvement du chœur à ses justes mesures, diviser les voix du chœur en parties égales, faisant pour cela changer les Sœurs de rang et même de côté, s'il est né­cessaire, faire ranger les Sœurs en procession, faire signe aux chantres de commencer le chant aux cérémonies des Cierges, des Cendres et des Rameaux, et aussi aux Messes, s'il en est besoin.

7. Quoiqu'il ne soit pas permis de marcher dans le chœur lorsqu'on est profondément incliné, ni de passer devant les officières lorsqu'elles sont sur leurs marques, la Sous-Prieure peut le faire dans une nécessité pressante de prévenir une faute ou d'y remédier.

8.  C'est à elle aussi de reprendre les fautes, mais elle doit faire ces corrections avec prudence et douceur. Si, en les faisant au moment même, elle devait amener quelque trouble et rendre la faute plus évidente, elle attendrait après la moitié du verset ou la fin de ce qui se dit par erreur, ou même n'en avertirait la Sœur qu'après la sortie des Heures.

9 Elle fait toutes ces choses d'elle-même et d’office, quoique la Prieure soit présente : ceci n’est pas contraire aux Constitutions qui ordonnent de ne reprendre alors aucune faute, car la Sous- Prieure remplit simplement le devoir de sa charge et ne peut diriger le chœur qu'en rectifiant au moment même les erreurs qui se font dans l'of­fice; cela ne peut être considéré comme une répri­mande. Si elle devait passer d'un chœur à l'autre pour donner quelque ordre, la Prieure étant pré­sente, elle ne le ferait pas sans s'incliner vers elle et baiser son propre scapulaire pour en demander la permission.

10. La Sous-Prieure chante le martyrologe la veille de Noël et l'évangile au Mandatum le jeudi saint, si sa voix le permet ; sinon elle désigne une Sœur pour la remplacer.

CHAPITRE III

De la manière de dire les antiennes et les répons.

1. La première antienne de toutes les Heures, ainsi que celles du Magnificat, du Benedictus et du Nunc dimittis, doivent être entonnées par la semainière. La Prieure et la Sous-Prieure n'en­tonnent d'antiennes que lorsqu'elles-mêmes sont semainières.

2.  Les autres antiennes sont commencées alter­nativement par une Sœur de l'un des deux chœurs.

3.  Aux fêtes de première et de seconde classe, et pendant les octaves de Noël, de Pâques et de la Pentecôte, elles sont entonnées par les plus an­ciennes, descendant de la plus ancienne de cha­cun des chœurs à la seconde et ainsi de suite.

4.  Aux autres jours, les antiennes sont en­tonnées par les plus jeunes Religieuses, en commençant par les plus anciennes d'entre elles.

5. Toutes les antiennes des mémoires sont commencées par les chantres ensemble si elles sont au milieu du chœur, par la première chantre seulement si elles sont aux stalles.

6. La chantre qui va annoncer une antienne se rend devant celle à qui elle doit être annoncée et la salue. Quand ce qui précède est terminé, elle annonce l'antienne d'une voix claire, de manière à être entendue seulement des Sœurs les plus rapprochées. Quand l'antienne est entonnée si l'office est double, ou aussitôt qu'elle est annoncée s'il est semi-double, elle salue de nouveau celle à qui l'antienne a été annoncée, et retourne à sa place pour entonner le psaume. La Sœur à la­quelle on annonce l'antienne doit rendre les deux saluts en même temps qu'elle les reçoit, et rester tournée vers la chantre pour entonner l'antienne. On peut ne faire qu'un salut aux offices semi- doubles. L'intonation de l'antienne doit être d'une longueur modérée.

7. Ces règles s'observent au petit office de la sainte Vierge comme à l'office canonial ; mais aux offices des Morts et aux trois jours des Ténèbres on n'annonce pas les antiennes.

8. Après les psaumes et les cantiques, tout le chœur répète les antiennes qui sont relevées par les chantres, si tel est l'usage.

9.  Les répons des leçons de Matines sont dits par tout le chœur. Lorsque la lectrice dit : Tu autem, toutes les Religieuses se lèvent, répondent Deo grattas et commencent le répons la lectrice dit le verset et, s'il y a lieu, le Gloria Patri, après lequel le chœur reprend le répons.

CHAPITRE IV

De la semainière.

1. La semainière, sans égard à son rang de profession, a une stalle assignée en face de sa marque.

2. Elle dit Domine, labia mea aperies à Matines, Deus, in adjutorium à toutes les Heures, entonne les hymnes de Matines, de Laudes et de Vêpres, le Te Deum, la première antienne de chacune des Heures, celles du Magnificat, du Benedictus et du Nunc dimittis; elle dit le premier Kyrie et les versets des preces, tous les chapitres et toutes les oraisons, même celles des mémoires de dévotion après l'office, les versets Dominus nos benedicat à la fin de Prime et Benedicat et custodiat nos à la fin de Complies, les versets Domine exaudi, Benedicamus Domino, etc.

3.  Elle dit au milieu du chœur tout ce qui est de sa charge, excepté les absolutions et bénédictions des leçons de Matines, les chapitres et le commen­cement des antiennes et des hymnes pour lesquels elle reste à sa stalle.

4. Elle se rend au milieu du chœur aussitôt que la Prieure a donné le signe de commencer l'office ; après Pater, Ave, Credo, elle attend un second signe pour entonner le commencement de l'Heure et ne quitte sa marque qu'après le Gloria Patri qui suit le Deus, in adjutorium.

5.  A Complies, elle se rend de même au milieu du choeur pour donner la bénédiction à la lectrice; elle y reste pour dire : Adjutorium nostrum, Confiteor, Misereatur et Indulgentiam, Couverte nos, Deus et Deus, in adjutorium, et ne revient à sa stalle, comme aux autres Heures, qu'après le Glo­ria Patri.

6. Au petit office de la sainte Vierge, la semai­nière dit tout de sa place, excepté le commence­ment de celles des Heures qui se récitent immédia­tement après les Heures correspondantes du grand office; ainsi elle ne quitte le milieu du choeur à la fin des Complies du jour qu'après avoir commencé les Complies de la sainte Vierge; elle fait de même à Prime, Tierce, Sexte et None.

7. Elle ne dit à haute voix les premiers mots du Pater et du Credo que lorsque le bréviaire mar­que qu'il faut dire de même les derniers, Et ne nos inducas in tentationem, Carnis resurrectio- nem; elle attend, pour reprendre ces derniers mots, le signe de la Prieure. Elle dit tout haut le Pater en entier aux preces de Vêpres et de Laudes, quand le bréviaire l'ordonne.

8. Lorsqu'elle dit une oraison hors de l'office, elle la termine par la petite conclusion : Per Christum Dominum nostrum, Qui vivis et regnas Deus, si le contraire n'est expressément marqué comme au grand Salve des samedis.

9.  Elle doit donner au chœur un ton juste et mesuré, qui ne soit ni trop haut ni trop bas, mais

médiocre, et qui puisse généralement convenir à toutes les voix.

 

CHAPITRE V

Des chantres.

1. Les chantres ont, comme la semainière, des stalles assignées en face de leurs marques. Lors­qu'il y a quatre chantres, les sous-chantres se pla­cent aux stalles immédiatement au-dessous des chantres.

2.  Les charges principales des chantres à l'of­fice sont de commencer l'Invitatoire et de dire le Venite, d'annoncer les hymnes de Vêpres, Ma­tines et Laudes, de commencer celles des petites Heures et des Compiles, enfin d'annoncer les an­tiennes, de les relever si telle est la coutume, et de commencer les psaumes.

3.  Elles disent, le premier Invitatoire et le psaume Venite ensemble au milieu du chœur; elles quit­tent leurs marques après le Sicut erat, laissant le chœur répéter l'Invitatoire. Au petit office de la sainte Vierge, la première chantre dit tout à sa stalle.

4.  Les chantres annoncent les antiennes selon l'ordre et la manière indiqués au chapitre III, pre­nant garde de ne pas tourner le dos au Saint-Sa­crement en annonçant l'antienne, de ne pas l'an­noncer avant que le chœur ait achevé ce qui précède, de le faire d'une voix médiocre qui puisse être entendue des Sœurs les plus proches et non de tout le chœur, et enfin de ne pas commencer le psaume en marchant.

5.  A l'office des Morts, elles disent le Venite au milieu du chœur comme à l'office canonial, mais elles n'annoncent pas les antiennes ; elles les com­mencent elles-mêmes si l'office est double, et les laissent commencer par les versiculaires si l'office est semi-double.

6. Au petit office de la sainte Vierge, les chan­tres annoncent les antiennes comme à l'office ca­nonial, mais elles font tout le reste de leur office à leurs places.

7. Lorsqu'un psaume a son antienne, il est commencé par la chantre du côté du chœur où cette antienne a été dite. Si plusieurs psaumes sont sous la même antienne, le premier est commencé par la chantre qui a annoncé l'antienne, les autres psaumes sont commencés par la chantre de celui des deux chœurs auquel revient le premier verset. On ne comprend pas sous cette règle les psaumes de Laudes, Deus misereatur nostri, Cantate Do­mino,, Laudate Dominum in sanctis ejus, qui se disent comme s'ils ne faisaient qu'un avec celui qui les précède.

8. Les chantres entonnent la moitié du premier verset des psaumes jusqu'à la pause; mais si les premiers mots de l'antienne aux semi-doubles, ou l'antienne entière aux jours doubles, sont sembla­bles aux premiers mots ou au premier verset du psaume, les chantres ne commencent le psaume que là où l'antienne finit.

9. Lorsqu'elles entonnent une hymne, elles di­sent les deux premiers vers; lorsqu'elles l'annon­cent, elles ne disent que le premier vers ou seule­ment les premiers mots.

 

CHAPITRE VI

Des versiculaires.

1. Les versiculaires ont aussi des places fixes, au-dessous des chantres, aux stalles directement placées en face de leurs marques. S'il fallait, par exception, les mettre à des stalles plus près de la grille, elles devraient toujours être en face l'une de l'autre.

2. Elles disent les versets, comme leur nom l'in­dique, savoir : ceux des nocturnes, des hymnes, des répons brefs, des mémoires, de l'antienne finale de la sainte Vierge et des mémoires de dé­votion; les autres sont réservés à la semainière.

3. Elles commencent aussi, chacune de leur côté, les antiennes des offices des Morts lorsqu'ils sont semi-doubles.

4. Elles disent les versets ensemble au milieu du chœur, à la réserve de ceux des nocturnes qu'elles ne disent ainsi qu'aux fêtes de Noël, de Pâques et de la Pentecôte, et aux trois jours des Ténèbres; aux autres jours, la première versiculaire les dit seule à sa stalle.

5. Elles sortent de leurs stalles et se rendent sur leurs marques : 1° pour les répons brefs, quand la semainière commence le chapitre qui les précède ; 2° pour les versets qui suivent les hymnes, au com­mencement de la dernière strophe ou doxologie, ou si la doxologie demande l'inclination, pendant l'avant-dernière strophe; 3° pour ceux des mé­moires, au commencement de la première antienne; 4° pour le verset de l'antienne finale de la sainte Vierge, vers la fin de cette antienne; 5° pour celui des nocturnes, à la répétition de la dernière antienne.

6. Elles doivent être attentives à faire dans les versets les changements demandés par le temps et les fêtes, et d'ajouter les Alléluia aux versets et aux répons brefs lorsque les rubriques le prescri­vent. Il faut remarquer qu'à la fête et dans l'octave de l'Immaculée Conception, on dit à Prime Qui natus es au lieu de Qui venturus es, et que, bien qu'on ajoute des Alléluia aux répons brefs de Tierce, Sexte et None des fêtes de Notre-Seigneur, on ne le fait pas à l'office du Saint-Sacrement que l'on récite aux jeudis vacants, parce que c'est un office votif.

7.  Au petit office de la sainte Vierge et aux mé­moires de dévotion, la première versiculaire dit tout de sa place.

 

CHAPITRE VII

Des lectrices des leçons.

1. L'ordre des lectrices se prend en allant des plus jeunes aux plus anciennes, c'est-à-dire que les plus jeunes de celles qui doivent lire les leçons lisent les premières et les plus anciennes les der­nières.

2.  A l'office de neuf leçons des fêtes ordinaires la plus jeune lectrice du côté de la semainière dit la première leçon, la plus jeune du côté opposé lui succède, et ainsi de suite pour les deux premiers nocturnes. Aux fêtes de première et de seconde classe et pendant l'octave de Noël, ce sont les Reli­gieuses anciennes qui disent les leçons dans ce même ordre. Au troisième nocturne, c'est toujours la première chantre qui lit la septième leçon, la seconde chantre la huitième et la semainière la neuvième.

3. Aux offices de trois leçons, ce sont les chan­tres et la semainière qui disent ces leçons s'il y a un évangile, et les trois plus jeunes Religieuses, s'il n'y en a pas.

4. A tous les offices, même au petit office de la sainte Vierge, les lectrices lisent les leçons au mi­lieu du chœur, sur la marque de la semainière.

5. Elles se rendent sur les marques comme il suit : pour la première leçon de chaque nocturne, à ces mots du Pater : Et ne nos inducas in tentationem; pour les autres, au commencement du répons de la leçon précédente.

6. La lectrice, après avoir fait au milieu du chœur la génuflexion et les saluts ordinaires, reste tournée vers le Saint-Sacrement jusqu'au moment de demander la bénédiction; alors, se tournant vers la semainière, elle s'incline profondément, les mains toujours sous le scapulaire, et dit : Jube, Domne, benedicere. Elle demeure ainsi jusqu'à ce que la semainière ayant donné la bénédiction, le chœur réponde Amen; puis, ouvrant son livre, elle commence la leçon posément et à voix haute, claire et distincte, observant la ponctuation et les accents, afin qu'on puisse non seulement l'entendre distinctement, mais encore suivre le sens de ses paroles. Elle doit être attentive à prendre le ton ordinaire du chœur ou, si elle ne le peut, à s'en rapprocher le plus possible. Il est à souhaiter que, tout en donnant sa voix, elle la modère de telle sorte qu'elle puisse entendre si elle est reprise; en ce cas, elle s'arrête, se reprend, puis continue sa lecture et ne baise la terre qu'après avoir dit le ver­set du répons.

7. A la fin de sa leçon, elle dit : Tu autem, Do­mine, miserere nobis, et fait en même temps la

génuflexion.

8. Pendant que le chœur répond Deo gratias et commence le répons, la lectrice se retire sur la marque de la chantre de son côté pour y dire le verset, et laisser la place de la semainière à la lectrice qui doit lire la leçon suivante.

9. Lorsque la semainière dit la neuvième leçon, elle demande la bénédiction à la Prieure, à son défaut à la Sous-Prieure, en l'absence de toutes deux, à la plus ancienne du chœur.

 

CHAPITRE VIII

De la lectrice du martyrologe.

1. La lectrice du martyrologe quitte sa stalle lorsque la semainière dit le Domine, exaudi ora- iionem meam qui suit la première oraison de Prime ; elle se rend au milieu du chœur sur la marque de la semainière.

2.  Elle ne demande pas la bénédiction avant de commencer la lecture, mais elle garde les règles prescrites aux autres lectrices, apportant même une préparation et une attention plus grandes à celte lecture, car le martyrologe a des rubriques plus nombreuses et une prononciation plus diffi­cile.

3.  Elle termine sa lecture par ces mots : Et alibi aliorum, etc., et le chœur répond Deo gratias.

4.  La lectrice ayant fait la génuflexion et les saluts ordinaires, la semainière revient sur la marque au milieu du chœur.

5. On parlera au chapitre premier du livre sui­vant de la cérémonie particulière au martyrologe la veille de Noël.

6. La lectrice du martyrologe doit lire aussi les leçons brèves de Prime et de Complies. A Prime, vers la fin de l'oraison Dirigere et sanctificare, et à Complies aussitôt que l'on a donné le signe de commencer, elle se rend sur la marque de versiculaire de son côté, et après avoir fait la génu­flexion et les saluts ordinaires, elle s'incline profondément vers la semainière, en disant : Jube, Domne, benedicere ; après avoir reçu la bénédic­tion, elle se relève, fait sa lecture et la termine comme celle des leçons de Matines.

 

CHAPITRE IX

Quelques règles pour les officières.

1. Les officières entrent dans l'exercice de leurs charges le samedi à Vêpres, excepté en Carême, parce que la table des offices ne se lit qu'après Vêpres.

2. Elles doivent apporter une attention spéciale à prévoir ce qui est de leur office, et se rendre sur leurs marques assez tôt pour n'avoir ni à faire attendre le chœur, ni à commencer en marchant.

3. Elles portent toujours leur livre sous leur scapulaire.

4.  Lorsque deux ou plusieurs exercent ensemble un même office, elles font avec accord leurs génu­flexions et inclinations.

5. Elles ne doivent rien dire par cœur et s'effor­cer de remplir ce qui est de leur charge avec une grande exactitude.

6. Elles sont tournées vers le Saint-Sacrement pour tout ce qu'elles doivent dire de leur office; elles ne font d'inclination après l'avoir achevé que si elles doivent se retourner en chœur; de même, lorsqu'elles disent quelque chose au milieu du chœur, elles ne font pas ensuite d'inclination, mais seulement la génuflexion et les saluts ordinaires avant de retourner à leurs stalles.

7. En l'absence de l'une des officières du chœur, celle qui a exercé le même office la semaine précé­dente la remplace; ce doit être celle qui est du même côté pour n'avoir pas à passer d'un chœur à l'autre. Pour le même motif, la semainière n'est pas remplacée par celle de la semaine précédente, mais parcelle de l'avant-dernière semaine.

8. Si une officière était au chœur, mais qu'elle ne pût remplir son office ou qu'elle dût sortir du chœur, elle prierait celle qui l'a précédée de la remplacer, l'en prévenant par une demi-inclina­tion. Si cette Sœur n'était pas elle-même au chœur, l'officière baiserait son scapulaire devant la Prieure pour demander permission d'en prévenir la Sous- Prieure, ou si celle-ci était absente, elle avertirait la Prieure elle-même afin qu'elle désignât une Sœur qui la remplaçât dans son office.

CHAPITRE X

Des jours où la Prieure, la Sous-Prieure et les anciennes font l'office par dignité et de ce qu'il faut alors observer.

1. La Prieure fait l'office depuis les premières Vêpres jusqu'après les Complies du jour, aux fêtes de Noël, de l'Épiphanie, de Pâques, de l'Ascension, de la Pentecôte, de la sainte Trinité, du Saint- Sacrement, du Sacré-Cœur, de la Dédicace de l'Église, de l'Immaculée-Conception, de la Nativité, de la Purification, de l'Annonciation et de l'As­somption de la sainte Vierge, à la solennité de Notre-Dame du Mont-Carmel, à la Nativité de saint Jean-Baptiste, aux fêtes de saint Joseph, de saint Pierre et saint Paul, de tous les Saints, de sainte Thérèse, de saint Élie, de saint Jean de la Croix, du patronage de saint Joseph, enfin du patron ou titulaire, du patron du diocèse, et en règle générale à toutes les fêtes de première classe.

2. Elle fait encore semainière la veille de Noël à Prime, les trois derniers jours de la semaine sainte, le jour de la Commémoration des Morts et aux autres offices solennels des Morts indiqués au livre suivant, chapitre xxi.

3. Lorsque la Prieure fait l'office, elle observe les mêmes règles que les autres semainières, excepté ce qui suit : 1° elle a quatre chantres spéciales ; 2° ces quatre chantres l'accompagnent au milieu du chœur pour Vêpres, Matines et Laudes, et deux seulement pour les autres Heures; 3° elle dit au milieu du chœur les premières antiennes de Vêpres, de Laudes et de Complies et ne le quitte qu'avec les chantres, après que celles-ci ont commencé le psaume; 4° elle dit encore au milieu du chœur les chapitres de Vêpres et de Laudes, ainsi que le com­mencement de l'hymne qui les suit; 5° après avoir commencé Prime, Tierce, Sexte et None, elle ne quille le milieu du chœur qu'avec les chantres, après que celles-ci ont commencé l'hymne.

4. Les chantres qui accompagnent la Prieure quittent leurs stalles en même temps qu'elle, la devancent d'un pas égal et, étant sur les marques, font avec elle la génuflexion et les saluts ordinaires. Elles demeurent au milieu du chœur autant que la Prieure, lui annoncent là l'antienne ou l'hymne, commencent le psaume, puis se retirent avec elle. A Complies seulement, après le Pater, l'Ave et le Credo, elles font la génuflexion et se retirent à leurs stalles, laissant la Prieure seule pour donner l'eau bénite.

5. Les deux ou quatre chantres disent ensemble au milieu du chœur ce qu'elles doivent y com­mencer; ce sont elles qui disent Benedicamus Domino ou Requiescant in pace à Vêpres et à Laudes. Ce qu'elles entonnent à leurs stalles est commencé par la chantre et la sous-chantre du

même côté pour Vêpres, Matines et Laudes, et par la chantre seule aux petites Heures et aux Com­plies.

6.  Les versiculaires ne sont jamais que deux ; la première dit seule à sa stalle les versets des noc­turnes, excepté aux fêtes de Noël, de Pâques, de la Pentecôte et aux trois jours des Ténèbres, où les deux versiculaires disent ensemble ces versets sur leurs marques.

7. Les antiennes et les leçons sont dites par les anciennes Religieuses. La Prieure lit la neuvième leçon, elle prend la bénédiction de la Sous-Prieure ou en son absence de la plus ancienne. Le chœur se tient debout pendant qu'elle lit sa leçon.

8. Les versets des répons sont dits par deux Sœurs; lorsqu'une leçon est terminée, la lectrice qui doit lire la leçon suivante se rend promptement près de celle qui a lu la leçon précédente, et toutes deux disent ensemble sur les marques des chantres le verset du répons. Lorsque la dernière leçon est suivie d'un répons, les chantres qui ac­compagnent celle qui a dit la neuvième leçon disent au milieu du chœur les versets de ce répons.

9.  Si une novice non professe était en semaine pour le martyrologe, elle en remettrait la lecture à la professe qui l'a précédée.

10. Lorsque la Prieure est absente, la Sous- Prieure, ou à son défaut la plus ancienne ayant une voix suffisante, la remplace comme semainière, et l'on observe pour celle qui supplée les mêmes cérémonies que pour la Prieure; toutefois, si c'est la Sous-Prieure, elle ne change pas de place, et si c'est une Sœur ancienne, elle prend la place ordi­naire des semainières.

      11. La Sous-Prieure fait l'office de semainière à son tour comme les autres Religieuses, et alors tout se passe comme pour les autres semainières. Lors­qu'elle remplit cette fonction par dignité, le len­demain de Noël, de Pâques et de la Pentecôte, elle a pour chantres à toutes les Heures de l'office deux Sœurs anciennes qui l'accompagnent en observant les mêmes cérémonies que pour la Prieure ; les lec­trices disent à deux les versets des répons.

       12. Avant de dire sa leçon, elle prend la béné­diction de la Prieure ou, à son défaut, de la plus ancienne du chœur.

       13. Lorsqu'elle est absente, la Sœur la plus an­cienne la remplace, et l'on observe envers celle-ci tout ce que l'on observerait envers la Sous-Prieure.

       14.  Les Sœurs anciennes font l'office pendant les octaves de Pâques, de la Pentecôte et de Noël, chacune selon son rang, commençant à Matines par la plus ancienne du côté de la Prieure, puis du côté de la Sous-Prieure, et ainsi successivement d'un chœur à l'autre. Elles ont deux chantres choisies parmi les plus anciennes, mais au-dessous d'elles autant que c'est possible, et elles n'en sont pas accompagnées lorsqu'elles vont au milieu du chœur.

 

RECAPITULATION DU TROISIÈME ET DU QUATRIÈME LIVRE

 

§ I. — DES CÉRÉMONIES POUR L'OFFICE

A Matines.

      1. La Prieure ayant donné le signe de com­mencer l'office, toutes les Sœurs font les signes de croix, en disant : Per signum Crucis, ln nomine Patris, et baisent la terre; elles se lèvent, se tournent en chœur et s'inclinent profon­dément pour dire Pater, Ave, Credo.

2.La semainière, après avoir baisé la terre, se rend sur sa marque, fait la génuflexion et les sa- luts au chœur, et dit ces mêmes prières tournée vers le Saint-Sacrement et profondément inclinée.

3. Au signe de la Prieure, elle se redresse et les Sœurs se tournent vers le Saint-Sacrement.

4. Elle dit Domine, labia mea aperies, en faisant avec le pouce le signe de la croix sur les lèvres. Le chœur fait le même signe.

5. Elle dit. Deus, in adjutorium en faisant le signe ordinaire de la croix ; les sœurs font le même signe. Elles s’inclinent profondément pendant le Gloria Patri et demeurent tournées en choeurtout le temps de Matines.

6.  Au Sicut erat, les chantres vont sur leurs marques; elles se saluent mutuellement, font la génuflexion, puis disent l'Invitatoire et le Venite.

7.  La semainière, ayant fait la génuflexion et les saluts ordinaires, revient à sa stalle.

8. A ces mots du Venite : Venite adoremus et procidamus ante Deum, tout le chœur se met à genoux et se relève avant ploremus.

9. Après le Sicut erat, les deux chantres se sa­luent mutuellement, font la génuflexion et quittent leurs marques. La première chantre se rend devant la semainière; quand l'Invitatoire est terminé, toutes deux se saluent, la chantre annonce le com­mencement de l'hymne et la semainière l'entonne; elles se saluent mutuellement de nouveau, et la chantre retourne à sa stalle. Le chœur continue l'hymne; quand elle est achevée, la première chantre annonce l'antienne à la semainière de la même manière qu'elle a annoncé l'hymne; lorsque l'antienne est dite ou entonnée, selon le rit de la fête, elle commence le psaume. Après le psaume, le chœur répète l'antienne qui est relevée par la chantre, si telle est la coutume.

10. La chantre du second chœur annonce la seconde antienne avec les mêmes cérémonies et suivant l'ordre indiqué au chapitre III, puis elle commence le psaume.

11. La chantre du premier chœur fait de même pour la troisième antienne et le troisième psaume.

12. Après la répétition de la troisième antienne, la première versiculaire dit le verset à sa stalle et le chœur répond.

13. La semainière dit à haute voix Pater noster, que le chœur profondément incliné continue à voix basse; au signe de celle qui préside, elle dit : Et ne nos inducas, etc. En même temps, la lec­trice de la première leçon, portant son livre sous son scapulaire, se rend sur la marque et fait la génuflexion et les saluts au chœur.

14. La semainière ayant dit l'absolution Exaudi, la lectrice se tourne vers elle, s'incline profon­dément et dit : Jube, Domne, benedicere. La semainière donne la bénédiction, à laquelle les Sœurs répondent Amen, puis elles s'asseyent.

13. La lectrice lit la leçon, qu'elle termine par ces mots : Tu autem, Domine, miserere nobis, faisant en même temps la génuflexion. Le chœur se lève, répond Deo gratias et commence le répons.

16. Après la génuflexion, la lectrice se rend sur la marque de chantre de son côté, et la lectrice de la leçon suivante lui succède sur la marque de la semainière ; celle qui a lu la leçon dit le verset du répons, fait ensuite la génuflexion et les saluts au chœur et revient à sa stalle.

17. On fait de même pour les autres leçons; à la troisième, la lectrice dit de plus le Gloria Pa- tri du répons. Elle reste sur la marque de semai­nière pour le répons, puisqu'il n'y a pas de lectrice qui lui succède.

18. On suit le même ordre aux deux autres nocturnes, avec cette différence qu'au second nocturne, le premier et le troisième psaume avec leur an­tienne sont commencés par le second chœur. La quatrième et la sixième leçon sont dites également par des lectrices du second chœur. Au troisième nocturne, la septième leçon est dite par la pre­mière chantre, la huitième par la seconde, la neu­vième par la semainière, qui prend la bénédiction de la Prieure ou, en son absence, de la Sous-Prieure.

19. Après avoir achevé sa leçon, la semainière commencé le Te Deum, puis revient à sa stalle. Tout le chœur se met à genoux durant le verset Te ergo quaesumus.

20. Pendant qu'on dit le Te Deum, on sonne la grosse cloche.

21. S'il n'y avait que trois leçons à Matines, ces trois leçons seraient lues par les chantres et la semainière s'il y avait un évangile, sinon par les trois plus jeunes Sœurs.

22. A la fin du Te Deum, la semainière retourne sur la marque et dit Deus, in adjutorium, comme à Matines.

23. Tout le chœur se tourne vers le Saint-Sacre­ment jusqu'au Gloria Patri; au Sicut erat, la semainière revient à sa stalle, où la première chan­tre lui annonce la première antienne; elle l'en­tonne et le chœur la poursuit, puis la même chantre entonne le premier psaume; la seconde chantre annonce de même la seconde antienne et commence le psaume, et ainsi de suite d'un chœur à l'autre. On dit le psaume Deus misereatur nostri comme s'il ne faisait qu'un avec celui qui le précède ; on fait de même pour les psaumes Cantate Domino canticum novum et Laudate Dominum in sanctis ejus que l'on réunit au Laudate Dominum de cœlis. On fait l'inclination profonde à ces mots du Benedicite : Benedicamus Patrem et Filium cum Sancto Spiritu; on se relève avant Laudemus.

24. Après la répétition de la cinquième antienne, la semainière dit le chapitre à sa stalle ; pendant ce chapitre, les Sœurs se tournent vers le Saint-Sacre­ment; puis, ayant répondu Deo gratias, elles font une demi-inclination et se retournent en chœur.

25. La première chantre annonce à la semai­nière le commencement de l'hymne; celle-ci étant entonnée, le chœur la poursuit.

26. A la dernière strophe, les versiculaires vont sur leurs marques, se saluent mutuellement, font la génuflexion et disent le verset; ensuite elles font la génuflexion, se saluent mutuellement et retournent à leurs places.

27. Le chœur ayant répondu, la première chan­tre annonce l'antienne de Benedictus à la semai­nière.

28. Lorsque l'antienne est dite ou entonnée, selon le rit de la fête, la chantre commence le Benedictus. Tout le chœur fait le signe de la croix.

29. A la fin du Benedictus, la semainière se rend sur sa marque; elle dit Domine, exaudiet l'oraison, s'inclinant au mot Oremus, au nom du saint et à Jesum Christum.

30. Pendant cette oraison, le chœur est profon­dément incliné; il se redresse au Per omnia.

31. S'il y a des mémoires, tout le chœur se tourne vers le Saint-Sacrement; la première chan­tre commence les antiennes à sa stalle, les deux versiculaires disent les versets sur leurs marques, et la semainière dit les oraisons également sur sa marque.

32. Après ces mémoires, ou, s'il n'y en a pas, après l'oraison, la semainière dit les versets Domine, exaudi et Beneclicamus Domino, puis, d'un ton plus bas, Fidelium animae.

33. On dit le Pater tout bas et profondément incliné ; au signe on se relève, la semainière dit d'un ton bas : Dominus det nobis suam pacem; puis, joignant les mains sur le scapulaire, elle commence l'antienne à la sainte Vierge du même ton que le reste de l'office et s'incline en l'enton­nant; en même temps, toutes les Sœurs se tour­nent vers le Saint-Sacrement, se tiennent debout ou à genoux selon le temps, et joignent les mains sur le scapulaire. Si l'on dit l'antienne debout, on s'incline aux premiers mots; si on la dit à genoux, la semainière ne prend cette attitude qu'après l'intonation.

34. Vers la fin de l'antienne, les versiculaires se rendent sur les marques pour dire le verset.

35. La semainière, toujours sur la marque, dit l'oraison debout en faisant les inclinations accou­tumées; elle dit ensuite d'un ton plus bas Divinum auxilium et revient à sa stalle.

36. On dit alors les mémoires de dévotion plus légèrement et d'un ton plus bas que le reste de l'office; toutes les Sœurs, même les officières, les disent à genoux aux stalles.

   37. La Prieure ayant donné le signe de com­mencer Prime, on fait les signes de croix et on baise la terre; puis on dit Pater, Ave, Credo, debout et profondément incliné, la semainière sur sa marque et les Sœurs aux stalles.

38. Au second signe, la semainière se relève et le chœur se tourne vers le Saint-Sacrement.

39. La semainière dit Deus, in adjutorium en faisant le signe de la croix, le chœur fait le même signe et lui répond ; on se retourne en chœur pour le Gloria Patri.

40. Au Sicut erat, la semainière revient à sa stalle; ensuite la première chantre entonne les deux premières lignes de l'hymne, que les chœurs poursuivent alternativement. Quand l'hymne est finie, la première chantre annonce l'antienne à la semainière, celle-ci l'entonne et la première chantre commence le premier psaume ; les autres psaumes sont commencés par la chantre du côté du chœur auquel revient le premier verset.

41. Après les psaumes ou le Quicumque, le chœur répète l'antienne.

42. La semainière dit le chapitre; en même temps les chœurs se tournent vers le Saint-Sacre­ment et les versiculaires se rendent sur leurs marques.

43. Après le chapitre, elles disent le répons bref; elles font la demi-inclination au Gloria Patri, pendant lequel les chœurs se tournent l'un vers l'autre pour s'incliner profondément; ils se retournent aussitôt après vers le Saint-Sa­crement.

44. Vers la fin du répons bref, la semainière se rend sur sa marque.

45. Quand il y a des preces, si on les dit à ge­noux, les chœurs se tiennent tournés vers le Saint- Sacrement pendant toute leur durée, [se tournant pourtant à demi en chœur pendant le Confiteor et le Misereatur;] si on les dit debout, on se retourne en chœur pendant les Pater, Ave, Credo, Confiteor, Misereatur et Indulgentiam.

46. La semainière dit ensuite l'oraison, pendant laquelle le chœur s'incline profondément. Après le Benedicamus Domino, elle revient à sa stalle et la lectrice du martyrologe la remplace sur sa marque.

47. Lorsqu'on commence la lecture du marty­rologe, le chœur s'assied, à la réserve des fêtes indiquées au livre III, chapitre x. La lecture étant terminée, le chœur se lève et répond Deo gratias. La lectrice revient à sa stalle et la semainière retourne sur sa marque.

48. A ces paroles : Pretiosa, etc., les Sœurs se tournent vers le Saint-Sacrement; au Gloria Pa- tri, elles se retournent en chœur et restent ainsi jusqu'à : Et ne nos inducas in tentationem. Elles se tournent alors vers le Saint-Sacrement, se re­tournent en chœur pour le second Gloria Patri, puis de nouveau vers le Saint-Sacrement jusqu'à la fin de Prime.

49. Vers la fin de la dernière oraison, la lec­trice du martyrologe se rend sur la marque de versiculaire de son côté. Lorsque l'oraison est terminée, elle s'incline profondément vers la se­mainière, en disant : Jube, Domne benedicere. La semainière donne la bénédiction; la lectrice se relève, se tourne vers le Saint-Sacrement, lit la leçon brève, fait la génuflexion en disant Tu autem, salue les deux côtés du chœur et retourne à sa stalle.

50. La semainière achève Prime. Toutes les Sœurs font avec elle le signe de la croix à Adjutorium nostrum et une seconde fois à Dominus nos benedicat. Ensuite elles se retournent en chœur pour dire le Pater et l'Ave de Tierce.

51. On suit à Tierce le même ordre qu'à Prime, Sexte et None, moins les preces qui ne se disent qu’aux fêtes et toujours à genoux; après le répons bref, la semainière dit Domine, exaudi, puis l'oraison du jour pendant laquelle le chœur s'incline pro­fondément; elle dit ensuite : Domine, exaudi; Benedicamus Domino; puis, d'un ton plus bas, Fidelium animae.

     52. On fait de même à Sexte et à None.

53. On dit l'antienne de la sainte Vierge comme à Laudes, à la fin de l'Heure par laquelle on ter­mine l'office.

    54. A Vêpres, on suit le même ordre qu'à Laudes; on fait le signe de la croix au commence­ment du Magnificat.

     55. A Complies, après qu'on a donné le signe, fait les signes de croix et baisé la terre, la semai­nière se rend sur sa marque et la lectrice du mar­tyrologe sur celle de versiculaire de son côté; la lectrice se tourne vers la semainière, s'incline pro­fondément et dit : jube, domne, benedicere. La semainière dit la bénédiction et, le chœur ayant répondu amen, la lectrice se relève, se tourne vers le Saint-Sacrement, lit la leçon brève comme à prime et retourne à sa stalle; la semainière dit adjutorium nostrum en faisant avec tout le chœur le signe de la croix. Le chœur ayant répondu, on s'incline profondément pour dire le pater.

     56. Au signe de celle qui préside, la semainière, profondément inclinée, récite le Conflteor; le chœur reprend Misereatur, après lequel elle se relève.

57. Le chœur, profondément incliné, répète le Confiteor; il se relève après que la semainière a dit Misereatur.

58. La semainière dit Indulgentiam, pendant lequel elle fait le signe de la croix ainsi que tout le chœur.

59. Elle dit Converte nos, en faisant avec le pouce sur le scapulaire le signe de la croix à l'en­droit du cœur.

60. En même temps, tout le chœur se tourne vers le Saint-Sacrement et fait le même signe de croix.

61. La semainière dit Deus, in adjutorium comme aux autres Heures; on se retourne égale­ment en chœur pour dire le Gloria Patri; au Sicut erat, elle revient à sa stalle où la première chantre lui annonce l'antienne; celle-ci étant entonnée, la première chantre commence le pre­mier psaume, puis tous ceux qui suivent; après la répétition de l'antienne, elle entonne l'hymne.

62. La semainière dit ensuite le chapitre à sa stalle, et les versiculaires se rendent sur leurs marques où elles disent le répons bref comme aux petites Heures, puis elles reviennent à leurs stalles.

63. La première chantre annonce l'antienne du Nunc dimittis à la semainière; celle-ci l'ayant entonnée, la chantre commence le cantique. Tout le chœur fait le signe de la croix.

64. A la répétition de l'antienne, la semainière se rend sur la marque; s'il y a des preces, elle les dit comme à Prime, sinon elle dit l'oraison pen­dant laquelle le chœur s'incline profondément.

65. Lorsqu'elle dit le verset Benedicat, elle fait comme tout le chœur le signe de la croix.

66. Les Religieuses disent l'antienne de la sainte Vierge comme aux autres Heures, observant ce­pendant de rester tournées en chœur lorsqu'elle doit se dire à genoux. On garde pendant le Pater, l'Ave et le Credo l'attitude que l'on avait durant l'antienne, mais en s'inclinant profondément si on les dit debout.

67. La semainière donne ensuite l'eau bénite, comme il est indiqué au chapitre iv du livre VI; puis on se tourne vers le Saint-Sacrement pour réciter le Sacrosanctœ, après lequel on dit la mémoire de sainte Madeleine.

§ II. — DES DIVERS DEGRÉS DE SOLENNITÉ.

1. Aux féries, aux dimanches, même de pre­mière classe, et aux fêtes au-dessous de la deuxième classe, les plus jeunes Religieuses en­tonnent les antiennes et disent les leçons de Matines, à l'exception de celles clu troisième nocturne, qui sont toujours réservées aux chantres et à la semainière.

2. Lorsqu'il n'y a que trois leçons à l'office, s'il y a un évangile, ce sont les chantres et la semai­nière qui les disent; sinon ce sont les trois plus jeunes Religieuses du chœur.

3. Aux fêtes de deuxième classe, ce sont les Sœurs anciennes qui disent les leçons et les an­tiennes. On chante le Te Deum à Matines; on chante aussi la Messe.

4. Aux fêtes de deuxième classe avec octave, les Religieuses portent les manteaux pour la Messe et pour toutes les Heures, excepté pour Complies.

5. On sonne trois coups pour Vêpres et pour Matines.

6. Les Sœurs anciennes disent les antiennes et les leçons.

7. La Prieure fait quelquefois l'office. (Voyez le chapitre x du livre IV.)

8. On chante les premières et les deuxièmes Vêpres, None et la Messe. A Complies, on ne chante que l'antienne à la sainte Vierge; à Ma­tines, le Domine, labia mea, le Deus, in adjuto­rium,, le Venite, l'hymne et le Te Deum; à Laudes, seulement si la Prieure fait l'office, on chante de­puis le chapitre jusqu'à la fin.

9. Aux fêtes de première classe, on observe les mêmes cérémonies que pour les fêtes de deuxième classe avec octave, mais la Prieure fait toujours l'office; de plus, on allume quatre cierges sur l'au­tel clu chœur pendant Vêpres, Matines et Laudes.

10. Aux fêtes de Notre-Dame du Mont-Carmel, de l'Assomption, de la Toussaint, de sainte Thé­rèse, de saint Joseph, du titulaire, on chante les mémoires et l'antienne à la sainte Vierge aux premières et aux deuxièmes Vêpres, et cette même antienne aux Complies pendant toute l'octave.

11. On fait de même aux fêtes de Noël, de Pâques et de la Pentecôte, et de plus on chante entièrement Matines et Laudes; les versiculaires disent à deux sur leurs marques les versets des nocturnes. Les anciennes font l'office pendant l'octave de ces fêtes.

12. Les trois derniers jours de la semaine sainte, on chante Matines et Laudes, et les versi­culaires disent à deux sur leurs marques les versets de Matines.

13. A certains jours, on chante les Complies, comme il est indiqué au chapitre vu, livre III.

 

 

 

 

LIVRE CINQUIEME

DES CÉRÉMONIES DES JOURS SOLENNELS ET DES FÊTES PRINCIPALES DE L'ANNÉE

 

CHAPITRE PREMIER

De l'Avent.

1.      Le premier dimanche de l'Avent, le répons de la première leçon de Matines est d'une forme tout exceptionnelle; les lectrices de la première et de la seconde leçon en disent ensemble les versets.

      2. Le 17 décembre commencent les grandes antiennes appelées "O" [antiennes des jours précédent Noël commençant par un ô admiratif]; elles se terminent le 23 dé­cembre. On les dit avec une solennité particulière. Si l'on fait l'office de la férie, la semainière en­tonne gravement l'antienne "O" du jour, le chœur la poursuit et, après le Magnificat, les deux chantres vont la répéter au milieu du chœur. Si l'on fait l'office d'une fête et que l'antienne ne se dise que comme commémoration, les deux chantres vont la commencer au milieu du chœur.

      3. Si l'on fait de la férie, on sonne la grosse cloche depuis l'intonation de l'antienne avant le Magnificat jusqu'après sa répétition ; si l'on ne fait que mémoire de la férie, on sonne seulement pendant l'antienne, le verset et l'oraison.

4.  La veille de Noël, on chante Prime avec solennité ; la Prieure fait l'office et les Religieuses portent leurs manteaux.

5. La Sous-Prieure chante elle-même le mar­tyrologe, si sa voix le permet; elle est accompagnée au milieu du chœur par quatre jeunes Religieuses qu'elle désigne la veille.

6.  La sacristine étend avant Prime un tapis au milieu du chœur, entre les places des chantres; elle y met un pupitre couvert d'une écharpe vio­lette. Au commencement de Prime, elle donne des cierges aux Sœurs du chœur.

7.  Elle tient prêts à l'avant-chœur quatre cierges blancs plus gros que ceux des autres Sœurs pour celles qui accompagnent la lectrice, et une lampe pour les allumer.

8.  Au commencement du répons bref de Prime, la lectrice du martyrologe et les quatre Sœurs désignées sortent du chœur après avoir fait la génuflexion et les saluts ordinaires; elles vont à l'avant-chœur, où celles qui doivent porter les cierges les prennent et les allument.

      9.  A la fin de la première oraison de Prime, elles entrent au chœur deux à deux par les deux portes, les deux plus jeunes les premières. Toutes quatre se placent sur les marques des chantres; la lectrice qui vient la dernière, portant le mar­tyrologe sous son scapulaire, prend la place de la semainière, qui la lui cède; elles fo nt toutes cinq ensemble la génuflexion et se tiennent debout, tournées vers le Saint-Sacrement; alors la lectrice met sur le pupitre le martyrologe ouvert à l'en­droit qu'elle doit lire, et si elle a besoin de s'éclairer en lisant, la sacristine lui donne un cierge.

10. Elle commence la lecture d'un ton médiocre, faisant l'inflexion de voix à chaque point; elle rehausse un peu la voix à ces paroles : In Bethleem Judœ, et chante d'un ton encore plus élevé ces paroles : Nativitas Domini nostri Jesu Christi secundum carnem.

11. Les Religieuses ont allumé leurs cierges à la fin de l'oraison Domine Deus omnipotens, et la semainière a pris le sien en revenant à sa stalle; toutes se tiennent en silence, debout, jusqu'à ce qu'on commence le martyrologe; alors elles s'as­seyent. A ces mots : Jésus Christus aeternus Deus, elles se lèvent; à ceux-ci : In Bethleem Judae, elles se mettent à genoux, tournées en chœur; à Nati­vitas, toutes se prosternent.

12. La lectrice et celles qui l'accompagnent ne s'agenouillent et ne se prosternent qu'après les paroles : secundum carnem, et ce, vers le Saint- Sacrement. Tout le chœur reste prosterné jusqu'à ce que celle qui préside donne, après une petite pause, le signe de se lever; alors les chœurs se rasseyent jusqu'à la fin du martyrologe, que la lectrice poursuit sur le ton qu'elle avait pris en commençant.

13. Aucune des Religieuses, si elle n'est ma­lade, ne doit manquer d'assister à cette lecture, et elle se prépare à y venir dès qu'on sonne Prime.

 

CHAPITRE II

De la fête de Noël.

1.  La nuit de Noël, on sonne le premier coup de Matines à neuf heures un quart pour commen­cer l'office à neuf heures et demie, employant un quart d'heure à sonner les trois coups à égale dis­tance.

2.  On chante entièrement Matines ; les versicu­laires disent à deux les versets des Nocturnes.

3. La sonnerie du Te Deum tient lieu du pre­mier coup de la Messe de minuit et on tinte le der­nier immédiatement après, se rappelant cepen­dant que la Messe ne doit commencer qu'à minuit sonné.

4.  Aussitôt après la Messe, on chante Laudes, après lesquelles on ne sort pas en procession. Cha­cune reste au chœur selon sa dévotion ou visite l'ermitage où est représentée la crèche, pour y faire oraison et prendre un des billets de l'enfance de Notre-Seigneur que la Prieure y a fait mettre.

5. Les Religieuses prennent cette nuit deux heures de repos, si elles n'ont permission de veil­ler toute la nuit.

6.  Le matin, on chante Prime à six heures, en­suite on assiste à la Messe du point du jour, puis on dit Tierce et Sexte.

7. On chante None avant la Grand’messe du jour.

 

CHAPITRE III

De la fête de l'Epiphanie.

1.  L'Eglise retranche, au commencement de Matines, l'Invitatoire et le Venite; ce psaume se dit au troisième nocturne; les quatre chantres vont alors au milieu du chœur pour chanter l'antienne, puis le psaume. Le chœur répète l'antienne selon l'ordre indiqué par le bréviaire. Aucune rubrique ne prescrit de génuflexion pendant ce psaume.

2.  A la Messe, on fait la génuflexion des deux genoux à ces mots du premier évangile : Et procidentes adoraverunt eum.

 

CHAPITRE IV

De la fête de la Purification de la sainte Vierge.

1.  Selon le Cérémonial des Évêques, si cette fête se rencontre avec un dimanche privilégié de seconde classe, elle est transférée, excepté dans les églises dédiées à la sainte Vierge; mais la bénédiction des Cierges et la procession se font toujours le 2 fé­vrier.

2.  La sacristine prépare les aubes, les amicts et les cordons pour le célébrant et ses ministres; de plus, l'étole et la chape violettes pour le célébrant ou, à défaut de chape, l'étole seulement; enfin l'étole violette pour le diacre.

      3.  Elle fait préparer près de l'autel, du côté de l'épître, une crédence sur laquelle on met les cierges à bénir, le bénitier et l'encensoir. Parmi les cierges doit s'en trouver un de médiocre gros­seur destiné à servir dans l'année aux Sœurs mourantes.

4.  D'après le même Cérémonial des Évêques, on met à l'autel un parement violet, facile à ôter, qu'on place par-dessus le blanc, si l'on doit dire la Messe de la sainte Vierge; on enlève ce parement violet pendant que le célébrant quitte sa chape violette et prend les ornements blancs pour dire la Messe de la fête. Si l'on fait l'office du dimanche, on ne se sert que d'ornements violets.

5.  La sacristine met au chœur, après les Heures, le grand rideau des cérémonies ou quelqu'autre moins grand, mais suffisant pour empêcher que les Religieuses ne soient vues par la grille de com­munion quand elle est ouverte.

6. S'il n'y a que des croix au coin des cloîtres, la Sous-Prieure y fait dresser de petits autels et les orne de tableaux de piété pour les stations de la procession.

7.  Avant la Messe conventuelle, les Sœurs pren­nent leurs manteaux et leurs grands voiles et e­ntrent au chœur à la manière accoutumée. Tout le temps de la bénédiction, elles se tiennent debout, tournées vers le Saint-Sacre­ment. 

8. A cette cérémonie on chante, et l'on emploie quatre chantres.

9.  Lorsque les Religieuses sont assemblées au chœur, le célébrant donne d'abord l'eau bénite si c'est un dimanche, puis il monte à l'autel accompagné de ses ministres pour faire la bénédiction des Cierges.

10. La bénédiction étant faite, il reçoit ou prend un cierge allumé, en donne à ceux qui le servent à l'autel, puis les distribue aux Religieuses par la petite grille de communion.

11. Les Sœurs, en commençant par la Prieure et les plus anciennes, vont recevoir les cierges; elles ont le grand voile baissé, font au prêtre une profonde inclination, se mettent à genoux, reçoi­vent le cierge, le baisent et, s'étant levées, font une seconde inclination avant de se retirer.

12. Quand le prêtre commence à distribuer les cierges, les chantres aux pupitres entonnent l'an­tienne Lumen, que le chœur poursuit; puis elles disent ensemble les versets du Nunc dimittis, et les deux chœurs répètent entre chaque verset l'an­tienne Lumen. L'antienne Exsurge, qui se dit à la fin de la distribution, se chante à la manière de l'introït.

13. On prend soin qu'il y ait successivement des Religieuses qui continuent le chant pendant que d'autres vont recevoir les cierges.

14. Les Sœurs placées à droite du chœur tien­nent leurs cierges de la main gauche, celles qui sont à gauche les tiennent de la main droite. Pen­dant la procession, au contraire, on tient les cierges en dehors des rangs.

15. La distribution achevée et l'oraison dite, les Sœurs se disposent à faire la procession ; le diacre chante : Procedamus in pace: et les Sœurs répon­dent : In nomme Christi, Amen. Alors les quatre chantres commencent l'antienne Adorna thalamum; le chœur la poursuit avec le reste de ce qui est marqué au Manuel, jusqu'à ce que la procession soit revenue à la porte du chœur, à l'entrée duquel les chantres entonnent le répons Obtulerunt pro eo. Le répons fini, on éteint les cierges et l'on chante la Messe.

16. Selon la rubrique du missel et l'ordonnance du Cérémonial des Évêques, on tient de nouveau les cierges allumés pendant l'évangile et depuis la consécration jusqu’après la communion du prêtre, la grille étant fermée et les Sœurs omettant le prosternement ordinaire. La sacristine reprend ensuite les cierges des Sœurs.

17. Si l'on ne dit pas la Messe de la Purification, on n'allume les cierges ni ce jour-là, ni le jour auquel elle se dit.

18. Après les Complies du 2 février, quand même la fête serait transférée, on dit l'antienne Ave Regina cœlorum.

 

CHAPITRE V

Du mercredi des Cendres.

1. La sacristine prépare dans un petit bassin des cendres épurées et bien sèches, faites des ra­meaux bénits de l'année précédente ; elle les passe à la sacristie avec le bénitier et l’aspersoir, l'encen­soir et la navette, une aiguière, un bassin, de la mie de pain et une serviette. Elle prépare encore les aubes, les amicts et les cordons pour le célébrant, le diacre et le sous-diacre; de plus, pour le célébrant, l'étole et la chape violettes; à défaut de chape, l'étole seulement; pour le diacre, l'étole de même couleur. On ne fait point usage de mani­pules ni de dalmatiques.

2. Après la cérémonie, la sacristine jette l'eau et les miettes de pain dans la piscine.

3. A l'intérieur, elle prépare dans le chœur un rideau pour empêcher que les Religieuses ne soient vues par la grille de communion, ainsi qu'elle l'a fait pour la bénédiction des Cierges.

4. Les Sœurs prennent leurs manteaux et leurs grands voiles, entrent au chœur à la manière ac­coutumée et se placent à genoux le long des stalles.

5. Il doit y avoir quatre chantres ; elles vont se placer devant leurs pupitres, derrière le rideau.

6. Lorsque le prêtre est monté à l'autel, on donne le signe de commencer; alors les chantres entonnent l'antienne Exaudi nos, et tout le chœur, se levant, la continue à la façon d'un introït. Les Sœurs demeurent debout aux stalles, tournées vers le Saint-Sacrement, tout le temps de la cérémonie, et répondent au prêtre selon le besoin.

7. Lorsqu'on commence l'imposition des Cen­dres, les chantres entonnent et le chœur poursuit l'antienne Immutemur et les suivantes ; il faut chanter très posément le répons Emendemus, et veiller à ce qu'il n'y ait pas d'interruption dans le chant pendant que les Religieuses vont recevoir les cendres.

8.  Elles se présentent à la grille de communion successivement et par ordre d'ancienneté, font une profonde inclination au célébrant, se mettent à genoux ayant les mains jointes sous le scapulaire et les grands voiles baissés; elles reçoivent les cendres sur la tête, par-dessus le grand voile, et font, après s'être relevées, une seconde inclination au célébrant.

9. Lorsque la distribution des Cendres et l'orai­son Concede sont achevées, on chante la Messe.

 

CHAPITRE VI

Du dimanche et du temps de la Passion.

1.  La sainte Église prescrit que les croix et les images soient voilées durant le temps de la Pas­sion. La sacristine fera donc couvrir les croix et les images de l'église ainsi que la croix de la sacristie des prêtres, avant les Vêpres du samedi qui pré­cède le dimanche de la Passion. Les voiles doivent être de couleur violette.

2.  Pendant ce temps de la Passion, on doit s'abstenir d'orner les autels avec les tableaux des saints.

3.  L'Église omet aussi à l'office les mémoires ordinaires de la sainte Vierge et des saints ; les Religieuses, pour se conformer à cet usage, omet­tront de même les mémoires de dévotion, mais non les litanies de la sainte Vierge.

 

CHAPITRE VII

Du dimanche des Rameaux.

1.  Les cérémonies de la bénédiction des Rameaux sont en beaucoup de points conformes à celles de la Chandeleur; aussi plusieurs des choses prescrites pour la bénédiction des Cierges serviront-elles pour ce chapitre.

2.  On prépare à la sacristie les aubes, les amicts, les cordons et les manipules pour le célébrant, le diacre et le sous-diacre ; de plus, l'étole et la chape violettes pour le célébrant, et l'étole de même cou­leur pour le diacre.

3.  On dispose sur une crédence, près de l'autel, du côté de l'épître, des rameaux en nombre suffi­sant; on y joint le bénitier et l'aspersoir, l'encen­soir et la navette.

4.  La sacristine prépare le rideau devant la grille, et la Sous-Prieure les endroits des stations dans le cloître, comme au jour de la Chandeleur.

5.  Les Religieuses s'assemblent aussi au chœur avant la Messe conventuelle dans le même ordre qu'à la Chandeleur, et l'on commence par donner l'eau bénite.

6.  Lorsque le prêtre, ayant fini l'aspersion, est revenu à l'autel, les quatre chantres entonnent aux pupitres l'antienne Hosanna Filio David.

7.  Les Sœurs se tiennent aux stalles, debout, tournées vers le Saint-Sacrement, excepté pendant l'épître où elles sont assises; elles poursuivent ce que les chantres ont commencé et répondent au prêtre.

8. Après l'épître, les quatre chantres commen­cent l'un des deux graduels Collegerunt ou In monte Oliveti; elles disent seules le verset, com­mencent 1e Sanctus, et disent seules encore le ver­set Benedictus.

9. Lorsque la bénédiction est terminée et que le prêtre a reçu ou pris un rameau, les chantres commencent l'antienne Pueri Hebraeorum et la suivante, qui sont répétées par le chœur et poursui­vies jusqu'à ce que la distribution soit terminée. On veille à ce qu'il n'y ait pas d'interruption dans le chant pendant la distribution.

10. Les Religieuses reçoivent les rameaux et les portent à la procession avec les mêmes cérémonies qu'elles reçoivent et portent les cierges bénits à la Chandeleur.

11. Quand le prêtre a dit la dernière oraison, elles se disposent à faire la procession. La croix de procession doit être couverte d'un voile violet; on y attache un rameau avec un ruban violet.

12. Les chantres commencent pour la proces­sion l'antienne Cum appropinquaret et les sui­vantes, marquées au missel et au Manuel. Elles les disent toutes ou en partie, suivant le nombre des stations ordonnées et la disposition des lieux.

13. La dernière station se fait toujours à celle des portes du chœur par laquelle la procession doit entrer et, s'il y en a une près de la grande grille où l'on puisse faire convenablement la cérémonie, on la choisit de préférence afin qu'on puisse entendre de l'église le chant de l'hymne Gloria, laus.

14. Avant que la procession s'approche de la porte, deux Sœurs choisies par la Sous-Prieure comme ayant meilleure voix, se détachent de la procession et la devancent pour entrer seules au chœur dont elles ferment la porte; elles se tiennent en silence près de cette porte jusqu'à ce que la procession soit rangée de l'autre côté comme il suit :

15. La porte-croix, ayant à ses côtés les Sœurs qui portent les chandeliers, se place devant la porte au milieu et retourne le crucifix vers la proces­sion; les Sœurs se rangent autour d'elle, mais on fait avancer plus près de la porte quelques-unes de celles qui ont la voix plus forte.

16. Les deux Sœurs qui sont dans le chœur, tournées vers la porte, chantent posément, d'un ton haut et clair, la première strophe de l'hymne Gloria, laus. Les Sœurs du dehors la répètent d'un ton correspondant, mais beaucoup plus bas; les deux Sœurs chantent ensuite la seconde strophe, le chœur répète la première. On continue ainsi toutes les strophes, ou seulement une partie, selon que l'ordonne la Prieure.

17. Les strophes qu'on doit dire étant achevées, la porte-croix retourne le crucifix vers la porte, qu'elle frappe avec le bas de la croix; les Sœurs qui sont au dedans ouvrent aussitôt et la procession entre clans le chœur. Les chantres commencent alors le répons Ingrediente Domino que le chœur poursuit, et à la fin duquel on ne dit pas Gloria Patri.

48. S'il n'y a pas de porte proche de la grille et que l'on doive entrer par les deux petites portes du chœur, la cérémonie se fait à celle qui est du côté de la Prieure ; la porte-croix et celles qui por­tent les chandeliers entrent par cette porte sans se séparer, mais les autres entrent chacune par la porte de leur côté et font la génuflexion ordinaire au Saint-Sacrement.

19. Lorsque toutes les Sœurs sont à leurs places, celles qui portent la croix et les chandeliers vont les déposer à l'avant-chœur.

20. Ensuite on chante la Messe. Pendant la lec­ture de la Passion et de l'Évangile, les Sœurs tien­nent leurs rameaux à la main. Elles se proster­nent et baisent la terre à ces paroles de la Passion : Jésus autem iterum clamans voce magna emisit spiritum, et se relèvent lorsque le prêtre recom­mence la lecture. Elles font de même les autres jours de la semaine sainte à ces mots de la Passion : Emisit spiritum, Tradidit spiritum, Expiravit.

CHAPITRE VIII  

Des trois jours des Ténèbres.

1. Le mercredi de la semaine sainte, après la Messe, la sacristine fait parer l'autel et le taberna­cle de parements violets; elle fait mettre sur l'au­tel six chandeliers de bois non dorés ni argentés, garnis de cierges de cire jaune d'un kilogramme ou d'un demi-kilogramme chacun. Quoiqu'il soit convenable de mettre ces chandeliers dès le mercredi, ils ne sont pourtant d'obligation qu'après le dépouillement des autels.

2.  Elle fait placer devant le marchepied de l'autel, du côté de l'épître, un chandelier triangu­laire ayant quinze pointes de fer à égale distance, pour porter autant de cierges de cire jaune du poids de soixante à quatre-vingt-dix grammes chacun.

3.  On allume ces cierges, ainsi que ceux de l'au­tel, avant les Ténèbres. Après chaque psaume de Matines et de Laudes, le sacristain ou un ecclésias­tique éteint un cierge du chandelier triangulaire, en commençant par le plus bas du côté de l'évan­gile, puis par le cierge correspondant du côté de l'épître, et ainsi de suite jusqu'à celui du sommet, qu'il n'éteint pas.

4.  Au verset Ut sine timore du Benedictus, il éteint le cierge de l'autel le plus éloigné de la croix du côté de l'évangile, puis à chaque verset du cantique, il éteint d'abord les deux cierges suivants, puis ceux du côté de l'épître en suivant le même ordre. Il éteint ensuite toutes les autres lumières de l'église, à la réserve de la lampe qui brûle devant le Saint-Sacrement.

5.  Pendant la répétition de l'antienne du Bene­dictus, il prend le cierge qui est resté allumé au sommet du triangle, et le tient allumé au coin de l'autel, du côté de l'épître ou sous la crédence. Quand on commence Christus factus est, il le tient caché derrière l'autel sans l'éteindre, et il le fait paraître lorsqu'il entend le bruit qui annonce la fin de l'office.

   6. Les Religieuses s'assemblent à l'avant-chœur comme de coutume pour les Complies du mercredi ; mais depuis ces Complies jusqu'à celles du samedi saint, il ne se fait plus aucune assemblée à l'avant-chœur ni avant ni après l'office ; on entre au chœur en silence.

7. Durant ce même temps, on porte les man­teaux à tous les offices, matin et soir, excepté à Complies.

     8. Les Complies se disent immédiatement avant Matines; on les sonne à quatre heures ou un peu auparavant, afin que les Ténèbres se terminent vers le soir et au soleil couchant. Pendant les Complies du mercredi, on sonne les trois coups des Matines solennelles avec les intervalles ordinaires, en sorte que le dernier coup sonne pendant l'aspersion de l'eau bénite. Le jeudi et le vendredi, on ne frappe pour les Ténèbres qu'un coup de la matraque à la fin des Complies. Des Ténèbres.

     9. On chante les Ténèbres, c'est-à-dire Matines et Laudes, avec toute la solennité qui convient à ces jours. Les chantres entonnent elles-mêmes les antiennes à ces offices.

10. Après Complies, toutes les Sœurs étant à genoux à leurs stalles, la Prieure donne le signe de commencer l'office, et elle-même, restant à sa stalle, dit Pater, Ave, Credo, puis elle donne un second signe; alors les deux chantres du premier chœur entonnent la première antienne. Elles com­mencent ainsi les antiennes et les psaumes, deux à deux, sans quitter leurs stalles.

11. L'Église supprime le Gloria Patri après les psaumes, dont les derniers mots, depuis la médiante du dernier verset, se disent fort posément et d'une manière lugubre.

12. Les versiculaires disent tous les versets, même ceux des nocturnes, ensemble et au milieu du chœur.

13. Les leçons sont dites également au milieu du chœur, ainsi que les versets des répons.

14. Les lectrices des trois premières leçons font une inflexion de voix ordinaire aux titres des leçons, une double inflexion à chaque lettre hébraï­que Aleph, Beth, etc., et une inflexion ordinaire avant chaque lettre hébraïque lors même que la phrase qui la précède ne serait terminée que par un point interrogatif. Elles font encore l'inflexion ordinaire sur chacun de ces mots : Jérusalem, Jérusalem, après lesquels elles font une traînée comme à la fin des psaumes.

15. Aux autres leçons, on fait l'inflexion ordi­naire à chaque point, même interrogatif, mais on ne fait pas de traînée à la fin.

16. Le chœur commence et chante les répons à la manière accoutumée sur le même ton que les psaumes; les lectrices en disent les versets.

17. Les chantres accompagnent la Prieure ou celle qui la remplace lorsqu'elle va dire la neuvième leçon ; elles disent ensemble le verset du répons, et reviennent à leurs stalles pour commencer la première antienne et le premier psaume de Laudes.

18. Après l'antienne de Benedictus, la Prieure, se mettant à genoux ainsi que tout le chœur, com­mence le verset Christus factus est qui doit être chanté à Laudes; le chœur poursuit ce verset, y ajoutant chaque jour ce que prescrit le bréviaire.

19. On dit ensuite le Pater tout bas, puis la Prieure donne un signe et la première chantre seule commence le psaume Miserere mei, Deus, d'un ton fort bas, comme on dit les preces; les deux chœurs le poursuivent alternativement de même manière.

20. La Prieure, toujours à genoux à sa stalle, dit l'oraison Respice à haute voix jusqu'au mot tormentum; la conclusion se dit à voix basse.

21. L'oraison terminée, la Sous-Prieure fait un peu de bruit en frappant deux ou trois coups sur sa stalle ou sur son bréviaire, et toutes les Sœurs font de même.

22. On ne chante que Matines et Laudes; toutes les autres Heures, suivant la rubrique du bréviaire, sont récitées à voix basse et lugubre. Les Vêpres se récitent de même, mais un peu plus posément; on n'y annonce pas les antiennes. La Prieure ne va pas au milieu du chœur pour le commencement ni la fin d'aucune des Heures; elle dit tout de sa stalle.

23. On termine les psaumes par la traînée comme aux Matines.

24. La Prieure commence, à la fin de chacune des Heures, le verset Christus factus est d'un ton fort bas, car ce verset doit être dit de même façon et sur le même ton que ce qui le précède immé­diatement.

25. On dit ensuite le Pater, le Miserere et l'orai­son comme après Laudes.

26. Pendant ces trois jours, on n'ajoute ni Pater, ni Ave, ni autre chose à la fin d'aucune des Heures, et on omet la lecture du martyrologe.

27. Depuis le mercredi, à partir des Ténèbres, jusqu'au samedi après l'office du matin, on ne dit pas les antiennes et oraisons avant et après l'orai­son mentale; on va du chœur au réfectoire dans l'ordre ordinaire, mais en silence; on observe de plus ce qui est indiqué au livre VII, chapitre i et vi, pour le Benedicite et les grâces.

28. On prend la discipline avant l'examen du soir durant trois Miserere, le verset Christus fac- tus est et l'oraison Respice. Le mercredi, on sonne pour cet exercice à huit heures et demie.

29. On ne sonne plus les cloches ni la clochette de l'église depuis le Gloria in excelsis du jeudi saint jusqu'à celui du samedi saint; on remplace les cloches par la matraque à l'intérieur du monas­tère, pour appeler les Sœurs aux exercices et pour l'Angélus.

30. Pendant les trois derniers jours de la se­maine sainte, c'est-à-dire depuis la fin de l'office du matin du jeudi saint jusqu'après celui du samedi saint, on doit enlever l'eau bénite des bénitiers de l'église et des endroits où la Communauté s'as­semble, et pendant ce même temps on ne fait pas l'aspersion de l'eau bénite.

 

CHAPITRE IX

Du jeudi saint.

1. La sacristine fait préparer à l'avance, dans une des chapelles de l'église, un reposoir composé d'un autel et d'un petit tabernacle, et paré de ten­tures qui ne peuvent être noires ni de couleur sombre; on l'orne aussi de lumières, il faut y mettre au moins dix cierges.

2.  Le grand autel doit être paré de violet pour l'office et de blanc pour la Messe. On place à l'avance le parement blanc sous le violet et l'on ôte promptement celui-ci à la fin des Heures.

3.  La croix de l'autel est aussi couverte de blanc pendant la Messe; on la recouvre ensuite de violet.

4.  Les chandeliers de l'autel et ceux du reposoir doivent être des plus beaux, et les cierges de cire blanche.

5. Outre le calice de la Messe, on en prépare un autre plus grand et plus beau destiné à recevoir l'Hostie consacrée. Il doit être assez large pour pouvoir aisément la contenir; on le couvre de la pale, de la patène, d'un beau voile blanc et l'on y ajoute un ruban de soie blanche. On met deux hosties sur la patène qui doit servir à la Messe.

6.  On prépare aussi des cierges que le sacristain distribuera à quelques séculiers pour la procession et qu'il recueillera ensuite; il n'en faut pas donner au diacre ni au sous-diacre.

7. Le jeudi saint, on sonne Prime à l'heure et de la manière ordinaires et la Grand’messe à la ma­nière des Messes conventuelles.

8. Pendant tout le chant du Gloria in excelsis, après qu'il a été entonné par le célébrant, on sonne les cloches ; ensuite on ne les sonne plus jusqu'au Gloria du samedi saint.

9.  Après la Messe on doit, d'après la rubrique romaine, porter au reposoir le calice contenant l'Hostie consacrée et l'enfermer dans le tabernacle. Lorsque le clergé se met en marche pour la pro­cession, les chantres étant à genoux devant la grille ainsi que tout le chœur, commencent l'hymne Pange lingua; on la chante assez lentement pour qu'elle puisse suffire au temps de la proces­sion et de la cérémonie.

10. Après le retour de la procession du Saint- Sacrement, on frappe un coup de la matraque pour Vêpres. On les dit à voix basse comme les petites Heures, mais un peu plus posément. Les antiennes sont commencées par les chantres, comme aux Ténèbres.

11. Pendant les Vêpres, les ecclésiastiques reti­rent les hosties consacrées du tabernacle du grand autel et en laissent la porte ouverte. Ils mettent le ciboire dans le tabernacle de l'oratoire ou, à dé­faut d'oratoire, dans une chapelle fermée de l'église ou à la sacristie. On entretient devant la sainte Ré­serve une lampe d'huile d'olive.

12. Après les Vêpres, le célébrant, le diacre et le sous-diacre viennent faire le dépouillement des au­tels ; tous trois sont revêtus de leurs aubes, le célébrant et le diacre portent de plus l'étole violette.

13. Pendant cette cérémonie, tout le chœur se tient à genoux; la Prieure, également à genoux, commence l'antienne Diviserunt sibi, et lorsqu'elle est achevée, les deux chantres du premier chœur commencent le psaume Deus, Deus meus, que les chœurs poursuivent alternativement.

14. On enlève du grand autel les nappes, pare­ments et ornements ; on retire aussi le pavillon du tabernacle, dont la porte reste ouverte ; on ne laisse sur cet autel que les six chandeliers de bois et la croix couverte d'un voile violet; sur les autres autels, on laisse seulement un crucifix voilé et deux chandeliers. Après l'office, on ôte l'eau bénite des bénitiers, comme il a été dit précédemment.

15. On salue, quand il y a lieu, la croix du grand autel par l'inclination profonde. On ne fait pas la génuflexion, parce que le Saint-Sacrement n'est pas dans le tabernacle; mais si le reposoir était placé en face de la grille du chœur, il faudrait saluer le Saint-Sacrement de la génuflexion des deux genoux.

16. La Prieure lave les pieds à treize Sœurs, si le monastère peut les fournir; ces Sœurs sont choi­sies par elle et averties par la Sous-Prieure. Cette cérémonie se fait ordinairement au chapitre, à deux heures de l'après-midi; si la Prieure ne peut la faire, elle est remplacée par la Sous-Prieure ou, à son défaut, par la plus ancienne du monastère.

17. La robière prépare dans un lieu proche du chapitre des vases et des bassins, de l'eau froide et de l'eau chaude avec des herbes odoriférantes, des linges secs pour essuyer les pieds et tout ce qui est nécessaire pour la cérémonie.

18. La sacristine fait couvrir l'autel du chapitre d'un parement blanc; elle y place un crucifix cou­vert d'un voile violet et quatre chandeliers avec des cierges blancs; elle étend un peu plus haut que le milieu du chapitre un tapis sur lequel elle pose le pupitre couvert d'une écharpe blanche, et par­dessus un missel pour lire l'évangile. Elle fait mettre des bancs des deux côtés du chapitre, s'il n'y en a déjà.

19. A deux heures, les Sœurs, étant appelées par la matraque, s'assemblent promptement, nu- pieds, revêtues de leurs manteaux et portant leurs livres, dans un lieu proche du chapitre, et de là elles s'y rendent sans croix, deux à deux, les plus jeunes les premières. En arrivant, elles font une profonde inclination à l'autel et se partagent en deux chœurs, tournés l'un vers l'autre, les an­ciennes plus près de l'autel; la Prieure et la Sous- Prieure occupent la première place de chaque chœur.

20. Les Sœurs étant ainsi rangées, la Sous- Prieure se rend devant le pupitre et fait une pro­fonde inclination à l'autel; elle se tourne ensuite vers la Prieure, s'incline profondément et dit : Jube, Domne, benedicere. La Prieure donne la bénédiction par ces paroles : Evangelica leclio sit nobis salus et protectio, et le chœur répond : Amen. La Sous-Prieure se relève, joint les mains et commence : Sequentia sancti Evangelii, etc. ; aux paroles Sancti Evangelii, elle fait, comme

tout le chœur, le signe de la croix sur le front, les lèvres et la poitrine; les Sœurs répondent : Gloria tibi, Domine. La Sous-Prieure chante ensuite l'é­vangile Ante diem festum Paschae, que toutes les Sœurs écoutent tournées vers l'autel; le chant achevé, elle fait l'inclination à la croix et à la Prieure et se retire à sa place.

21. Alors la Prieure quitte sa place, fait une inclination à l'autel, choisit une Sœur pour l'aider et sort avec elle du chapitre pour se revêtir des linges nécessaires. Les Sœurs se lèvent toutes les fois que la Prieure sort ou entre.

22. La Prieure et sa compagne quittent leurs manteaux; la Prieure prend une serviette très longue, pliée de la largeur d'une étole, dont elle doit se ceindre après l'avoir mise à son cou et croisée sur sa poitrine. Elle met devant elle une autre serviette large et longue en forme de tablier et relève ses manches. Elle prend un bassin con­tenant de l'eau tiède, met une serviette dépliée sur son bras pour essuyer les pieds, et rentre au cha­pitre suivie de sa compagne qui porte un vase plein d'eau pour en verser sur les pieds des Sœurs, et des linges qu'elle donne à la Prieure pour- changer.

23. Pendant que la Prieure se prépare ainsi, les Sœurs, rangées d'abord au chapitre par rang de religion, se placent dans un autre ordre : celles auxquelles on doit laver les pieds se mettent les premières près de l'autel, six d'un côté et sept de l'autre; mais la Sous-Prieure se met à la tête de son chœur, près de l'autel, alors même qu'elle ne serait pas du nombre de celles auxquelles on doit laver les pieds; les chantres ne doivent jamais être de ce nombre.

24. Tout étant ainsi disposé, la Prieure se met à genoux et pose le bassin devant la première de celles à qui elle doit laver les pieds, qui est d'ordinaire la Sous-Prieure ou, à son défaut, la plus ancienne des Sœurs; celle-ci, se levant un peu, fait une demi-inclination à la Prieure et lui pré­sente le pied droit; la Prieure le lave, l'essuie avec un des linges que son assistante lui présente et le baise; la Sœur fait une seconde inclination à la Prieure qui passe à la suivante, et ainsi de suite à toutes celles qui sont du même côté. Alors elle sort du chapitre avec son assistante pour changer l'eau et prendre d'autres linges pour essuyer les pieds, puis elle revient achever la cérémonie par celles qui sont de l'autre côté.

25. Quand la Prieure commence à laver les pieds, les deux chantres de son chœur se lèvent pour commencer à leurs places les antiennes du Mandatum que le chœur poursuit selon l'ordre marqué au Manuel; on chante durant toute cette cérémonie, et celles auxquelles on lave les pieds se joignent aux autres pour chanter.

26. Quand le lavement des pieds est achevé, la Prieure sort du chapitre, se lave les mains avec de l'eau claire, quitte les linges et remet son manteau. Sa compagne reprend aussi le sien, et elles ren­trent toutes deux au chapitre où elles reprennent leurs places. La Prieure dit Pater noster et les versets et oraisons marqués au Manuel.

27. A quatre heures, on dit Complies selon l'or­dre marqué au bréviaire, sans ajouter à la fin Pater, Ave, Credo; ensuite on chante les Ténèbres comme la veille, seulement on ajoute au verset Christus factus est ce qui est propre à ce jour. Les chantres qui entonnent la troisième antienne de Laudes ne disent pas : Ait latro ad latronem, mais seulement : Ait latro.

28. On frappe la matraque à neuf heures pour la discipline et l'examen.

29. Les Sœurs passent toute la nuit devant le Saint-Sacrement, excepté celles que la Prieure jugera nécessaire de faire reposer quelques heures.

30. On a soin, tous les ans, de pourvoir le monastère le plus tôt possible des saintes huiles consacrées en ce jour, et on les conserve au lieu destiné, dans un petit vase d'argent enfermé dans un étui de cuir. Le chapelain fait consumer les saintes huiles de l'année précédente dans la lampe qui brûle devant le Saint-Sacrement, ensuite il brûle la mèche et en jette les cendres dans la piscine.

CHAPITRE X

Du vendredi saint.

1. On frappe un coup de la matraque à cinq heures pour Prime; [on frappe un second coup] pour le chapitre qu'on tient à l'issue de Prime, et après le chapitre on la frappe de nouveau pour les autres Heures.

2. Les autels restent dépouillés comme la veille. La croix du grand autel qui doit servir à l'adora­tion, doit être de bois et plus grande que les autres; on la couvre d'un voile violet ou noir attaché avec des épingles ou des agrafes, de ma­nière à ce qu'on puisse la découvrir facilement. Les cierges demeurent éteints; on ne les allume qu'à la fin de l'adoration de la croix.

3. On tient à la sacristie la grande croix de procession encore voilée; on la découvre quand le prêtre a découvert la croix de l'autel.

4. La sacristine donne une nappe pliée pour mettre sur l'autel quand l'officiant va commencer l'office; elle fournit aussi un long tapis, un cous­sin violet et un voile blanc tissu de soie violette; le sacristain les dispose à l'église, au lieu conve­nable, avant qu'on ne découvre la croix.

5. Elle prépare aussi dans le chœur des Reli­gieuses, à terre, devant le milieu de la grille, un tapis, un coussin et un voile, comme il vient d'être dit pour l'église; elle y pose un crucifix et le couvre d'un grand voile noir simplement étendu et non attaché.

6. On pourvoit, autant que possible, à ce qu'il y ait trois ecclésiastiques pour chanter la Pas­sion.

7. Un peu avant dix heures, on commence le service qu'on annonce par deux coups de la ma­traque avec les intervalles ordinairement observés quand on sonne la Messe. Après la communion du prêtre, on frappe un coup de la matraque pour les Vêpres.

8. Si l'on prêche la Passion le matin, on com­mence le service à huit heures et demie; on fait le sermon après le chant de la Passion et avant les monitions et oraisons.

9. Les Sœurs se placent comme aux Messes chantées; les quatre chantres se tiennent aux pu­pitres pour chanter tout ce qui est de leur office; les pupitres doivent être placés de manière à laisser le passage libre pour l'adoration de la croix.

10. Les Sœurs sont assises durant les deux pro­phéties, debout pendant la Passion et toutes les oraisons; elles fléchissent les genoux avant les oraisons, à Flectamus genua, ce qui ne se dit pas à l'oraison pour la conversion des Juifs.

11. Le chœur chante les traits qui suivent les deux prophéties. Les quatre chantres commencent le trait Domine, audivi, et les Sœurs du premier chœur le poursuivent; les chantres et les Sœurs du second chœur disent le second verset, et ainsi de suite. Le second trait, Erïpe me, se chante de même.

12. Après les oraisons qui suivent la Passion et pendant que les ecclésiastiques se disposent à dé­couvrir la croix, les Religieuses se préparent à l'adorer.

13. Elles se tiennent debout pendant que le prêtre chante trois fois : Ecce lignum Crucis, et que ses ministres poursuivent avec lui : In quo salus mundi pependit; elles répondent chaque fois sur le même ton que le prêtre, en se mettant à genoux : Venite adoremus; puis elles se relèvent aussitôt, excepté à la troisième fois où elles demeurent à genoux jusqu'à ce que la Prieure ait découvert la croix.

14 Le prêtre pose la croix devant le marche­pied de l'autel et l'adore; ses ministres l'adorent ensuite, puis le diacre la porte plus bas en lieu convenable pour que les fidèles viennent l'adorer.

15. Après que le prêtre a découvert la croix, la Prieure, se mettant à genoux devant le cru­cifix placé au milieu du chœur, le découvre en une seule fois, puis elle se lève et se rend au haut du chœur pour l'adoration. Elle s'avance nu-pieds et les mains jointes sur le scapulaire, et fait trois génuflexions des deux genoux au milieu du chœur : la première près du marchepied de l'autel, la se­conde vers la place de la semainière, la troisième à deux ou trois pas de la croix d'où elle va, mar­chant sur les genoux, baiser les pieds du crucifix; ensuite elle se relève, fait une profonde inclination au crucifix et retourne à sa place.

16. Lorsque la Prieure est revenue à sa place et non auparavant, les Sœurs vont adorer la croix par rang de profession, en commençant par la Sous- Prieure et les anciennes. Elles observent les mêmes cérémonies que la Prieure, mais en se succédant de telle sorte que l'une commence la première gé­nuflexion quand les sœurs qui la précèdent font la seconde et la troisième. Chaque génuflexion ne doit pas se prolonger au-delà de la longueur de ce verset : Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi, quia per sanctam Crucem tuam redemisti mundum.

17. Lorsque la Prieure découvre le crucifix, les quatre chantres se rendent à leurs pupitres, et lors­qu'elle va adorer la croix, les chantres du premier chœur commencent le chant des impropères qui est poursuivi des deux chœurs comme il est mar­qué au Manuel.

18. Lorsqu'une des chantres va adorer la croix, la Sous-Prieure la fait remplacer par une autre Sœur, pour qu'il y ait toujours quatre chantres devant les pupitres.

19. On ne chante des impropères que ce qui est nécessaire pour la durée de l'adoration de la croix, soit à l'église, soit dans le chœur.

20. L'adoration finie, la sacristine se met à deux genoux devant la croix, la relève et la porte sur l'autel du chœur; puis elle enlève le voile, le coussin et le tapis. On fait de même à l'église et l'on place la croix sur l'autel. A partir de ce mo­ment jusqu'au soir, on salue la croix de l'autel de l'église par la génuflexion et l'on cesse tout autre salut au chœur.

21. Après l'adoration de la croix, les Sœurs se mettent à genoux devant la grille comme pour les Messes ordinaires, et y demeurent jusqu'à ce que le prêtre se soit retiré de l'autel.

22. Lorsque la procession des ecclésiastiques est arrivée au reposoir, le sous-diacre donne le signe de chanter, et les quatre chantres commencent l'hymne Vexilla Regis prodeunt, que le chœur poursuit. Les Sœurs répondent aussi à l'officiant pendant les cérémonies de la Messe des Présanc­tifiés. Quand les prêtres se sont retirés de l'autel, elles disent Vêpres; pendant ce temps, on enlève la nappe de l'autel, n'y laissant que la croix et les six chandeliers. La porte du tabernacle reste ou­verte et toutes les lumières de l'église sont éteintes.

23. On dit Complies et Matines comme la veille, : mais à la troisième leçon on ne fait pas de double inflexion, parce qu'il n'y a pas de lettre hébraïque. On fait seulement l'inflexion ordinaire au titre, à tous les points et à ces deux mots : Jérusalem, Jérusalem, puis on fait la traînée aux derniers mots.

24. Le soir, on frappe la matraque à huit heures et demie pour la discipline et l'examen.

 

CHAPITRE XI

Du samedi saint.

1. L'Église bénit en ce jour un feu nouveau tiré de la pierre; à cette fin, la sacristine passe à la sacristie du dehors un briquet avec de l'amadou, un réchaud plein de charbons, des pincettes, quel­ques bougies et des allumettes, le bénitier et l'aspersoir, l'encensoir et la navette.

2.  Elle prépare aussi le cierge pascal et, dans un bassin, cinq gros grains d'encens qui doivent y être placés après avoir été bénits, un roseau orné de fleurs disposé pour porter un cierge ayant trois branches sortant d'une même tige, enfin tous les ornements nécessaires aux autels et aux ecclé­siastiques.

3.  Le grand autel est orné de la croix, de six chandeliers des plus beaux, mais pas de fleurs; on

y met deux parements, un blanc par-dessous et un violet par-dessus. On enlèvera ce parement violet et on allumera les cierges pour la Messe vers la fin des litanies, pendant que les ecclésiastiques se revêtiront des ornements blancs pour la Messe. On pourra alors mettre des fleurs entre les chan­deliers.

4.  A ce moment, on pare aussi de blanc les autres autels, s'il est possible.

5. On frappe la matraque pour Prime à l'heure ordinaire; on la frappe encore deux fois à un demi- quart d'heure d'intervalle pour le service que l'on commence immédiatement après None, c'est-à-dire vers huit heures. Les Sœurs y portent leurs missels et leurs Manuels; elles chantent la Messe et tout ce qui la précède. On emploie quatre chan­tres, excepté aux litanies, où il n'y en a que deux.

6.  Les ecclésiastiques font à l'extérieur les bé­nédictions et cérémonies indiquées au missel.

7.  Lorsque le diacre chante Lumen Christi sur des tons progressivement élevés en fléchissant les genoux et se relevant aussitôt, le chœur fléchit aussi les genoux et, s'étant relevé, répond sur le même ton que le diacre: Deo gratias, et cela par trois fois.

8. Pendant que le diacre chante l'Exultet, les Sœurs se tiennent debout, tournées vers le grand autel; elles sont assises pendant les prophéties, flé­chissent les genoux lorsqu'on dit : Flectamus genua, se relèvent au mot Levate et demeurent de­bout, tournées vers l'autel, pendant les oraisons.

9.  Après la quatrième, la huitième et la onzième prophétie, les deux chantres du premier chœur commencent les traits dont les chœurs disent alter­nativement les versets. Lorsque les prophéties sont terminées et que le prêtre se prosterne avec ses as­sistants devant l'autel, les deux chantres qui ont la meilleure voix vont se mettre à genoux sur leurs marques pour chanter les litanies, comme il est indiqué au missel, c'est-à-dire que les chantres di­sent l'invocation tout entière : Pater de cœlis Deus, miserere nobis, Sancta Maria, ora pro nobis, et que le chœur, également à genoux, répète chaque fois ce qu'ont dit les chantres jusqu'au dernier ver­set Christe, audi nos.

10. Lorsque le prêtre commence la Messe, tout le chœur se lève; les quatre chantres viennent aux pupitres et commencent les Kyrie solennellement et plus posément que les litanies, faisant une pause entre Kyrie et eleison.

11. On sonne les cloches pendant le Gloria in excelsis; mais comme un décret de la Sacrée Congrégation du 21 mars 1609, suivant le concile de Latran, défère aux cathédrales la prérogative de sonner avant toutes les autres églises, on s'en tiendra dans chaque monastère à la coutume des lieux; pourtant, quelle que soit cette coutume, elle ne saurait empêcher qu'on ne sonne pendant le Gloria les clochettes de l'église. Au même mo­ment, on découvre les images.

12. Après l'épître, le prêtre chante Alléluia trois fois, élevant la voix à chaque fois ; le chœur répète Alléluia autant de fois et sur le même ton que le célébrant ; ensuite le chœur continue le ver­set Confîtemini; les deux premières chantres commencent le trait Laudate Dominum, qui est pour­suivi alternativement par les deux chœurs.

13. On omet à cette Messe le graduel, le Credo, l'offertoire, l’Agnus Dei, et diverses cérémonies qui se font aux Messes ordinaires.

14. On ne sonne pas pour Vêpres, que l'on chante au lieu de l'antienne de la communion. La pre­mière chantre annonce à la Prieure, qui est à sa stalle, l'antienne Alléluia; la Prieure l'ayant en­tonnée, les deux chantres du premier chœur com­mencent le psaume Laudate Dominum omnes gentes que les chœurs poursuivent alternative­ment, puis tout le chœur répète trois Alléluia; en­suite le célébrant entonne Vespere aulem sabbati, que le chœur poursuit; les deux premières chantres entonnent le Magnificat; lorsqu'il est achevé et l'antienne répétée, le prêtre termine la Messe et les Vêpres, et le chœur lui répond comme de cou­tume.

15. L'usage général de l'Église, à peu d'excep­tions près, est de ne pas donner la communion aux fidèles le samedi saint. Les prêtres eux-mêmes ne communient pas, sauf le célébrant ; il semble donc que les Religieuses ne devraient pas communier ce jour-là. Si pourtant dans quelques monastères on a l'autorisation de communier, le prêtre, pour la communion des Sœurs, retire le ciboire du ta­bernacle de l'oratoire et, après la communion, il le laisse dans le tabernacle du grand autel dont il ferme les deux portes. S'il n'y a pas de communion, on remet le Saint-Sacrement dans le tabernacle après la Messe. Si les Sœurs avaient communié, on ne sonnerait l'examen qu'un quart d'heure après Vêpres, lors même qu'il serait plus de onze heures et demie, pour leur laisser le temps de faire leur action de grâces.

16. On sonne Complies à quatre heures; on les chante et la Prieure fait l'office. Après Complies, on chante le grand Salve comme aux autres same­dis de l'année.

17. Depuis l'office du samedi matin, le cierge pascal, posé sur un chandelier, demeure au coin de l'autel, du côté de l'évangile, suivant la rubri­que du missel. On l'allume tous les jours aux Messes conventuelles, excepté à celles des Roga­tions et des Morts. Pour les Vêpres, on l'allume seulement aux trois fêtes de Pâques, le samedi suivant dit in albis, et tous les dimanches et fêtes jusqu'à l'Ascension, jour auquel on cesse d'en user.

CHAPITRE XII

Du saint jour de Pâques et du temps pascal.

1.  A trois heures du matin, on sonne les trois coups ordinaires aux Matines solennelles. Les Sœurs, revêtues de leurs manteaux, s'assemblent à l'avant-chœur et s'y tiennent debout; elles en­trent au chœur en chantant l'antienne Regina cœli, laetare, qui est commencée par la Prieure.

2.  On chante entièrement Matines et Laudes ; les versiculaires disent ensemble au milieu du chœur le verset du nocturne. L'antienne Haec dies est toujours commencée par la Prieure.

3.  Après Laudes, [ou après Prime si l'on ne peut avoir une Messe de si grand matin,] les Religieuses entendent une Messe basse. Elles se préparent en­suite à faire la procession ; elles y portent les man­teaux, la Prieure fait semainière et on emploie quatre chantres.

4.  Avant de sortir du chœur, les Sœurs chantent debout, tournées vers le Saint-Sacrement, les an­tiennes du Manuel Exurge, Domine; Exurge gloria, et Regina cœli, qui sont commencées par les quatre chantres. Lorsque celles-ci entonnent l'hymne Aurora cœlum, on sort du chœur et on fait la procession au jardin, si le temps le permet. On fait la première station au lieu où est repré­senté le sépulcre, la deuxième à l'ermitage de la sainte Vierge, la troisième à celui de sainte Made­leine, la quatrième devant quelque tableau des Apôtres, s'il est possible, et la dernière au chœur. Si les hymnes et les répons ne suffisent pas pour toute la procession, on les répète, et en approchant du chœur les chantres commencent le Te Deum, dont la sonnerie sert pour les Heures qui se disent après la procession.

5.  On chante None et la Messe conventuelle à l'heure ordinaire.

6.  Cette matinée étant toute employée au chœur, il n'y a pas d'heure précise pour l'oraison men­tale.

7.  Le jour et l'octave de Pâques, l'office a des règles spéciales marquées au bréviaire. L'antienne Haec dies est entonnée à toutes les Heures par la semainière.

8.  Durant tout le temps pascal, comme à chaque dimanche de l'année, l'Église fait réciter debout, à l'office, les prières qu'on dit ordinairement à ge­noux.

9.  Pendant ce même temps, on ajoute Alléluia aux antiennes et aux versets qui se disent au com­mencement et à la fin de l'oraison mentale.

CHAPITRE XIII

Des litanies de saint Marc et des Rogations.

1.  L'Église ordonne de faire des processions et de chanter les litanies des saints le jour de saint Marc et les trois jours des Rogations.

2.  Selon la rubrique du missel, lorsque la fête de saint Marc est transférée, on ne laisse pas pour cela de faire la procession le jour même; si pour­tant elle arrive le jour de Pâques, on remet l'office après l'octave et on fait la procession le mardi de Pâques.

3.  S'il se dit plusieurs Messes à l'église au jour de saint Marc et des Rogations, il est plus conve­nable et plus conforme au missel que l'une d'elles soit des Rogations avec des ornements violets, malgré la fête qu'on célèbre.

4.  La procession se fait au cloître entre le pre­mier et le second coup de la Messe conventuelle. Les Sœurs y portent leurs manteaux; la semainière qui est de semaine fait l'office avec deux chantres.

5.  Les chantres entonnent l'antienne Exurge. Quand l'antienne est terminée, on se met à genoux et les chantres, également à genoux au milieu du chœur, commencent les litanies. Depuis le com­mencement jusqu'à l'invocation Pater de cœlis Deus exclusivement, le chœur répète l'invocation chantée par les chantres; on fait de même depuis Christe, audi nos jusqu'à la fin. Aux autres invoca­tions, les chantres commencent seulement les ver­sets et le chœur continue : Miserere nobis, ora pro nobis, etc. On ne passe d'une station à l'autre qu'après le signe de la Prieure; elle donne ce signe comme il est marqué au Manuel.

6. Cette procession n'est pas seulement de dévo­tion, mais d'obligation ; les Sœurs qui ne peuvent y assister doivent dire en particulier, à genoux, les litanies et les oraisons.

 

CHAPITRE XIV

De la fête de l'Ascension.

1. On allume le cierge pascal au commence­ment de la Messe conventuelle ; on l'éteint à ces paroles de l'évangile : Et assumptus est in cœlum et sedet a dextris Dei, et après la Messe on l'em­porte à la sacristie.

2. Les Sœurs s'assemblent au chœur à midi et font une heure d'oraison devant la grille ouverte, debout, comme regardant Notre-Seigneur monter au Ciel; on ne dit pas les antiennes et oraisons au commencement ni à la fin de cet exercice. Lors­qu'il est terminé, on chante None.

 

CHAPITRE XV

Des fêtes de la Pentecôte.

1. La veille de la Pentecôte, la sacristine fait mettre deux parements à l'autel : le rouge par-des­sous et le violet par-dessus. Le parement violet qui sert aux prophéties s'enlève promptement avant la Messe. Les ornements du prêtre doivent corres­pondre à ceux de l'autel.

2.  Comme la veille de Pâques, les Sœurs s'as­semblent au chœur à huit heures, revêtues de leurs manteaux; elles sont assises pendant les prophé­ties; debout, tournées vers l'autel, pendant les orai­sons ; enfin à genoux pendant les litanies qui se chantent de la même manière que le samedi saint.

3. On emploie quatre chantres à cet office et deux seulement aux litanies.

4.  Il y a six prophéties; les traits se chantent après la deuxième, la troisième et la quatrième, et les litanies après la sixième, comme il est mar­qué au missel et au Manuel.

5.  On chante solennellement le Kyrie de la Messe comme au samedi saint, et le reste de la Messe se­lon qu'il est marqué au missel. Pendant le Gloria in excelsis, mais seulement après l'intonation, on sonne les cloches.

6.  Le jour de la Pentecôte, on chante entièrement Matines et Laudes ; les deux versiculaires disent ensemble le verset du nocturne.

7.  On chante Tierce aux trois fêtes de la Pentecôte et, pour ce motif, on ne chante None que le premier jour.

8. Le jour de la fête et pendant toute l'octave, à Tierce comme à Vêpres, la chantre annonce l'hymne Veni Creator à la semainière qui la commence à genoux; la chantre elle-même se met immédiate­ment à genoux à la place où elle est, tournée vers le Saint-Sacrement ; le chœur se met également à genoux. On ne se relève qu'après la première strophe.

CHAPITRE XVI

De la fête du Saint-Sacrement.

1. La sacristine fait orner l'autel et le tabernacle de leurs parements blancs les plus beaux et l'église de tentures, s'il est possible. S'il y a des reliquaires sur l'autel, on les enlève, ou du moins on voile les reliques pendant l'exposition du Saint-Sacrement. Durant ce même temps, on allume sur l'autel au moins dix cierges de cire blanche ; au moment de l'exposition et de la reposition, on allume encore les cierges qui servent à l'élévation. La sacris­tine fait brûler des parfums dans des cassolettes, tant dans l'église que dans le chœur des Religieuses; elle les renouvelle de temps en temps, spécialement pendant les Messes et les offices, ce qui tient lieu de l'encens que l'on donne dans les autres églises.

2.  Les tourières ni aucune femme ne devraient approcher de l'autel pendant l'exposition; il serait bon que des personnes promues aux Ordres pris­sent alors soin de l'autel et qu'un ecclésiastique de­meurât en adoration devant le Saint-Sacrement, veillant aussi aux lumières. Les Prieures y pour­voiront, si cela est possible.

3. On ne doit pas dire de Messe de Requiem devant le Saint-Sacrement exposé.

4. On expose le Saint-Sacrement le jour de la fête et pendant toute l'octave.

5. Pour régler l'heure de l'exposition, il faut observer que, dans l'ordre liturgique, il y a d'abord la consécration, puis l'exposition. Toute exposition solennelle commence par une Messe qui doit, au­tant que possible, être chantée. C'est à cette Messe que l'on consacre l'hostie qui va être exposée; mais si l'exposition se prolonge pendant plusieurs jours, l'hostie que l'on expose est celle qui a été consacrée le premier jour; l'exposition est donc pour ainsi dire continuée, elle n'est interrompue que par nécessité.

6. D'après ces règles, l'exposition se fait après la Messe de communauté le jour de la fête, et à l'issue des Heures les jours de l'octave.

7. L'heure de l'exposition étant venue, on tinte deux fois la petite cloche; le prêtre expose le Saint- Sacrement et donne l'encens; il entonne lui-même [ou laisse entonner par les chantres] la première strophe du Pange lingua que les Sœurs poursui­vent alternativement à deux chœurs; les deux versiculaires disent le verset Panem de cœlo et y ajoutent Alléluia; le prêtre dit l'oraison Deus, qui nobis sub Sacramento mirabili, et ensuite il met le Saint-Sacrement sur le trône. Il ne donne pas alors de bénédiction.

8. Tout le temps que le Saint-Sacrement est exposé, la grille demeure ouverte et des Sœurs se tiennent au chœur en adoration; on salue le Saint- Sacrement par la génuflexion à deux genoux, selon les règles données au livre III, chapitre xii, et on ne salue pas le chœur.

9. L'exposition se termine à six heures du soir [ou un peu plus tôt, suivant l'usage des monastères] ; on tinte la petite cloche une demi-heure aupara­vant pour appeler les Sœurs qui pourraient être sorties du chœur; on chante les litanies du saint Nom de Jésus et 1e Pange lingua; les versiculaires disent le verset Panem de cœlo auquel on ajoute Alléluia pendant toute l'octave, et le prêtre dit seulement l'oraison Deus, qui nobis sub Sacra­mento mirabili, à moins qu'il n'y ait quelque motif d'en ajouter d'autres, puis il donne la béné­diction en silence.

10. On expose encore le Saint-Sacrement dans les églises del'Ordre pour les solennitésou les nécessités publiques, comme les Indulgences et les Quarante- Heures.

11. On pare alors la chapelle comme pour la fête du Saint-Sacrement; les parements de l'autel doivent être blancs, lors même que les ornements du prêtre seraient d'une autre couleur à raison de la fête clu jour.

12. L'exposition se fait après la Messe conven­tuelle; pourtant aux Quarante-Heures, comme à la fête du Saint-Sacrement, elle ne se fait après la Messe que le premier jour; les jours suivants, elle se fait après les Heures.

13. On observe pour toutes les expositions les règles données pour la fête du Saint-Sacrement; [cependant pour les saluts des fêtes solennelles, on suit dans beaucoup de monastères l'ordre habi­tuellement gardé dans le diocèse]. On n'ajoute Alléluia au verset Panem de cœlo qu'à la fête du Saint-Sacrement, pendant son octave et au temps pascal.

14. L'exposition du Saint-Sacrement se fait à l'oratoire de la même manière qu'à l'église ; l'heure de la reposition n'est pas toujours la même et l'on n'y chante que le Tantum ergo; mais on récite les litanies du saint Nom de Jésus devant le Saint- Sacrement, avant la bénédiction, [au commence­ment ou] vers la fin de l'oraison mentale du soir.

15. Lorsque des paroisses ou des communautés religieuses viennent processionnellement dans les églises de l'Ordre en portant le Saint-Sacrement, le chapelain, revêtu du surplis et de l'étole, déploie à l'avance sur l'autel un corporal et prépare le livre qui doit servir au prêtre pour dire l'oraison; on parsème de fleurs le chemin que doit parcourir le Saint-Sacrement, depuis l'entrée de la cour jusqu'à l'autel.

16. Lorsque la procession s'approche du monas­tère, on sonne la grosse cloche l'espace de deux Miserere; les Religieuses s'assemblent promptement au chœur et le chapelain, revêtu du surplis et de l'étole, va au-devant du Saint-Sacrement jusqu'à la porte de la cour; il est accompagné de trois clercs vêtus de surplis ; deux de ces clercs portent des chandeliers garnis de cierges allumés et se placent près du Saint-Sacrement, le troisième porte la navette et se tient près de l'aumônier. Celui-ci précède le Saint-Sacrement, encensant continuel­lement jusqu'à l'autel en rasant la terre avec l'encensoir.

CHAPITRE XVII

Du jour de saint Luc.

En ce jour, anniversaire de l'établissement du Carmel réformé en France, tous les monastères font la procession marquée au livre VI, chapitre x; mais le couvent de l'Incarnation à Paris, qui a été fondé le premier et a reçu, dès son établissement, la concession d'une indulgence plénière, use d'une plus grande solennité; on y célèbre cette fête comme celles de seconde classe qui ont octave, et l'on expose le Saint-Sacrement à l'église.

CHAPITRE XVIII

De la Commémoration des Morts.

1. Le jour de la Toussaint, on met à l'autel un parement noir sous le parement du jour et on en­lève celui-ci vers la fin des Vêpres de la fête. On laisse l'autel paré de noir depuis les Vêpres des Morts jusqu'au lendemain après les Messes. Les autels des chapelles sont aussi parés de noir.

2.  Le jour des Morts, on prépare une représentation funèbre dans le cloître, au milieu d'un des côtés, sur l'une des sépultures; on dresse un chevalet, on le couvre d'un drap noir et on place aux coins quatre cierges jaunes; on met à la tête une croix, et au piecl un bénitier avec l'aspersoir.

3.  On chante les Vêpres des Morts après les se­condes Vêpres de la Toussaint; le soir, on dit éga­lement les Matines des Morts après celles du jour, à dix heures et demie; on y chante l'invitatoire, le Venite et le Libera qui suit la neuvième leçon. L'office des Morts se dit d'après les règles données au chapitre xxi de ce livre.

4.  Le jour de la Commémoration des Morts, on chante la Messe et on fait ensuite la procession; on la commence au chœur et l'on dit, au lieu du Libera ordinaire à la première station, le grand Libera qui se dit habituellement après les Grand'Messes des Morts; la seconde station se fait à la représen­tation funèbre ; on y dit le répons avec l'oraison Deus veniae largitor pour les Religieuses mortes dans l'Ordre. La Prieure dit les oraisons; elle a toujours à son côté droit la sacristine portant le bé­nitier et elle asperge toutes les tombes. Lorsqu'on arrive à la sépulture d'une Sœur morte dans l'an­née, la procession s'arrête, les deux chœurs se tour­nent l'un vers l'autre et l'on chante un De profun­dis; la Prieure dit le Kyrie eleison et le reste de ce qui est indiqué au Manuel à la suite du répons, puis elle dit l'oraison Absolve et jette de l'eau bénite sur la tombe.

 

CHAPITRE XIX

De la Présentation de la sainte Vierge.

1.  En ce jour, les Religieuses renouvellent leurs vœux; le matin, après la Grand'Messe, le prêtre expose le Saint-Sacrement à l'oratoire où les Reli­gieuses s'assemblent revêtues de leurs manteaux, chacune portant un billet contenant la forme de sa rénovation.

2.  La Prieure va se mettre à genoux devant le Saint-Sacrement, fait le signe de la croix et pro­nonce une seule fois, à haute voix, la formule de rénovation qui est la même que celle de la profes­sion ; ensuite elle se prosterne, les bras en croix, pendant l'espace d'un Ave Maria, puis elle retourne à sa place. La Sous-Prieure vient alors renouveler ses vœux avec les mêmes cérémonies; elle est sui­vie des autres Sœurs par rang de religion. Lorsque toutes ont achevé, elles récitent ensemble l'oraison Sanctissima, indiquée au chapitre xm du livre VI.

3.  Les novices non professes n'assistent point à cette cérémonie, mais aucune des Religieuses professes ne s'en exempte si elle n'est tout à fait retenue par la maladie; elle ne doit même pas, à moins de nécessité, sortir de l'oratoire avant que la rénovation ne soit achevée.

4.  Dans les monastères où il n'y a pas encore d'oratoire, la rénovation des vœux se fait sans la présence du Saint-Sacrement, au chapitre, devant l'autel, ou dans quelque ermitage de la sainte Vierge.

 

CHAPITRE XX

Du petit office de la sainte Vierge.

1. Cet office se dit aux féries et aux fêtes sim­ples ; on ne le dit pas quand on récite un office de neuf leçons, ni la veille de la Nativité de Notre- Seigneur, ni aux féries de la semaine sainte, ni dans les octaves de Pâques et de la Pentecôte, ni le samedi quand on fait l'office de la sainte Vierge. En ces jours, on l'omet depuis les premières Vêpres, et la veille de la Nativité, depuis les Matines. Lors­qu'on le récite au chœur, on dit les Matines et les Vêpres avant celles du jour, mais on dit les autres Heures après celles du jour. On dit Prime après le Benedicamus Domino, avant la lecture du marty­rologe. Hors du chœur, il peut être dit par chacune au temps opportun.

2. Prime se terminait autrefois au Benedicamus Domino; c'est pour rappeler cette ancienne cou­tume que l'Église conserve l'usage de réciter Prime de la sainte Vierge avant le martyrologe.

3. Soit qu'on dise les Heures du petit office avant le grand, soit qu'on les dise après, on commence toujours l'office qui se dit en second après le Bene­dicamus Domino de celui qui s'est dit en premier; on dit le verset Fidelium animae à la fin de chacune des Heures qui s'est récitée en second. Après celle par laquelle on termine un office, on dit toujours une des antiennes finales de la sainte Vierge. A la fin de Complies, on dit Pater, Ave, Credo.

4.  Quoique les Matines de la sainte Vierge se disent dans l'Église immédiatement avant celles du jour, on les récite dans notre Ordre après Complies, à cause de l'heure tardive prescrite par notre Mère sainte Thérèse pour la récitation des Matines.

5.  Si, un jour de férie, on a dit Complies avant le souper ou la collation, on récite Matines et Lau­des du petit office immédiatement après la récréa­tion du soir; on entre au chœur et on en sort en silence sans se réunir à l'avant-chœur.

6.  Avant Matines, tout le chœur étant à genoux et tourné vers le Saint-Sacrement, celle qui préside commence les premiers mots de l'Ave Maria que le chœur poursuit à haute voix.

7.  Les chœurs, étant tournés l'un vers l'autre, fléchissent les genoux au premier invitatoire et au dernier pendant que la chantre les dit et que le chœur les répète.

8.  On dit debout tout le petit office de la sainte Vierge et l'on fait une demi-inclination à ces mots de l'hymne des petites Heures : Maria, Mater gratiae, Mater miséricordiae.

9.  Toutes les officières remplissent leurs charges à cet office comme à l'office canonial, avec cette exception qu'elles disent tout de leurs stalles et ne vont au milieu du chœur que pour les leçons. Toutefois la semainière dit au milieu du chœur le commencement de chacune des petites Heures et des Complies, parce qu'elle est alors à cette place pour terminer les Heures du grand office.

10. Le petit office de la sainte Vierge est soumis à des règles particulières ; il subit des modifications pendant l'Avent, le temps qui suit Noël et le temps pascal; pendant la semaine de la Passion, on ne supprime pas le Gloria Patri à l'invitatoire ni au troisième répons des leçons; au temps pascal, on dit une antienne après chaque psaume des noc­turnes, comme au reste de l'année; un décret de la Sacrée Congrégation et la rubrique du Bréviaire défendent d'ajouter des Alléluia.

 

CHAPITRE XXI

De l'office et de la Messe des Morts.

1.   Les Religieuses de cet Ordre ne sont pas obligées de dire, ni au chœur, ni en particulier, l'office des Morts prescrit par le bréviaire au com­mencement de chaque mois ; mais elles sont tenues à celui de la Commémoration des Morts et aux offices doubles prescrits par les Constitutions; si elles n'ont pu dire ces offices avec la Communauté, elles doivent les réciter en particulier.

2. Selon les Constitutions, lorsqu'une Religieuse meurt, on dit pour elle dans son propre monastère un office des Morts, et à son enterrement on chante la Messe et un nocturne à trois leçons; dans les autres monastères, on dit pour elle un office des Morts au chœur ou en particulier, et l'on chante la Messe, s'il est possible.

3. D'après les usages de l'Ordre, on rend à une novice non professe, dans son propre monastère, les mêmes suffrages qu'aux Religieuses professes; mais clans les autres couvents on ne dit pour elle qu'un office d'un nocturne, Vêpres et Laudes avec une Messe basse.

4. Lorsqu'une Prieure meurt en charge, on dit pour elle, dans son propre monastère, un second office avec une Messe haute.

5. On dit dans chaque monastère deux offices complets et deux Grand'Messes pour le Supérieur, aussitôt qu'on reçoit la nouvelle du décès. Pour les Visiteurs, on dit un office et une Grand'Messe.

6. Chaque monastère dit aussi un office et une Grand'Messe pour son propre fondateur ou sa propre fondatrice, et seulement un office d'un nocturne, Vêpres et Laudes avec une Messe basse, pour le fondateur ou la fondatrice d'un autre couvent.

7. Les Religieuses doivent encore réciter au chœur neuf offices des Morts en trois triennaires. Les trois premiers se disent entre l'Épiphanie et la Purification de la sainte Vierge pour les Frères et les Sœurs de l'Ordre; les trois suivants entre l'octave de Pâques et l'Ascension pour les pères, mères et parents des Religieuses vivantes ou mortes; les trois derniers entre la fête de saint Michel et celle de tous les Saints pour les fonda­teurs, patrons, bienfaiteurs, confrères et ceux qui ont eu des lettres de confraternité, enfin pour les domestiques et autres personnes enterrées dans les églises ou les cimetières de l'Ordre. La Prieure choisit les jours auxquels on dit ces offices, pourvu que ce ne soient pas des jours de fête.

8. Les Sœurs doivent faire tout leur possible pour dire les offices des triennaires avec la Com­munauté; mais si elles ne le peuvent, elles ne sont pas tenues à les dire en particulier.

9.  Elles sont encore obligées à chanter le Libera après certaines Messes des défunts, comme il est dit au livre III, chapitre xvn, § v, et à faire pour les Morts des processions dont les règles sont indiquées au livre VI, chapitre X.

10. Il n'est pas permis aux Prieures de rien ajouter à ces charges et de faire dire des offices des Morts pour les séculiers enterrés dans les églises des monastères, à moins qu'ils n'en aient fondé l'obligation. Les Prieures ne peuvent pas accepter ces fondations sans le consentement des Supérieurs, et tant que ceux-ci n'ont pas donné leur approbation par écrit, les couvents ne doivent ni ne peuvent être obligés à ces offices.

11. Tous les offices des Morts ne se disent pas avec les mêmes cérémonies : celui de la Commémo­ration des Morts, le premier des deux pour le Supérieur et pour la propre Prieure, celui des Visiteurs, des Sœurs mortes au monastère où il se dit, le nocturne qui précède la Grand'Messe d'en­terrement et l'office des propres fondateurs et fon­datrices, sont plus solennels. Les Religieuses y portent leurs manteaux; la Prieure ou, en son absence, la Sous-Prieure fait l'office de semainière et on ne dit qu'une oraison ; on emploie quatre chantres, et elles entonnent les antiennes et les psaumes deux à deux; on double les antiennes; on chante Vêpres, le Venite avec l'Invitatoire, le Libera après la neuvième leçon et tout le nocturne qui précède l'enterrement.

12. L'office qui se dit pour une Sœur décédée dans un autre monastère doit être double; mais si on le dit au chœur, il se récite sans les solen­nités indiquées plus haut, et la semainière qui est en semaine y fait l'office.

13. Le second office pour le Supérieur et le second pour la Prieure se récitent aussi sans solennité, mais ils se disent toujours au chœur. Ils doivent être doubles et, par conséquent, il faut les dire aux jours où les rubriques prescrivent que l'office des Morts soit double, c'est-à-dire le jour des funérailles, et les troisième, septième et tren­tième jours à partir du jour de la mort ou de celui des funérailles. S'ils se disent en d'autres jours, ils ne peuvent être que semi-doubles.

14. Les neuf offices à neuf leçons sont semi- doubles, et on y dit toujours trois oraisons telles qu'elles sont marquées au Propre pour chaque triennaire.

15. Il faut remarquer qu'on chante et qu'on récite les prières pour les Morts d'un ton plus bas que les autres offices.

16. Le jour de la Toussaint, selon l'ordre du Bré­viaire romain, on dit les Vêpres des Morts immé­diatement après celles du jour, et les Vigiles des Morts après Laudes du jour. Les autres offices des Morts se disent en entier après les Vêpres du jour ; on retarde alors les litanies de la sainte Vierge et on les dit avant l'oraison du soir, qu'on sonne à cette fin un demi-quart d'heure avant cinq heures. En Carême, on dit ces offices pendant l'heure de leçon, c'est-à-dire à deux heures.

17. On ne dit pas d'office des Morts dans la semaine sainte, ni dans les semaines de Pâques et de la Pentecôte, à moins que le corps ne soit présent.

18. L'Église romaine prescrit la couleur noire pour les funérailles des fidèles; on couvre donc tous les autels de noir au jour de la Commémo­ration des Morts. On couvre aussi de noir le grand autel à la mort d'une Sœur du monastère et toutes les fois qu'on dit l'office et qu'on chante la Messe des défunts, ou même qu'on dit une Messe basse de Requiem, si elle est conventuelle. On ne le couvre pas pour une Messe privée, à moins que, en plus de cette Messe, on ne célèbre toute la matinée des Messes de Requiem. Le tabernacle ne doit jamais être couvert de noir, mais de violet.

19. Pour les personnes séculières, on suit ce qui est prescrit, employant le blanc pour les enfants et le noir pour les adultes.

20. L'Église laisse les offices des Morts impar­faits; elle y supprime les petites Heures, les deuxièmes Vêpres et les Complies, ainsi que les cha­pitres, les bénédictions, le Tu autem et le Benedicamus Domino; elle fait remplacer le Gloria Patri par le Requiem œternam qui se dit ordi­nairement en deux versets, mais ne tient cepen­dant lieu que d'un seul à la fin du Venite et aux répons.

     21. Les deux psaumes Lauda, anima mea, et De profundis se disent toujours aux preces, excepté aux jours de la Commémoration des Morts et de la sépulture solennelle.

22. On ne dit pas le Venite à l'office d'un noc­turne, excepté si on le chante solennellement.

23. Aux offices et aux Messes des Morts, on doit toujours user du pluriel : Dona eis Domine, Luceat eis, Requiescant in pace, lors même qu'ils ne se disent que pour une seule personne; on emploie le singulier seulement aux enterrements.

24. Les deux chœurs sont assis ou debout alter­nativement comme à l'office canonial; on dit, le verset Requiem seternam debout comme le Gloria Patri, mais sans faire d'inclination; les chœurs sont assis pendant les leçons et à genoux pendant les preces.

25. La semainière, quelle qu'elle soit, ne va pas au milieu clu chœur pour dire le Pater au commencement des Vêpres et des Matines : car il faut commencer ces offices absolument, comme le prescrit le Rituel de Paul V; elle s'y rend pour dire les preces et l'oraison.

26. Elle dit les preces, commençant par Pater noster, à genoux, même au temps pascal, mais elle dit les oraisons debout. Pour un Évêque, on dit les preces debout.

27. Les chantres n'annoncent pas les antiennes aux offices cles Morts, et si l'office est double, elles les commencent elles-mêmes; elles ne les relè­vent pas, mais tout le chœur les reprend. Elles en­tonnent à leurs places les psaumes et les cantiques ; toutefois elles disent toujours au milieu clu chœur l'invitatoire et le Venite. Aux offices solennels, elles y disent aussi le Requiescant in pace après l'oraison de Vêpres et de Laudes, et le Libera qui suit la neuvième leçon, Elles suivent d'ailleurs les règles indiquées au livre IV, chapitre v.

28. Les versiculaires suivent aussi ce qui est prescrit pour elles au même livre, chapitre vi, et si l'office est semi-double, elles commencent les antiennes.

29. Les lectrices disent les leçons et leurs ver­sets au milieu du chœur; elles s'y rendent assez tôt pour ne pas être en chemin pendant qu'on dit le Pater. Aux offices solennels, les trois der­nières leçons sont dites, comme à l'office canonial, par les chantres et la semainière; aux autres offices, les Religieuses disent les leçons par rang de religion, en commençant par les plus jeunes et sans distinction de l'office qu'elles remplissent.

         

LIVRE SIXIEME

de la réception des sacrements, de l'oraison ;

et de plusieurs autres saintes actions de la vie religieuse

 

CHAPITRE PREMIER

Des confessions

1. Les Religieuses se confessent au confesseur ordinaire deux fois par semaine, le mercredi et le samedi; si une fête à laquelle les Constitutions marquent de communier tombait en l'un des jours où le confesseur doit venir, on se confesse­rait la veille.

2. Les confessions commencent à trois heures et finissent avant cinq heures. Si quelque Sœur, pour un empêchement légitime, n'a pu se con­fesser dans cet intervalle, elle ne doit pas se con­fesser pendant l'oraison, mais le lendemain après les Heures.

3. La sacristine a soin que l'on aille par ordre aux confessions, comme le disent les Constitutions. Elle appelle les Sœurs avec le timbre, l'une après l'autre, par rang de religion, en commençant par les plus jeunes; elle fait en sorte qu'il y en ait toujours deux ou trois près du confessionnal, attendant la sortie de celle qui se confesse, afin que l'une succède à l'autre sans intervalle.

4. Les Soeurs ne peuvent se confesser plus de deux fois par semaine, ni au confesseur ordinaire, ni à un autre, sans la permission de la Prieure ; elles ne doivent pas s'étendre en discours inutiles pour la confession et ne doivent dire au confesseur ni leur nom ni celui des Sœurs.

5. Le confesseur aussi ne doit prendre connais­sance que de ce qui regarde la confession et la conscience des Religieuses.

6. La Prieure, ainsi qu'il est plus amplement expliqué au chapitre ix du livre VIII, fait venir trois fois l'année, suivant l'ordonnance du concile de Trente, des confesseurs extraordinaires ap­prouvés par les Supérieurs.

7. Au temps des confessions extraordinaires, toutes les Religieuses doivent se confesser à celui qui est désigné pour entendra ces confessions. Celles qui n'auraient rien de particulier à dire lui feraient leur confession ordinaire, si elles n'a­vaient quelque motif de s'en abstenir; mais selon l'ordonnance de Benoît XIV (Bulle Pastoralis curae), elles doivent au moins se présenter à lui.

8. Lorsque le confesseur entre dans le monas­tère pour confesser une Religieuse malade, il se revêt à l'avance du surplis et de l'étole, se couvre de la barrette, et l'on observe pour son entrée tout ce que les Constitutions ordonnent.

 

CHAPITRE II

De la communion.

1. Les Religieuses doivent communier aux jours marqués par les Constitutions; mais comme, selon les mêmes Constitutions, la Prieure peut accorder quelques autres communions quand d'autre part le confesseur l'aura permis, elle permettra ordi­nairement aux professes du chapitre de commu­nier tous les jeudis et les samedis, aux jeunes pro­fesses tous les jeudis, et aux novices les dimanches seulement, si des circonstances spéciales ne le leur font accorder plus souvent. [L'Église encou­rageant de nos jours la communion plus fréquente, on ajoute d'ordinaire, dans la plupart des monas­tères, une communion de plus, tant pour les pro­fesses que pour les novices et les postulantes.] Les confesseurs et les Prieures conservent d'ailleurs la liberté qui leur est donnée par les Constitutions relativement aux communions des Religieuses.

2. La sacristine doit veiller à ce qu'il y ait tou­jours des hosties consacrées dans le tabernacle. Ces hosties doivent être renouvelées fréquemment, c'est-à-dire chaque semaine; cependant on pourrait attendre quelques jours de plus, mais il ne faudrait pas différer au delà de quinze jours. Les hosties que l'on consacre doivent aussi être faites depuis peu.

3.  C'est aussi la sacristine qui prépare la grille de communion. Elle prend de bonne heure les clefs de la main de la Prieure ; au commencement de la première Messe, elle ouvre la petite fenêtre de la communion et y passe une écharpe de taffe­tas de la couleur du parement de l'autel ; si pour­tant l'autel était paré de noir, l'écharpe devrait être de couleur violette, comme le pavillon du ta­bernacle. Elle fait pendre cette écharpe autant dehors que dedans ; elle met par-dessus un corporal de la largeur de la petite table et, sur le corporal, la plaque d'argent doré.

4.  Elle a soin que, pendant la communion des Sœurs, les portes du chœur soient toujours fermées pour empêcher que le courant d'air ne fasse tom­ber quelque hostie ou quelque parcelle; aux jours de grande fête, elle fait brûler des parfums pen­dant ce même temps.

5. Les Religieuses doivent communier à la Messe conventuelle, après la communion du prêtre.

6. Lorsque le prêtre a sorti le saint ciboire du tabernacle, la Prieure, en son absence la Sous- Prieure, en l'absence des deux la sacristine, se prosterne et commence le Confiteor d'un ton plus bas que le récit ordinaire. Tout le chœur le pour­suit également prosterné et reste ainsi jusqu'après le Domine, non sum dignus. Les deux Sœurs qui doivent communier les premières se mettent près de la grille avant le Confîteor, afin d'y être avant le prêtre et de ne pas faire attendre Notre-Seigneur. La sacristine se tient près de la grande grille, por­tant un bénitier pour présenter de l'eau bénite aux Sœurs; elle veille en même temps à ce que les voiles soient convenablement baissés.

7.  Les Religieuses vont à la communion selon leur rang, les mains jointes sous le scapulaire ei les yeux baissés; chacune prend de l'eau bénite,, s'incline profondément pendant que celle qui la précède communie, se met à genoux et ouvre mé­diocrement la bouche pour recevoir la sainte Hos­tie. Elle se retire ensuite à deux ou trois pas en arrière pour laisser le passage libre, et s'incline de nouveau profondément vers le Saint-Sacrement.

8. Après la communion, les Sœurs se rangent à genoux aux stalles : la première qui a communié se place à la stalle la plus proche de la grille de communion, la seconde Sœur à la seconde stalle, et ainsi de suite en montant vers l'autel du chœur jusqu'à ce que ce côté soit rempli; alors elles se mettent aux stalles de l'autre côté, mais en com­mençant par le haut du chœur pour éviter de se rencontrer avec celles qui vont communier. Les Sœurs du voile blanc ne se mettent pas aux stalles, mais devant la grande grille.

9. Après que toute la Communauté a communié, la dernière, qui doit être la sacristine, ou à son dé­faut une Religieuse du chœur professe, baisse un peu la tête. Si le prêtre ne comprend pas ce signe, la sacristine lui dit tout bas qu'il n'y a plus personne à communier, [ou bien abaisse le petit rideau], ensuite le prêtre retire la plaque d'argent doré, l'emporte au moyen de l'anneau et regarde s'il ne s'y trouve pas de parcelles. La sacristine, de son côté, abaisse le rideau de la petite fenêtre et, après la Messe ou après son action de grâces, elle retire le corporal et le taffetas, ferme toutes les portes de la grille et rend les clefs à la Prieure.

10. Si quelques Sœurs ont un empêchement légitime d'assister à la Messe de Communauté, la Prieure peut permettre qu'elles communient à une autre Messe ; alors ln sacristine commence le Confiteor, et l'on observe tout ce qui a été dit pour la communion à la Messe conventuelle.

11. Les Sœurs ne doivent pas, à moins d'une grande nécessité, communier avant ou après la Messe; si pourtant ce cas se présente, la sacristine commence le Confiteor et l'on observe les mêmes cérémonies qu'à la communion pendant la Messe. Le prêtre, étant de retour à l'autel, dit les prières marquées au rituel et termine par la bénédiction. -

12. Lorsque les Religieuses doivent communier, le sacristain allume, avant que le prêtre se rende à la grille, le cierge placé sur la crédence ; il le pré­cède avec ce cierge et, s'il peut éclairer facilement sans se lever, il se tient à genoux près de lui pen­dant la communion des Religieuses; il n'éteint le cierge qu'après que le prêtre a remis le ciboire dans le tabernacle.

13. Le sacristain a toujours sur la crédence quel­que petite nappe pour la communion des fidèles. Lorsque les Religieuses ne communient pas, c'est lui qui dit le Confiteor, et il n'allume pas de cierge pour accompagner le prêtre. Après la communion, il reprend la nappe, la plie, la remet sur la cré­dence, et si l'on a donné la communion hors de la Messe, il jette dans le sacraire l'eau où le prêtre s'est purifié les doigts. On peut, pendant le temps des Messes, attacher la nappe à la table de commu­nion.

 

CHAPITRE III

De la Confirmation.

1.  Les Prieures, selon l'ordonnance de saint Charles, feront tout leur possible pour que les Sœurs qui n'auraient pas été confirmées avant leur entrée dans le monastère, le soient avant la prise d'habit, ou du moins avant la profession. Elles les feront d'abord soigneusement instruire des vérités de la foi catholique et préparer à recevoir le sacre­ment de Confirmation.

2. La sacristine prépare pour l'Évêque une chape, une étole blanche et une mitre; elle fait dresser dans l'église, entre la crédence et la grille de communion, une petite table couverte d'une nappe blanche ; on y pose le vase contenant le saint chrême, le pontifical, de la mie de pain, l'aiguière, le bassin et une serviette. On prépare encore pour l'Évêque, devant l'autel, un prie-Dieu couvert d'une tenture et d'un coussin, et devant la grille, un fauteuil. Dans le chœur des Religieuses, on met dans un bassin, sur l'autel ou sur un petit banc près de la grille de communion, un ou plusieurs bandeaux pour celles qui doivent être confirmées.

3.  Il est à désirer que la Confirmation ait lieu le matin plutôt que l'après-midi, afin que ce sacre­ment soit reçu à jeun et que l'on puisse communier à la Messe de l'Évêque.

4.  Lorsque l'Évêque entre dans l'église, la sa­cristine sonne la grosse cloche; les Religieuses s'assemblent aussitôt au chœur, portant les man­teaux et les grands voiles baissés. Si l'Évêque commence par la Confirmation, elles se mettent à genoux aux stalles, les anciennes plus près du Saint-Sacrement; la Prieure ouvre la grille et lève le rideau; celle qui doit être confirmée se tient au­près, à genoux, le grand voile baissé si elle l'a déjà reçu. Lorsque l'Évêque dit la Messe avant de confirmer, la Communauté se range comme aux Messes ordinaires et se place ensuite comme il vient d'être dit.

5.  Si l'Évêque fait une exhortation, les Sœurs l'entendent sans changer de place.

6.  Si, après avoir dit Spiritus Sanctus, il chante les versets du chant des Religieuses, celles-ci lui répondent, étant debout, tournées vers le Saint- Sacrement, s'agenouillant seulement lorsque l'Évê­que confirme à la petite grille et lorsqu'il donne sa bénédiction; si, au contraire, il use du chant ro­main ou s'il récite simplement, elles laissent répondre par les aumôniers et se tiennent à genoux, également aux stalles, tournées vers le Saint-Sacrement. Dans l'un et l'autre cas, elles chantent elles-mêmes l'antienne Confirma hoc, Deus, étant debout, tournées en chœur.

7. L'Évêque s'approche de la grande grille pour dire les oraisons; ensuite il se rend à la grille de communion, et en même temps la Prieure conduit la Sœur de la grande grille à la petite ; elle lui ôte son grand voile et lève le petit pour laisser le front à découvert; elle se tient à genoux près d'elle, lui sert de marraine et dit son nom à l'Évêque. La Sœur reçoit à genoux, les mains jointes sous le scapulaire et les yeux baissés, l'onction du saint, chrême et un léger soufflet; puis elle se lève, fait une profonde inclination à l'Évêque et se retire en. arrière. La Prieure, aidée d'une Sœur, lui couvre le front d'un bandeau en prenant garde de ne pas toucher au saint chrême; elle rabaisse le petit voile, remet le grand, et ramène la Sœur confirmée à la grande grille où elle demeure à genoux, le voile baissé, jusqu'à la fin de la cérémonie.

8.  S'il y avait plusieurs Sœurs à confirmer, la Sous-Prieure conduirait la seconde de la grande grille à la petite, et la plus ancienne, la troisième.

9.  Pendant que l'Évêque se lave les mains, les chantres commencent l'antienne Confirma hoc, Deus, que les chœurs poursuivent debout, tournés l'un vers l'autre; elles chantent ensuite le Gloria Patri, le chœur le Sicut erat, puis elles repren­nent l'antienne Confirma que le chœur achève. Alors les Sœurs se retournent du côté de l'Évêque et se tiennent debout ou à genoux, selon qu'il a été expliqué plus haut. L'Évêque, ayant dit les orai­sons, termine la cérémonie en donnant sa béné­diction que toutes reçoivent à genoux.

10. Six ou sept heures après la Confirmation, on ramène la Sœur confirmée à la grille de commu­nion; le confesseur ou l'aumônier lui ôte le ban­deau et lui essuie bien le front. On brûle ce bandeau et on en jette les cendres dans la piscine, ainsi que l'eau et les miettes de pain dont l'Évêque s'est servi pour se purifier les doigts.

 

CHAPITRE IV

De l'aspersion de l'eau bénite.

1. On fait l'aspersion de l'eau bénite le dimanche matin avant la Messe conventuelle et tous les soirs après Complies, le samedi excepté; on la fait en ce jour après le grand Salve qui précède l'oraison mentale.

2.  Le dimanche matin, l'aspersion est faite dans l'église par le célébrant, et dans le chœur des Reli­gieuses par la Prieure ; en son absence, par la Sous- Prieure; en l'absence des deux, par la semainière.

3. Au dernier coup de la Messe conventuelle, les Religieuses étant entrées au chœur et le psaume Laetatus sum étant achevé, la Prieure se rend en­tre les deux pupitres, mais plus près de la grille; elle salue le chœur et se met à genoux. La plus jeune Religieuse du chœur, quoique novice, porte le bénitier et l'aspersoir ; elle fait les mêmes saluts que la Prieure et se met à genoux à sa droite, un peu en avant, et tournée vers elle. Les deux ou les quatre chantres, suivant la solennité de la Messe, se tiennent à leurs pupitres et les Sœurs aux stalles ; la Sous-Prieure se met en rang avec elles jusqu'à ce que la Prieure soit revenue à sa place.

4. Le prêtre, agenouillé sur le marche-pied de l'autel, commence l'antienne Asperges me ou Vidi aquam selon le temps; alors le chœur et les chan­tres se lèvent; celles-ci continuent deux ou trois mots et le chœur poursuit le reste; elles reprennent Miserere ou Confitemini que le chœur continue ; elles disent Gloria Patri, et le chœur Sicut erat; enfin elles reprennent l'antienne que le chœur achève,

5. Aux dimanches de la Passion et des Rameaux, elles ne disent pas Gloria Patri, mais reprennent Asperges me aussitôt après le verset.

6. Lorsque le prêtre commence l'aspersion, celle qui porte le bénitier mouille l'aspersoir, le baise et le présente à la Prieure dont elle baise aussi la main, puis elle reste au milieu du chœur, dans la même attitude, tenant le bénitier quelque peu élevé, au moins jusqu'à ce que la Prieure ait repris de l'eau bénite.

7. La Prieure reçoit l'aspersoir avec précaution pour ne pas jeter à terre de l'eau bénite; elle fait, étant à genoux, même au temps pascal, un petit signe de croix sur son front avec l'extrémité de l'aspersoir, puis elle se lève et fait l'aspersion du côté du chœur où se trouvent les plus dignes, en commençant par celles-ci [et terminant par la chantre] ; ensuite elle revient au milieu du chœur, mouille de nouveau l'aspersoir et fait l'aspersion de l'autre côté; elle asperge en dernier celle qui porte le bénitier et lui remet l'aspersoir; toutes deux font les révérences prescrites au Saint-Sacre­ment et au chœur, quittent le milieu du chœur, et la jeune Sœur porte le bénitier à sa place. Les Sœurs font une inclination en recevant l'eau bénite.

8.  La Prieure ne dit pas les versets et l'oraison à la fin de l'aspersion; ceci appartient au prêtre, comme l'intonation de l'Asperges.

9. Si la Prieure ne fait pas elle-même l'asper­sion de l'eau, on ne baise pas, en présentant l'aspersoir, la main de celle qui la remplace.

10. L'aspersion du soir est faite par la semai­nière. Celle-ci se tient sur sa marque, même aux jours de férie; la Sœur qui doit présenter l'eau bénite quitte sa place à la fin de l'antienne de la sainte Vierge, prend le bénitier, fait les révérences prescrites et se met à la droite de la semainière, sur la marque de la chantre. Pendant le Pater, l'Ave et le Credo, toutes deux se tiennent debout ou à genoux comme le chœur; si l'on est debout, la Sœur qui porte le bénitier se tourne vers le Saint- Sacrement comme la semainière; si l'on est à ge­noux, elle se tourne comme le chœur.

11. Pendant l'aspersion qui suit les Complies, toutes les Sœurs, même les chantres, sont à ge­noux aux stalles en tout temps ; lorsque la Prieure donne l'eau bénite, la Sous Prieure se met en rang avec les Sœurs.

12. Quand la Prieure donne le signe de com­mencer, la Sœur qui porte le bénitier mouille l'as- persoir, se met à genoux si elle n'y est déjà, et se tourne vers la semainière; puis elle présente l'as- persoir et le bénitier, comme il a été dit pour le dimanche matin.

13. La semainière, étant à genoux, commence l'antienne Asperges me, Domine,que l'on ne change pas au temps pascal et qui n'est jamais chantée le soir ; elle fait un signe de croix sur son front avec l'aspersoir et fait l'aspersion du côté du chœur où est la plus digne, en commençant par celle-ci; elle vient ensuite au milieu du chœur reprendre de l'eau bénite, puis fait l'aspersion de l'autre côté du chœur en suivant le même ordre; elle asperge en dernier celle qui tient le bénitier. Elle fait une de­mi-inclination à la Prieure et à la Sous-Prieure, avant et après leur avoir donné l'eau bénite. Les Sœurs font une inclination en la recevant.

14.Le .chœur continue l'antienne Asperges me, Domine; la première chantre seule commence le psaume Miserere dont les chœurs poursuivent al­ternativement les versets jusqu'à la fin de l'asper­sion ; celle-ci étant terminée, on dit le Gloria Pa­tri, ensuite la première chantre reprend l'antienne Asperges me que le chœur poursuit. S'il n'y a pas de Gloria Patri, elle attend, pour relever l'antienne, que la semainière ait achevé de donner l'eau bénite aux deux chœurs.

15.La semainière, ayant remis l'aspersoir à celle qui porte le bénitier, dit au milieu du chœur les versets et l'oraison ; puis toutes deux, ayant fait les révérences d'usage, quittent le milieu du chœur et la jeune Sœur reporte le bénitier à sa place.

 

CHAPITRE V

Du Salve Regina du samedi et de l'Angelus.

1. Tous les samedis de l'année sans exception, même la veille de Pâques, les Religieuses, selon l'antique coutume de l'Ordre instituée l'an 1042 par saint Gérard, Évêque et Martyr, chantent le Salve Regina avant l'oraison mentale du soir.

      2. On sonne l'oraison un quart d'heure plus tôt, l'espace d'un Miserere. Les Religieuses s'as­semblent à l'avant-chœur revêtues de leurs man­teaux; elles reçoivent de la sacristine un petit cierge blanc, l'allument aussitôt et le tiennent en­tre leurs mains jointes sur le scapulaire; elles se rangent en deux chœurs et demeurent debout, tournées vers le tableau ; au signe de la Prieure, elles entrent au chœur en silence dans l'ordre ac­coutumé, avec cette exception que la semainière vient la dernière, immédiatement avant la Prieure et la Sous-Prieure ; elle se place sur sa marque et les Sœurs se mettent aux stalles.

3.  La semainière, ayant fait la génuflexion au Saint-Sacrement et les saluts au chœur, commence d'un ton élevé Salve Regina ; elle accompagne ces paroles d'une demi-inclination, puis elle fait une seconde génuflexion et retourne à sa stalle.

4.  A ces paroles : Salve Regina, les Sœurs se tournent vers l'image de la sainte Vierge placée au-dessus de la grille, et font, comme la semai­nière, une demi-inclination ; ensuite elles se re­tournent en chœur et poursuivent l'antienne les mains jointes. Elles s'inclinent une seconde fois au mot Salve et font l'inflexion à chaque point.

5.  Les versiculaires chantent le verset au milieu du chœur; la semainière y chante aussi l'oraison qu'elle termine par la grande conclusion : Per eumdem Dominum nostrum Jesum Chrisium Filium tuum, qui tecum vivit et regnât in unitate ejusdem Spiritus Sancti Deus, etc.

       6. Les Sœurs ne se tournent pas vers le Saint-Sacrement pendant le verset; elles s'inclinent pen­dant l'oraison; lorsqu'elles ont répondu Amen, elles éteignent leurs cierges et on fait l'aspersion de l'eau bénite; ensuite toutes disent un Pater et un Ave profondément inclinées.

7. Suivant l'usage de l'Église, on sonne l'Angé­lus trois fois le jour, comme il est indiqué au livre II, chapitre xvi. Chacune des Religieuses, en quel­que endroit qu'elle se trouve, récite cette prière à genoux, excepté depuis les Vêpres du samedi jus­qu'après les Complies du dimanche. Au temps pascal, on remplace l'Angélus par le Regina cœli qu'on récite debout. Lorsque les Sœurs sont au ré­fectoire quand on sonne l'Angélus de midi, la lec­trice interrompt la lecture et toutes se lèvent. Elles disent l’Angélus debout, les mains sous le scapu­laire; la serveuse et celles qui dînent à terre le di­sent à genoux, les jours où il doit se dire dans cette attitude. [Telle est l'ancienne coutume de l'Ordre; mais Benoît XIII ayant accordé aux maisons reli­gieuses, par un décret du 5 décembre 1727, le pri­vilège de gagner l'indulgence en récitant l'Angé­lus à genoux immédiatement après le repas, on profiterait de cette faveur en disant cette prière après grâces, avant de commencer le De profundis pour aller à l'avant-chœur.]

8. On gardera soigneusement la coutume très ancienne et spéciale aux Carmélites de dire, après l'Angélus de midi, l'antienne Tua est potentia, avec le verset Fiat pax et les oraisons Deus, a quo sancta desideria et Ecclesiœ tuae. Si la Commu­nauté est réunie, les Sœurs récite tout haut l'antienne, la versiculaire dit le verset et la semainière les oraisons, auxquelles on répond Amen ; mais les sœurs qui sont séparées disent ces prières en particulier et tout bas. Lorsque l'Angélus de midi sonne pendant le réfectoire, on dit Tua est potentia tout haut à la fin des grâces [ou à la suite de l’Angélus, selon ce qui a été exposé plus haut]. On dit toujours ces prières dans la même attitude que l'Angélus.

CHAPITRE VI

De l'oraison mentale.

1. Les Constitutions prescrivent deux heures d'oraison par jour : l'une le matin après l'Angé­lus, à cinq heures en été et à six heures en hiver; l'autre le soir à cinq heures en tout temps.

2.  Aussitôt qu'on sonne l'oraison, les Religieuses abandonnent toute autre occupation et se ren­dent droit au chœur avec grand recueillement et modestie. Elles se mettent à genoux aux stalles, tournées vers le Saint-Sacrement, les plus jeunes plus près de la grille. La Prieure, ou en son ab­sence la première du chœur, commence d'un ton bas l'antienne Veni Sancte Spiritus, et le chœur la poursuit de même. La première versiculaire dit le verset Emitte Spiritum tuum, le chœur lui ré­pond, puis la Prieure dit les oraisons Deus, qui corda fidelium et Gratiam tuam. A la fin de l'heure d'oraison, elle commence l'antienne Sub tuum que le chœur poursuit; la versiculaire dit le verset Ora pro nobis, sancta Dei Genitrix, le chœur répond, puis la Prieure dit les oraisons Pro­tege, Domine et Ecclesiœ tuse. Au temps pascal, on ajoute Alléluia aux antiennes et à leurs versets.

3. Aussitôt après l'oraison du matin, on dit les Heures canoniales; après celle du soir, on se rend en procession au réfectoire.

4. Les règles données pour l'oraison ont quel­ques exceptions : celle du matin est remplacée par les offices qui occupent les heures de la matinée les jours de Noël, du vendredi saint et de Pâques; celle du soir est aussi remplacée par l'office les trois jours des Ténèbres. Pendant ce même temps, on omet les prières au commencement et à la fin de l'oraison du matin. Le jour de l'Ascension, on ne dit pas non plus les prières à l'heure d'oraison que l'on fait à midi.

 

CHAPITRE VII

De l’examen de conscience et de ce qui termine la journée.

1. Notre Mère sainte Thérèse prescrit dans les Constitutions de faire l'examen de conscience deux fois par jour : le matin avant le dîner, et le soir après Matines.

2. Si elle ordonne que chacune fasse l'examen du matin au lieu où elle est, c'est parce que, de son temps, les nouveaux monastères avaient trop peu de Religieuses pour qu'on pût se rendre en proces­sion au réfectoire. Ce motif n'existant plus, il est mieux de faire l'examen au chœur; pourtant, celles qui sont nécessairement occupées à la cuisine ou ailleurs le font brièvement au lieu où elles se trouvent.

3.  Le signal du dîner sert pour l'examen ; les Religieuses entrent au chœur sans cérémonie, se mettent à genoux aux stalles, le visage tourné vers le Saint-Sacrement, les novices plus près de la grille. On n'emploie pas plus d'un demi-quart d'heure à cet examen, y compris le temps de s'as­sembler, et on se rend ensuite processionnellement au réfectoire, comme il est marqué au livre VIL Pour l'examen du soir, on donne environ un quart d'heure.

4. Après cet examen, la Prieure fait lire le point d'oraison pour le lendemain ; elle désigne l'épître et l'évangile du jour, s'il y en a de particuliers, si­non quelque méditation sur le mystère du temps. Lorsqu'on lit l'Évangile, les Sœurs ne se lèvent pas, mais l'écoutent à genoux et la lectrice se tient également à genoux. La lecture ne doit pas excé­der la longueur de deux Miserere, en sorte que tout finisse environ à onze heures.

5.  La lecture faite, les Sœurs se rendent à l'avant- chœur en disant le psaume Deus misereatur nostri. Lorsque les prières sont terminées, elles se mettent à genoux et la Prieure donne la bénédic­tion en faisant un signe de croix sur la Commu­nauté sans dire aucune parole ; toutes s'inclinent alors. On donne le signe de la retraite avec la se­conde cloche, puis elles se retirent en silence dans leurs cellules.

6. Un quart d'heure après la retraite, la Prieure fait faire par la Sous-Prieure ou par une des an­ciennes Religieuses, [ou fait elle-même selon l'an­cienne coutume], la visite des cellules pour voir si toutes les Sœurs y sont rentrées; après cette visite, les Sœurs ne doivent plus sortir de leurs cellules à moins d'une grande nécessité qu'elles n'aient pu prévoir.

 

CHAPITRE VIII

De la discipline.

1.  Les Constitutions ordonnent que l'on prenne la discipline tous les vendredis de l'année au chœur après Matines, l'espace d'un Miserere et des orai­sons marquées au Manuel ; mais dans la semaine sainte, toute la Communauté la prend le mercredi, le jeudi et le vendredi soir avant l'examen, l'es­pace de trois Miserere, du verset Christus factus est et de l'oraison Respice. A cet effet, on sonne la cloche ou l'on frappe la matraque, le mercredi et le vendredi à huit heures et demie, et le jeudi à neuf heures. Si en ces jours quelque Sœur ne pouvait prendre la discipline avec la Communauté, non pour cause de maladie, mais pour un empêchement lé­gitime, elle la reprendrait en particulier pendant le même temps et les mêmes prières.

2.  Les Prieures peuvent permettre de prendre la piscipline en commun au chœur tous les mercredis, [ou, selon l'usage des monastères, les lundis et les mercredis], excepté ceux d'entre Pâques et la Pen­tecôte. On prend cette discipline entre les deux coups de Matines, l'espace des deux hymnes Veni Creator et Ave maris stella, ou d'un Miserere sans oraison. On omet la discipline lorsqu'aux jours destinés à la prendre on doit dire les Matines solennellement et porter les manteaux; mais celle du vendredi ne s'omet pas; [on l'anticipe] ou bien on la remet au soir de la fête.

3. A l'heure de la discipline, on ôte les lumières du chœur ; la Prieure commence le Miserere ou les hymnes indiquées plus haut et les Sœurs les continuent alternativement. Le vendredi, le Mise­rere étant fini, la Prieure commence l'antienne Christus faetus est que le chœur poursuit ; ensuite la semainière dit à haute voix les versets et les oraisons du Manuel, qu'elle doit savoir par cœur.

 

CHAPITRE IX

Des sermons.

1. Les Prieures feront, s'il est possible, régu­lièrement prêcher à l'église les dimanches de l'Avent et du Carême, aux fêtes de Notre-Seigneur et de la sainte Vierge, à celles de saint Joseph, de saint Élie, de sainte Thérèse, de la Toussaint, de saint Jean de la Croix et du titulaire du monastère, enfin aux prises d'habit et de voile, mais non à la profession. Elles peuvent faire prêcher quelques autres jours, si elles le jugent à propos.

2.  Le sermon se fait ordinairement après Vêpres [ou avant le salut]; en Carême, il se fait à deux ou trois heures si l'on prêche hors du dimanche.

3. On ferme les volets des fenêtres du chœur, excepté aux sermons de prise d'habit et de voile, laissant seulement entr'ouvert celui qui est plus près de la grille.

4.  Les Religieuses assistent au sermon avec les manteaux et les grands voiles baissés. Elles se mettent à genoux devant la grille avant qu'elle ne soit ouverte et forment trois ou quatre rangs un peu distants les uns des autres, les anciennes plus près de la grille.

5. Lorsque le prédicateur s'approche de la chaire, on ouvre la grille et on lève le rideau ; les Religieuses restent à genoux jusqu'après l'Ave Maria. Elles s'asseyent alors sur le plancher à la place où elles se trouvent, sans se reculer ni s'a­vancer.

6.  Quand le prédicateur prononce les saints noms de Jésus et de Marie ou qu'il s'adresse aux Religieuses et les nomme, chacune fait une demi- inclination.

7. Les Prieures auront soin que les prédicateurs soient convenablement reçus, accompagnés et re­merciés par quelque ecclésiastique de la part du couvent; elles veilleront aussi à ce que les tou- rières fassent du feu et préparent les autres choses nécessaires avant et après le sermon.

8. [Lorsqu'il y a sermon au parloir, les Reli­gieuses y assistent les grands voiles baissés, mais sans manteaux.]

 

CHAPITRE X

Des processions.

1.  Il y a deux sortes de processions dans l'Or­dre : les unes d'obligation et les autres de dévotion.

2. Les processions d'obligation sont celles de la Chandeleur, des Rameaux, de Pâques, de saint Marc, des Rogations, des fêtes de Notre-Dame du Mont-Carmel, de saint Joseph, de saint Élie, de sainte Thérèse, des jours de saint Barthélemy et de saint Luc, enfin celles des défunts, tant au jour de leur Commémoration qu'aux lundis de chaque semaine. A ces processions, les Religieuses portent leurs manteaux et l'on chante (excepté à celles des Morts dont on parlera plus loin) ; on sonne la grosse cloche et l'on fait cinq stations : les quatre premières stations se font dans le cloître et la cinquième au chœur, si la Prieure ne l'ordonne autrement. Lorsqu'il n'y a que des croix aux coins des cloîtres, la Sous-Prieure y fait dresser de petits autels ornés de tableaux de piété pour les stations des processions de la Chandeleur et des Rameaux.

3. La Prieure préside aux processions de la Chandeleur et des Rameaux; elle fait semainière à celles de Pâques, de Notre-Dame du Mont-Car­mel, de saint Joseph, de saint Élie, de sainte Thérèse et de la Commémoration générale des Morts, le 2 novembre; on emploie alors quatre chantres et deux versiculaires. Aux autres processions d'obligation, la semainière fait l'office et il n'y a que deux chantres.

4. Les processions des jours de saint Barthé­lémy et de saint Luc ont été ordonnées par les premiers Supérieurs pour rendre grâces à Dieu, la première de l'établissement de la Réforme à Avila, la seconde de la fondation du Carmel ré­formé en France. Le jour de saint Luc, on chante les litanies de la sainte Vierge, l'hymne 0 gloriosa Virginum, celle des Vêpres du Commun des Apôtres, en l'honneur de saint Luc, et celle de sainte Thérèse; ces deux dernières avec les versets et oraisons correspondants.

5. Les processions de dévotion sont celles que l'on fait pour quelque sujet extraordinaire et pas­sager, comme pour les nécessités publiques ou pour rendre grâces à Dieu d'un bienfait reçu, ou enfin pour quelque cause juste et légitime. De ce nombre est encore celle qui se fait souvent après Vêpres en allant à un ermitage.

6. A toutes ces processions, la Prieure règle le nombre des stations selon le temps et les lieux; la semainière ordinaire fait l'office, on ne porte pas les manteaux, on ne chante pas et on ne sonne pas la cloche. Si la Prieure veut que l'on fasse une de ces processions d'un rit solennel, on porte les manteaux et l'on chante; mais on n'emploie que deux chantres et l'on ne change pas la semainière. Les Prieures ne doivent introduire cette solennité qu'avec beaucoup de réserve.

7. Pour la procession qui peut se faire après Vêpres, on se rend à un ermitage dédié à quelquemystère, à la sainte Vierge ou au saint dont on fait la fête. On récite en y allant les litanies de la sainte Vierge que les deux chantres commencent comme de coutume; lorsque les litanies sont ter­minées, on chante une antienne, un verset et une oraison en l'honneur du saint ou du mystère. On omet cette procession pendant la semaine sainte, et toutes les fois qu'il y a sermon ou qu'on dit l'office des Morts après Vêpres ; mais on ne manque pas, en ces deux derniers cas, de réciter au chœur les litanies de la sainte Vierge, selon l'ordon­nance des premiers Supérieurs.

8. On porte toujours la croix en tête des pro­cessions et, auprès de cette croix, deux chande­liers garnis de cierges blancs ou jaunes, selon le caractère de la procession. La Sous-Prieure dési­gne une Sœur pour porter la croix et deux jeunes Sœurs de taille égale pour porter les chandeliers. Celle qui porte la croix la tient à deux mains et tourne le crucifix vers le lieu où se rend la pro­cession; celles qui portent les chandeliers se placent à ses côtés, à égale distance de la croix ; elles tiennent leurs cierges bien droits; celle qui est à droite met la main gauche au pied du chan­delier et la main droite au nœud qui est au milieu; celle qui est à gauche fait le contraire. Ces trois Sœurs ne s'agenouillent jamais et ne font aucune inclination, même en sortant du chœur; elles ne quittent le chœur et les lieux des stations qu'au signe de la Prieure; elles ne se séparent pas, et aux portes étroites les chandeliers passent devant la croix. On garde toujours cet ordre si le contraire n'est marqué dans quelque circonstance particu­lière, comme aux prises d'habit et de voile.

9.  Si l'on dit au chœur les prières de la pro­cession, on n'y porte pas la croix et les chande­liers.

10. Lorqu'on porte des reliques à la procession, il y a deux manières de le faire. Si le reliquaire peut se tenir à la main, celle qui préside le porte marchant après toutes les autres, entre deux sœurs tenant des cierges allumés ; si c'est une châsse qui doive être portée sur un brancard, celui-ci est sou­tenu par quatre Sœurs qui se placent près des chantres, en sorte qu'il n'y ait que celles-ci et trois ou quatre anciennes Religieuses après les reliques; on porte alors quatre cierges, deux de­vant les Reliques et deux après.

      11. Au moment de commencer la procession, les Sœurs qui portent la croix et les chandeliers se placent devant la grande grille, au milieu, et les deux ou quatre chantres sur leurs marques; les autres Religieuses se tiennent à leurs stalles, portant leurs livres. Toutes sont debout, tournées vers le Saint-Sacrement; si pourtant on dit les litanies, elles sont à genoux jusqu'au signe de partir. La Prieure donne un premier signe auquel les chantres commencent ce qui doit se dire à la procession ; un peu après, elle en donne un second pour sortir du chœur : la porte-croix et ses com­pagnes partent aussitôt et les Religieuses les sui­vent, les plus jeunes les premières ; elles font deux à deux la génuflexion au milieu du chœur et sortent chacune par la porte de son côté, faisant une inclination à la Prieure en passant près d'elle. Les chantres se placent au rang des Religieuses anciennes, n'en laissant que deux ou trois après elles, et enfin vient la Prieure en même ligne que les Religieuses de son côté.

12. Les Religieuses tiennent les yeux baissés; elles marchent d'un pas égal, sur deux rangs entre lesquels on laisse la largeur des lieux où l'on passe, tant qu'elle n'excède pas trois ou quatre mètres; chacune doit être attentive à ne s'écarter ni en dedans ni en dehors cles rangs et à marcher toujours sur la même ligne que sa compagne, à un mètre environ de celle qui la précède.

13. Si, au passage des portes, les premières s'arrêtent et sont contraintes d'aller plus lente­ment, les autres s'arrêtent et ralentissent le pas à proportion, afin que l'ordre et les distances ne soient jamais interrompus. On ne prend pas d'eau bénite pendant les processions; on ne s'arrête pas au Gloria Patri, mais on fait seulement une demi-inclination en marchant; on s'arrête à chaque station jusqu'à ce que la Prieure donne le signe de passer à une autre. Lorsqu'on revient au chœur pour la cinquième station, la porte-croix et ses compagnes vont se replacer devant la grille; les autres Sœurs entrent chacune par la porte de leur côté, font deux à deux la génuflexion au milieu clu chœur et se rangent à leurs stalles dans le même ordre qu'avant la sortie. S'il y a quelques versets ou oraisons à dire, les officières vont les dire sur leurs marques.

14. La procession des Morts se fait le lundi de chaque semaine, excepté dans les octaves de Noël et de l'Épiphanie, du Saint-Sacrement, [de Notre- Dame du Mont-Carmel depuis que cette octave est privilégiée], en la semaine sainte, au temps pas­cal et en la semaine où tombe la Commémoration des Morts. Si cette procession ne peut se faire le lundi, on la remet au mardi ou au mercredi de la même semaine, mais jamais au jeudi, au ven­dredi ni au samedi.

15. Elle se fait à la fin de None lorsqu'on dit toutes les Heures de suite, sinon après Sexte. Elle n'est que récitée et l'on n'y porte pas les manteaux ; on fait cinq stations : quatre dans le cloître et la cinquième au chœur. Si la rigueur du temps empêche de sortir dans le cloître, on dit au chœur les prières que l'on eût dites au cloître. On sonne la cloche, comme il est marqué au livre II, cha­pitre XVI.

16. Après le Benedicamus Domino de Sexte ou de None, les Religieuses sortent du chœur sans cérémonie et, à l'entrée du cloître, elles se rangent en deux chœurs. [Pour un meilleur ordre, on peut sortir du chœur à la manière accoutumée, mais en silence, ne prenant la croix et les chan­deliers qu'à l'entrée du cloître.] La semainière va seule, entre les rangs, au milieu, un peu après les chantres; elle ne dit le Pater noster, après les répons, que lorsque les Sœurs sont arrêtées à chaque station ou arrivées au chœur pour la der­nière. Depuis le Pater jusqu'à la fin de chaque station, les chœurs sont tournés l'un vers l'autre.

17. Si les Religieuses ne sortent pas du chœur, elles demeurent à leurs places, debout et tournées les unes vers les autres ; les chantres et la semai­nière se tiennent au milieu du chœur, toujours tournées vers le Saint-Sacrement, et ne quittent leurs marques qu'au moment de sortir du chœur. On omet en ce cas le quatrième répons et son oraison.

18. Après la procession, qu'on la fasse au chœur ou au cloître, une des chantres commence d'une voix basse le psaume De profundis, et les Sœurs le poursuivent en se rendant à l'avant- chœur; la semainière dit là les versets et l'oraison Fidelium marqués au Manuel, et on termine par le Pater.

19. Lorsqu'il vient une procession du dehors, on allume tous les cierges de l'autel, et si l'on est prévenu à l'avance, on pare celui-ci un peu plus richement que de coutume. Si le clergé qui accom­pagne ces processions désire célébrer la Messe dans l'église du monastère, on prépare les orne­ments convenables.

CHAPITRE XI

Des reliques.

1. Le concile de Trente défend expressément de publier et d'exposer dans les églises des reliques dont l'authenticité n'a pas été reconnue par l'É­vêque; les Prieures ne feront donc exposer ni dans l'église, ni dans le monastère, des reliques dont on n'aurait pas les authentiques bien en règle. Si pourtant on possédait quelque relique qui ne fût pas dans ces conditions, mais qui eût été révérée de temps immémorial, et que d'ailleurs il ne parût rien de contraire à sa vénération, on pourrait lui continuer les anciens honneurs sans autre formalité, sauf qu'on ne pourrait cependant pas l'exposer sans l'autorisation de l'Ordinaire.

2. Lorsqu'on donne au monastère quelque reli­que notable dont l'authenticité est bien reconnue, on l'enveloppe d'un taffetas si elle n'est déjà dans un reliquaire, on la dépose sur l'autel du chœur entre quatre cierges allumés, et elle reste tout le jour exposée à la vénération des Sœurs. Si l'on donne un corps entier ou une grande partie du corps, ou du moins un os d'un bras ou d'une jambe, toutes les Sœurs, revêtues de leurs man­teaux et de leurs grands voiles et tenant des cierges allumés, vont recevoir cette relique à la porte de clôture; on la transporte solennellement au chœur avec les cérémonies décrites au chapitre précédent pour les processions et en chantant le Te Deum. Celles qui portent la relique, étant arrivées au chœur, se placent au milieu derrière la porte-croix. Après le Te Deum, on chante l'antienne et le verset convenables, puis la semainière dit l'oraison du Saint dont est la relique; ensuite on pose celle-ci sur l'autel du chœur entre quatre cierges.

      3.  A l'heure indiquée par la Prieure pour serrer la relique, les Sœurs s'assemblent au chœur et la portent solennellement en procession avec les mêmes cérémonies, en chantant les litanies des Saints auxquelles on ajoute en son rang le nom du Saint ou de la Sainte dont est la relique. La station se fait à un seul ermitage où l'on chante l'antienne, le verset et l'oraison, comme on l'a dit plus haut, et de là, on porte la relique au lieu où elle doit être gardée.

4.  Les Religieuses ne peuvent toucher à nu les reliques sans une permission spéciale qu'on ne demande et qui n'est accordée que pour arranger les reliques et les mettre dans les reliquaires.

5.  On doit promptement enfermer les reliques dans des reliquaires, dans la crainte que de la pous­sière ou des parcelles ne s'en détachent. Ces reli­quaires doivent être d'argent, de cristal, ou au moins de cuivre ou de bois doré, [ou encore de bois sculpté]. Si l'on en donne qui soient en or, les Religieuses peuvent les recevoir : elles ne doivent pas craindre d'excéder en trop de magnificence pour la conservation des ossements des Saints. La partie antérieure des reliquaires doit être garnie d'un cristal ou d'un verre.

6.  Avant de placer les reliques dans les reli­quaires, on fait bénir ceux-ci de la bénédiction mar­quée à la seconde partie du Pontifical. On met, sur la partie qui doit recevoir la relique, du satin ou du velours de la couleur convenable, puis on y place la relique et l'on indique à côté le nom et la qualité du Saint. Si l'on mettait plusieurs reliques dans une même châsse, on les séparerait de telle sorte qu'on ne puisse les confondre. On fait mettre des sceaux sur le reliquaire dont on fait dresser l'au­thentique, et l'on ne peut ensuite sortir ces reliques de leur châsse sans une autorisation spéciale ; car les Canons ecclésiastiques le défendent, ainsi que de lever les corps des Saints de leur sépulture.

7.  Les authentiques doivent être gardés dans les mêmes armoires que les reliques, et l'on inscrit sur les registres du monastère la réception de la relique et la constatation de son authenticité.

8. Lorsqu'on veut exposer une relique, la trans­lation en est faite des armoires à l'autel du chœur par la Sœur chargée des reliques, assistée de deux autres Sœurs portant des cierges allumés. Toutes trois s'agenouillent avant de prendre la relique, et celle qui doit la porter commence l'antienne du petit office de la sainte Vierge, Sancti Dei omnes, que ses compagnes poursuivent avec elle; puis elle en­tonne le psaume Laudate Dominum de cœlis ou, si la distance est courte, le psaume Laudate Domi­num in Sanctis ejus, qu'elle dit alternativement avec les Sœurs qui portent les cierges. Lorsque la relique est placée sur l'autel du chœur, toutes trois se mettent de nouveau à genoux et répètent l'antienne Sancti Dei omnes; celle qui est chargée des reliques dit le verset Domine, exaudi orationem meam et l'oraison Omnes Sancti tui, quœsumus, Domine, nos ubique adjuvent, etc.

9.  La relique demeure sur l'autel, entre deux cierges allumés. Le temps de l'exposition étant ter­miné, on la reporte aux armoires avec les mêmes prières et cérémonies, à moins qu'on ne le fasse processionnellement après Vêpres, comme il a été dit au chapitre précédent. On la reporte alors en récitant comme de coutume les litanies de la sainte Vierge, et lorsqu'on est arrivé à l'ermitage, on chante l'antienne, le verset et l'oraison du Saint ou de la Sainte dont est la relique.

10. A quelques jours solennels de l'année, on ouvre les armoires des reliques pour que celles-ci puissent être vues et vénérées, et l'on entretient devant elles deux cierges allumés. On allume éga­lement deux cierges lorsque, par extraordinaire, on montre une relique à quelque personne.

11. La Sacrée Congrégation des Rites permet de dire l'office double et de célébrer la Messe d'un Saint au jour de sa fête lorsqu'on possède de lui une relique insigne, c'est-à-dire le corps ou la tête, ou un bras, ou une jambe, ou la partie du corps qui a été martyrisée, pourvu qu'elle soit vérifiée entière.

12. Les monastères qui ont quelqu'une de ces reliques les exposent sur l'autel du chœur au jour de leur fête, et on les porte processionellement à leur ermitage après Vêpres, comme il a été dit plus haut.

13. Toutes les Religieuses doivent porter sur elles avec grand respect et dévotion quelques reli­ques contenues dans un petit reliquaire.

CHAPITRE XII  

De quelques dévotions particulières de l'Ordre.

1. Les dévotions dont nous allons parler sont fort anciennes dans l'Ordre. Il ne convient pas d'en introduire de nouvelles : car si, au début, elles sont des pratiques particulières, elles deviennent ensuite générales et sont à charge à la Communauté.

2. Il est d'un usage universel dans l'Ordre de réciter après la dernière clôture des offices, en l'honneur de quelques saints, certaines mémoires composées d'une antienne, d'un verset et d'une oraison que l'on prend au bréviaire, comme il est indiqué au dernier chapitre de ce livre. On dit après Vêpres les mémoires du saint titulaire, de la sainte Vierge et de saint Joseph; après Laudes, celles de saint Jean-Baptiste et de sainte Thérèse; après Complies, celle de sainte Madeleine. Ces mé­moires se disent tous les jours de l'année, excepté les deux dernières semaines du Carême et les quatre fêtes annuelles; on les récite d'un ton fort bas et à genoux, même au temps pascal et aux dimanches. La semainière, les chantres et les versiculaires disent tout de leurs stalles, à genoux comme le chœur.

3. Il est aussi d'un usage général de réciter les litanies de la sainte Vierge après Vêpres tous les jours de l'année, excepté pendant la semaine sainte. Lorsqu'on a récité les petites mémoires, deux chan­tres commencent ces litanies à genoux au milieu du chœur; elles disent les invocations et le chœur leur répond : au Sancta Maria, on se relève et on se rend en procession à un ermitage, comme il a été dit précédemment; sinon, on dit les litanies tout entières à genoux au chœur. Si l'on était parfois empêché de les réciter après Vêpres, on les dirait un demi-quart d'heure avant l'oraison du soir.

4.  Tous les jours après les Heures, chaque Religieuse va en particulier visiter l'ermitage de la sainte Vierge et un autre selon sa dévotion; on s'arrête à chaque visite l'espace d'un Miserere. Aux jours de travail, on ne peut visiter plus de deux ermitages; les dimanches et les jours de fête, on peut les visiter tous.

5. Chaque soir après Complies, toutes les Sœurs rentrent au chœur, et chacune dit tout bas en particulier un Veni Creator pour ceux qui se sont recommandés ce jour-là aux prières de la Communauté, puis l'antienne Sub tuum praesidium pour ceux qui sont en danger de mort prochaine.

6. Lorsque les Religieuses entrent au parloir, elles se mettent à genoux et disent tout bas un Ave Maria pour obtenir de la sainte Vierge que leur conversation soit utile à ceux qui les visitent et à elles-mêmes.

7. La veille de Noël, à l'heure ordinaire du ré­veil, au lieu de se servir de la matraque, on réveille ainsi les Sœurs : quatre Religieuses revêtues de leurs manteaux se rendent au dortoir; l'une d'en­tre elles, ayant les mains couvertes d'un taffetas, porte un tableau ou une statue de la sainte Vierge; deux autres chantent un cantique sur la naissance de Notre-Seigneur; la quatrième porte de la lu­mière pour en donner aux Sœurs dans leurs cel­lules. Les deux Sœurs qui chantent n'entrent pas dans les cellules; les deux autres, au contraire, entrent dans chacune d'elles; celle qui porte la sainte Vierge la présente à baiser, ce que les Sœurs font à genoux si elles sont déjà levées.

     8. On chante le Stabat tous les vendredis de carême. Au commencement de l'heure de leçon; on peut encore le faire quelques autres jours si la Prieure le trouve bon. Il faut se rappeler qu'il n'y a pas d'heure de leçon les quatre derniers jours de la semaine sainte, ni en Carême lorsqu'il y a ser­mon, et que cette heure doit être alors employée au travail.

     9. On distribue tous les mois à la Communauté les billets des Saints protecteurs du mois suivant. Chaque Sœur, tour à tour, prépare ces billets ; elle écrit sur chacun d'eux la date, le nom du Saint ou du mystère du jour, une vertu à pratiquer, l'inten­tion spéciale à laquelle on devra prier, et enfin le nom d'un intercesseur auquel on aura plus de re­cours pendant le mois. [On peut se servir de billets imprimés.]

10. Le dernier jour du mois, elle apporte à la récréation du soir, dans un bassin parsemé de fleurs, les billets qu'elle a préparés; aussitôt les Sœurs se mettent à genoux et celle qui préside commence l'antienne Veni, Sancte Spiritus, que toutes les Sœurs continuent ; ensuite la Sœur chargée des billets les passe dans les rangs et cha­cune en tire un, le lit et a soin de le regarder de temps en temps durant le mois.

11. Lorsqu'il n'y a pas de récréation, la Sœur dont c'est le tour met le bassin qui contient les billets sur l'autel du chœur, et chacune en tire un avant ou après Complies.

      12. Au mois de décembre, la Sœur chargée des billets du mois fait en plus de ceux-ci des billets pour Noël ; elle y indique quelque service ou hom­mage particulier que chacune doit rendre à l'En­fant Jésus. On met ces billets dans un bassin à l'ermitage de la Crèche, où chaque Sœur va les prendre, comme il a été dit au livre V.

      13. Le dimanche des Rameaux, on distribue de petites croix de papier sur lesquelles on écrit une des souffrances de Notre-Seigneur. Lorsque les Religieuses sont assises au réfectoire pour dîner et avant qu'on commence la lecture, cinq Religieuses, ayant leurs manteaux et leurs grands voiles bais­sés, entrent au réfectoire. L'une d'elles porte une grande croix couverte d'un voile violet, deux au­tres se tiennent à ses côtés portant chacune un tableau des souffrances de Notre-Seigneur ou de la sainte Vierge ; ce tableau est environné de verdure à laquelle sont suspendues les petites croix; les deux autres Sœurs suivent en chantant le Stabat Mater. Toutes cinq se placent au milieu du réfec­toire et font une profonde inclination, excepté la porte-croix. Celle-ci demeure au même endroit avec les Sœurs qui chantent pendant que celles qui portent les tableaux vont, chacune de leur côté, présenter les croix aux Sœurs, en commençant par la Prieure et la Sous-Prieure. Lorsque la dis­tribution est achevée, elles reviennent auprès de la porte-croix, font de nouveau avec celles qui chantent une inclination profonde, et partent en continuant le chant jusqu'à ce qu'elles soient sorties du réfectoire.

14. Au jour de l'Ascension, la Sœur chargée des Saints du mois prépare les billets des testaments de Notre-Seigneur; elle écrit sur chacun d'eux une vertu que le Sauveur laisse à pratiquer en montant au ciel. Elle met le bassin sur l'autel du chœur et chaque Sœur tire un billet en sortant de l'oraison de midi.

15. A la Pentecôte, la Sœur chargée des Saints du mois découpe du papier rouge et comme en­flammé, en forme de langues. Elle y écrit en lettres d'or, d'un côté un des dons du Saint-Esprit, et de l'autre un de ses fruits. Au commencement des Heures, elle met sur l'autel du chœur, près de la Prieure, le bassin contenant ces billets. Lorsqu'on a commencé le Veni Creator à Tierce, la Prieure jette ces billets sur le plancher du chœur [où l'on a préparé un tapis] ; elle vient la première se met­tre à genoux et en prendre un, ensuite la Sous- Prieure et toutes les Sœurs viennent en prendre de même par rang de religion.

16. Il y a encore quelques autres dévotions en usage dans l'Ordre, mais il en est parlé aux jours où elles doivent se faire.

CHAPITRE XIII

Suit le texte de quelques prières (en latin : chapitre omis).

 

LIVRE SEPTIEME

REPAS, RÉCRÉATIONS, TABLES DES OFFICES

 

CHAPITRE PREMIER

De la bénédiction de la table.

1. Selon les Constitutions, on dîne à dix heures depuis Pâques jusqu'à l'Exaltation de la Croix les jours qui ne sont pas jeûne, et à onze heures les jours qui sont jeûne de l'Ordre. On dîne tous les jours à onze heures depuis l'Exaltation de la Croix jusqu'à Pâques, même le dimanche. Aux jeûnes d'Église, on dîne à onze heures et demie en tout temps.

2.  On jeûne la veille de la Visitation, de Notre- Dame du Mont-Carmel et de la Nativité, parce que toutes les veilles de fêtes de la sainte Vierge doi­vent être jeûnes dans l'Ordre. On jeûne aussi la veille des fêtes du Saint-Sacrement et de saint Élie, enfin les jours de saint Marc et des Rogations dans les lieux où l'Église prescrit l'abstinence.

3. Le souper ou la collation se fait toujours à six heures du soir, immédiatement après l'oraison mentale.

4.  Les Sœurs vont chacune en particulier se la­ver les mains pour les repas, le matin avant l'exa­men et le soir avant l'oraison.

5.La Communauté vient du chœur au réfectoire, matin et soir, dans l'ordre marqué au livre troi­sième, en récitant une ou plusieurs fois, selon la longueur du chemin, le psaume De profundis pour tous les défunts et en particulier pour les bienfai­teurs. En arrivant au réfectoire, les Sœurs font deux à deux une inclination profonde au tableau placé au-dessus de la table de la Prieure, se parta­gent en deux chœurs et se rangent près des tables, les plus jeunes au bas du réfectoire et les anciennes près du tableau. Elles s'y tiennent debout, tournées en chœur, jusqu'à ce que toutes soient rangées; alors la semainière dit à sa place le verset A porta inferi, et en même temps les Sœurs se tournent vers le tableau jusqu'à la fin de la prière pour les Morts.

6.  Après avoir répondu Amen, elles se retour­nent en chœur; alors la Prieure, si elle n'est elle- même semainière, donne le signe de commencer la bénédiction de la table. A ce signe, la semainière dit Benedicite, en faisant une demi-inclination à la Communauté, et les Sœurs répètent Benedicite, en faisant aussi une demi-inclination; la semainière commence un des versets marqués au bréviaire, selon le temps ; les Sœurs le poursuivent avec le Gloria Patri et le Sicut erat sans distinction de chœur; la semainière dit ie premier Kyrie eleison et les chœurs disent alternativement les deux au­tres; elle dit Pater noster, et les Sœurs continuent à voix basse, profondément inclinées. Au signe de la Prieure, toutes se relèvent ; la semainière dit : Et ne nos inducas in tentationem, et les Sœurs répondent : Sed libera nos a malo. A l'oraison Benedic, Domine, chacune fait le signe de la croix sur soi, et à ces mots : Et haec tua dona, la semai­nière le fait sur les tables.

7. Lorsqu'on dit : Et ne nos inducas in tenta­tionem la lectrice vient se placer au milieu du ré­fectoire, tournée vers le tableau ; après l'oraison Benedic, Domine, elle se tourne vers la semainière, s'incline, dit : Jube, Domne, benedicere, et de­meure inclinée jusqu'après la bénédiction.

8. Quand la lectrice commence Jube, Domne, toutes les Sœurs se tournent vers le tableau. Après la bénédiction, elles se mettent à table sans bruit et sans confusion, et la lectrice monte en chaire.

9.  Lorsque toutes les Religieuses sont assises, la Prieure ou celle qui préside sonne la petite clo­chette pour faire commencer la lecture; environ un demi -Miserere après, elle sonne un second coup pour commencer le repas; alors seulement les Sœurs déplient leurs serviettes.

10. A certaines fêtes, on change les versets du Benedicite à partir des premières Vêpres. A Noël, on les change la veille au soir si la veille est un di­manche, sinon au dîner du jour de la fête, et on les dit jusqu'au dîner de la veille de l'Épiphanie inclusivement. On commence les versets de cette dernière fête comme ceux de Noël, la veille au soir si c'est un dimanche, sinon au dîner du jour de la fête, et on les dit pendant toute l'octave. Les derniers jours de la semaine sainte, à partir des Ténè­bres, on bénit les tables comme il sera expliqué plus loin. On commence les versets de Pâques au dîner de ce jour et on les termine au dîner du sa­medi suivant. Ceux de l'Ascension commencent au dîner de cette fête et on les dit pour la dernière fois au dîner du vendredi avant la Pentecôte. Ceux de la Pentecôte commencent au dîner de la veille de la fête, quoique les premières Vêpres ne soient pas encore dites, parce que l'office a commencé le matin à la Messe; on les dit pour la dernière fois au dîner du vendredi dans l'octave de la fête, car le temps pascal se termine le samedi matin après None.

11. Aux trois jours des Ténèbres, à commencer du mercredi soir jusqu'au dîner du samedi saint exclusivement, on vient au réfectoire en silence. Les Sœurs font l'inclination au tableau et se rangent contre les tables comme de coutume. [Pour la colla­tion, on commence la lecture au premier signe; au second, la Prieure se lève et toutes les Sœurs en même temps qu'elle; puis elle fait en silence le signe de la croix sur les tables]. Au dîner du jeudi saint, la Prieure commence sans s'agenouiller le verset Chrislus factus est que les Sœurs poursui­vent également debout ; ensuite on dit tout bas le Pater, puis la Prieure fait le signe de la croix sur les tables sans dire aucune parole. Au dîner du vendredi, la bénédiction se fait comme au jeudi, ajoutant au verset Christus factus est ces mots : Mortem autern Crucis, comme on le fait à l'office.

12. En ces jours, la lectrice ne demande pas de bénédiction avant la lecture et ne dit pas Tu autem à la fin.

13. Depuis le dîner du jeudi saint inclusivement jusqu'à celui du samedi saint exclusivement, on ne fait pas usage de la clochette ; la Prieure donne les signes au commencement et à la fin du repas en frappant trois coups sur la table avec le manche d'un couteau.

14. Le vendredi saint, les Sœurs s'asseyent à terre et ne prennent que du pain et de l'eau. Elles se rangent auprès des tables, les unes à l'opposite des autres; la Prieure et la Sous-Prieure se placent chacune de leur côté, immédiatement au-dessus des Religieuses. Chacune a auprès d'elle une cruche, un godet et un couteau; si quelque Sœur, par maladie ou par faiblesse, a besoin d'au­tre chose que de pain, on lui donne ce qui est né­cessaire avec la serviette, mais elle demeure assise à terre avec les autres et se met à la dernière place. La lectrice ne fait pas la lecture de la chaire ; elle s'assied au milieu du réfectoire, sur une petite chaise de paille, tournée vers le tableau.

15. Le samedi saint, on dit avant le repas Vespere autem sabbati avec le Gloria Patri, et le reste comme à l'ordinaire.

16. L'ancienne coutume de l'Église était de ne faire qu'un seul repas aux jours de jeûne; on le prenait vers le soir à l'heure du souper. C'est à cause de cette ancienne coutume que le bréviaire prescrit de dire au dîner des jours de jeûne le verset Edent pauperes et la bénédiction Ad cœnam vitae aeternae. Il n'indique aucune prière pour la collation dont l'usage s'est introduit peu à peu ; la bénédiction de ce repas n'a donc pas de forme arrêtée et commune à tous.

17. L'usage de nos monastères est celui-ci : lorsqu'on est venu au réfectoire pour la collation dans le même ordre que pour le souper et que la prière pour les morts est achevée, la Prieure et les Sœurs vont s'asseoir à leurs places et la lectrice monte dans la chaire. Au premier coup de sonnette, elle dit : Jube, Domne, beneclicere; la semainière, se levant, répond : Divinum auxilium maneat semper nobiscum, et les Sœurs répondent Amen. Ensuite la lectrice dit comme de coutume : In no­mine Domini nostri Jesu Christi. Amen, puis elle s'assied et commence la lecture. Au second signe, la lectrice se lève et dit : Beneclicite; la semainière, se levant aussi, répond : Largitor omnium bonorum benedicat collationem servorum suorum, accompagnant ces paroles d'un signe de croix sur les tables; la Communauté répond Amen.

 

             Chapitre II

 

   De la lectrice du réfectoire.

1. La Règle de saint Albert, conformément aux ordonnances des saints Pères et des Conciles, prescrit de faire une lecture pendant les repas.

2.  La lectrice est nommée de semaine en semaine par la Sous-Prieure et marquée à la table des offices domestiques.

3.  A la fin du Benedicite, la lectrice demande la bénédiction, comme il a été dit au chapitre précédent, et elle monte en chaire où elle se tient debout; au premier coup de sonnette, elle fait le signe de la croix en disant : In nomine Domini nostri Jesu Christi. Amen, puis elle s'assied et com­mence la lecture. Elle lit le titre du livre et du cha­pitre à voix plus basse que le reste, mais assez haut cependant pour être entendue des Sœurs. Lorsqu'on commence un ouvrage, on en nomme le titre et l'auteur, et chaque fois qu'on en poursuit la lecture, on dit : Suite de tel livre.

4.  La lectrice lit à haute voix, d'une manière posée, claire et distincte, marquant bien la ponc­tuation, afin d'être parfaitement entendue de toute la Communauté.

5.  On commence tous les jours la lecture du repas du matin par un article des Constitutions, excepté les dimanches et les fêtes.

6.  Le vendredi, on lit toute la Règle; si pourtant une fête tombait en ce jour, on remettrait cette lecture au samedi. [S'il y avait encore empêche­ment ce jour-là, on pourrait l'anticiper].

7.  Si quelque fondatrice ou princesse pouvant entrer dans le monastère prenait ses repas au ré­fectoire, on ne lirait en sa présence ni la Règle, ni les Constitutions.

8.  Tous les soirs, excepté aux trois jours des Ténèbres, on lit en français, au commencement du repas, le martyrologe romain; il est bon de lire aussi chaque jour quelque chose de la vie du Saint dont on célèbre la fête ou la mémoire. On lit tous les deux mois les avis de sainte Thérèse.

9. La lectrice ne doit rien lire qui n'ait été dési­gné par la Prieure. Celle-ci choisit des livres de dévotion bien épurés de toute erreur, doctrine nou­velle ou chose contraire aux bonnes mœurs.

10. Le samedi, pendant que les Religieuses plient leurs serviettes à la fin du dîner, la lectrice lit, de la chaire, les tables des offices du chœur et des offices domestiques dressées par la Sous-Prieure. Les Sœurs qui s'entendent nommer à quelque office font une demi-inclination sans se lever.

11. Au dernier coup de la clochette annonçant la fin du repas, la lectrice arrête la lecture et dit : Tu autem, Domine, miserere nobis, en faisant une demi-inclination. Aux jours des Ténèbres, elle omet ces paroles comme elle a omis de de­mander la bénédiction, ainsi qu'il a été dit au chapitre précédent.

12. La lectrice descend aussitôt de chaire et vient avec la serveuse se prosterner devant le tableau à trois ou quatre pas de la table de la Prieure ; toutes deux se relèvent lorsqu'on leur en fait le signe et se retirent à leurs places.

13. Lorsque la lectrice est absente, celle de la semaine précédente la remplace.

14. Il y a une autre lectrice désignée pour la seconde table, comme il sera dit au chapitre vii de ce livre.

 

CHAPITRE III

Du service des repas.

1.  La serveuse est désignée par la Sous-Prieure et marquée de semaine en semaine sur la table des offices.

2. Au premier coup de la clochette, elle fait au milieu du réfectoire une profonde inclination au tableau, baise la terre et ne se relève qu'au signe de celle qui préside; elle fait alors une seconde inclination et met devant elle un tablier de toile blanche.

3.  Elle ne sert pas le potage, parce que les Sœurs du voile blanc le mettent sur les tables pendant l'examen.

4.  Elle reçoit de la provisoire, par la fenêtre de service, les portions des Sœurs et les leur porte sur une petite table. Elle sert d'abord la Prieure et la Sous-Prieure, en faisant à chacune d'elles une in­clination, puis elle continue le service par le côté de la Prieure sans s'incliner devant aucune Sœur; elle sert ensuite l'autre côté de la même manière, ayant soin de donner à chaque Sœur ce qui lui est destiné de la cuisine. Elle observe le même ordre en desservant.

5.  Toutes les fois qu'elle passe d'un côté du ré­fectoire à l'autre, elle fait une inclination au tableau; elle s'incline également devant la Prieure et la Sous- Prieure lorsqu'elle passe auprès d'elles.Elle doit faire le service avec modestie et sans bruit, se montrant diligente et non empressée. Elle veille à ce qu'au­cune Sœur ne manque de ce qu'elle doit avoir et le demande en cas de besoin ; si l'une d'elles arrive après que le repas est commencé, la serveuse lui apporte ce qui lui est nécessaire.

6. Si, après avoir servi les portions, il lui reste du temps avant de desservir, elle s'assied à terre auprès de la fenêtre de service pour écouter la lec­ture. Elle tient cette fenêtre toujours fermée, hors le temps nécessaire.

7. Elle dessert les plats lorsque les Sœurs n'en ont plus besoin ; elle ne les emporte pas sur la table de service, mais à la main.

8. A la fin du repas, lorsque la Prieure donne le signe de plier les serviettes, la serveuse prend une corbeille et un couteau et ramasse les restes de pain; après le second coup, la Communauté étant levée et prête à dire grâces, la serveuse vient se prosterner avec la lectrice au milieu du réfectoire, se relève en même temps qu'elle et se retire à sa place.

9. Lorsque la Communauté est sortie du réfec­toire, la serveuse dit à la Sœur du voile blanc qui fait la cuisine quelles sont les Sœurs qui n'ont pas dîné, afin qu'on tienne leur dîner prêt. On indique au chapitre vu de ce livre ce que doit faire la ser­veuse pour les Sœurs qui dînent après la Commu­nauté.

10. Aux jours de jeûne, la serveuse ne fait pas le service le soir. La provisoire met la collation sur les serviettes un peu avant l'oraison mentale; si c'est du fruit cuit qui doive être servi chaud, une Sœur du voile blanc le met sur les tables à la fin de l'oraison, aussitôt que l'Angélus est sonné, afin que tout soit servi avant que les Sœurs entrent au réfectoire.

11. Au défaut de la serveuse qui est de semaine, celle de la semaine précédente la remplace,

                           CHAPITRE IV

De ce qu'il faut observer pendant le repas.

1.  Les Sœurs doivent garder au réfectoire une tenue religieuse et mortifiée, y demeurer bien droites, sans s'appuyer contre les tables ou contre les murailles, tenir les pieds retirés sous leurs ha­bits, avoir les yeux baissés et ne point les lever s'il se fait quelque bruit. Il faut aussi tenir les mains sous le scapulaire au commencement et à la fin clu repas.

2.  Avant de commencer à manger, chacune baise son pain et fait sur elle le signe de la croix. Lorsque la serveuse présente les portions, les Sœurs prennent ce qui est plus à la main, sans faire aucun choix et sans regarder ce que l'on sert aux autres.

3.  Aucune des Sœurs ne peut rien demander, si ce n'est du pain et de l'eau; s'il manque quelque chose à l'une d'elles et que la serveuse ne s'en aperçoive pas, la Sœur qui est le plus près peut le lui procurer en montrant à la serveuse ce qui lui man­que, mais elle ne peut donner ni envoyer ce qui lui est servi à elle-même.

4. On doit garder le silence pendant le repas. Celle qui préside ne peut parler que par nécessité et à voix basse ; si la serveuse ou une autre Sœur était obligée de dire quelques mots, elle le ferait aussi à voix basse; mais il faut, autant qu'on le peut, s'exprimer par signes.

5.  Il faut encore pendant le repas éviter la pré­cipitation et la lenteur, faire son possible pour finir avec les autres, être attentive à salir le moins qu'on le peut ses doigts et sa serviette, et laisser bien propre ce qu'on ne mange pas de ses por­tions.

6.  Lorsqu'une Sœur entre au réfectoire après le commencement de la lecture, elle se prosterne au milieu, devant le tableau, et se relève au signe de celle qui préside.

7.  Si la Prieure vient en retard, elle se prosterne comme les autres, mais n'attend pas de signe pour se relever; si une Sœur était avec elle, elle atten­drait, pour aller se prosterner, que la Prieure fût à table et pût lui donner le signe de se relever.

8.  La Sous-Prieure arrivant en retard en l'ab­sence de la Prieure, fait ce qui vient d'être expliqué pour celle-ci.

9.  Lorsque la Prieure, ou en son absence la Sous-Prieure, entre ou sort pendant le repas, toutes les Sœurs se lèvent et font une inclination à son passage.

 

 

CHAPITRE V

Des mortifications qui se font au réfectoire.

1.  Les mortifications au réfectoire sont remises â la dévotion de chaque Religieuse et à la discré­tion des Prieures, conformément aux Constitutions.

2. Lorsqu'une Sœur a fait une mortification au réfectoire, elle va baiser le scapulaire de la Prieure, et, en son absence, de la Sous-Prieure; en l'absence de l'une et de l'autre, elle ne baise pas le scapulaire de celle qui préside.

3. Lorsqu'une Religieuse a rompu quelque chose ou commis une faute notable, elle vient, avec la permission de la Prieure, en dire sa coulpe au réfectoire. Si elle a rompu quelque chose, elle en porte les morceaux pendus à son cou. Aussitôt que la Prieure est assise et avant qu'elle ait donné le premier coup de sonnette, la Sœur se prosterne à trois ou quatre pieds de la première table, se relève au signe de la Prieure et dit sa coulpe à ge­noux; ensuite elle se prosterne une seconde fois et se relève à un nouveau signe; elle écoute la péni­tence qui lui est imposée, puis va baiser le scapu­laire de la Prieure. Si la Prieure est absente, on dit sa coulpe devant la Sous-Prieure avec les mêmes cérémonies; en l'absence de la Prieure et de la Sous-Prieure, on ne la dit point.

4.  On ne fait pas de mortifications au réfectoire depuis les premières Vêpres jusqu'après les Com­plies des fêtes de première classe ou de celles de seconde classe qui ont octave; toutefois on peut en faire le mercredi, le jeudi et le vendredi de la semaine sainte, quoique l'office soit solennel et de première classe. On n'en fait pas depuis la veille de Pâques à partir du dîner jusqu'après l'octave de la fête, et depuis la veille de Noël jusqu'après l'Épiphanie; en règle générale, on ne fait pas de mortifications les dimanches, les fêtes chômées, et aux jours de prise d'habit, de profession, de prise de voile [et d'élections].

CHAPITRE VI

De l'action de grâces et de la sortie du réfectoire.

1. Le repas étant achevé, celle qui préside sonne un coup de la clochette; aussitôt les Sœurs plient leurs serviettes, ce qui se fait de diverses façons : au dîner des jours où l'on ne jeûne pas, on ren­verse sur la table le bout de la serviette dont on s'est servi, pour la remettre comme on l'a trouvée avant le repas; aux jours de jeûne, on la plie en deux par le milieu, ne lui laissant que la moitié de sa largeur, puis on en renverse le bout sur la ta­ble. Le soir, soit après le souper, soit après la col­lation, on la plie tout entière [ou du moins de fa­çon à ce qu'elle tienne peu de place].

2. Cela fait, on tinte une seconde fois : à ce si­gne, toutes se levant répondent Deo gratias à la lectrice, sortent de leurs places avec modestie et sans bruit et se rangent devant les tables dans le même ordre que pour le Benedicite. Si quelques-unes, arrivées au réfectoire après les autres, n'a- vaient pas achevé leur repas, elles ne sortiraient pas avec la Communauté.

3. Lorsque les Sœurs sont rangées aux tables et que la Prieure donne à la lectrice et à la serveuse le signe de se relever, la semainière commence le verset de l'action de grâces qui change toutes les fois que celui de la bénédiction a été changé à rai­son du temps; toute la Communauté le poursuit et ajoute Gloria Patri et Sicuterat, sans division de chœurs. La semainière dit le matin des jours ordi­naires : Agimus tibi gratias; le matin des jours de jeûne et le soir de ceux où l'on ne jeûne pas, elle dit Benedictus Deus; les Religieuses s'incli­nent profondément pendant cette prière et répon­dent Amen; alors la chantre du premier chœur commence le psaume qui convient au temps, et aussitôt les Religieuses viennent deux à deux, une de chaque côté, en commençant par les novices, faire au milieu du réfectoire une profonde incli­nation au tableau; elles se rendent ensuite au chœur en procession en récitant le psaume à la manière accoutumée; si le psaume est court, on le recommence plusieurs fois ou bien on achève le chemin en silence. Les Sœurs qui restent à table, et même la Prieure, se tiennent debout pendant que la Communauté sort du réfectoire.

4. En arrivant au chœur, les Sœurs font deux à deux la génuflexion au Saint-Sacrement, puis elles se placent aux stalles, tournées en chœur; quand le psaume est fini, la semainière, restant à sa stalle, dit le premier Kyrie eleison; les deux chœurs poursuivent les autres alternativement; elle dit ensuite Pater noster et les autres prières du bré­viaire. Les Sœurs lui répondent, [se tournant vers le Saint-Sacrement pendant les versets] ; elles font une demi-inclination à ces mots : Sit nomen Domini benedictum, et s'inclinent profondément pendant que la semainière dit Retribuere. A la fin, on récite tout bas le Pater, la semainière dit : Deus det nobis suam pacem, et lorsque le chœur a répondu Amen, celle qui préside donne le signe de sortir du chœur.

5. A ce signe, la première chantre commence le psaume De profundis; les Sœurs vont faire deux à deux la génuflexion au milieu du chœur et se rendent à l'avant-chœur où elles se tiennent de­bout, tournées les unes vers les autres jusqu'à la fin du psaume. Quand la semainière commence les versets et oraisons pour les morts marqués au sixième livre, elles se tournent vers le tableau. Après les oraisons, on dit tout bas le Pater et en­suite la Prieure dit : Sit nomen Domini benedic­tum. Toutes les Sœurs font une demi-inclination à ces paroles et répondent : Ex hoc nunc et usque in saeculum. Si la Prieure est absente, celle qui préside donne le signe et la semainière dit : Sit nomen Domini benedictum. On se rend ensuite en silence à la récréation. On dit ainsi les grâces ma­tin et soir avec les changements qu'ordonne le bréviaire.

6. Au souper des dimanches depuis l'Exaltation de la Croix jusqu'à Pâques, on récite les grâces au réfectoire. On dit le psaume Laudate Dominum, omnes gentes au lieu du Miserere, et l'on supprime le De profundis et les prières que l'on dit à l'avant-chœur. Lorsqu'on a terminé les prières marquées au bréviaire, la Prieure, ou, si elle est absente, la semainière, dit : Sit nomen Domini benedictum, et la Communauté répond : Ex hoc nunc et usque in saeculum; alors la Prieure et la Sous-Prieure font ensemble une inclination au tableau et sor­tent les premières; si la Sous-Prieure était absente, la Prieure ferait l'inclination et sortirait seule. Les Sœurs font une inclination de leurs places.

7.  Les jours de jeûne, après la collation, les Sœurs se rangent devant les tables comme à l'or­dinaire et se tournent les unes vers les autres. La Prieure, ou, en son absence, la semainière, dit : Sit nomen Domini benedictum, et la Communauté répond : Ex hoc nunc et usque in saeculum; puis on sort comme il vient d'être dit pour le souper du dimanche.

8.  La receveuse ou grande tourière lit une fois par semaine, un jour de jeûne, après la collation du soir, les aumônes reçues pendant la semaine. Avant que la Prieure dise : Sit nomen Domini be­nedictum, elle vient au milieu du réfectoire et dit : « Les aumônes que Notre-Seigneur nous a données, béni soit son saint Nom. Madame N... N... nous a donné..., etc.; vous la recommanderez à Dieu, s'il vous plaît ». Alors la Prieure désigne quel­ques prières à faire pour les bienfaiteurs, comme un Pater et un Ave, un Sub tuum ou l'hymne Ave maris stella, puis elle dit : Sit nomen Do­mini benedictum. et l'on répond comme de coutume; ensuite les Sœurs disent tout bas, à genoux et tournées vers le tableau, les prières indiquées. Après cela, la Prieure donne le signe; toutes bai­sent la terre, se lèvent et sortent à la manière ac­coutumée. Si la Prieure désirait que l'on fît une prière plus longue et qui prît trop de temps, elle indiquerait l'heure convenable pour la faire.

9. Le jeudi et le vendredi saints, les Sœurs se rangent comme de coutume devant les tables, tournées en chœur. La Prieure, sans s'agenouil­ler, commence le verset Christus factus est; la Communauté le continue, puis la première chan­tre commence le psaume Miserere mei, Deus; les Religieuses font deux à deux l'inclination au ta­bleau, se rendent au chœur comme de coutume, font la génuflexion et se mettent à genoux aux stalles, tournées vers le grand autel. Après le psaume, auquel on n'ajoute pas le Gloria Patri, on dit tout bas le Pater, puis la Prieure récite à genoux l'oraison Respice à la manière accoutumée en ces jours; on dit encore un Pater tout bas et chacune sort sans aucun signe.

CHAPITRE VII

De la seconde table.

1. Les Sœurs qui, par un empêchement légi­time, n'ont pu assister à la première table, comme la serveuse, la lectrice, la provisoire, l'infirmière et autres, dînent à la seconde table. En y arrivant, elles se prosternent au milieu du réfectoire et se relèvent sans aucun signe, à moins que la Prieure ou la Sous-Prieure ne soit présente. Elles se tien­nent debout [devant la table, près de leurs places] et récitent tout bas en particulier un Pater, un Ave et l'antienne Benedic, Domine, en faisant le signe de la croix sur elles-mêmes ; ensuite elles s'incli­nent vers le tableau et se mettent à table.

2.  Chacune sort de la seconde table lorsqu'elle a fini son repas, sans attendre les autres; elle se met devant la table, près de sa place, debout, tour­née vers le tableau, et dit tout bas pour ses grâces : Agimus tibi, Retribuere, Pater, Ave, Requiescant in pace et Sit nomen Domini benedictum; puis elle s'en va en silence. Les Sœurs du voile blanc disent seulement Pater, Ave et Sit nomen Domine benedictum.

3.  La Sous-Prieure désigne de semaine en se­maine, sur la table des offices, une lectrice parti­culière pour la seconde table. Cette lectrice monte tout droit dans la chaire après les grâces de la Communauté, et, sans demander de bénédiction, dit : In nomine Domini nostri Jesu Christi. Amen. Puis elle lit une partie de ce qui a été lu à la première table, mais jamais la Règle ni les Con­stitutions. Elle ne lit que le matin, et seulement pendant environ un quart d'heure. Ensuite, sans attendre le signe de cesser, [excepté si la Prieure ou la Sous-Prieure est présente], elle ferme le livre, dit Tu autem et se retire.

4.  Lorsque la lectrice de la seconde table est absente, celle qui a rempli cet office la semaine précédente la remplace.

5. Il n'y a pas de serveuse à la seconde table la serveuse de la première table sert la lectrice se sert elle-même et achève de servir celles qui restées au réfectoire à la sortie de la Communuté les Soeurs qui viennent ensuite se servent elles-mêmes mêmes et demandent leurs portions par la fenêtre de service.

 

CHAPITRE VIII

De la récréation.

1. Les Constitutions ont sagement donné pouvoir à la Prieure de permettre deux heures de création par jour : l'une le matin, après le dîner l'autre le soir, après le souper ou la collation.

2. La récréation se fait ordinairement à la salle de Communauté ou chauffoir; les Sœurs ne parlent pas avant d'être arrivées au lieu où elle doit se tenir, ni avant d'être trois.

3. En arrivant, chaque Religieuse se met à genoux et dit tout bas un Ave Maria pour s'offrir de nouveau à la sainte Vierge, lui demandant la grâce de ne rien faire dans cette heure qui puisse lui déplaire et s'éloigner de la prudence et de la sainleté de la vie religieuse.                                           

4. La récréation est une des heures du jour où il y a plus à profiter dans la pratique des vertus particulièrement de la charité et de la mortifi tion du propre jugement. C'est le seul moment où les Sœurs communiquent ensemble; elles doivent donc alors se témoigner la cordialité et le respect mutuel, s'aborder avec un visage affable et se rendre agréables les unes aux autres.

5. Elles auront soin d'employer une partie de leur entretien en discours de piété, comme des ac­tions des Saints, de la lecture du réfectoire et d'au­tres choses dévotes qui donnent une sainte joie et récréent l'esprit sans trop l'appliquer. Elles s'ab­stiendront de raconter des apparitions d'esprits et des songes, car ces choses inspirent de vaines craintes et occupent inutilement l'esprit.

6.  Les Sœurs doivent prendre garde de parler trop longtemps, trop haut ou plusieurs ensemble, de s'interrompre mutuellement ou de se montrer arrêtées dans leur sentiment; elles ne doivent pas non plus parler bas entre deux ou trois, ni dire des choses qu'elles ne voudraient pas être enten­dues de toutes. Si la Prieure ou celle qui préside veut dire quelque chose à la Communauté, les Sœurs cessent de parler pour l'écouter.

7. Les Religieuses qui ne sont pas à la récréa­tion ne peuvent parler sans permission en dehors du lieu où on la fait, excepté à la cuisine en lavant les écuelles; mais les Sœurs du voile blanc ne doi­vent pas commencer à parler avant que la Sœur du chœur qui vient les laver avec elles ne soit arrivée; alors elles disent toutes l'Ave Maria à genoux et tout bas. Les malades et celles qui, pour quelque indisposition, seraient momentané­ment à l'infirmerie, peuvent aussi s'entretenir ensemble pendant la récréation. Si la portière et les autres officières vont à la cuisine ou à l'infir­merie pendant la récréation, elles ne parlent que pour dire ou demander les choses nécessaires

8.  On tinte trente coups pour indiquer la fin de la récréation ; les Sœurs doivent aussitôt cesser d parler et aller à leurs emplois.

9.  On ne fait pas de récréation depuis le dimanche des Rameaux jusqu'au jour de Pâques ni depuis les deuxièmes Vêpres de l'Ascension jusqu'au jour de la Pentecôte; mais on sonne pourtant la fin de cette heure comme de coutume.

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CHAPITRE IX

De la table des offices domestiques

1.  La Sous-Prieure dresse la table des offices domestiques tous les samedis de l'année sans aucune exception, lors même qu'on ne change pas celle des offices du chœur. Elle met les noms des Sœurs sur des billets mobiles.

2.  La Sous-Prieure ne donne aucun office à la Prieure, pas même celui de zélatrice. Elle peut donner à elle-même celui de zélatrice et l'office humble, mais aucun autre. Si la Prieure trouve bon que l'office de faire la cuisine soit donné à la même Sœur pour quelques mois, et celui de laver les écuelles pour un jour seulement, on n'annonce pas les noms de celles qui les exercent et on ne le met pas à la table.

3.  La lectrice lit cette table tous les samedis à la fin du dîner, immédiatement après celle des offices du chœur; ensuite la table reste exposée, au lieu que la Sous-Prieure a jugé convenable. 

CHAPITRE X

De la table pour balayer.

1. En plus de la table des offices du chœur et de celle des offices domestiques, la Sous-Prieure en fait une troisième indiquant les Sœurs qui au­ront à balayer les différents endroits de la maison. Elle nomme non seulement les lieux du monas­tère indiqués ici, mais encore tous les autres, excepté les offices et les ermitages qui doivent être balayés par les Sœurs qui en ont le soin.

2.  Les noms des Sœurs sont inscrits sur des­billets mobiles; on ne les change pas de semaine en semaine, mais seulement quand la Sous- Prieure le juge nécessaire. On ne lit pas cette table à la Communauté, il suffit de la suspendre au chauffoir afin que les Sœurs puissent en voir les changements; de plus, si ces changements sont considérables, la Sous-Prieure en avertit la Communauté; si elle n'a changé que deux ou trois Sœurs, elle avertit celles-ci en particulier.


 

 

 

 

LIVRE HUITIEME

ÉLECTIONS, CHAPITRES, VISITES, CONFESSEURS ET PRÉDICATEURS

 

CHAPITRE PREMIER

Règlement des élections.  

1.  Il appartient aux Supérieurs de nommer les Religieuses qui doivent remplir les charges dans les nouveaux monastères pendant les quatre ou cinq premières années de leur fondation. Ils peuvent de plus, dans les monastères plus anciens et pour quelque nécessité pressante, établir des Supérieures pour quelques mois sans que les Re­ligieuses donnent leurs suffrages.

2. Quand il doit y avoir des élections, il appartient de droit aux Supérieurs d'y faire procéder d’y assister, d'y présider et de les confirmer, quoi qu'ils n'aient pas la voix élective. Ils peuvent aussi députer, pour présider à leur place aux élections, quelque ecclésiastique qu'ils en jugent capable ; mais alors ils accordent au député ou retiennent pour eux-mêmes le pouvoir de confir mer l'élection, et désignent le compagnon qui lui servira de témoin. La députation doit être donnée par écrit.

3. Chaque Religieuse professe du chapitre, [c'est-à-dire ayant trois ans de profession], a droit de voix active dans les élections, si elle n'en a été privée par les Supérieurs ; elle ne peut y renoncer selon son gré.

4. Pour qu'une Sœur puisse être élue légitime­ment et validement, il faut observer : 1° que celle qui a rempli une charge ne peut être réélue qu'une fois de suite à la même charge, dans le même monastère; 2° que celle qui a été Prieure ne peut être, en sortant de charge, élue Sous-Prieure au même couvent ; 3° que deux Sopurs, ou la mère et la fille, ou la tante et la nièce ne peuvent être en même temps Prieure et Sous-Prieure, ni se succéder immédiatement dans ces charges au même monastère.

CHAPITRE II

Avis pour les élections.

1. Les Religieuses ne doivent pas se communiquer leur pensée sur les élections, ni écrire en commun des lettres aux Supérieurs pour leur demander telle ou telle Prieure. Elles doivent aussi, après l'élection, garder le secret sur leur suffrage, et personne, la Prieure moins que tout autre, ne doit chercher à le connaître.

2. Quoique les Constitutions laissent liberté de donner les voix à d'autres qu'à celles que les Supérieurs ont proposées, les Religieuses ne doivent user de cette liberté qu'avec prudence.

3. Les fondateurs et les personnes de qualité, quelles qu'elles soient, n'ont aucune part aux élections; les Supérieurs et les Religieuses ne doivent pas avoir égard aux demandes qu'ils fe­raient à ce sujet, mais leur faire entendre que le choix des Supérieures est trop important pour qu'on puisse y mêler des considérations humaines. Il faut, s'il est possible, procéder aux élections sans qu'ils en soient avertis, afin de prévenir les instances qu'ils pourraient faire.

CHAPITRE III

De l'élection de la Prieure.

1. Le Saint-Sacrement est exposé à l'oratoire, ou à défaut d'oratoire sur le grand autel, pendant les trois jours qui précèdent immédiatement l'élection d'une Prieure, c'est-à-dire pendant en­viron quarante heures.

2. Toutes les Religieuses, capitulantes ou non, seront souvent en présence du Saint-Sacrement durant ces trois jours, pour appeler par la prière la grâce du Saint-Esprit sur les élections.

3. Si l'on est contraint de faire l'élection secrète­ment et qu'il n'y ait pas d'oratoire, on n'expose le Saint-Sacrement que la nuit qui précède l'élection.

4. Un jour avant de prendre les voix, [ou dès le premier jour de l'exposition], on fait l'annonce de l'élection. Pour cela on tinte deux fois la petite cloche comme il est dit au livre II, chapitre xvi; les capitulantes, revêtues de leurs manteaux, s'assemblent devant la grande grille du chœur; le Supérieur, portant le surplis, l'étole et la barrette, annonce l'élection et propose, [s'il le juge oppor­tun], comme pouvant être élues Prieure, trois ou quatre Religieuses du même couvent ou, s'il est nécessaire, des autres de l'Ordre. Il détermine l'heure de l'élection, qui est ordinairement après la Messe.

5.  Aussitôt après la dénonciation, le Saint-Sa­crement est exposé [pour la première, la seconde ou la troisième fois selon le jour auquel est venu le Supérieur], et ensuite les Religieuses vont à leurs exercices.

6.  Le temps de l'élection étant arrivé, les capi­tulantes, revêtues de leurs manteaux et de leurs grands voiles, s'assemblent à la grille du chœur dont les rideaux, les volets et les barreaux de bois doivent être ouverts. La sacristine met au chœur des billets blancs, afin que les Sœurs puis­sent s'en servir au besoin pour écrire les noms de celles qu'elles veulent élire.

7. Le Supérieur porte le surplis, l'étole et la barrette; l'ecclésiastique qui l'accompagne, confor­mément aux Constitutions, a seulement le surplis et la barrette. Le Supérieur se tient devant la grille du chœur; la Prieure qui sort de charge se met à genoux devant lui, lui remet les clefs du monastère et va se placer à son rang de religion. Alors le Supérieur commence le Veni Creator et l'Ave maris stella, que le chœur continue. Après ces prières, il s'approche de la grille, tenant une boîte pour recevoir les suffrages. Les Sœurs écrivent leur billet, si elles ne l'ont fait auparavant, et viennent par rang de religion, en commençant par la première du chœur, déposer leur billet dans la boîte; en même temps, chacune lève son voile pour être connue. S'il y a des malades, on observe, pour prendre leurs voix, ce qui est marqué au pre­mier chapitre des Constitutions.

8.  Le Supérieur, s'étant éloigné de la grille, renverse les billets dans un petit bassin et les compte [à haute voix] pour s'assurer qu'il y en a autant que de Religieuses; il note fidèlement sur un papier les noms de celles qui ont des voix et le nombre des voix qu'on leur a données, puis il brûle les billets en la présence de toutes.

9.  Il faut pour l'élection d'une Prieure plus de la moitié des voix des capitulantes, et pour sa réélection les trois quarts; autrement il n'y a pas de résultat.

10. Si aucun nom ne réunit la majorité absolue, c'est-à-dire le nombre de voix exigé pour qu'il y ait élection, le Supérieur, après avoir tiré les voix quatre fois, dit les noms des deux Sœurs qui réunissent le plus de suffrages, et l'on ne peut plus donner sa voix qu'à l'une d'elles. Si le nombre des capitulantes est pair et que les voix se partagent par moitié, on tire encore les voix jus­qu'à quatre fois, et si le partage demeure tou­jours égal, le Supérieur déclare aux Sœurs qu'il va prendre les voix pour la dernière fois, et qu'à ce tour la plus ancienne de profession l'emportera si aucun des deux noms ne réunit de majorité. Il laisse alors aux Sœurs quelques moments de prière, puis il revient à la grille prendre les suf­frages. Il fait ensuite connaître s'il y a élection canonique ou si, le partage étant demeuré égal, la plus ancienne devra être Prieure.

11.  Si l'on est dans le cas de faire une réélection, et qu'après quatre tours de scrutin celle qui a déjà fait trois années de charge n'ait pas réuni les trois quarts des voix exigés par les Constitutions, on ne peut plus lui donner sa voix, et l'on procède de nouveau à l'élection comme si rien n'avait été fait.

12.  Lorsqu'un résultat est obtenu, le Supérieur nomme à haute voix celle qui est élue; celle-ci se prosterne, s'approche de la grille et se met à genoux. Alors on tinte deux fois la petite cloche, et toutes les Religieuses qui n'ont pas pris part à l'élection viennent au chœur et se mettent contre les stalles, les unes à l'opposite des autres, tournées vers la grille, pour entendre du Supérieur la confirmation de la nouvelle Prieure. Le Supé­rieur fait un petit discours, donne les clefs à la nouvelle élue et entonne le Te Deum; les deux chœurs le poursuivent alternativement, tournés l'un vers l'autre, et pendant sa durée on sonne la grosse cloche.

13.  Aussitôt que l'on a commencé le Te Deum, la nouvelle Prieure prend auprès de la grille la place de celle qui l'a précédée; elle s'y tient debout pour recevoir les obéissances des Religieuses. Celles-ci viennent, en commençant par les plus anciennes, la reconnaître pour leur Prieure; elles se mettent à genoux et lui baisent la main comme marque de leur obéissance; la Prieure à son tour s'incline vers chaque Sœur et l'embrasse comme marque de son affection. Le Te Deum fini et l'obéissance ren­due, le Supérieur dit le verset Confirma hoc, Deus, et les autres prières indiquées au sixième livre. Les chœurs se tournent alors vers le grand autel et restent ainsi jusqu'à la fin des prières, excepté pen­dant la première oraison où ils sont profondément inclinés. Ensuite on ferme la grille et la Prieure congédie la Communauté.

14. [Si le jour de l'élection d'une Prieure, il y a lieu de faire aussi celle de la Sous-Prieure et des dépositaires, le Supérieur y fait procéder après l'élection de la Prieure et avant qu'on ne sonne pour réunir toutes les Religieuses.]

15.Lorsque le Supérieur a désigné un député pour le remplacer à l'élection, les Religieuses met­tent devant lui le grand voile ; ce député a, pour l’annonce de l’élection, un compagnon portant le surplis et la barette sans l’étole : il fait, soit en ce jour, soit en celui de l’élection, tout ce qu’aurait fait le Supérieur lui-même ; mais s’il n’a pas le pouvoir de confirmer, il ne nomme pas celle qui est élue, bien qu’elle soit présente ; il déclare seulement aux Religieuses qu’il y a élection et en fait connaître secrétement le résultat au Supérieur. Lorque celui-ci a envoyé la confirmation, le même député s’il est encore sur les lieux, sinon celui qui est désigné, fait de nouveau assembler les Religieuses au chœur et, [revêtu de l'habit de chœur et de l'étole], il leur fait connaître l'élec­tion de la nouvelle Prieure ainsi que la confir­mation que le Supérieur en a faite; après quoi les Religieuses rendent l'obéissance à la Prieure.

16. Si la Prieure élue ne se trouve pas dans le couvent, on ne fait aucune cérémonie après l'élec­tion; mais lorsqu'elle arrive au monastère, les Re­ligieuses, revêtues de leurs manteaux et de leurs grands voiles, vont la recevoir à la porte. Quand elle est entrée, les deux premières chantres enton­nent le Te Deum, que les Sœurs continuent comme aux processions. On la conduit au chœur, où elle se met à la stalle ordinaire des Prieures, tandis que les Sœurs se rangent à leurs places. A la fin du Te Deum, la semainière dit les versets et les oraisons indiqués au sixième livre. Les Sœurs rendent l'obéissance comme il a été dit plus haut, sinon que la Prieure est à sa stalle ordinaire et non près de la grille. Après cela, toutes se retirent, à l'exception de l'ancienne Prieure, de la Sous-Prieure et de deux ou trois autres anciennes Religieuses qui restent avec la nouvelle Prieure pour la conduire où elle veut aller.

17. En cas de l'absence de la Prieure élue ou au défaut de confirmation, celui qui préside rend les clefs à l'ancienne Prieure et lui ordonne de conti­nuer la charge jusqu'à la Confirmation ou l'arrivée de la nouvelle Prieure, si le Supérieur n'en a or­donné autrement.

18. Le Supérieur ou le député qui a assisté aux élections en écrit et signe un acte au livre du cou­vent.

19. Lorsqu'une Prieure, après trois ou six an­nées, a fini le temps de sa charge et qu'on ne pro­cède pas immédiatement aux élections, elle se dé­pose elle-même.

20. Cette cérémonie, [destinée à maintenir la ré­gularité des élections], se fait au réfectoire, lors­qu'on y est réuni pour le dîner. Avant que le Benedicite soit commencé, la Prieure va se mettre à genoux devant la Sous-Prieure et lui remet toutes les clefs du monastère; la Sous-Prieure les reçoit également à genoux ; ensuite la Prieure se place au réfectoire et partout ailleurs à son rang de religion, vivant parmi les Sœurs comme une simple Reli­gieuse, sans se mêler d'aucune chose de la maison. Tout le temps que la Prieure demeure déposée, la Sous-Prieure garde les clefs et c'est à elle qu'on rend l'honneur et l'obéissance qu'on doit à la Prieure.

21. Le lendemain, la Sous-Prieure, si elle n'a re­çu quelque ordre contraire des Supérieurs, rend les clefs à la Prieure au même lieu et avec les mêmes cérémonies. [La Prieure déposée reprend le gou­vernement du monastère, mais il semble alors que ce soit seulement à titre provisoire et non pas. comme véritable Prieure.]

22. S'il arrivait qu'il n'y eût point de Sous-Prieure au monastère, ou si, au bout de trois ou six ans, on ne retardait l'élection que d'environ quinze jours, la Prieure ne se déposerait pas au réfectoire, mais seulement le jour de l'élection devant le Supérieur, comme il a été dit au n° 7 de ce chapitre.

CHAPITRE IV

De l'élection de la Sous-Prieure et des dépositaires.

1. A l'élection d'une Sous-Prieure, on observe tout ce qui se fait pour l'élection d'une Prieure, ex­cepté qu'on n'expose pas le Saint-Sacrement et qu'on ne fait pas les prières des Quarante-Heures, que l'on ne chante rien après l'élection, [mais qu'on récite seulement le Laudate], et qu'on ne baise pas la main de la Sous-Prieure en l'embrassant.

2. Pour l'élection d'une Sous-Prieure comme pour celle d'une Prieure, il faut plus de la moitié des voix des capitulantes.

3. Si celle qui est élue est présente et confirmée, toutes les Religieuses, après que la grille est fer­mée, vont se mettre à genoux devant elle et l'em­brasser ; la Sous-Prieure se tient également à ge­noux.

4.  Si l'élection de la Sous-Prieure n'a pas été con­firmée, on diffère cette cérémonie jusqu'à ce que la confirmation soit arrivée. Alors la Prieure fait connaître l'élection et la confirmation à la Com­munauté, soit au chapitre, soit à l'avant-chœur; la Sous-Prieure y rend le devoir d'obéissance à la Prieure en se mettant à genoux devant elle et lui baisant la main; la Prieure s'incline vers elle et l'embrasse, ensuite toutes les Religieuses l'em­brassent les unes après les autres.

5.  Si la Sous-Prieure élue est absente du monas­tère, la Communauté ne va pas, à son aprivée, la recevoir à la porte de clôture. Les Sœurs s'assem­blent au chœur et se rangent aux stalles, debout, tournées les unes vers les autres; la Prieure, ac­compagnée de trois ou quatre Religieuses, va à la porte du couvent recevoir la Sous-Prieure ; celle-ci vient au chœur, se met à genoux à sa stalle, et, après avoir salué et adoré le Saint-Sacrement, va rendre l'obéissance à la Prieure. La Prieure, debout à sa stalle, s'incline vers elle et l'embrasse, puis elle la conduit à.l'avant-chœur où toutes les Sœurs vien­nent l'embrasser à genoux.

6. Il doit y avoir quatre dépositaires; la Sous- Prieure est toujours la seconde, sans qu'il soit be­soin de l'élire pour cette charge, parce que, par un ancien usage, celle-ci est annexée à celle de Sous- Prieure ; on ne fait donc d'élections que pour la première, la troisième dépositaire et la quatrième Dépositaire.

7.  Cette élection se fait à la grille du chœur ; si elle se fait séparément de celle de la Prieure et de la Sous-Prieure, il n'est pas nécessaire que le Su­périeur ou le député porte le surplis et la barrette, ni qu'il ait de compagnon.

8. Les Religieuses portent les grands voiles si celui qui préside n'est pas le Supérieur.

9. Celui qui préside à cette élection propose, [s'il le juge opportun], quelques-unes des Reli­gieuses les plus capables de remplir l'office de dé­positaire; [on dit avant l'élection le Veni Creator et l'Ave maris Stella], et les Sœurs donnent leurs voix par des billets secrets. L'élection ou la réélec­tion se fait à la pluralité des voix sans exiger la moitié. [Après l'élection, on dit le Laudate.]

 

CHAPITRE V  

Du chapitre des coulpes.

1.  La Règle du Carmel, voulant maintenir l'usage de la pénitence publique pratiquée dans la primi­tive Église, ordonne qu'on tienne chaque semaine le chapitre des coulpes dans lequel les Sœurs di­sent, en présence de la Communauté leurs fautes extérieures. Il faut bien remarquer qu'on doit ac­cuser seulement les fautes que les Constitutions appellent manifestes, avec les circonstances exté­rieures qui les aggravent, et non pas les fautes in­térieures qui ne doivent être dites qu'en confes­sion.

2. [La Règle indique encore de tenir le chapitre le dimanche; mais comme elle laisse une entière liberté de choisir un autre jour], il est d'un ancien et fréquent usage de le faire le vendredi, avant ou après la Messe conventuelle; on peut toutefois le remettre à un autre jour et à une autre heure.

3.  On ne tient pas le chapitre dans les octaves de Noël, de Pâques et du Saint-Sacrement; on ne le fait pas non plus aux jours solennels auxquels on porte les manteaux à l'office, ni pendant la Visite. La Prieure doit tenir le chapitre elle-même; si elle en est empêchée, elle ne peut se faire remplacer par la Sous-Prieure ni par aucune autre, à moins pour­tant qu'elle ne soit retenue au lit pendant plus de trois semaines ; dans ce cas, elle peut le faire tenir par la Sous-Prieure ou-, si elle le juge opportun,- par une autre Religieuse. Celle qui tient le chapitre au nom de la Prieure occupe sa place, mais s'assied à terre.

4. Les jours de chapitre, on met une discipline d'osier sur l'autel, du côté de la Prieure.

5. Quand on sonne cet exercice, les Religieuses, revêtues de leurs manteaux, s'assemblent au lieu où il doit être tenu, se divisent en deux chœurs et se mettent à genoux, tournées vers l'autel, à quel­que distance des bancs pour mieux entendre la Prieure ; les anciennes se mettent à environ trois ou quatre pieds de distance de l'autel par respect pour la Prieure et pour la Sous-Prieure, car il faut laisser un espace entre leurs places et celles des Sœurs. Lorsque la Prieure entre au chapitre, les Sœurs se lèvent et s'inclinent à son passage, puis elles se remettent à genoux. La Prieure se met aussi à genoux devant sa petite chaise de paille ; aussi­tôt la lectrice lui présente à genoux le livre des Constitutions pour que la Prieure indique ce qu'il faut lire, puis elle retourne à sa place. La Prieure commence l'antienne Vent, Sancte Spiritus, que les chœurs poursuivent ; la versiculaire dit le ver­set Emitte Spiritum tuum et creabuntur, le chœur répond : Et renovabis faciem terrae, et la Prieure dit l'oraison Deus, qui corda fidelium. Ensuite toutes baisent la terre, puis les deux chœurs se tournent l'un vers l'autre.

6. La lectrice se rend au milieu du chapitre, s'incline profondément vers la Prieure et dit : Jube, Domne, benedicere; la Prieure, étant debout, donne la bénédiction par ces paroles : Regularibus disciplinis nos instruere dignetur Magister cœlestis. Les Sœurs répondent Amen. La lectrice se relève et fait le signe de la croix, en disant : In nomine Domini nostri Jesu Christi. Amen; elle lit alors ce qui lui a été marqué de la Règle et des Constitutions. Toutes sont assises à terre pendant cette lecture, excepté la Prieure qui est sur sa chaise. Quand la Prieure fait signe de cesser, la lectrice dit : Tu autem, Domine, miserere nobis, et les Sœurs ayant répondu Deo gratias, elle re­tourne à sa place.

7.  Lorsque la Prieure, soit avant les coulpes, soit à tout autre moment, veut faire une exhortation de dévotion ou de répréhension générale, elle dit : Bé­nedicite, puis se met à genoux et baise la terre ; toutes les Sœurs font de même et répondent : Dominus; alors la Prieure donne un signe, toutes se lèvent et s'asseyent de nouveau. Si la Prieure dit quelque chose après les accusations particulières ou autrement, il n'y a plus à dire Benedicite ni à baiser la terre.

8.  Quand elle reprend toute la Communauté d'une faute générale, toutes les Sœurs l'écoutent à ge­noux, bien que quelques-unes ne soient pas coupa­bles, et ensuite elles se prosternent jusqu'au signe de se relever. Si la réprimande s'adresse à une seule, celle-ci s'agenouille et se prosterne seule.

9.  A la fin de l'exhortation ou de la lecture, les Religieuses viennent dire leurs coulpes dans l'or­dre indiqué par les Constitutions : d'abord les no­vices du voile blanc, parmi lesquelles les Sœurs layes s'accusent les premières, ensuite les Sœurs layes professes, puis les novices professes et enfin les professes du chapitre, en commençant par la Sous-Prieure et les plus anciennes. Si quelque Sœur avait été privée de voix et de séance, elle di­rait ses coulpes après les novices professes.

10. La Sous-Prieure va s'accuser la première, sans compagne, puis toutes les Sœurs viennent deux à deux, une de chaque côté; pourtant s'il se trouve trois Sœurs du même rang, comme trois no­vices, trois Sœurs layes, elles vont toutes trois en­semble dire leurs coulpes.

11. Pour dire leurs coulpes, les Sœurs viennent au milieu du chapitre, s'inclinent profondément vers la Prieure, se mettent à genoux tenant les yeux baissés et les mains jointes sous le scapulaire; elles baisent la terre et se relèvent au signe de la Prieure. Alors la plus ancienne des deux fait une inclination à la Prieure et dit ses fautes en com­mençant par ces mots : Je dis bien humblement ma coulpe d'avoir, etc. Lorsqu'elle a dit tout ce dont elle se rappelle, [ou que la Prieure lui a fait signe de cesser], elle fait une seconde inclination à la Prieure; sa compagne s'incline avec elle et com­mence à dire ses coulpes. Lorsqu'elle a achevé, toutes deux baisent la terre et se relèvent au signe de la Prieure.

12. Si après l'accusation de la première des deux, la Prieure veut dire quelque mot d'admoni­tion ou d'exhortation, ou faire reprendre par la zélatrice, la seconde attend la fin de la remontrance ou de l'avertissement pour dire ses coulpes. Quand la parole s'adresse à la seconde, ni l'une ni l'autre ne quitte sa place que quand la Prieure a achevé de parler.

13. Si l'une des deux, étant encore au milieu du chapitre, se rappelle quelque chose dont elle veuille s'accuser, elle dit : Benedicite ; si la Prieure ré­pond : Dominus, la Sœur ajoute simplement la coulpe omise, sinon elle se retire sans rien dire de plus. Il faut prendre garde de ne pas interrompre la Prieure pour lui demander la permission de dire ses coulpes.

14. La Prieure donne la pénitence après l'accu­sation de la dernière des deux Sœurs, à toutes deux ensemble si elle veut donner la même pénitence,, sinon à chacune la sienne. Pour des fautes légères, elle peut enjoindre quelques prières, comme un Pater et un Ave, une hymne de la sainte Vierge ou autres choses semblables; si la faute est notable, elle donne la pénitence à proportion comme les Constitutions l'ordonnent.

15. Après avoir écouté la pénitence, les Sœurs vont ensemble se mettre à genoux devant la Prieure, baisent son scapulaire et reviennent au milieu du chapitre lui faire une profonde inclination; alors les novices, si des Sœurs de leur rang ont à dire des coulpes après elles, retournent à leurs places et elles attendent que les dernières aient fini pour sor­tir ensemble, sinon elles sortent immédiatement du chapitre; les Sœurs layes font de même, puis les novices professes et enfin les Sœurs qui n'ont pas de voix ni de séance. Quant aux Sœurs du chapitre, elles retournent à leurs places après avoir dit leurs coulpes.

16. Si la portière ou une autre Sœur vient par­ler bas à la Prieure, celle qui dit ses coulpes doit s'interrompre jusqu'à ce que la Prieure soit libre de l'écouter.

17. Lorsqu'une Sœur vient en retard au chapi­tre, elle baise la terre au milieu et ne se relève qu'au signe de la Prieure; si elle entre pendant la lec­ture, ou lorsque la Prieure parle, ou enfin pendant qu'une Sœur dit sa coulpe, elle attend pour se prosterner la fin de ces choses.

18. Lorsque le chapitre est achevé, les capitu­lantes se lèvent et demeurent debout, tournées en chœur. La première chantre commence le psaume Deus misereatur nostri, que les chœurs poursui­vent alternativement; on dit de même les deux autres psaumes indiqués aux Constitutions. La se­mainière dit Kyrie eleison et les autres prières on s'incline profondément pendant le Pater; on se tourne vers l'autel pour toutes les autres prières puis on se retourne en chœur lorsque celle qui préside dit à la fin : Sit nomen Domini benedictum. Alors les Religieuses font deux à deux, en commençant par les plus jeunes, une profond» inclination au milieu du chapitre et sortent en silence.

19. Le vendredi saint, le chapitre se tient à la fin de Prime d'une manière toute particulière, ca les Sœurs n'y disent pas leurs coulpes; elles se rangent comme de coutume, mais la Prieure s'assied à terre; elle ne dit point l'antienne Veni Sancte Spiritus, et ne fait pas faire de lecture; elle dit quelque chose du mystère du jour, suivant sa dévotion, et exhorte vivement les Sœurs à se renou­veler dans la charité et à se demander mutuelle­ment pardon. Après l'exhortation, elle se met à ge­noux, tournée vers la Communauté, dit ses coulpes, demande pardon en général à toutes ses Sœurs et baise la terre; les Sœurs se mettent à genoux en même temps qu'elle, se prosternent de même et se relèvent lorsqu'elle leur en fait le signe. Après cela, les Religieuses se demandent pardon les unes aux autres, en particulier et tout bas, puis elles s'em­brassent afin que s'il y avait entre elles quelque refroidissement, tout soit effacé et qu'elles demeu­rent dans une parfaite charité; ensuite elles se lèvent et sortent du chapitre.

CHAPITRE VI

De la zélatrice.

1. Les Constitutions prescrivent qu'il y ait une zélatrice chargée de remarquer les fautes, de les faire connaître en particulier à la Prieure et, avec sa permission, d'en avertir publiquement les Sœurs au chapitre.

2. La zélatrice est choisie par la Sous-Prieure ; elle est nommée sur la table des offices domesti­ques et changée de semaine en semaine. Elle doit remplir cet office avec discernement et prudence, y apportant la charité et la mansuétude aussi bien que le soin et le zèle, n'ayant en vue que la gloire de Dieu et le maintien des règles, sans se laisser arrêter par le respect humain ou entraîner par le penchant naturel à censurer les actions du pro­chain.

3. Quoique la charge d'aider les autres en cha­rité soit attribuée à la zélatrice, il est cependant permis à toutes les Religieuses anciennes d'avertir en charité des fautes communes ou particulières, en cas de nécessité, pourvu que ce soit par l'ordre de la Prieure; elles prendront garde alors de ne pas anticiper sur la zélatrice et de ne pas parler si elles voient que celle-ci a quelque chose à dire. Les Sœurs qui n'ont pas de voix ni de séance au chapitre, soit parce que cela leur a été retiré, soit parce qu'elles n'ont pas encore été admises au cha­pitre quoique les trois années depuis leur profes­sion soient écoulées, ne sont pas tenues capables de l'office de zélatrice et ne peuvent avertir des fautes. Aucune ne peut reprendre pendant qu'elle- même est à genoux pour dire ses coulpes, car on ne peut parler alors que pour s'accuser ou pour répondre à la Prieure si elle interroge.

4.  On ne reprend les professes qu'après la sortie des Sœurs du voile blanc.

5.  Il faut, pour donner un avertissement, être bien assurée de la faute commise ; il faut encore que cette faute soit extérieure et manifeste et aussi qu'elle soit fréquente, car il ne conviendrait pas de reprendre pour une faute commise une fois et par surprise. On ne doit reprendre une Sœur qu'après ses accusations, et s'abstenir de l'avertir si elle- même s'est accusée de sa faute ou si la Prieure l'en a reprise. Si la faute qu'on veut relever est géné­rale, ou du moins commune à la plus grande partie des Sœurs, la zélatrice en avertit au moment le plus opportun; si la faute est particulière à une ou deux, la zélatrice les avertit après leurs accusations.

6. Lorsque la zélatrice ou une autre Sœur a per­mission d'avertir d'une faute, elle se lève, et, étant debout, elle se tourne vers la Prieure et s'incline en disant : Benedicite. Si la Prieure ne répond pas, la Sœur s'assied sans rien dire; si elle répond : Dominus, la zélatrice dit : J'aide en charité ma Sœur, ou mes Sœurs N. et N., et elle ajoute simple­ment, sans étendue de paroles, sans exagération, avec douceur, amour et charité, les fautes qu'elle a remarquées; ensuite elle baise la terre pour s'hu­milier de ses propres fautes. Les Sœurs qui ont été averties baisent aussi la terre et toutes ne se relè­vent qu'au signe de la Prieure; celle-ci peut ajouter ce qu'elle trouve bon aux paroles de la zélatrice.

7.  Celle qui est reprise recevra la réprimande avec humilité et reconnaissance, sans répliquer, ni s'excuser, quoique la faute dont elle est re­prise ne paraisse pas telle à ses yeux qu'on la lui reproche.

CHAPITRE VII

Du chapitre des affaires.

1. Les Constitutions indiquent que la Prieure prend l'avis des dépositaires dans les choses im­portantes, mais elles ne disent pas qu'on doive demander celui des autres Religieuses; celles-ci, en effet, ne seraient pas toutes aptes à donner conseil et elles pourraient être distraites par les affaires qu'on leur proposerait. Pourtant, s'il se présente des choses de telle importance que la Prieure veuille en avertir la Communauté pour l'engager à prier Dieu, comme l'élection d'un Supérieur, la nécessité de faire sortir la Communauté en temps de guerre, etc., elle peut assembler les Sœurs au chapitre pour leur exposer ce qu'elle juge à propos. Les Religieuses écoutent la Prieure sans parler, à moins que celle-ci ne les interroge. Si elles ont quelque chose d'utile à communiquer, elles ne le font pas devant la Communauté, mais elles disent tout bas leur avis à la Prieure ou attendent après le chapitre pour lui en parler.

2. Pour toutes les autres affaires temporelles, il suffît que la Prieure les résolve avec la Sous-Prieure et les dépositaires ; mais s'il faut faire un emprunt notable, une acquisition de rente ou autre, la per­mission du Supérieur est nécessaire.

CHAPITRE VIII

De la Visite.

1. Les Papes et les Conciles ont ordonné que dans tous les Ordres religieux, on fasse de temps en temps la Visite des monastères pour en exami­ner soigneusement l'état spirituel et temporel, [Notre Mère sainte Thérèse, dans son écrit sur la manière de visiter les monastères, indique que la Visite se faisait chaque année.]

2. L'annonce de la Visite se fait à la grille du parloir par le Visiteur qui avertit la Prieure du jour et de l'heure auxquels les Religieuses doivent se réunir au parloir.

3.  Au jour désigné, le Visiteur dit la Messe, qui doit être celle du Saint-Esprit, si l'office du jour le permet; toutes les Religieuses y assistent et y com­munient. Après la Messe, on tinte deux fois la petite cloche; les Religieuses, revêtues de leurs manteaux et de leurs grands voiles, s'assemblent au parloir, et le Visiteur s'y rend seul, portant le surplis, l'étole et la barrette. Lorsque la grille est ouverte, les Religieuses s'inclinent profondément pour le sa­luer, lèvent leurs voiles et se mettent à genoux pour recevoir sa bénédiction.

4.  Le Visiteur déclare le sujet de sa venue et expose son pouvoir, soit verbalement, soit par la lecture de sa commission, puis il se met à ge­noux et commence le Veni Creator, que les Sœurs poursuivent également à genoux; il ajoute le verset Emitte Spiritum tuum et l'oraison Deus, qui corda fidelium, puis il s'assied et prie les Sœurs de s'asseoir; il fait une exhortation sur les dispositions qu'il faut apporter à la Visite et sur la manière d'y procéder; ensuite il congédie les Sœurs. La Prieure seule reste au parloir et remet au Visiteur une liste indiquant les noms des Sœurs par rang de religion, pour qu'il puisse les faire venir successivement.

5.  Le Visiteur visite ordinairement le Saint-Sa­crement avant de faire l'examen des Religieuses; s'il préfère faire cette visite après son exhortation, ou dans l'après-midi, ou encore le lendemain après la Messe, il en avertit les Religieuses et détermine l'heure précise ; mais s'il diffère la visite du taber­nacle, il ne retarde pas pour cela l'examen des Sœurs et le commence après l'exhortation.

6.  Pour la visite du grand autel, on ferme les fenêtres du chœur et l'on ouvre la grille ; les Reli­gieuses, revêtues de leurs manteaux, se mettent à genoux devant la grille comme aux Messes.

7.  On allume six cierges sur le grand autel et l'on prépare sur la crédence un bassin et des bu­rettes pour que le Visiteur se purifie les doigts s'il touche aux saintes hosties, le voile humeral dont il se sert pour donner la bénédiction, et une étole pour le chapelain.

8.  Le Visiteur porte le surplis, l'étole et la bar­rette; le confesseur ou le chapelain du monastère l'accompagne en surplis et porte une bourse, un corporal, un purificatoire et la clef du tabernacle; un troisième ecclésiastique [ou un clerc], revêtu du surplis, marche le premier portant l'encensoir et la navette; tous trois se rendent ainsi à l'autel où ils s'agenouillent, le Visiteur au milieu, le chapelain à sa droite, mais un peu en arrière, le troisième ecclésiastique encore plus en arrière. Ce dernier présente au chapelain l'étole qui est sur la cré­dence. Après une courte prière, le chapelain se lève, met le purificatoire sur l'autel au côté de l'épître, étend le corporal au milieu, ouvre la porte du tabernacle pour laisser le ciboire en vue, et re­vient à sa place après avoir fait les génuflexions requises. Il quitte l'étole pour aider à l'encense­ment que le Visiteur fait à genoux avec trois coups d'encensoir; ensuite le Visiteur monte seul à l'autel, sort le ciboire, l'ouvre et regarde si tout est conve­nable et dans l'ordre, c'est-à-dire si le ciboire est doré au dedans, s'il ferme bien et est couvert d'un voile convenable, s'il n'y a pas trop de parcelles; il s'informe du chapelain si l'on a soin de renouveler souvent les hosties, puis il ferme et couvre le ci­boire; il le laisse sur l'autel un peu de côté pour examiner si l'intérieur du tabernacle est propre, sans aucune poussière, s'il est doublé d'une étoffe convenable, s'il y a sous le ciboire un corporal net et bien étendu, si le tabernacle renferme autre chose que le Saint-Sacrement, s'il n'y a pas de trou par où quelque animal puisse s'introduire, si la porte extérieure et celle qui ouvre sur l'oratoire ferment bien, si la clef est dorée. S'il trouve quel­que défaut, il donne ordre sur-le-champ d'y remé­dier, puis il remet le ciboire au milieu de l'autel, dit le verset et l'oraison du Saint-Sacrement, donne la bénédiction et remet le ciboire dans le taberna­cle. Le chapelain ferme la porte, replie le corporal et le remet dans la bourse avec le purificatoire. Le Visiteur et ceux qui l'accompagnent se retirent à la sacristie, dans le même ordre qu'ils sont venus à l'autel.

9.  Lorsque le Visiteur fait l'encensement, deux chantres commencent l'hymne Pange lingua, que le chœur poursuit; lorsqu'il retourne à la sacristie, on ferme la grille et les Religieuses sortent du chœur sans cérémonie.

10. Après la visite du grand autel, se fait celle des autels des chapelles de toute l'église, du cof­fret où sont les saintes huiles et enfin de la sacristie du dehors. Le chapelain, revêtu du surplis, assiste toujours le Visiteur.

11. Le scrutin se fait au parloir, la grille ouverte et la porte fermée; le Visiteur porte le surplis, l'étole et la barrette ; il est assis et tient auprès de lui des tablettes ou du papier et de l'encre pour écrire ce qu'il juge à propos des dépositions qui lui sont faites. Il garde ces tablettes, ou sur lui, ou dans une cassette fermée à clef, afin qu'elles ne soient vues de personne.

12. Les Religieuses se tiennent prêtes à entrer immédiatement l'une après l'autre, en commen­çant par la Prieure et les anciennes. Elles portent les manteaux et non les grands voiles, mais elles abaissent le petit voile plus qu'à l'ordinaire. Après avoir reçu la bénédiction du Visiteur, elles s'as­seyent, et si elles ont à déposer quelque chose pour l'intérêt général ou particulier, elles le font avec simplicité et droiture, prenant garde de ne pas blesser la charité. Le Visiteur, de son côté, s'in­forme particulièrement de ce qui regarde la clôture et demande quels accès on a aux parloirs, aux con­fessionnaux et aux tours, quelles sortes de per­sonnes entrent au monastère, de quelle manière, à quelle heure et avec quelle nécessité.

13. Après avoir entendu toutes les Sœurs en par­ticulier, il désigne le jour et l'heure de tenir le cha­pitre et de visiter la clôture et le monastère. D'or­dinaire, le chapitre se tient le matin et la visite du monastère se fait l'après-midi, mais le Visiteur peut remettre celle-ci au lendemain.

14. Le chapitre des coulpes doit toujours se faire au parloir, à moins d'une raison importante qui oblige à le tenir dans le monastère, ce qui est très rare. On appelle les Sœurs par le son de la cloche, et elles s'assemblent au parloir avec leurs man­teaux et leurs grands voiles, se mettent à genoux devant la grille qui doit être ouverte, et lèvent leurs grands voiles. Le Visiteur est seul de son côté et tient auprès de lui la Règle et les Constitutions. La lectrice s'approche de la grille pour savoir du Vi­siteur ce qu'elle doit lire, puis elle retourne à sa place. Le Visiteur se met à genoux et commence l'an­tienne Veni, Sancte Spiritus, que les Religieuses poursuivent également à genoux ; la première versiculaire dit le verset Emitte Spiritum tuurn et creabuntur; alors le Visiteur se lève pour dire l'oraison Deus, qui corda fidelium. Après l'oraison, la lectrice va au milieu du parloir et demande la bénédiction, en disant: Jube, Dornne, benedicere. Le Visiteur la lui donne par ces paroles : Regularibus disciplinis nos instruere dignetur Magister cœlestis, puis il s'assied et toutes les Religieuses s'asseyent aussi comme au chapitre ordinaire. La lectrice fait la lecture debout, et ensuite le Visiteur prononce une courte exhortation, après laquelle les Religieuses disent leurs coulpes, deux à deux, de­vant la grille, avec les mêmes cérémonies qu'au chapitre ordinaire, excepté que les plus jeunes, tant novices que professes, commencent les pre­mières, que chacune baise la terre après avoir dit ses coulpes et que les deux Sœurs, après avoir écouté la pénitence qui leur est imposée, font une inclination au Visiteur au lieu même où elles ont dit leurs coulpes. La Prieure dit ses coulpes la der­nière et sans compagne, à genoux devant la grille comme les autres Sœurs. Toutes les Religieuses se tiennent à genoux pendant qu'elle dit ses coulpes et se prosternent avec elle lorsqu'elle a fini. Ni la Prieure ni aucune autre ne donne d'avertissement dans ce chapitre.

15. Si le Visiteur a trouvé quelque défaut consi­dérable sur lequel il juge nécessaire de parler, il le fait lorsque les coulpes sont dites et que la Prieure est revenue à sa place; ensuite on appelle les no­vices professes et les Sœurs layes professes, et le Vi­siteur fait une exhortation pour porter les Reli­gieuses à se renouveler dans l'observance et dans la perfection de leur état. Après l'exhortation, on fait venir les novices non professes, et la Prieure commence le psaume Miserere mei, Deus, que les Sœurs à demi prosternées continuent à deux chœurs. La Prieure commence le Confiteor, que toutes les Sœurs prosternées continuent avec elle. Alors le Visiteur dit Misereatur et Indulgentiam, puis l'absolution suivante :

16. Si tenemini aliquo vinculo, vel aliquibus vinculis excommunicationis aut interdicti : in quantum se extendunt gratiae et privilégia Ordini vestro indulta, mihi commissa et vobis con- cessa, ego absolvo vos, et restituo vos sacrosanctis Sacramentis, Eeclesise communioni et unitati fidelium, in nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti. Amen. Item, eadem auctoritate, ego dispenso vobiscum super irregularitate vel irregularitatibus, si quarn vel si quas contraxistis, et habilito vos executioni ordinum, et officiorum vestrorum. Item, eadem auctoritate absolvo vos ab omni transgressione Regulas et Constitutionum et Or- dinationum et Admonitionum majorum nostrorum, et ab omni pœnitentia oblita et neglecta, et ab omnibus aliis, de quibus consuevit fieri absolutio in consimilibus Capitulis vel solemnitatibus, ut sitis absolutse hic et ante tribunal Domini nostri Jesu Christi, habeatisque vitam aeternam, et vivatis in saecula saeculorum. Amen. Insuper concedo vobis Indulgentiam plenariam omnesque alias gratias quas possum, juxta privilegia Ordinis vestri, in nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti. Amen.

17. Enfin il annonce l'Indulgence plénière que les Religieuses gagnent à la Visite.

18. Si le Visiteur doit tenir le chapitre dans le monastère, la sacristine prépare au chapitre une chaise de chaque côté de l'autel, l'une pour le Visi­teur qui occupe la place ordinaire de la Prieure, l'autre pour son compagnon. La Prieure se met en rang avec les Religieuses, la première de son côté.

19. A l'heure désignée, on sonne le chapitre; les Religieuses, revêtues de leurs manteaux et de leurs grands voiles, se rendent à la porte du mo­nastère avec la croix et les chandeliers. Le Visiteur doit entrer revêtu du surplis et de l'étole et cou­vert de la barrette, et être accompagné d'un ecclé­siastique de prudence et de confiance, portant seu­lement le surplis et la barrette ; on le reçoit avec les cérémonies marquées au chapitre vm du livre XI pour la réception des Ëvêques; de plus, la Prieure présente au Visiteur, lorsqu'il a donné l'eau bénite, une petite croix avec un crucifix et le livre des Constitutions.

20. Les Religieuses conduisent processionnellement le Visiteur au chœur en chantant le répons Ecce sacerdos magnus, s'il est Évêque; sinon l'an­tienne Ecce fidelis servus, puis le Te Deum. Elles font la génuflexion comme de coutume, se mettent aux stalles, debout, tournées en chœur, et s'incli­nent toutes devant le Visiteur à son entrée au chœur. Le Visiteur se met à genoux devant la stalle de la Prieure ; la Prieure se range près de la plus an­cienne Religieuse de son côté, et dit à cette place les versets et oraisons marqués au Manuel.

21. Après les oraisons, les Sœurs se mettent à genoux, et lorsque le Visiteur donne le signe, elles baisent la terre, font deux à deux la génuflexion au Saint-Sacrement, et vont au chapitre processionnellement, en silence, sans croix ni cierges, et suivies par le Visiteur. Elles font deux à deux, en arrivant, l'inclination à l'autel, puis se ran­gent en deux chœurs tournés l'un vers l'autre comme au chapitre ordinaire des coulpes; elles se tiennent debout et font une demi-inclination au Visiteur lorsqu'il passe pour prendre sa place au côté de l'autel. La lectrice lui présente les Constitutions pour qu'il marque ce qu'elle doit lire, puis elle reprend son rang. Les Religieuses gardent le voile baissé, à cause du compagnon du Visiteur; elles le lèvent seulement pour dire leurs coulpes et recevoir la pénitence. Tout le reste s'observe comme lorsque le Visiteur tient le chapitre au parloir.

22, Lorsque le Visiteur entre avec son compa­gnon pour faire la visite des lieux réguliers, la Prieure va le recevoir à la porte de clôture avec deux ou trois Religieuses portant comme elle le grand voile et non le manteau. Elles se mettent d'abord à genoux pour recevoir la bénédiction du Visiteur, puis elles le conduisent partout où il veut aller, gardant toujours le voile baissé, à cause du compagnon, mais ne se servant ni de clochette ni d'aucun autre avertissement.

23. Le Visiteur commence la visite par l'examen de la porte de clôture, puis il se rend au chœur et en regarde les grilles ; il voit aussi celles de l'ora­toire du Saint-Sacrement, de l'infirmerie, des con­fessionnaux et des parloirs, s'assure qu'il n'y en a pas trop et n'en souffre aucune, sous quelque pré­texte que ce soit, dans des endroits secrets ou pour une personne particulière. Il examine les tours, la sacristie du dedans, les reliques, les offices, les cellules des Religieuses ; enfin il parcourt tout le monastère, prenant garde si tout est en bon ordre et conforme aux statuts et règles de la Reli­gion. Il regarde s'il n'y a pas de vues dangereuses et fait une attention particulière à tout ce qui con­cerne la clôture. Pendant cette visite, chaque Reli­gieuse se tient dans sa cellule ou dans son office ; lorsque le Visiteur y entre, elle baisse son grand voile et se met à genoux pour recevoir sa bénédic­tion. Lorsque le Visiteur a terminé sa visite, celles qui l'accompagnent le reconduisent à la porte du monastère.

24. Après être sorti, le Visiteur voit les comptes et se fait passer le livre des Visites, sur lequel il écrit et signe l'acte de celle qu'il vient de faire.

25. Saint Charles prescrit, dans ses Synodes, que les Visiteurs ne s'arrêtent dans un monastère de Religieuses que le temps nécessaire pour en visiter les offices et la clôture; qu'ils ne se séparent pas alors de leur compagnon ; que, s'ils sont domici­liés dans la ville, ils ne couchent pas, pendant leur Visite, dans les maisons contiguës au monastère; enfin il défend qu'on leur fasse aucun présent.

26. Il suffit que les Visiteurs entrent une fois à chaque Visite. Ils doivent prendre les informations à la grille de l'église ou au parloir, et achever laVisite au plus tôt. Ils ne peuvent pas y employer plus d'une semaine.

CHAPITRE IX

Avis sur les prédicateurs et les confesseurs.

1. Les Prieures, avec l'avis et l'approbation des Supérieurs, choisissent les confesseurs ordinaires du monastère.

2.  Dans ce choix, il faut considérer non seule­ment la piété, la vertu, la capacité et la doctrine de ceux à qui on veut confier ces fonctions, mais encore leur bonne réputation, qui doit être telle qu'on n'y puisse rien opposer. Il faut aussi tenir compte de l'âge, mais entre deux confesseurs il

faut moins choisir le plus âgé que celui qui possède le plus abondamment les qualités requises.

3. Il ne convient pas d'arrêter un confesseur pour toute sa vie, à cause de la mobilité de l'esprit humain : car on pourrait se trouver engagé à gar­der une personne devenue incapable de remplir cette charge, pourtant si importante.

4. Si la Prieure le juge opportun, elle peut quel­quefois accorder un confesseur particulier à une Sœur pour un besoin spécial, pourvu que ce confes­seur ait toutes les conditions nécessaires. Elle ne doit jamais passer sur ce point, ni pour un confes­seur particulier, ni pour celui de la Communauté, quelque instance que puissent lui faire les Religieuses.

5.  Les monastères ne doivent pas prendre le soin de nourrir le confesseur, mais donner une pension suffisante pour l'entretien et la nourriture.

6. Il est bon que les Prieures aient soin de pro­curer des instructions aux Religieuses, surtout lors­qu'elles connaissent des hommes de Dieu dont la parole peut particulièrement porter des fruits. Elles ne doivent appeler que des prédicateurs approuvés qui soient au moins diacres, ainsi que le prescrit la sainte Église, et qui possèdent la science, la vertu et la piété. Il faut prendre garde de n'admettre que ceux dont la réputation et la doctrine sont irrépro­chables.

 

CHAPITRE X

De l'élection du Supérieur local.

1. Le Pape Alexandre VII, par le Bref du 26 septembre 1661, ordonna que chaque couvent élirait de trois en trois ans son Supérieur local, ce que Clément IX confirma en ces termes, par le Bref du 26 septembre 1667 :

2. « Nous accordons par la teneur des présentes à chacun des Monasteres des Religieuses Carmelites dechaussées du Royaume de France, « tant à ceux qui sont présentement erigez, qu'à ceux qui s'érigeront cy-après, le pouvoir d'élire « de trois en trois ans leur particulier Recteur ou « Supérieur Ordinaire immédiat, lequel toutesfois « pourra estre successivement confirmé de trois en trois ans, autant de fois qu'il en sera jugé expedient et nécessaire pour le bon gouverne- ment desdits Monastères; Nous voulons que cette eslection se fasse par voye de suffrage par l'Abbesse ou Prieure, laquelle à cet effet jouira de la prérogative de deux voix, et par la Sous-prieure et les Religieuses dépositaires de chaque Monastère respectivement, et ce dans le terme de six semaines, à compter depuis la signification de la présente Ordonnance et establissement pour cette première fois, et cy-apres, depuis la mort, la cession, ou la vacance de la charge du Recteur qui sera en chaque tems. Que si ladite eslection ne se fait en ce terme, la deputation du Recteur appartiendra pour lors au dit Cœlius Archevesque, et à celuy qui sera en chaque tems Nonce du Sainct Siège Apostolique dans ledit Royaume : Auquel aussi, ou à l'Ordinaire du lieu comme délégué dudit Sainct Siege, appartiendra toûjours la confirmation du dit Recteur qui aura esté esleu comme il a esté dit en chaque tems : Lequel ne pourra en aucune maniéré s'ingérer aux fonctions de Recteur ou de Supérieur immédiat, sans avoir obtenu ladite confirmation ; A condition toutesfois, que lesdits Recteurs ne pourront jamais estre esleus successivement et immediatement du mesme Corps, College, Congregation, Société, Chapitre ou Communauté, sous peine de nullité et de desobeïssance... Ordonnons et Réglons pareillement, qu'en toutes les eslections des Recteurs ou Supérieurs immediats de chaque Monastere, outre la Prieure ou Supérieure, laquelle à cet effet jouira de la prérogative de deux voix, la Sous prieure, et les Religieuses dépositaires, il y aura deux autres Religieuses qui seront esleuës à la pluralité des voix de la Communauté de chaque Monastere, qui pourront et devront donner leur suffrage.

3.  Conformément à ce Bref, les Religieuses font de trois en trois ans l'élection du Supérieur local en cette forme :

4.  Quelques jours avant que le temps d'élire un Supérieur soit venu, la Prieure en avertit 1a Communauté et fait élire les deux Sœurs qui doivent concourir à son élection et qui sont nommées élisantes. Cette élection se fait au chapitre à la pluralité des voix. On commence par la récitation du Veni Creator, puis chaque Sœur va porter dans une boîte, posée à cette fin sur l'autel du chapitre, le billet sur lequel elle a inscrit les nom des deux Sœurs qu'elle veut élire. La Prieure fait ensuite le dépouillement des billets en présence de la Sous-Prieure et de la première dépositaire qui lui servent de témoins. Celles qui ont le plus de voix sont élues, et la Prieure les nomme auss tôt.

5. La charge des élisantes dure trois ans ; s'il avait à procéder plusieurs fois, pendant cet int< valle, à l'élection d'un Supérieur, les mêmes élisantes devraient y prendre part. Si l'une d'elles mourait pendant ces trois années, on attendrait pour la remplacer qu'il y eût à procéder à l'élection d'un Supérieur.

6. La Prieure propose d'avance à celles qui doivent prendre part à l'élection, deux ou trois ecclésiastiques de prudence, de piété et de doctrine sur lesquels puissent porter leurs suffrages.

7. Le jour de l'élection étant arrivé, celles qui doivent y prendre part se réunissent au chapitre et invoquent le Saint-Esprit par la récitation de l'hymne Veni Creator avec le verset et l'oraison

8. La Prieure ayant annoncé qu'on va procéder à l'élection d'un Supérieur, chacune va porter

son billet dans une boîte placée sur l'autel du chapitre. Ensuite la Prieure, ayant auprès d'elle la Sous Prieure et la dépositaire pour lui servir de témoins, ouvre la boîte, compte les billets et en fait le dépouillement.

9. Il faut quatre voix pour qu'il y ait élection. Le résultat obtenu, la Prieure le fait connaître aux élisantes, mais le tient secret pour la Communauté jusqu'à ce qu'elle ait obtenu la confirmation de l'Evêque. Ayant fait dresser l'acte d'élection, elle le lui envoie pour qu'il le confirme et le signe.

10. Lorsque la confirmation est arrivée, la Prieure réunit la Communauté au chapitre, dit le nom du Supérieur élu, puis on dit le Te Deum. Elle envoie aussi l'acte d'élection et de confirmation au Supérieur pour qu'il en prenne connaissance, mais cet acte doit être rendu par lui et conservé au monastère.

 

 

LIVRE NEUVIEME

NOVICIAT, PROFESSION, AGRÉGATION

CHAPITRE PREMIER

De l'admission et de l'entrée des postulantes.

1.  Avant de recevoir une postulante, la Prieure doit s'entretenir plusieurs fois avec elle et prendre des renseignements de personnes sûres, pour bien connaître sa vocation et s'assurer qu'elle a l'esprit, les qualités et la santé requis par les Constitutions. De plus, avant de lui ouvrir la porte, elle la fait voir à trois ou quatre Religieuses des plus sages et des plus judicieuses, et, lorsqu'elle est satisfaite de la personne qui se présente, elle demande au Supérieur la permission de la faire entrer.

2.  Les personnes qu'on reçoit doivent être saines de corps et d'esprit; il ne faut pas faire entrer des postulantes trop jeunes et trop éloignées du temps où elles peuvent commencer leur noviciat. Clé­ment IX, par le Bref du 26 septembre 1667, défend de recevoir aucune postulante avant qu'elle n'ait au moins quatorze ans accomplis ; encore ne permet-il d'en recevoir à cet âge que pour quelque cause extraordinaire et jugée importante par les Supérieurs. Cette exception peut s'accorder notamment pour les filles de fondateurs. On ne peut recevoir les personnes trop avancées en âge, si elles ne sont fondatrices.

3.  Les personnes bossues ou boiteuses ne peu­vent être admises que comme bienfaitrices, et il faut qu'elles apportent une dot considérable ou quelque autre grand avantage.

4. On ne pourrait admettre, même comme fon­datrice, une personne qui aurait quelque tache en son honneur, ni une femme dont le mari serait encore vivant, lors même qu'il promettrait d'em­brasser l'état ecclésiastique, ni celle qui aurait des enfants non pourvus, à moins que ceux-ci ne soient entre les mains de personnes fidèles sur lesquelles leur mère puisse légitimement se décharger selon Dieu.

5. On ne peut admettre non plus comme bien­faitrice une personne attaquée d'un mal incurable ou contagieux, ni celle qui aurait été atteinte de maléfices ou aurait eu des communications parti­culières avec des personnes infectées de possessions malignes : car il serait à craindre qu'il ne lui en restât quelque impression nuisible et qu'elle ne la communiquât aux autres.

6.  On ne reçoit jamais trois sœurs dans un même monastère, si ce n'est pour des raisons si im­portantes que cela ne puisse tirer à conséquence, et dans ce cas, il ne peut y en avoir que deux qui aient voix au chapitre. De même, on ne peut rece­voir la mère et la fille dans une même maison que si l'une des deux est fondatrice, ou que l'une et l'autre soient des sujets si extraordinaires que le monastère pût en recevoir un grand avantage; mais dans quelque cas que ce soit, il ne faut pas les recevoir en même temps, afin que l'une des deux puisse être établie dans la vertu et le déga­gement religieux avant l'entrée de l'autre. Dans les délibérations capitulaires, la mère et la fille, les deux sœurs, la tante et la nièce ne peuvent se donner mutuellement leurs voix.

7. Un monastère ne doit pas recevoir une pos­tulante qu'il saurait devoir entrer dans un autre couvent de l'Ordre, [à moins que la postulante elle- même ne le demande pour de sérieux motifs], car ce serait manquer à la charité que les monastères se doivent entre eux; par le même motif, un couvent ne doit pas adresser à un autre les sujets qu'il juge ne pas convenir pour lui-même, [à moins encore que les motifs pour lesquels il les refuse lui soient particuliers et que les sujets paraissent d'ailleurs avoir une bonne vocation].

8. Si une personne, après avoir porté l'habit re­ligieux, est rejetée d'un monastère de l'Ordre et qu'elle soit ensuite reçue dans un autre, elle ne peut jamais être envoyée, pour y demeurer, dans celui dont elle est sortie.

9. C'est un grave devoir pour la Prieure et pour les Religieuses de ne pas se laisser entraîner dans la réception des sujets par le respect humain ou les avantages matériels; non seulement elles n'ad­mettront pas des sujets incapables, mais encore elles ne rempliront pas les places de leur monastère de sujets d'un esprit ou d'une vertu médiocre.

10. Dans les monastères qui ne sont pas encore bâtis et où le nombre de Religieuses n'étant pas encore complet, il n'y a pas beaucoup de travail, on doit se contenter de deux Sœurs converses le plus de temps qu'il est possible.

CHAPITRE II

Du noviciat et de l'éducation des novices.

1.  Le noviciat se compose de toutes celles qui font l'essai de la vie religieuse ou qui achèvent de s'y former, c'est-à-dire des postulantes, des novices du voile blanc et des professes qui n'ont pas encore trois ans de profession. Le lieu dans lequel les novices se réunissent pour être instruites des rè­gles, des cérémonies et de tous les autres exercices de la vie religieuse, porte aussi le nom de noviciat; les novices s'y assemblent tous les jours depuis la fin de Vêpres jusqu'à trois heures, à moins qu'on ne fasse alors quelque prière en Communauté.

2.  Un des jours de la semaine, autre que celui du chapitre, les novices disent au noviciat, devant l'autel, leurs coulpes à leur maîtresse. Elles obser­vent les mêmes cérémonies qu'au chapitre, excepté qu'elles ne baisent pas le scapulaire de leur maî­tresse, mais lui font seulement une demi-incli­nation.

3.  Le progrès qu'on peut attendre d'une âme religieuse dépendant de la première éducation qu'elle reçoit, la maîtresse des novices se fera un point de conscience de se rendre chaque jour au noviciat pour enseigner aux novices la piété, la vertu, l'observance des règles et tout ce dont il est

nécessaire qu'elles soient instruites, comme le mar­quent les Constitutions; si elle ne pouvait pas pré­sider au noviciat, les novices s'occuperaient en leur particulier à la lecture pendant tout le temps prescrit.

4.  C'est encore la maîtresse qui doit préparer les novices à la vêture, à la profession et à la prise de voile.

5.  Après que les novices ont fait profession, elles sont encore nommées novices, regardées comme telles et assujetties aux exercices du novi­ciat pendant l'espace de trois ans, afin que, sous une direction plus suivie, elles s'affermissent dans la pratique de la vertu. Pendant ces trois années, elles ne peuvent avoir ni voix ni séance au chapitre du monastère.

CHAPITRE III

De la façon de demander et d'accorder l'habit.

1.  Quelques entretiens à la grille ne peuvent suffire pour porter sur une postulante un jugement certain ; aussi après l'avoir reçue dans le monastère, éprouve-t-on sa vocation pendant l'espace de trois [à six] mois avant de l'admettre à la vêture, Pendant cet essai, la postulante porte des vêtements séculiers, [mais de forme et de couleur modestes]

2.  Les Supérieurs peuvent, pour quelque cause sérieuse, en ordonner autrement à l'égard du pos tulat ; toutefois, on ne doit pas donner l'habit aux postulantes avant qu'elles n'aient quinze ans accomplis, et on ne les garde pas plus d'un an sans l'habit, à moins qu'elles ne soient Sœurs converses, ou filles de fondateurs que l'on ait reçues à qua­torze ans.

3.  Quant aux postulantes converses, les Consti­tutions veulent qu'elles soient longtemps sans l'habit, et comme les vêtements séculiers pourraient les gêner dans leur travail, on leur donne, pendant le postulat, la tunique extérieure et la coiffure de la Religion avec un scapulaire plus court de la moitié que celui des Religieuses.

4.  Lorsque les postulantes, soit du chœur, soit converses, ont achevé le temps du postulat, qu'on n'a rien vu en elles qui puisse empêcher la vêture, et qu'elles ont donné des preuves manifestes de leur vocation avec l'espérance d'un sérieux avan­cement, la Prieure obtient du Supérieur la permis­sion de leur donner l'habit, et les propose au cha­pitre conventuel.

5.  La Prieure avertit les Sœurs au chapitre, après les coulpes et avant les prières de la fin, de la prochaine demande de la postulante; elle leur expose avec simplicité les bonnes et les mauvaises qualités du sujet qu'elle propose, ainsi que le juge­ment qu'elle en fait. Elle ne doit pas chercher à influencer les capitulantes, mais seulement à leur faire connaître la vérité, afin que chacune reste libre de son jugement et de sa voix. Elle prie les Sœurs de réfléchir à cette proposition et de la re­commander à Dieu, qui seul connaît le fond des cœurs et prévoit l'avenir. Elle fait lire le chapitre des Constitutions sur la réception des novices et ce qu'en rapporte Ribera dans un des prologues de la vie de sainte Thérèse, puis on termine le chapi­tre par les prières accoutumées. Les Sœurs doivent se garder de se communiquer leur sentiment sur la réception.

6. On laisse huit jours d'intervalle entre la pro­position de la postulante et la demande des voix. Ce temps étant expiré, les Religieuses s'assemblent de nouveau au chapitre ; après les coulpes et avant les prières, la Prieure se metà genoux vers l'autel et commence le Veni Creator; les Sœurs, égale­ment à genoux vers l'autel, le poursuivent à deux chœurs ; la Prieure commence ensuite l'Ave maris Stella, qui se continue de même, puis on dit l'an­tienne, le verset et l'oraison de sainte Thérèse; après quoi toutes les Sœurs se lèvent pour donner leurs voix.

7. Les Constitutions voulant que les voix soient données secrètement par des fèves blanches et noires, on met sur l'autel deux boîtes dont le cou­vercle est fendu, pour qu'on y puisse passer une fève sans voir celles qui sont à l'intérieur. On met une de ces boîtes au milieu de l'autel et l'autre au coin.

8. La Prieure, tenant une boîte qui renferme autant de fèves blanches et de noires qu'il y a de capitulantes, remet à celles-ci une fève de chaque couleur; puis chacune, en commençant par la Prieure, vient à son rang déposer son suffrage. Si elle veut recevoir la postulante, elle met la fève blanche dans la boîte qui est au milieu et la noire dans celle qui est au coin; si elle veut la refuser, elle fait le contraire.

9. Tous les suffrages étant donnés, la Prieure, en présence du chapitre, ouvre la boîte du milieu de l'autel, montre les fèves afin que chacune voie s'il y a réception ou non, et la réception ou le refus demeure arrêté. Une voix de plus que la moitié suffit pour la réception. Si la postulante est reçue et qu'on veuille lui faire connaître le résultat le jour même, on la fait venir tout de suite au cha­pitre pour faire sa demande; si, au contraire, la Prieure veut différer à l'en avertir à un autre cha­pitre, le scrutin étant achevé, on dit les psaumes et autres prières que l'on récite ordinairement à l'issue du chapitre des coulpes.

10. Lorsque, par la permission de la Prieure, la postulante vient demander l'habit au chapitre con­ventuel, elle le fait, soit immédiatement après qu'on a tiré les voix, soit dans un autre chapitre, après que toutes les Religieuses ont dit leurs coul­pes et lorsqu'elles sont encore assises à terre.

11. Elle se met à genoux au milieu du chapitre, baise la terre, ne se relève qu'au signe de la Prieure, et, se tenant toujours à genoux, les mains jointes, elle dit : « Ma Mère et toutes mes Sœurs, je vous supplie très humblement de me faire la charité de me recevoir au saint habit de la Reli­gion, encore que j'en sois très indigne; mais j'espère avec la grâce de Dieu et l'assistance de vos saintes prières de faire mieux à l'avenir que je n'ai fait par le passé. » Après cette demande, elle se prosterne une seconde fois et attend le signe de la Prieure pour se relever, Alors si la Prieure lui annonce qu'elle est reçue, elle vient se mettre à genoux devant elle et la remercie, puis va remer­cier chaque Sœur en particulier avant de sortir du chapitre; en ce cas, on ne dit pas les psaumes et oraisons de la fin du chapitre. Si on lui annonce son refus ou le délai de sa vêture, elle se prosterne, écoute ce que dit la Prieure, et sort du chapitre après lui avoir fait une profonde inclination. Après sa sortie, on dit les prières accoutumées. [Si la postulante est refusée, il n'est pas nécessaire de la faire venir au chapitre; mais il faut la prévenir le jour même, puisqu'elle ne peut demeurer dans le monastère.]

12. Lorsqu'on a tiré les voix une fois, la décision du chapitre demeure invariable, comme il sera dit au chapitre suivant.

CHAPITRE IV

De la façon de demander et d'accorder la profession.

1.  La profession religieuse étant un contrat irré­vocable entre Dieu et la créature, la novice et la Religion, on ne saurait prendre trop de précautions avant d'y admettre. Le chapitre doit donc consi­dérer avec attention si la novice, par l'exercice de la mortification, de l'obéissance, de la dévotion et des autres vertus, s'est rendue capable de passer à la fermeté de l'état religieux, et de ne laisser ni à elle-même, ni aux autres, le sujet d'un repentir inutile.

2.  On s'assure par l'extrait de baptême ou par un autre témoignage certain que la novice a l'âge requis pour la profession, c'est-à-dire dix-sept ans accomplis. Il faut aussi qu'une année entière se soit écoulée depuis la prise d'habit.

3. Si une novice n'est pas en état de faire pro­fession après l'année de probation, soit parce que ses affaires temporelles ne sont pas terminées, soit parce qu'elle n'a pas fait assez de progrès dans la vertu, soit pour toute autre cause, on ne doit pas, pour ces motifs, retarder celles qui auraient pris l'habit avec ou après elle.

4. La Prieure peut et doit renvoyer d'elle-même une novice dont elle n'est pas satisfaite. Le con­cours du chapitre est nécessaire pour accepter, mais non pour refuser, et ce serait de la part de la Prieure une grande imprudence de hasarder, en la proposant, la réception d'un sujet auquel elle ne croirait pas les qualités requises.

5.  Avant de proposer la novice au chapitre, la Prieure obtient du Supérieur la permission de lui faire faire profession et, selon le décret du concile de Trente, elle la fait examiner par l'Évêque dio­césain ou par son délégué. Celui qui a fait l'exa­men en dresse un acte que l'on garde au coffre à trois clefs,

6.  Vers la fin de l'année de probation, la novice demande par trois fois la profession avec les céré­monies qu'on a indiquées pour la demande de la vêture,

7.  La première et la seconde fois, quand la Prieure a parlé sur le sujet de la demande, la pré­tendante se lève, fait une profonde inclination à la Prieure et sort du chapitre. A la troisième fois, si elle n'est pas reçue [et qu'on l'ait fait venir au cha­pitre], elle fait de même; si elle est admise, elle va remercier la Prieure et les Sœurs, comme on l'a dit pour la réception à la prise d'habit, et on ne dit pas les psaumes et les oraisons à la fin du chapitre.

8.  Lorsqu'on a tiré les voix, soit pour l'habit, soit pour la profession, la décision demeure inva­riable sans qu'il soit permis de tirer les voix une seconde fois, quoique l'on vît ensuite un change­ment d'opinion dans toute la Communauté ou dans la plus grande partie. Cela n'empêche pas que si, après la réception d'une novice, on reconnaît en elle une infirmité ou un défaut qu'on n'avait pas aperçu jusque-là, la Prieure ne puisse la renvoyer aussi librement que si elle n'avait pas été reçue.

9.  Si, après qu'une novice a été reçue au chapi­tre, le Supérieur découvre qu'elle ne convient pas à l'Ordre, il peut la refuser et la renvoyer, mais ni lui ni les Visiteurs n'ont le pouvoir de faire recevoir un sujet auquel les Religieuses ne croi­raient pas les qualités requises.

CHAPITRE V

Des cérémonies communes à la prise d'habit, à la profession et à l'imposition du voile.

1. Aux prises d'habit et de voile, on pare l'autel de blanc, à moins que ces cérémonies ne se fassent un dimanche, ou qu'une fête double, ou la Messe votive que l'on dit, n'exige une autré couleur. On prépare au milieu du chœur un tapis de grosse serge, et auprès de la grille, mais à l'écart, deux chandeliers pour y poser les cierges de la Prieure et de la novice lorsqu'elles devront les quitter; on allume sur l'autel du chœur quatre cierges de cire blanche, et on tient prêts le bénitier et l'aspersoir. Pendant toute la cérémonie, les rideaux et les châs­sis de la grille sont ouverts ainsi que les barreaux de bois; les volets des fenêtres le sont également, même pendant le sermon.

2. Pour la profession, on étend au milieu du chapitre le tapis de serge, on prépare l'aspersoir et le bénitier, et deux chandeliers pour y poser les cierges. On ne fait pas de sermon.

3. On emploie quatre chantres à ces trois céré­monies auxquelles toutes les Religieuses assistent, revêtues des manteaux et tenant des cierges allu­més; aux prises d'habit et de voile, elles portent de plus le grand voile baissé. Elles ne s'inclinent à aucune oraison, mais elles le font comme de cou­tume aux Pater et aux Gloria; elles ne sont tour­nées en chœur que pendant les hymnes, les psaumes, les antiennes et les répons, et lorsqu'elles sont assises ou profondément inclinées.

4.   Si plusieurs novices reçoivent l'habit ou le voile, ou font profession ensemble, ce qui est au singulier dans les oraisons se dit au pluriel, et le prêtre ou la Prieure réitère pour chaque novice les bénédictions et les signes de croix. La Prieure conduit une des novices, la Sous-Prieure la se­conde, et la plus ancienne Religieuse la troisième, mais c'est la Prieure qui les revêt toutes.

 

CHAPITRE VI

De la prise d'habit.

1.  Le jour de la vêture, la sacristine passe à la sacristie du dehors la robe et la cotte qui doivei servir à la novice, afin que le chapelain du monastère ou un autre ecclésiastique les bénisse dès le matin, de la bénédiction marquée au Manuel. Il faut remarquer que ce n'est pas seulement ce pre- mier habit du jour de la vêture qui doit être béni mais tous ceux que l'on donne aux Religieuses.

2. C'est une ancienne coutume de l'Ordre de faire sortir du monastère, avant la cérémonie, les postulantes qui doivent recevoir l'habit religieux afin que, portant encore celui du siècle et ayant leur entière liberté, elles puissent voir leurs parents et conférer avec eux. Toutefois, cette sortie ne doit durer que peu d'heures et ne pas s'étendre plus loin que le logement des tourières. La Prieure pourrait la supprimer si elle la jugeait préjudiciable ou que celle qui prend l'habit ne la désire pas.

3.  La vêture se fait l'après-midi ou le matin, le sermon peut se faire au commencement ou à la fin de la cérémonie. Quand elle a lieu le matin, la postulante entend publiquement la Messe dans l'église, sur un prie-Dieu couvert d'une draperiei et d'un coussin ; elle tient un cierge allumé, [mais elle peut pendant la Messe le poser auprès d'elle sur un chandelier]. Quand la cérémonie se fait l'après-midi, la Sœur entend les Vêpres de la même manière.

4. Après la Messe ou les Vêpres, et aussi après le sermon si on le fait alors, la postulante, tenant toujours son cierge, vient à la grande porte du cou­vent où toutes les Religieuses, après s'être réunies à l'avant-chœur, se rendent processionnellement pour la recevoir; la porte-croix a sur les mains un taffetas blanc brodé. Les Sœurs se rangent en deux chœurs tournés l'un vers l'autre, les plus jeunes plus loin de la porte de clôture. Celles qui tiennent la croix et les chandeliers se mettent encore plus loin, le visage tourné vers la porte.

5.  Quand la novice met le pied dans le monas­tère, la porte-croix, s'avançant avec ses deux com­pagnes, lui présente la croix; la Sœur se met à genoux et la baise ; puis la porte-croix revient se mettre à la tête de la procession pour aller au chœur. La Prieure vient au dernier rang, condui­sant la novice par la main; s'il y en avait une autre, la Sous-Prieure la conduirait et ferait l'avant-dernier rang.

6.  Au moment où l'on part en procession, les deux premières chantres commencent l'hymne 0 gloriosa Virginum, que les Sœurs poursuivent, la répétant, s'il en est besoin, jusqu'à ce que toutes soient placées au chœur.

7.  En entrant au chœur, les Sœurs qui portent les chandeliers passent chacune par la porte de son côté, précédant la croix dont elles se rappro­chent promptement.           

8.  La porte-croix et ses compagnes se placent au bout du tapis qui est au milieu du chœur; elles ne font aucune inclination, mais s'arrêtent l'espace d'un Gloria Patri; alors s'il y a une porte au bas du chœur, elles sortent pour aller déposer à l'avant- chœur la croix et les chandeliers, sinon elles se rangent au coin du chœur, entre les stalles et la grille, et ne sortent qu'à la fin de l'oraison Deus, qui excellentissimae. De toute façon elles reviennent au chœur, chacune par la porte de son côté, avec des cierges allumés, et se placent à leurs stalles.

9. Les autres Religieuses, en arrivant au chœur, font près du tapis la génuflexion au Saint-Sacrement, se mettent aux stalles, les anciennes plus près de la grille, et se tiennent debout, tournées en chœur. La Prieure ou toute autre qui conduit une novice, fait la génuflexion avec elle, l'accom­pagne jusqu'auprès de la grille où elle la fait mettre à genoux, et revient à sa stalle.

10. Si la novice ne sort pas du monastère, les Religieuses s'assemblent à l'avant-chœur et entrent processionnellement au chœur dans l'ordre qui vient d'être indiqué, en chantant l'hymne 0 gloriosa Virginum.

11. Quand la novice est à sa place, on cesse de chanter l'hymne, et les deux versiculaires chantenl au milieu du chœur le verset Orapro ea, sancta Dei Genitrix, auquel le chœur répond.

12. Le prêtre qui donne l'habit, revêtu du surplis et de l'étole, est assis près de la grille sur ui siège élevé; il est assisté d'un autre prêtre, revêtu seulement du surplis, assis sur un siège plus bas ce dernier doit avoir près de lui le bénitier et l'aspersoir pour le présenter à l'officiant. Celui-ci,; après le verset, se lève et dit l'oraison Deus qui exeellentissimae ; puis s'étant assis, il fait à voix haute et intelligible les interrogations marquées au Manuel; la novice y répond de même.

13. Aussitôt que le prêtre a dit : Exuat te Dominus, etc., la Prieure conduit la novice à l'avant- chœur ou dans une pièce voisine; là, toutes deux déposent leurs cierges sur des chandeliers; puis la Prieure, aidée de quelques Sœurs, ôte à la novice ses vêtements séculiers, et lui met la robe, la cotte, la toque, le petit voile et les alpargates.

14. Pendant ce temps, le prêtre bénit le man­teau, le scapulaire, la ceinture et le grand voile, qui sont sur un petit banc près de la grille.

15. Les chœurs se tiennent debout, tournés vers la grille, pendant cette bénédiction; ensuite [on commence le psaume In exitu Israël et] l'on s'assied jusqu'au retour de la Prieure. Lorsque celle-ci a revêtu la novice et que toutes deux ont repris leurs cierges, elle la ramène au chœur et lui fait reprendre sa première place, à genoux près de la grille. Les Sœurs font une demi-in­clination à la Prieure lorsqu'elle passe devant elles.

16. Le prêtre dit les versets et les oraisons du Manuel, auxquels les Sœurs répondent, tournées vers le Saint-Sacrement. Après toutes les oraisons, il dit à la novice : Induat te Dominus, etc., et à ces paroles : In nomine Patris, il fait le signe de la croix sur elle. Alors la novice quitte son cierge ; la Prieure, ayant aussi laissé le sien, la revêt successivement de la ceinture, du scapulaire et du manteau, présentant d'abord chacune de ces parties de l'habit au prêtre, qui fait le signe de la croix sur la novice en donnant les bénédictions marquées au Manuel.

17. La novice, revêtue des vêtements religieux reprend son cierge et se tient à genoux, la tête baissée ; le prêtre lui jette de l'eau bénite, étend la main sur elle et dit l'oraison Adesto Domine; pen­dant ce temps, la Prieure se retire à sa place et reprend son cierge. Après l'oraison, le prêtre se met à genoux au même endroit, mais tourné vers le Saint-Sacrement, et commence l'hymne Veni, Creator Spiritus. Les Religieuses la continuent à deux chœurs; elles sont à genoux vers le Saint- Sacrement pour la première strophe, et debout, tournées en chœur, pour les autres.

18. Après la première strophe, la Prieure vient chercher la novice, la conduit au milieu du chœur, la fait prosterner sur le tapis les bras en croix et retourne à sa place. Avant que la novice se prosterne, la Sœur la plus voisine de la place de la Prieure s'avance pour lui prendre son cierge, et ne le lui rend qu'à la fin de la cérémonie.

19. Après l'hymne, les deux chantres du côté de la Prieure disent le premier Kyrie eleison et les chœurs poursuivent alternativement les deux au­tres. Le prêtre commence le Pater noster pendant lequel les Sœurs s'inclinent profondément, puis il dit les versets et oraisons auxquels les Religieuses répondent, tournées vers le Saint-Sacrement.

20. Les oraisons étant achevées, la Sous-Prieure, portant le bénitier et l'aspersoir, se rend près de la novice en même temps que la Prieure; celle-ci jette en silence de l'eau bénite sur la Sœur pros­ternée, puis elle la fait lever en touchant légère­ment ses habits, et la conduit devant l'autel du chœur; la novice s'y rend les mains jointes, baise à genoux le milieu de l'autel, et ensuite la main de la Prieure.

21. Après cela, les deux chantres du premier chœur entonnent le psaume Ecce quam bonum; elles disent la moitié du premier verset que les deux chœurs, tournés l'un vers l'autre, achèvent ensemble. Les autres versets du psaume sont dits par les quatre chantres, alternativement avec le verset Ecce quam bonum, que toutes les Sœurs répètent ensemble. On reprend les versets du psaume autant de fois qu'il en est besoin, et on ne dit le Gloria Patri qu'à la fin.

22. Au commencement du psaume, la novice, conduite par la Prieure, va embrasser la Sous- Prieure, puis toutes les Sœurs, en se recomman­dant à leurs prières. Les Sœurs l'embrassent à leur tour sans parler. S'il y a deux novices, la Prieure et la Sous-Prieure les mènent embrasser les Sœurs, en commençant chacune par la première de son chœur.

      23. La Prieure revient à sa stalle près de la grille, et fait placer auprès d'elle la novice à la­quelle on rend son cierge. Les deux chantres du premier chœur commencent le chant du psaume Deus misereatur nostri; les Sœurs le poursuivent en s'en allant deux à deux à l'avant-chœur à la manière accoutumée, mais on n'y ajoute ni verset ni oraison.

24. [On dresse un acte de la prise d'habit; il est signé de la novice, de la Prieure et du Supérieur.]

25. Si l'on est contraint de donner l'habit en secret à une postulante, on tient fermée la porte de l'église, et un seul prêtre de confiance fait la cérémonie. Si une nécessité absolue oblige de le donner plus secrètement encore et dans le monas­tère, la Prieure fait la cérémonie au chapitre, disant elle-même les bénédictions que le prêtre aurait dites, excepté celles des habits qui doivent nécessairement avoir été tous bénits à l'avance par un ecclésiastique, et la Sous-Prieure fait ce que la Prieure aurait fait au chœur. Cela ne doit se faire que très rarement, en cas de nécessité absolue, et avec la permission expresse des Supérieurs.

26. Si une postulante, tombée gravement ma­lade et étant en danger de mort, désirait mourir avec l'habit de l'Ordre, la Prieure pourrait, pour sa consolation, le lui donner dans son lit, en présence de toute la Communauté, avec les prières ordinaires, omettant toutefois ce que la malade ne saurait faire. Mais si la malade revient à la vie, sa vêture sera regardée comme nulle, et lorsque le temps de lui donner solennellement l'habit sera arrivé, le chapitre délibérera sur sa réception comme si elle n'avait jamais porté l'habit de l'Ordre; si elle est reçue, le prêtre lui donnera l'habit avec les cérémonies ordinaires.

 

CHAPITRE VII

De la profession.

1.  Pour la profession, on pare solennellement l'autel du chapitre; la sacristine y fait exposer les reliques du monastère, et on l'orne de quatre chandeliers avec leurs cierges. On met sur un petit banc, auprès du marchepied de l'autel, du côté de la Prieure, la ceinture, le scapulaire et le manteau de la novice, et sur le marchepied même, du côté de la Sous-Prieure, le bénitier et l'aspersoir. La chaise de la Prieure est à sa place ordi­naire, et l'on met auprès deux chandeliers sans cierges pour y poser ceux de la Prieure et de la novice lorsqu'elles devront les quitter.

2.  La novice écrit à l'avance et signe de sa main la formule de ses vœux, et elle marque au revers du papier le jour, le mois et l'an de sa pro­fession. Si la novice ne sait pas écrire, on écrit pour elle et elle signe au moins d'une croix. Elle porte ce papier sur elle en allant au chapitre.

      3. La profession se fait toujours le matin. On y appelle les Sœurs par le son de la cloche; toutes s'assemblent au chœur revêtues de leurs manteaux, et se rangent à genoux aux stalles, tenant un cierge allumé à la main. Au signe de la Prieure, les chantres à genoux entonnent l'hymne 0 glo- riosa Virginum, puis tout le chœur se lève : après avoir fait la génuflexion, les Sœurs se rendent processionnellement au chapitre en continuant l'hymne et en la reprenant, s'il est nécessaire. La Prieure vient au dernier rang avec la novice qui n'a ni ceinture, ni scapulaire, ni manteau, et tient à la main un cierge plus gros qu celui des autres Sœurs.

4. Les Religieuses font deux à deux, au milieu du chapitre, une profonde inclination à l'autel, et se divisent en deux chœurs tournés l'un vers l'autre, les anciennes plus près de l'autel. La novice se met à genoux au coin du marchepied, et la Prieure va à la première place de son chœur Après l'hymne, les deux versiculaires disent au milieu du chapitre le verset Ora pro ea, le chœur répond, et la Prieure dit de sa place l'oraison Deus qui excellentissimae; ensuite elle s'assied, après avoir donné son cierge à la Sœur la plus ancienne de son côté, qui le met sur le chandelier; la novice quitte également son cierge et se met à genoux devant elle; les Sœurs se mettent à genoux vers l'autel et demeurent ainsi jusqu'au Te Deum. Alors la Prieure fait à la novice les interrogations et l'exhortation, comme il est marqué au Manuel.

5. Après la dernière interrogation, la novice s'approche de la Prieure, tenant ouvert entre ses mains jointes le papier sur lequel sont écrits ses vœux; elle met ses mains dans celles de la Prieure et prononce trois fois, à voix haute et intelligible la formule de la profession :

« Je, Sœur N..., fais ma Profession et promets Chasteté, Pauvreté et Obéissance à Dieu Notre Seigneur et à la Bienheureuse Vierge Marie sous l'autorité de Monseigneur l'Archevêque (ou l'Évêque) et de nos légitimes Supérieurs, selon qu'ils sont établis sur notre Ordre, conformément aux Brefs de nos Saints Pères les Papes, et fais cette Profession selon la Règle primitive de l'Ordre dit du Mont-Carmel, qui est sans mitigation, et ce, jusqu'à la mort. »

6. La Prieure dit ensuite : Immola Deo sacrificium laudis; les Religieuses ajoutent en s'adres- sant à la professe : Et redde Altissimo vota tua. Alors la nouvelle professe, mettant entre les mains de la Prieure la formule de ses vœux, dit : Vota mea Domino reddam, etc. S'il y a plus d'une novice à faire profession, la Prieure, après que la première novice a dit Vota mea, répète les in­terrogations et le reste à chacune des autres, et, lorsque toutes ont achevé, elle se lève, joint les mains et dit : Deus qui te (ou vos) incepit in nobis, etc., et les autres oraisons pour bénir la nouvelle professe ou les bénir toutes d'une seule bénédiction.

7. Ces oraisons finies, la Sous-Prieure revêt la novice toujours à genoux de la ceinture, du scapulaire et du manteau. La Prieure touche chaque pièce en disant les prières et bénédictions, aux­quelles le chœur répond Amen.

8. S'il y a plusieurs professes, on les revêt suc­cessivement avec les mêmes prières, et ensuite les anciennes leur remettent leurs cierges; alors la Sous-Prieure présente l'aspersoir à la Prieure avec les baisers ordinaires de la main. La Prieure asperge la professe ou toutes les professes en­semble en forme de croix, c'est-à-dire une fois au milieu, puis à sa gauche, enfin à sa droite; en­suite elle rend l'aspersoir à la Sous-Prieure et dit l'oraison Dominus Jesus Christus, après laquelle elle reçoit de nouveau l'aspersoir et jette une seconde fois de l'eau bénite en forme de croix, en disant ln nomine Patris; mais cette fois elle donne de l'eau bénite à chacune séparément, tout en ne disant qu'une seule fois les paroles. Ensuite, ayant rendu l'aspersoir, elle commence à haute voix le Te Deum; toutes les Sœurs se lèvent, se tournent en chœur et poursuivent l'hymne alternativement; la Prieure reprend son cierge, mais la novice re­met le sien à la Sœur la plus ancienne, puis elle est conduite par la Sous-Prieure au milieu du chapitre, où elle se prosterne sur le tapis les bras en croix; elle reste ainsi jusqu'à la fin des oraisons qui suivent le Te Deum. S'il y avait plusieurs novices, les Sœurs anciennes les conduiraient et elles se prosterneraient les unes auprès des autres.

9.  Pendant le Te Deum, on sonne la grosse cloche.

10. Après le Te Deum, les chantres [du côté de la Prieure] disent le premier Kyrie eleison; les chœurs disent alternativement les deux autres, puis la Prieure dit Pater nosler avec les versets et les oraisons marqués au Manuel ; ensuite elle s'ap­proche du tapis, reçoit l'aspersoir de la Sous-Prieure qui le lui présente mouillé sans porter le bénitier, et jette une troisième fois de l'eau bénite sur la pro­fesse; après quoi la Sous-Prieure fait lever celle-ci, la conduit baiser à genoux le milieu de l'autel, puis, également à genoux, la main de la Prieure. De là, elle la mène embrasser toutes les Sœurs, en com­mençant par les plus anciennes du côté de la Prieure ; en les embrassant, la professe les supplie de prier Dieu pour elle. Pendant cette cérémonie, on chante le psaume Ecce quam bonum, comme au jour de la vêture; ensuite on rend le cierge à la nouvelle professe, et quand le psaume est terminé, on sort du chapitre sans cérémonie.

11. On écrit au livre conventuel qui se garde au coffre à trois clefs, l'acte de profession dans lequel on transcrit toute la formule des vœux, ajoutant le jour, le mois et l'an auxquels ils ont été prononcés, ainsi que le nom, l'âge, le pays de la professe et le nom de ses parents. Celle-ci doit signer cet acte ainsi que la Prieure, la Sous-Prieure et les deux dépositaires. Si elle ne sait pas signer, elle fait une croix, une des dépositaires signe pour elle et écrit au-dessous de la croix : « Je, Sœur N..., à la re­quête de ma susdite Sœur N... qui ne sait pas écrire, j'ai signé pour elle cette profession comme députée à cet effet de Notre Révérende Mère Prieure, en foi de quoi, j'ai soussigné de ma main ; » puis elle met son nom.

12. Si, malgré toutes les précautions que l'on a dû prendre avant la profession, on avait, après qu'elle est faite, une connaissance certaine ou du moins un doute sérieux que la professe n'avait pas l'âge requis pour que la profession fût valable, la professe serait obligée de la renouveler. Cette ré­novation se ferait en présence de la Communauté, sans autre cérémonie que la prononciation des vœux. On écrirait au livre des professions ce nouvel acte, ses causes et les nouvelles preuves de l'âge qu'on avait ignoré.

13. Si une novice tombait malade à la mort dans l'année de sa probation et qu'elle demandât avec grande instance de faire une sorte de profession avant de mourir, on pourrait lui accorder la grâce de faire conditionnellement des vœux simples. Ces vœux n'engagent pas l'Ordre ; aussi, dans le cas où la novice guérirait et où on la jugerait incapa­ble de vivre en Religion et d'observer les règles, l'Ordre pourrait la renvoyer aussi librement que si elle n'avait pas prononcé de vœux, et elle-même en resterait dégagée. Si, au contraire, on lui trouvait les conditions requises, on la proposerait au cha­pitre et on lui ferait faire solennellement profes­sion dans le temps et la forme prescrits, afin de rendre son engagement certain et définitif.

 

CHAPITRE VIII

De l'imposition du voile.

1. On ne donne le voile aux nouvelles professes que le matin. Si l'office est double, on célèbre la Messe du jour; s'il est semi-double, on chante la Messe du Saint-Esprit ou celle de la sainte Vierge, ou une autre selon la dévotion de celle qui prend le voile. Le célébrant ajoute aux oraisons de la Messe celles qui sont marquées au Manuel pour la nou­velle professe. Pendant la Messe, on met le voile sur l'autel, dans un bassin d'argent.

2.  Le sermon se fait à la fin de la Messe ou de la cérémonie.

3.  Toutes les Sœurs s'assemblent à l'avant-chœur et entrent au chœur dans le même ordre qu'à la vêture, en chantant l'hymne Veni, Creator Spiritùs. Après l'hymne, le prêtre qui doit célébrer la Messe dit les versets et l'oraison marqués au Ma­nuel, puis on chante solennellement la Messe.

4. La nouvelle professe communie à la Messe qu'elle entend à genoux devant la grande grille, le visage découvert; elle tient à la main un cierge allumé, [ou le pose près d'elle sur un chandelier]. Pendant la Messe, on tire un grand rideau derrière elle pour que les autres Religieuses ne soient pas vues.

5. Après la Messe, les Religieuses se tiennent de­bout à leurs stalles, tournées vers le Saint-Sacre­ment, les grands voiles baissés, et la Prieure ouvre le rideau. [Si l'on fait alors le sermon, elles l'en­tendent au milieu du chœur comme de coutume, et se remettent ensuite aux stalles.]

6.  Le prêtre, revêtu d'une chape, bénit le voile au côté de l'épître en la forme prescrite au Manuel.

7.  Aussitôt après, les chantres du côté de la Prieure commencent, à leurs stalles, le répons Amo Christum que les Sœurs poursuivent, tournées en chœur. Pendant le répons, le célébrant s'approche de la grande grille, accompagné du diacre qui porte le bassin avec le voile.

8.  Après le répons, le prêtre se tourne vers la pro­fesse et entonne l'antienne Veni, sponsa Christi, que les Religieuses poursuivent. Les chantres du premier chœur commencent ensuite le psaume Exaudiat que les deux chœurs chantent alternati­vement, puis le prêtre reprend l'antienne Veni, sponsa Christi que le chœur achève, après quoi le prêtre dit sur la nouvelle professe : Dominus sit tibi adjutor, etc. En même temps, les Sœurs se retournent vers le Saint-Sacrement.

9.  La Prieure mène celle qui prend le voile vers le milieu du chœur, à quatre ou cinq pas de la grille, pour qu'elle chante debout l'antienne Suscipe me, Domine; puis la Prieure quitte son cierge [ainsi que la professe], et conduit celle-ci à la grille de communion, où le prêtre se rend en même temps avec le diacre portant le bassin et le voile. La Sœur étant à genoux et la tête inclinée, le prêtre lui met le voile sur la tête, en sorte qu'il lui couvre la face, en disant : Accipe velum, etc. La Prieure attache le petit voile et dispose le grand voile par-dessus. Le prêtre retourne ensuite à la grande grille, et la Prieure, ayant repris son cierge [ainsi que la pro­fesse], conduit cette dernière au milieu du chœur, à quatre ou cinq pas de la grille où elle chante de­bout : Posuit signum in faciem meam. Les Reli­gieuses poursuivent sur le même ton : Ut nullum, etc., et pendant ce temps la Prieure la reconduit auprès de la grande grille où elle se met à genoux; le prêtre dit sur elle les prières et bénédictions marquées au Manuel, et lui donne sa propre béné­diction par ces paroles : Benedictio Dei omnipotentis, etc.

10. A ce moment, le prêtre, se tournant vers le Saint-Sacrement, entonne le Te Deum, que les chœurs poursuivent tournés l'un vers l'autre. En même temps, la professe remet son cierge à la Sœur qui se présente pour le recevoir, comme on l'a dit à la prise d'habit, et, conduite par la Prieure, elle va se prosterner les bras en croix sur le tapis de serge. La Prieure retourne à sa place.

11. A la fin du Te Deum, les deux chantres du premier chœur chantent le premier Kyrie eleison, les chœurs reprennent alternativement les deux autres, puis le prêtre dit les versets et les oraisons auxquels les chœurs répondent, tournés vers le Saint-Sacrement. Les oraisons finies, la Prieure [quitte son cierge,] s'approche du tapis vers la tête de la Sœur prosternée, reçoit l'aspersoir de la Sous. Prieure et asperge la professe, puis, touchant légè­rement ses habits, elle la fait lever et la conduit à l'autel ; la Sœur, à genoux, les mains jointes, le baise ainsi que la main de la Prieure ; celle-ci re­vient à sa stalle conduisant la professe voilée, et la fait mettre auprès d'elle; toutes deux reprennent alors leurs cierges, et les Religieuses sortent du chœur en chantant le psaume Deus misereatur nostri, sans ajouter aucun verset ni oraison à la fin. Si le père et la mère de la professe, ou l'un d'entre eux, sont dans l'église, la Prieure, avant de quitter le chœur, la mène à la grille pour recevoir leur bénédiction.

12. [On dresse un acte de la prise de voile ; il est signé de la novice, de la Prieure et du Supérieur.]

 

CHAPITRE IX  

Des fondatrices.

1. « L'esprit de retraite dont cet Ordre fait profession a établi l'usage d'être difficile à admettre beaucoup de fondatrices dans les monastères, et ne paraît point que sainte Thérèse en ait reçu plus d'une dans ceux qu'elle a fondés, et lorsque les nécessités du monastère obligent à en recevoir plus d'une, et qu'on ne peut se dispenser de faire autrement, il faut prendre garde avec grand soin que ce soit sans intéresser la paix du couvent, la régularité et le recueillement de la retraite.

2. « L'usage a toujours été de n'admettre point de fondatrices dont la vie ne fût exemplaire dans le monde; les Mères espagnoles ont été très sévères sur ce point et ont déclaré qu'on n'en devait jamais recevoir qui ne fussent personnes de vertu et de piété et dont la renommée n'eût point de tache. » (Lettre du P. Gibieuf à nos monastères, 8 août 1846)

3. Il faut, pour la réception d'une fondatrice, la permission des Supérieurs et le consentement du chapitre. Avant de prendre les voix, la Prieure doit faire connaître, d'une manière générale, les services que la fondatrice offre de rendre à la Com­munauté, et les privilèges que celle-ci lui accorde­rait en retour (anciens manuscrits).

4. Les premiers Supérieurs ont donné, pour l'admission des fondatrices, des avis sur lesquels se règlent toujours les monastères. Il faut cepen­dant observer que, de nos jours, on ne pourrait que très rarement s'arrêter à la somme de vingt mille francs indiquée autrefois; c'était alors l'équi­valent de trois ou quatre dots ordinaires, et c'est à cette dernière indication qu'il faut s'en tenir; elle peut s'appliquer à tous les temps, le chiffre des dots se modifiant en même temps et dans les mêmes proportions que la valeur de l'argent,

5. Les abbesses et les religieuses des autres Or­dres ne doivent pas être reçues comme fondatrices, ni jouir des privilèges de celles-ci, lors même qu'elles en auraient la permission de Rome. Notre Mère sainte Thérèse ayant défendu de les recevoir comme Religieuses, on ne saurait les admettre en une autre qualité, car cela porterait le même pré­judice, et ce serait agir contre l'intention de la sainte en supprimant une règle posée par elle.

6.  Les fondatrices, suivant l'usage de France approuvé, peuvent entrer et coucher dans le mo­nastère qu'elles ont fondé, mais elles ne peuvent faire entrer personne avec elles; leur droit est per­sonnel, elles ne peuvent le céder ni s'en démettre en faveur d'une autre; de même il n'est pas héré­ditaire et s'éteint avec la personne qui l'a acquis.

7. On ne doit pas ouvrir la porte aux fondatrices ni les reconnaître pour telles, tant que leur contrat n'a pas été passé en bonne forme et ratifié parles Supérieurs.

8.  Quoique les fondatrices qui demeurent dans le monastère ne soient pas religieuses, elles ne doi­vent parler à aucune des Sœurs sans la permission de la Prieure; de plus, celles qui entrent et qui sortent ne doivent parler aux Sœurs qu'en présence d'une tierce ; la Prieure peut excepter de cette règle générale une Sœur, ou deux tout au plus; elle choisit elle-même celles dont la communication pourrait être utile à la fondatrice.

9. Les fondatrices mariées ne doivent jamais se revêtir de l'habit religieux, ne fût-ce que pour une heure; mais les veuves peuvent le porter.

CHAPITRE X

De l'agrégation des tourières.

1. Ce n'est pas la coutume de l'Ordre de s'enga­ger à garder les tourières du dehors toute leur vie, et l'on ne doit pas prendre ces engagements qui peuvent être nuisibles aux monastères. Pourtant, comme ceux-ci ne doivent pas manquer de charité envers ceux qui les servent, on peut, pour une rai­son très importante et par l'avis du Supérieur, agréger une tourière. [Il faut remarquer aussi que, de nos jours et dans certaines provinces, il serait presque impossible d'avoir des tourières de confiance sans les agréger, ce qu'on ne doit faire cependant qu'avec grande prudence.] On prend pour l'agrégation des tourières les voix des Reli­gieuses comme pour la profession d'une novice, et l'on écrit sur le livre des professions l'acte de ré­ception en cette forme :

2. « Au jour..... du mois..... de l'an.... le cha­pitre ayant premièrement mis en délibération et donné les voix à la Sœur N. N. pour demeurer tourière au dehors de ce monastère, la dite Sœur N. s'est obligée et donnée pour tout le temps de sa vie au service du monastère en ladite qualité de tourière sans gages, et le couvent s'est obligé à elle de la pourvoir de vivres, vêtements, logis et de tout ce qu'elle pourra avoir besoin, saine et malade, si elle ne manquait d'être sage, fidèle et obéissante à la Religion. »

3.  Cet acte sera signé par la tourière, la Prieure, la Sous-Prieure et la dépositaire.

 

 

 

 

LIVRE DIXIEME

DE LA COMMUNION DES MALADES, DE L'EXTRÊME-ONCTION ET DES FUNÉRAILLES

 

CHAPITRE PREMIER

De la communion des malades.

1. Les cérémonies à observer pour la commu­nion en dévotion et pour la communion en viatique étant à peu près semblables, on en parlera dans ce chapitre sans les distinguer.

2. Les Prieures doivent être soigneuses de pro­curer la sainte communion aux malades. Si les Sœurs sont longtemps retenues au lit sans pou­voir aller à la grille, on leur fait porter la sainte communion tous les quinze jours ou trois semaines ; [on peut cependant, avec la permission du Supé­rieur, les faire communier plus souvent;] les ma­lades elles-mêmes doivent demander cette grâce avec humilité et soumission.

3. Il faut surtout veiller très attentivement pour l'administration du saint viatique, dans la crainte d'être surpris et de laisser une Sœur partir de ce monde sans le recevoir; il faut cependant attendre le moment convenable, c'est-à-dire lorsqu'il semble que la malade est vraiment proche de sa fin, et qu'elle pourrait difficilement recevoir la sainte Eucharistie si l'on différait davantage. Si, après avoir reçu le saint viatique, la malade survit dans le même danger de mort prochaine et qu'elle désire communier de nouveau, la Prieure ne manquera pas de satisfaire à son désir, pourvu qu'il y ait sept ou huit jours d'intervalle. [Aux approches de la mort, on peut toutefois obtenir facilement la permission de faire recevoir le saint viatique à des intervalles plus rapprochés.] Il ne faut cependant pas pré­senter la sainte Eucharistie à des malades qui au­raient actuellement le délire ou des divagations, ou qui seraient exposées par les vomissements à rejeter la sainte Hostie.

4. Lorsqu'on doit apporter la sainte communion à une malade, l'infirmière a soin que la chambre soit propre et en bon ordre.

5.  Elle prépare ou fait préparer par la sacristine, dans l'endroit le plus convenable, un petit autel orné d'un parement et d'une des nappes de l'église, pendant à terre sur les côtés; elle y place un cru­cifix entre deux chandeliers garnis de cierges, une bourse blanche avec un corporal et un purifica­toire; on parsème l'autel de fleurs et l'on brûle quelque parfum qui ne puisse nuire à la malade. Auprès de cet autel, on place une petite table cou­verte d'une nappe ou grande serviette très blanche, et l'on y pose un bassin avec des burettes conte­nant de l'eau et du vin, ou simplement un petit vase avec de l'eau, pour purifier les doigts du prê­tre, un Manuel à son usage, enfin le bénitieret l'aspersoir. On couvre d'un grand linge blanc le lit de la malade, et au moment où elle communie, la sa­cristine [ou l'infirmière] lui met sur la poitrine une des nappes qui servent à l'église pour la commu­nion.

6.  On parsème de fleurs et de verdure, autant que la saison le permet, tous les lieux par lesquels doit passer le Saint-Sacrement.

7. L'infirmière déploie de bonne heure le cor­poral avec des gants de toile, allume les cierges, et tient tout le reste prêt pour le moment de la com­munion.

8.  La sacristine prépare au chœur le voile huméral, la clochette et les cierges pour les religieuses.

9. On tinte deux fois douze coups de la petite cloche pour appeler les Religieuses. Toutes les Sœurs [ou seulement celles que la Prieure a dési­gnées s'il y a quelque motif de ne pas réunir toute la Communauté] s'assemblent promptement au chœur, revêtues de leurs manteaux et de leurs grands voiles, et portant leurs Manuels. Elles se mettent à genoux aux stalles, divisées en deux chœurs, les anciennes plus près de la grille. La sacristine leur distribue de petits cierges ou bou­gies dont la fumée ne puisse pas gêner la malade; elle ouvre ensuite la grille de communion. En même temps, trois ou quatre Religieuses se ren­dent à la porte de clôture pour recevoir le prêtre.

10. Pendant que les Religieuses s'assemblent, un clerc allume à l'église deux cierges de l'autel et celui qui sert ordinairement à la communion ; puis un ecclésiastique, revêtu du surplis et de l'étole, va à l'autel, accompagné du clerc qui porte la bourse. Il déplie le corporal, prend une ou deux hosties de plus qu'il n'y a de malades, les met dans le petit ciboire, se purifie les doigts, et attend le moment de le porter à la grille de communion. Pendant qu'il fait ces préparatifs, un autre ecclé­siastique, revêtu aussi du surplis et de l'étole, se rend à la porte de clôture, accompagné, s'il se peut, d'un troisième ecclésiastique en surplis, sinon d'un clerc qui porte le voile huméral, s'il n'a été déjà préparé au chœur.

11. Après que le prêtre est arrivé au chœur et a fait un instant de prière, celui qui le sert lui met le voile huméral; s'il n'y a pas de clerc ou de diacre, le prêtre le met lui-même ; alors l'ecclésias­tique qui est au dehors lui apporte le Saint-Sacre­ment, précédé du clerc portant un cierge allumé, puis revient à l'autel, replie le corporal et retourne à la sacristie. Le clerc peut éteindre alors les cierges de l'autel.

12. Le prêtre, ayant reçu le ciboire, le couvre ou le fait couvrir par le clerc des bouts du voile huméral, puis il se lève et commence le psaume Miserere mei, Deus. Lorsqu'il se lève, les Sœurs baisent la terre ; [elles peuvent cependant l'omettre, à cause de la difficulté de le faire avec les cierges et les grands voiles, et puisqu'elles ne quittent le chœur que pour accompagner le Saint-Sacrement]; elles se lèvent, tenant leurs cierges à la main, et, continuant le psaume, elles sortent du chœur deux à deux, sans faire la génuflexion, excepté si elles sortent par la porte proche de la grille. Une sœur marche la première, tintant de trois en trois versets du psaume une petite sonnette d'argent, s'il yen a ; le prêtre marche le dernier, précédé du clerc, qui encense continuellement le Saint Sacrement en marchant de côté et rasant la terre avec l'encen­soir. Si l'on ne peut avoir un ecclésiastique ou un clerc, on ne se sert pas d'encensoir, mais la sacris­tine porte quelque parfum fumant.

13. On recommence le psaume une ou deux fois, s'il en est besoin.

14. Arrivées à l'infirmerie, les Sœurs s'agenouil­lent par ordre, les plus jeunes plus loin de la ma­lade; si la pièce était petite, quelques anciennes seulement y entreraient, ayant toujours soin de laisser le passage libre au prêtre. Celui-ci, en en­trant dans la chambre de la malade, dit : Pax huic domui, et les Religieuses répondent : Et omnibus habitantibus in ea, puis il pose le Saint-Sacrement sur le corporal étendu sur l'autel, et l'adore à genoux sans ouvrir le ciboire. Il asperge d'eau bénite la malade et ensuite toutes les Religieuses, en disant Asperges me, Domine, puis il retourne devant le Saint-Sacrement, fait la génuflexion, et, se tournant vers la malade, dit les prières du Ma­nuel auxquelles les Sœurs répondent. Ces prières finies, il fait une seconde génuflexion et s'approche de la malade pour savoir si elle désire se réconcilier ; si elle le désire, le prêtre l'entend et l'absout, sinon il lui fait seulement dire le Confiteor, et si elle ne le peut, les Sœurs le récitent pour elle; il dit en­suite Misereatur et Indulgentiam, et lui fait faire la profession de foi par la récitation du Credo; si elle ne peut le réciter seule, les Sœurs le disent avec elle jusqu'à la fin. Après cela, le prêtre ouvre le saint ciboire et observe ce qui est prescrit pour l'administration du saint viatique.

15. Après avoir donné la sainte communion, il se purifie les doigts et l'on fait prendre cette ablu­tion à la malade, ou bien on la jette dans la piscine ou dans le feu; il dit ensuite ce qui est marqué au Manuel.

16. Le prêtre, après avoir dit quelques mots de consolation à la malade, l'exhorte, s'il le juge à pro­pos, à demander l'Extrême-Onction, puis il com­mence le psaume Laudate Dominum de cœlis, et reporte au chœur le très Saint Sacrement. Les Sœurs le précèdent en continuant le psaume; elles tiennent toujours leurs cierges allumés, gardent le même ordre qu'en venant à l'infirmerie, et s'age­nouillent aux stalles comme avant de sortir du chœur. Arrivé à la grille, le prêtre dit le verset Panem de cœlo praestitisti eis, et le reste marqué au Manuel, et les Religieuses lui répondent; il leur donne en silence la bénédiction avec le saint ciboire, puis il le remet par la fenêtre de la communion entre les mains de l'ecclésiastique qui le lui a apporté. Alors trois ou quatre Religieuses le reconduisent à la porte du monastère. L'ecclésiastique qui est au dehors doit avoir déplié le corporal, et fait rallumer les cierges de l'autel, avant de reprendre le ciboire qu'il remet avec les hosties dans le tabernacle.

17. [S'il n'y a qu'un ecclésiastique, l'usage le plus suivi et le meilleur est que le prêtre pose le saint ciboire sur la table de la grille de communion, ou mieux encore sur un petit autel couvert d'une nappe, d'un corporal, etgarni de deux cierges allu­més. On place cet autel au dedans de la grille, de manière à ce que le prêtre puisse fermer la petite fenêtre de communion après avoir posé le saint ciboire sur cet autel; il se rend ensuite à la porte de clôture avec le clerc qui l'accompagne. Celui-ci porte le voile huméral, et le lui met avant qu'il prenne le saint ciboire pour aller à l'infirmerie. Au retour, le prêtre place de nouveau le saint ciboire sur le petit autel, puis il retourne au dehors pour le reprendre et le remettre dans le tabernacle.]

18. Si l'on est pressé de donner le saint viatique la nuit et qu'on ne puisse avoir qu'un prêtre, celui-ci [peut suivre l'ordre qu'on vient d'indiquer ou, si le temps manque], il se rend avec le Saint-Sacrement à la porte du monastère, accompagné au moins d'une personne tenant un cierge allumé; les Religieuses vont le recevoir à l'entrée du monastère, et le con­duisent processionnellement à l'infirmerie dans l'ordre indiqué plus haut. Lorsqu'on est ainsi con­traint de donner le viatique pendant la nuit, la Prieure peut nommer un certain nombre de Soeurs pour assister à cette cérémonie, sans interrompre le repos de toute la Communauté.

CHAPITRE II

De l'Extrême-Onction et de l'assistance qu'on doit aux malades.

1. L'Extrême-Onction ne doit être donnée aux malades que lorsqu'elles sont en danger de mort; il ne faut pas toutefois attendre si tard qu'elles aient perdu connaissance; on doit faire son possi­ble pour leur faire recevoir ce sacrement lors­qu'elles ont encore l'esprit libre et peuvent en re­tirer une grâce plus abondante. On doit aussi donner l'Extrême-Onction à celles qui défaillent par leur grande vieillesse au point que l'on puisse craindre la mort, car alors la vieillesse devient une maladie. On ne doit pas omettre de donner ce sacre­ment aux malades parce qu'elles ne parlent plus ou n'ont pas l'usage de la raison; il suffit qu'il y ait encore de la vie pour qu'on doive le leur faire recevoir.

2. Lorsqu'on doit administrer l'Extrême-Onction, on prépare l'infirmerie comme pour la sainte com­munion, et de plus, on met le cierge bénit sur l'autel, au côté droit de la croix. On met aussi sur un petit banc, près de l'autel, six petites boules de coton dans un plat et un morceau de mie de pain dans un autre, une aiguière pleine d'eau avec un bassin pour laver les mains du prêtre, et une serviette pour les essuyer.

3. La Sous-Prieure fait sonner la cloche pour assembler la Communauté au chœur; si pourtant on doit donner l'Extrême-Onction pendant la nuit, on se sert de la matraque pour éveiller les Sœurs, ou bien on n'en réveille que quelques-unes, si la Prieure le trouve mieux.

4. Les Religieuses s'assemblent au chœur avec leurs manteaux, leurs grands voiles et le Manuel, dans lequel elles ont soin de marquer et de prévoir ce qu'elles auront à dire; elles se mettent à genoux aux stalles, les anciennes plus près de la grille, pendant ce temps, le prêtre, revêtu du surplis et de l'étole violette, vient à la porte de clôture avec son assistant ; trois ou quatre Religieuses vont le recevoir et le conduisent au chœur.

5. Lorsqu'il entre, toutes se lèvent, lui font une inclination et se remettent aussitôt à genoux; il s'approche de la petite grille pour recevoir d'un autre prêtre, resté dans l'église, le vase des saintes huiles couvert d'un voile violet, [s'il est seul, il a dû mettre le vase à l'avance sur la petite fenêtre de communion]. On donne le signe et toutes les Sœurs baisent la terre; [on peut toutefois s'en exempter pour le bon ordre, à cause des grands voiles et du départ de la procession]. Le prêtre commence les psaumes Beatus qui intelligit et Voce mea ad Dominurn clamavi, indiqués au Manuel ; les Sœurs les poursuivent alternativement pendant le chemin et les répètent s'il en est besoin. On se rend à l'infirmerie dans cet ordre :

6. Une Sœur, portant le bénitier et l'aspersoir, marche la première; ensuite vient la porte-croix entre les deux Sœurs qui tiennent les chandeliers: la croix que l'on porte alors doit être petite, afin qu'on puisse la présenter à la malade et la lui faire baiser. Le prêtre, portant les saintes huiles, marche après la croix ; toutes les Religieuses le suivent deux à deux, les plus jeunes les premières. Elles ne font pas la génuflexion au Saint-Sacrement, à moins qu'elles ne sortent par la porte qui est près de la grille.

7.  Si l'infirmerie est trop petite pour que toutes les Sœurs puissent y entrer, les plus jeunes restent de­hors d'où elles disent les prières avec les autres; sinon, toutes s'agenouillent par ordre dans l'infir­merie, les anciennes plus près de la malade. Le prêtre, en entrant dans la chambre, dit : Pax huic domui, les Sœurs répondent : Et omnibus habitantibus in ea; puis il met le vase des saintes huiles sur l'autel, donne à la malade la croix à baiser, l'asperge d'eau bénite trois fois en forme de croix, c'est-à-dire d'abord au milieu, puis à sa gauche, enfin à sa droite, et asperge aussi les Sœurs et l'infirmerie, en disant Asperges me, Domine, avec les versets et oraisons. Il adresse quelques paroles de con­solation, d'instruction et d'espérance à la malade, si le temps le permet, et il l'avertit de demander pardon à la Prieure et aux Sœurs. La malade le fait humblement, et lorsque la Prieure lui a répondu au nom des Sœurs que tout lui est par­donné de bon cœur, elle dit le Confiteor; si elle ne le peut, les Sœurs le récitent pour elle, mais elle s'efforce au moins de dire Mea culpa en frappant sa poitrine; le prêtre dit ensuite Misereatur et Indulgentiam, et lui confère l'indul­gence de l'Ordre.

8.  Les Sœurs commencent alors d'un ton bas les sept psaumes de la pénitence avec les litanies, et pendant ce temps le prêtre, étant debout devant la malade, dit : In nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti, extinguatur, etc.

9.  Il confère ensuite le sacrement de l'Extrême- Onction; deux Sœurs le servent, l'une tenant le livre au côté droit, l'autre le cierge bénit au côté gauche ; son assistant tient devant lui le vase des saintes huiles.

10. L'infirmière, ou une autre Religieuse, se tient au côté de la malade et dispose doucement les endroits qui doivent recevoir l'onction.

11. Il faut oindre les yeux, ceux-ci étant fermés, par-dessus les paupières, les oreilles au dedans ou bien au bas sur la partie plate, ensuite les narines, puis le dessus des lèvres d'une seule onction , la bouche étant fermée, enfin le dedans des mains et le dessus ou le dessous des pieds à volonté.

12. Si la malade le peut, elle répond avec les au­tres à la forme de chacune de ces onctions.

13. Si l'on est en doute que la malade soit vive ou morte, on fait l'onction avec cette forme con­ditionnelle : Si vivis, per istam sanctam unctionem: etc.

14. Les onctions finies, le vase étant recouvert et posé sur l'autel, le prêtre frotte ses mains avec de la mie de pain et les lave. On jette au feu le pain et l'eau dont il s'est servi, et on brûle les boules de coton dont on jette les cendres dans la piscine ou dans le feu.

15. Le prêtre poursuit avec les Sœurs les psau­mes de la pénitence et les litanies, [à moins qu'on ne juge à propos d'abréger pour ne pas fatiguer la malade,] et il dit les versets et les oraisons qui sui­vent.

16. Enfin il asperge la malade en la manière in­diquée plus haut, avec ces paroles : Benedictio Dei omnipotentis, etc.

17. On laisse de l'eau bénite devant elle et aussi une croix afin qu'elle puisse la regarder, l'adorer, et l'embrasser selon sa dévotion.

18. Quelques Sœurs, choisies par la Prieure, res­tent dans l'infirmerie afin de prier pour la malade. Le prêtre, ayant repris les saintes huiles, retourne au chœur avec les autres Religieuses qui gardent le même ordre qu'en venant et récitent le psaume Miserere.

19. Arrivées au chœur, elles se remettent à ge­noux comme avant de partir, et font quelque courte prière pour la malade. Le prêtre, ayant repassé les saintes huiles par la grille de communion, [ou, s'il est seul, les ayant déposées sur la petite table de cette grille], est reconduit à la porte du monastère, et, après le signe de la Prieure, les Sœurs se reti­rent sans cérémonie.

20. Si le prêtre, en arrivant à l'infirmerie, s'aperçoit que la malade est à l'extrémité, il omet toutes les prières et commence aussitôt les onc­tions. S'il craint de n'avoir pas le temps d'achever, il fait une seule onction sur le front avec la for­mule qui embrasse tous les membres; ensuite, si la vie se prolonge un peu, il répète chacune des onctions en particulier et dit toutes les prières qu'il a omises.

21. Si la malade meurt avant qu'il ait fini toutes les onctions, il s'interrompt aussitôt et dit le Subvenite.

22. [Si l'Extrême-Onction devait être donnée en même temps que le saint Viatique, on mettrait d'avance à l'infirmerie le bénitier et une petite croix; le prêtre donnerait le vase des saintes huiles à l'ecclésiastique qui l'accompagne pour le porter d'une manière non ostensible, ou, s'il était seul, il le mettrait à l'avance sur la petite table de la grille de communion, où la sacristine le prendrait pour le porter à la procession sous son scapulaire. Pour aller à l'infirmerie et en revenir, on garderait le même ordre que si l'on portait le saint Viatique seulement.]

23. Après l'Extrême-Onction, la Prieure a grand soin que la malade ne reste jamais seule, et lors­qu'il est temps de faire la recommandation de l'âme, on appelle le confesseur et les Religieuses pour rendre ce dernier devoir à l'agonisante, que les Soeurs n'abandonnent plus jusqu'à la mort, si la Prieure ne les fait retirer.

24. Si l'on fait les prières de l'agonie pendant le jour, on appelle les Sœurs en tintant deux fois, à un Ave Maria d'intervalle, cinq ou six coups de la petite cloche ; si c'est la nuit après la retraite, on frappe la matraque, à moins que, pour quelque motif particulier, la Prieure ne juge plus conve­nable de faire éveiller seulement quelques Sœurs.

25. Les prières que l'on fait pour les Sœurs mou­rantes sont marquées au Manuel, ainsi que la ma­nière de les assister et de les exhorter.

26. Avant que la malade perde l'usage de ses sens, on met entre ses mains le cierge bénit allumé, et elle le tient un peu de temps, pendant lequel on l'aide à produire des actes de foi vive, d'espérance et de charité. C'est pour nous exciter à produire ces actes que l'Église bénit les cierges.

27. Lorsque les Religieuses ou les tourières sont en danger de mort, le confesseur du monastère, ou un autre ecclésiastique muni des pouvoirs et choisi par la Prieure leur donne les Sacrements, les as­siste à la mort et fait leur enterrement. La Prieure a pour cela, suivant l'usage ordinaire de l'Ordre, permission générale des Supérieurs.

CHAPITRE III

Des premiers devoirs à rendre après la mort.

1.  Lorsque la mourante a rendu le dernier sou­pir, on cesse les prières commencées, la Prieure ferme les yeux et la bouche de la défunte, puis l'infirmière redresse la tête et étend les pieds ; [mais il est bon de ne pas trop se presser de tou­cher le corps après la mort].

2.  Le prêtre quitte l'étole violette, met l'étole noire que la sacristine a dû apporter d'avance, et dit d'une voix médiocre le répons Subvenite, Sancti Dei, que les Sœurs continuent, demeurant toujours à genoux ; il dit ensuite Kyrie eleison a.vec les versets et les oraisons du Manuel. S'il n'y a pas de prêtre, c'est la Prieure qui dit ces prières. Au même instant, on va donner le signal du décès avec la grosse cloche, comme on l'a expliqué au livre II; si pourtant une Religieuse meurt la nuit, on ne donne ce signal que le matin, après avoir sonné l'oraison.

3.  Lorsque les prières sont achevées, on recon­duit le prêtre à la porte conventuelle et les Reli­gieuses se retirent, à l'exception de celles que la Prieure désigne pour ensevelir la défunte [D'après la loi actuelle, on ne peut ensevelir et mettre dans le cercueil avant qu'un médecin ne soit venu constater la mort], et de quelques autres qui prient auprès d'elle, récitant à voix basse les psaumes et autres prières pour les morts.

4. On lave le corps, s'il en est besoin, ou du moins le visage, les mains et les pieds, puis on re­vêt la défunte de la tunique, de la robe, de la cein­ture, du scapulaire, du manteau, de la toque et du voile; on la met ensuite dans le cercueil du monas­tère, [ou mieux dans celui où elle devra être enter­rée], ayant le visage découvert, les pieds nus et les mains jointes; on place entre les mains une petite croix avec le crucifix tourné vers le visage, et l'on met sur la tête une couronne de fleurs; on peut aussi parsemer les habits de fleurs.

5. Le cercueil doit être un peu élevé de terre; on le pose sur des tréteaux couverts d'une serge grise. La sacristine met à la tête du cercueil, sur un banc, une croix ayant le crucifix tourné vers la défunte : cette croix ne doit pas être celle qui sert aux pro­cessions. On place de chaque côté de la croix un chandelier garni d'un cierge jaune allumé, et l'on met au pied du cercueil le bénitier et l'aspersoir. Le corps reste ainsi à l'infirmerie jusqu'à ce qu'on le transporte au chœur.

6.  A l'avant-chœur, la sacristine prépare la croix de procession, un voile ou écharpe noire pour cou­vrir les mains de celle qui doit la porter, et des cierges blancs pour les Religieuses.

7. Au chœur, elle met sur l'autel, paré de noir, quatre cierges jaunes; elle prépare, à quatre pieds de la grande grille, des tréteaux couverts de serge, pour y poser le cercueil, et quatre chandeliers garnis de cierges jaunes pour placer aux quatre coins; de plus, elle dispose un rideau de toile noire qui doit cacher la Communauté dans le chœur pendant que la grille sera ouverte.

8. A l'église, la sacristine fait parer tous les au­tels de noir, et fait mettre six cierges jaunes sur le grand autel.

9. Avant de transporter la défunte au chœur, on allume les six cierges du grand autel et les quatre de l'autel du chœur.

10. Environ trois ou quatre heures après le dé­cès, ou seulement après les Heures si le décès ar­rive la nuit (le plus tôt qu'on le peut après la visite du médecin), on sonne la cloche pour appeler les Religieuses à l'avant-chœur ; toutes s'y assemblent avec leurs manteaux, et de là elles se rendent à l'infirmerie. La porte-croix marche la première; les deux Sœurs qui l'accompagnent ne portent pas de cierges, parce qu'elles doivent prendre ceux qui sont à l'infirmerie; les autres suivent deux à deux, sans rien chanter ni réciter, et tenant un cierge éteint ; la Prieure vient la dernière.

11. Lorsqu'on arrive à l'infirmerie, on ôte la croix que l'on avait mise à la tête du cercueil, et la porte-croix se place au même endroit, entre les deux Sœurs qui viennent prendre les chandeliers; toutes trois sont tournées vers la défunte, ainsi que l'image du crucifix. Les Religieuses allument leurs cierges et se rangent autour du cercueil, di­visées en deux chœurs, les plus jeunes plus près de la croix ; la Prieure se tient aux pieds, seule, ayant près d'elle une Sœur portant l'aspersoir et le bénitier qui étaient au pied du cercueil.

12. La Prieure commence d'un ton médiocre, sans chanter, l'antienne Suscipiat que les deux chœurs poursuivent ensemble, puis les deux chan­tres du côté de la Prieure commencent de la même manière le psaume In exitu Israël de Aegypto, que les deux chœurs poursuivent alternativement. On répète l'antienne Suscipiat, après laquelle la Prieure commence la seconde antienne Chorus Angelorum, et les chantres le psaume Dilexi quoniam; l'antienne Chorus Angelorum étant répé­tée, la Prieure dit Pater noster, puis, continuant le reste à voix basse, elle fait le tour du cercueil en jetant de l'eau bénite trois fois d'un côté et trois fois de l'autre; lorsqu'elle passe devant la croix, elle fait une inclination profonde; revenue à sa place, elle dit : Et ne nos inducas, avec les versets et l'orai­son marqués au Manuel.

13. L'oraison étant dite, les quatre chantres com­mencent à haute voix le répons Libera me, Do­mine; en même temps, on commence à sonner les cloches et l'on se rend au chœur. Une Sœur, portant le bénitier et l'aspersoir, marche seule la première; la porte-croix vient ensuite entre les deux Sœurs qui portent les chandeliers ; toutes les Sœurs, tenant leurs cierges allumés, suivent deux à deux, les plus jeunes les premières; enfin viennent les quatre Sœurs portant la défunte ; la Prieure seule suit le cercueil.

14. En entrant au chœur, la Sœur qui porte le bénitier se place un peu sur le côté, entre la grille et les tréteaux préparés; la porte-croix et ses com­pagnes vont directement auprès de la grille et se tournent, ainsi que l'image du crucifix, vers le corps que l'on apporte; les Sœurs se rangent aux stalles, tournées en chœur; enfin les porteuses dé­posent le cercueil au lieu préparé, à quatre pieds de la grille, les pieds de la défunte vers le grand autel, et elles vont à leurs places. Alors la porte-croix et ses compagnes viennent se placer à la tête de la défunte, le crucifix toujours tourné vers elle, et celle qui porte le bénitier le dépose au pied du cercueil. La Prieure se met aux pieds de la dé­funte, un peu sur le côté, pour dire les prières; lors­qu'elles sont achevées, les Sœurs éteignent leurs cierges, puis la Prieure, la porte-croix et ses com­pagnes se retirent à leurs stalles.

15. Au même instant, la sacristine met sur un banc, à la tête de la défunte, une croix ayant l'image du crucifix tournée vers elle, et deux chandeliers avec deux cierges jaunes allumés; on allume aussi les quatre cierges qui sont aux coins du cercueil. La Prieure fait rester auprès de la défunte quatre [ou au moins deux] Religieuses revêtues de leurs manteaux et de leurs grands voiles; elles se tiennent à genoux, deux à la tête et deux aux pieds, puis on ferme le rideau qui doit cacher les autres Religieuses; on ouvre en­suite le châssis de la grille et les barreaux de bois,

afin de laisser en vue la défunte et celles qui la gardent. Celles-ci récitent tout bas des psaumes qu'elles terminent par le verset Requiem aeternam au lieu de Gloria Patri. La Prieure a soin de les faire changer de temps en temps.

16. Les Prieures doivent être attentives à faire rendre sans retard aux Sœurs défuntes les suf­frages indiqués au livre V. Elles feront célébrer des Messes basses, et, s'il est possible, une Messe haute le matin même de la mort; elles ne man­queront pas surtout de faire dire un office des Morts entier avec neuf leçons, avant l'enterre­ment, et encore un nocturne solennel, le corps présent, avant la Grand'Messe de l'enterrement. Elles auront soin aussi d'avertir promptement les autres monastères du décès de leurs Religieuses, afin de procurer à celles-ci les suffrages qui leur sont dus.

CHAPITRE IV

Des préparatifs de l'enterrement.

1.  Les Religieuses doivent être enterrées dans les allées du cloître, comme on l'a dit au livre premier.

2.  On appelle de bonne heure le fossoyeur pour faire une fosse de quatre ou cinq pieds de pro­fondeur, et l'on prend garde que, dans la fosse, le visage de la défunte soit tourné vers l'Orient.

3.  On ne doit faire l'enterrement que vingt-quatre heures après le décès, à moins que l'état du corps n'oblige à en user autrement; en tout cas, on doit auparavant prendre toutes les assurances nécessaires de la mort de la Religieuse.

4.  La Prieure peut appeler, pour l'enterrement, les ecclésiastiques qu'elle juge à propos; ils ne doivent pas être plus de vingt ni moins de cinq. Le Manuel autorise cependant à ce qu'ils ne soient que trois, ce qui est souvent plus pratique pour les monastères.

5.  La sacristine prépare, en plus des ornements ordinaires pour la Messe, ceux dont les ecclésias­tiques devront être revêtus pour entrer dans le monastère : l'aube, l'étole et la chape noire pour l'officiant, la dalmatique et l'étole sans mani­pule pour le diacre, la tunique également sans manipule pour le sous-diacre, et des surplis pour les autres ecclésiastiques. Elle prépare aussi la croix et les chandeliers, le bénitier et l'aspersoir, l'encensoir et la navette que les ecclésiastiques devront porter, enfin des cierges pour ceux qui ne remplissent pas de fonctions.

6.  Si la sépulture et, par conséquent, l'entrée au monastère n'étaient pas immédiatement pré­cédées de la Messe, le diacre et le sous-diacre ne porteraient que des surplis.

7.  On allume six cierges jaunes sur le grand autel et quatre sur l'autel du chœur pendant le service et la Messe haute.

8.  Lorsque la sépulture se fait le matin d'un dimanche ou d'une fête double ou équivalente, on peut chanter une seule Grand'Messe solennelle de

Requiem, mais on n'en peut pas dire de basses. Pendant cette Messe de Requiem, l'autel est paré de noir et l'on se sert de cierges jaunes que l'on ôte après le service.

9.  Aux jours d'offices semi-doubles non fêtés, on peut, le jour de la mort et celui de la sépul­ture, dire un plus grand nombre de Messes de Requiem et laisser l'autel paré de noir toute la matinée.

10. Il convient de ne pas faire d'enterrement aux jours de Pâques, de la Pentecôte et autres fêtes solennelles de première classe; il est mieux, s'il est possible, de le différer au lendemain pour joindre la Messe à l'enterrement, mais on ne lais­serait pas de dire plusieurs Messes basses du jour pour le repos de la défunte.

 

CHAPITRE V

De l'enterrement.

1. Lorsqu'on a chanté le nocturne et la Messe, et que l'heure de la sépulture est venue, on sonne la cloche pour appeler les Religieuses à l'avant- chœur; à ce signal, on ôte la croix et les deux chandeliers qui sont à la tête du cercueil, on fait retirer les Religieuses qui sont auprès du corps en prières, et l'on ouvre le grand rideau. Toutes les Sœurs, revêtues de leurs manteaux et de leurs grands voiles, s'assemblent à l'avant-chœur, re­çoivent des cierges allumés, se placent à la manière accoutumée et attendent le signe d'entrer au chœur.

2. Pendant ces préparatifs, quatre des Sœurs vont à la porte du monastère recevoir les ecclésias­tiques, qui entrent revêtus de leurs ornements. Les deux premiers portent l'encensoir et le béni­tier; ensuite viennent le sous-diacre avec la croix, et les acolytes portant les chandeliers; les autres ecclésiastiques suivent deux à deux, avec des cierges; l'officiant vient le dernier, ayant le diacre à sa gauche.

3. Lorsqu'ils arrivent à l'avant-chœur, les Sœurs baissent leurs voiles et, précédant le clergé, elles entrent au chœur deux à deux, les plus jeunes les premières; elles se rangent debout aux stalles, tournées les unes vers les autres, les an­ciennes plus près de la grille. Ceux qui portent l'encensoir et le bénitier se placent vers les pieds de la défunte, sur le côté, le premier à droite et le second à gauche, tournés vers l'autel; le porte-croix et les acolytes se mettent à la tête; les ecclé­siastiques se rangent sur les côtés en laissant assez de place pour que l'officiant, qui se place aux pieds, puisse faire le tour du cercueil avec le diacre.

4. L'officiant commence absolument et à haute voix par l'oraison Non intres in judicium cum servo tuo: après laquelle les chantres entonnent le répons Subvenite que le chœur poursuit, comme il est marqué au Manuel. Vers la fin du répons, celui qui porte l'encens s'approche du diacre et lui présente la navette ouverte; le diacre, à son tour, la présente à l'officiant en demandant la bénédiction de l'encens : l'officiant bénit l'encens et en met trois fois dans l'encensoir. On ne baise pas la main du prêtre, ni le bout des chaînes de l'encensoir.

5. Quand le chœur a fini le dernier Kyrie eleison, l'officiant commence à haute voix le Pater noster que les Religieuses continuent tout bas, mais sans s'incliner à cause des ecclésiastiques qui sont devant elles.

6. L'officiant reçoit l'aspersoir de la main du diacre qui passe à son côté droit; il salue la croix, puis l'autel, et, ayant toujours à sa droite le diacre qui tient le bord de sa chape, il va autour de la bière et asperge le corps trois fois de chaque côté ; en passant devant la croix, il s'incline profondé­ment et le diacre fléchit le genou. Revenu à sa place, il rend l'aspersoir au diacre, reçoit de sa main l'encensoir fumant, et, ayant salué l'autel, mais non la croix, il va faire l'encensement comme il a fait l'aspersion. Lorsqu'il est revenu au pied du cercueil, il joint les mains et dit : Et ne nos inducas in tentationem, puis les versets et orai­sons marqués au livre que le diacre tient ouvert devant lui.

7. On observe les mêmes règles aux deux autres répons Memento mei,Deus, et Libera me, Domine, et les chœurs demeurent toujours tournés l'un vers l'autre.

8.  La dernière oraison étant achevée, les chan­tres entonnent l'antienne Chorus Angelorum; alors quatre des Sœurs s'approchent du cercueil pour l'enlever, et l'on se rend au lieu de la sépul­ture en passant par l'avant-chœur. On sort du chœur dans le même ordre qu'on y est entré, excepté que la Prieure et une ou deux Sœurs suivent le cercueil que l'on porte à la suite du clergé.

9.  Les Sœurs poursuivent l'antienne et les psaumes que les chantres commencent, et on sonne la cloche depuis que la procession sort du chœur jusqu'à ce que l'enterrement soit achevé.

10. Lorsqu'on arrive au lieu de la sépulture, les Sœurs se partagent en deux rangs et de deux côtés, suivant la disposition des lieux; le porte-croix et les acolytes se placent à l'endroit où sera la tête de la défunte; l'officiant et ceux qui l'as­sistent se mettent aux pieds ; celles qui portent le corps le déposent près de la fosse, le visage tourné vers l'Orient. Les Religieuses cessent alors de chanter les psaumes, ou du moins ne font qu'a­chever celui qui est commencé; elles répètent l'antienne Chorus Angelorum, et l'officiant récite les prières marquées au Manuel; à la fin, il jette de l'eau bénite, d'abord sur le corps et ensuite sur la fosse, puis il les encense de même. Après cela, la Prieure abaisse le voile de la défunte pour lui en couvrir le visage, ôte le crucifix qu'elle tenait entre ses mains et met à la place une petite croix de bois sans Christ; alors celles qui ont porté le corps le changent de bière, [si ce changement est nécessaire et qu'on n'ait pu le faire avant la Messe], et le mettent dans le cercueil fait exprès pour la défunte. Ce cercueil doit être de bois; aussitôt qu'il est fermé, il est descendu dans la fosse par ceux qu'on a appelés pour cela ; l'offi­ciant l'asperge d'eau bénite et l'encense encore une fois, puis il forme le signe de la croix sur la terre avec la pelle qu'il prend de la main du diacre, et jette de la terre sur le corps qu'on recouvre ensuite entièrement.

11. Aussitôt que le corps est couvert, l'officiant s'éloigne un peu, et, ayant les ministres rangés devant lui et le visage tourné vers la fosse, il chante l'oraison Temeritatis quidem est et les suivantes. Après ces oraisons, les chantres, tour­nées aussi vers la fosse, commencent à haute voix l'antienne Clementissime Domine, que les Reli­gieuses poursuivent; lorsqu'elles arrivent aux paroles : Domine, miserere, elles les chantent très gravement et dévotement et elles se mettent toutes à genoux, ce que font aussi l'officiant et ses ministres.

12. Après l'antienne, l'officiant, encore à ge­noux, dit à haute voix : Pater noster; les Reli­gieuses poursuivent tout bas; puis l'officiant, se relevant avec ses ministres, dit : Et ne nos indu- cas in tentationem, avec les versets et les oraisons qui suivent.

13. Les Religieuses se relèvent en même temps que l'officiant; lorsque les oraisons sont achevées, on éteint les cierges, excepté les deux qui accom­pagnent la croix, et les Religieuses retournent au chœur, deux à deux, les plus jeunes les premières, en récitant posément le psaume Miserere mei, Deus, auquel on ajoute, s'il en est besoin, le De profundis, et l'on termine ces psaumes par le verset Requiem aeternam. Les Sœurs se rangent aux stalles comme de coutume et demeurent de­bout jusqu'à ce que l'officiant dise à l'autel de l'église : Pater noster.

14. Pendant que les Religieuses vont au chœur, le clergé sort du monastère et se rend à l'église; l'officiant se place devant le grand autel, ayant le diacre à sa gauche et les autres ecclésiastiques derrière lui. Lorsque les Religieuses ont achevé dans le chœur de réciter le psaume commencé, il dit à haute voix : Pater noster, et se met à genoux avec ses ministres; les Religieuses se mettent aussi à genoux, tournées vers le Saint-Sacrement, et continuent tout bas le Pater. L'officiant, se. levant seul, dit à haute voix : Et ne nos inducas in tentationem et ce qui suit; après l'oraison, il se met de nouveau à genoux et dit encore une fois le Pater tout bas, puis il retourne à la sacristie avec tous les ecclésiastiques. Alors la Prieure donne le signe et les Religieuses sortent du chœur en disant le De profundis.

15. Dans les monastères où l'on n'a pas le pri­vilège d'enterrer dans la clôture, on sort du chœur dans le même ordre que si l'on se rendait au lieu de la sépulture. Près de la porte de clôture, le porte-croix et les acolytes se tournent vers la défunte que l'on dépose sur des tréteaux, et les Religieuses se tournent les unes vers les autres. La Prieure abaisse le voile de la défunte, change la croix qu'elle tient en ses mains, puis on ferme le cercueil, comme il a été dit ci-dessus. Alors on ouvre la porte de clôture, les porteurs séculiers entrent pour prendre la bière, le clergé précède le corps et l'accompagne au cimetière. On doit porter une croix entre deux chandeliers devant le cer­cueil, et un bénitier pour faire l'aspersion de la fosse.

16. La porte étant fermée, les Religieuses re­tournent au chœur dans l'ordre indiqué après la sépulture. Il semble convenable qu'elles y de­meurent en prières jusqu'au retour du cimetière, ou du moins jusqu'à ce qu'on puisse avoir l'as­surance que l'enterrement est achevé; elles ré­citent en commun, à voix basse, les psaumes et les oraisons qu'on doit dire près de la fosse.

CHAPITRE VI  

De l'enterrement pendant la semaine sainte et au jour de Pâques.

1. Lorsqu'on fait un enterrement le lundi, le mardi ou le mercredi de la semaine sainte, on dit au chœur tout l'office des Morts et une Messe haute. Si l'enterrement se fait le jeudi ou le samedi saint, on dit seulement un nocturne dans un oratoire ou au chapitre, mais on ne peut pas dire de Messe ; en pareil cas, le prêtre commence l'office qui le regarde par l'oraison Non intres in judicium, et l'on fait tout le reste comme en temps ordinaire, jusqu'à ce que le corps soit enterré.

2.  On ne peut sonner les cloches pour l'enterre­ment depuis le Gloria in excelsis du jeudi saint jusqu'à celui du samedi saint. On couvre ou l'on découvre la croix selon qu'elle est couverte ou exposée à l'église.

3.  Si l'on est contraint d'enterrer le vendredi saint, on met le corps en terre en récitant seule­ment quelques répons.

4. Lorsque, à cause des jours saints, on n'a pu faire solennellement les funérailles, on les fait après Pâques avec les mêmes solennités que si le corps était présent, sauf toutefois les différences indiquées au rituel.

5. Le jour de Pâques, on n'enterre qu'au soir, à moins d'une nécessité pressante; on ne dit pas l'office des Morts, mais seulement les prières de l'enterrement.

CHAPITRE VII

Ce qu'il faut observer dans le cas de peste ou d'épidémie.

1. Si un monastère était attaqué de la peste, on se conformerait aux ordonnances suivantes faites à ce sujet par saint Charles, dans son cinquième Concile provincial.

2. Si le nombre de celles qui sont frappées ou suspectes est si grand qu'il y ait péril évident pour tout le monastère, on fait retirer les saines dans un lieu convenable, et celles-ci font tout leur possi­ble pour que l'office divin et les autres exercices de la vie religieuse ne soient pas interrompus. Aucun séculier ne doit entrer dans les logements, soit des saines, soit des malades.

3. Il est à souhaiter que les suspectes soignent les malades, autant par charité que pour éviter l'en­trée des séculiers. S'il n'y a pas de suspectes ou que celles-ci soient trop faibles pour soigner les autres, il est désirable que les saines s'exposent volontairement pour les malades, produisant ainsi cet acte de charité que Notre-Seigneur appelle souverain dans l'Évangile, et qui est, d'après saint Thomas, une sorte de martyre.

4.  Si les malades ne peuvent être soignées par les Religieuses, il faut chercher quelques femmes séculières de bonne vie, [ou mieux des Religieuses consacrées au soin des malades]. Les médecins et les chirurgiens ne doivent s'arrêter avec elles que le temps nécessaire et avec la permission du Supé­rieur, comme cela se fait ordinairement dans le monastère.

5. Aussitôt qu'une Religieuse est atteinte de la peste, on la fait confesser et on lui donne la sainte communion en viatique et l'Extrême-Onction; si elle est seulement suspecte, on la fait confesser et aussi communier si elle est à jeun ; si le lendemain on découvre le mal de la contagion, on la fait com­munier de nouveau, mais en viatique, et on lui donne l'Extrême-Onction. Les sacrements lui sont administrés par le prêtre destiné à rendre ces devoirs aux malades, ou par un autre qui ait la charité de le faire.

6.  Si une Religieuse meurt de la peste, il faut que le monastère fasse bénir, dans un lieu écarté, un cimetière particulier où cette Sœur et toutes celles qui meurent de la contagion puissent être enterrées sans danger pour les saines. On plante une croix au milieu de ce cimetière que l'on entoure d'un mur ou d'une autre séparation.

7. Celles qui meurent de la contagion ne doivent pas être enterrées moins de douze heures, ni plus de vingt-quatre heures après le décès; les prêtres destinés à ce pieux devoir font l'enterrement, au­quel on observe ce qu'il est possible des cérémonies de l'Église.

CHAPITRE VIII

De la sépulture des séculiers dans les églises ou dans les cloîtres des monastères.

1. La sépulture dans les églises de l'Ordre ne doit pas s'accorder aisément. La Prieure ne peut concéder cotte faveur qu'à des personnes de grand mérite auxquelles le monastère ait de notables obligations, ou à celles qui ont droit de sépulture dans les églises de l 'Ordre ou dans quelqu'une de leurs chapelles. On enterre dans l'église les domes­tiques du monastère.

2. On ne doit enterrer qui que ce soit sous les autels ou sous leurs degrés ; la Sacrée Congrégation des Rites l'a défendu par les décrets du 6 septem­bre 1593 et du 11 juin 1679.

3. Quand une tourière meurt, on expose son corps au lieu de sa demeure dans une bière élevée sur des tréteaux et couverte d'un drap mortuaire. On met à la tête du cercueil, sur un petit banc, une croix entre deux chandeliers garnis de cierges allumés, et au pied un bénitier avec un aspersoir. Les ecclésiastiques du monastère, ou ceux qui sont désignés par la Prieure, vont le lever de ce lieu et le conduisent à l'église pour y faire l'enterrement. Le principal d'entre eux fait l'office, étant revêtu du surplis, de l'étole et de la chape; les autres sont revêtus selon leurs fonctions. Ces ornements leur sont fournis par la sacristine.

4.  A l'entrée du corps dans l'église, les Reli­gieuses doivent être assemblées dans le chœur dont on ouvre la grille. Elles sont revêtues de leurs manteaux et de leurs grands voiles et tiennent des cierges allumés; elles chantent ainsi les antiennes et les psaumes de l'enterrement, pendant lequel on sonne la grosse cloche.

5. Quand on apporte du dehors le corps d'une personne séculière pour être enterré dans l'église ou dans le cloître, les prêtres du monastère, et d'autres nommés par la Prieure, vont à la première porte du couvent recevoir le corps et en font l'in­humation.

6.  Si les parents du défunt, pour rendre la sé­pulture plus solennelle, demandaient instamment au monastère que le clergé de l'église cathédrale conduisît le corps et fît le service ainsi que l'inhu­mation, on pourrait accorder cette permission.

7. Lorsqu'un curé conduit le corps d'une per­sonne séculière pour être enterré dans l'église du monastère, il doit rendre témoignage que cette personne est morte chrétiennement et a reçu les sacrements; si le curé oubliait de le dire et que les ecclésiastiques du monastère n'en aient pas eux- mêmes l'assurance, ils devraient s'en informer près de lui.

8. Il n'y a que les fondatrices et les bienfaitrices qui puissent être enterrées dans les cloîtres des monastères, comme on l'a dit au livre premier.

9. On porte d'abord le corps à l'église et on l'y expose ; puis les ecclésiastiques du monastère et d'autres, selon le choix de la Prieure, le conduisent à la porte conventuelle où les Religieuses vont le recevoir processionnellementet en silence, revêtues de leurs manteaux et de leurs grands voiles, et portant des cierges allumés; elles se rangent en deux chœurs tournés l'un vers l'autre, les plus jeunes plus loin de la porte. Le clergé précède le corps et entre dans le même ordre que pour l'en­terrement des Religieuses ; mais on ne porte pas l'encensoir si l'endroit où l'on doit enterrer est bénit. Le corps étant entré dans le monastère, les chan­tres commencent l'antienne ln paradisum que les Religieuses poursuivent, et en même temps elles vont droit au lieu de la sépulture en précé­dant toutes le clergé.

10. On sonne la grosse cloche depuis l'entrée du corps jusqu'à la fin de l'enterrement.

11. Les chantres commencent les antiennes, les psaumes et les cantiques marqués au Manuel, et les Religieuses les poursuivent.

12. Arrivé au lieu de la sépulture, on se range comme à l'enterrement des Religieuses, et lorsque les Sœurs ont achevé de chanter, l'officiant bénit la fosse en la manière indiquée au Manuel.

13. L'officiant jette l'eau bénite sur le corps et sur la fosse, puis il encense l'un et l'autre (on n'en­cense cependant pas pour les adultes si le cimetière est bénit), et aussitôt on descend le corps; l'offi­ciant lui donne encore de l'eau bénite et de l'en­cens, puis il jette dessus de la terre en forme de croix avec la pelle, et ceux qui ont fait la fosse achèvent de le couvrir de terre.

14. L'officiant dit à haute voix : Pater noster, et ensuite : Et ne nos inducas in tentationem, avec les versets et les oraisons qui suivent. Après cela, on reconduit les ecclésiastiques à la porte du mo­nastère, et, la sacristine ayant repris les cierges, les Religieuses se retirent sans cérémonie.

CHAPITRE IX

De la sépulture des enfants morts avant l'âge de raison.

1. Lorsqu'un couvent accorde la sépulture dans le monastère à la fille d'un de ses fondateurs ou bienfaiteurs, morte après le baptême et avant l'âge de raison, les Religieuses reçoivent le corps à la porte comme celui des bienfaitrices séculières. Lorsque le corps est entré dans le monastère, les chantres commencent l'antienne Sit nomen Domini benedictum, que les Religieuses poursuivent avec ce qui est marqué au Manuel ; en même temps, elles partent pour se rendre droit au lieu de la sépulture.

2.  A la fin de l'oraison, les chantres commen­cent l'antienne Juvenes et virgines, puis le psaume Laudate Dominum de cœlis, que les Religieuses poursuivent. Pendant ce psaume, l'officiant jette de l'eau bénite sur le corps et sur la fosse, puis il en­cense l'un et l'autre; alors on descend le cercueil et on le couvre de terre. A la fin du psaume, les chantres répètent l'antienne Juvenes et virgines; on dit ensuite Kyrie eleison, puis l'officiant dit le Pater noster que l'on poursuit tout bas sans se mettre à genoux, et enfin les versets et l'oraison marqués au Manuel.

3. On reconduit les ecclésiastiques à la porte du monastère. La sacristine reprend les cierges, et les Religieuses se retirent sans cérémonie.

4. Il n'est pas nécessaire de sonner la cloche à ces enterrements; on peut couvrir et orner le cer­cueil de fleurs et d'herbes odoriférantes. Le prêtre ne porte que le surplis et l'étole blanche.

 

 

 

 

 

Livre onzième

DE LA CLÔTURE

 

CHAPITRE PREMIER

De l'obligation de la clôture.

1. L'Église a posé, dans plusieurs Conciles, les règles de la clôture, et porté sentence d'excommu­nication contre les Religieuses qui la violeraient.

2. On désigne sous le nom de clôture l'espace dans lequel les Religieuses doivent borner leur demeure; la Religieuse qui franchit réellement et matériellement cet espace, enfreint un comman­dement de l'Église en matière grave, ce qui con­stitue un péché mortel, et elle tombe dans l'excom­munication de fait et sans délai, sans qu'il soit nécessaire que les Supérieurs la déclarent excom­muniée.

3. Le peu d'espace qu'elle franchit hors de la clôture et la brièveté du temps qu'elle reste dehors, ne l'exemptent ni de péché mortel ni d'excommu­nication.

4. Si elle consent de volonté à sortir, ou que, voulant sortir, elle en soit empêchée par force, elle pèche mortellement, mais n'est pas excommuniée.

5.  Toutes les Religieuses, soit du chœur, soit converses, sont obligées à la clôture; elles n'en peuvent sortir que par la permission des Supérieurs et pour les causes exposées au chapitre x.

6.  Les Religieuses qui n'émettent pas les vœux solennels n'encourent pas ces sentences d'excom­munication ; cependant l'Évêque diocésain peut porter les mêmes peines canoniques latae sententiae contre la violation de la clôture de règle.

7.  Les novices qui sortiraient du monastère sans congé des Supérieurs ne pécheraient pas contre la clôture, mais interrompraient leur noviciat.

8.  Une postulante ne doit pas sortir pendant ses trois mois d'essai en habit séculier.

9.  Observer la clôture ne consiste pas seulement à ne pas sortir de l'espace cloîtré, mais encore à n'y laisser entrer personne, sauf dans les cas et avec les précautions indiqués dans la suite de ce livre. Il ne doit donc y avoir aucun endroit, ni dans l'église, ni entre deux portes, dont l'entrée soit commune aux Religieuses et aux séculiers, et dans lequel ils entrent ou en même temps ou les uns après les autres : car s'il est de la clôture, les séculiers n'y peuvent entrer, et s'il n'en est point, l'accès en est défendu aux Religieuses.

10. Lorsque le mur de clôture est rompu et que l'ouverture est assez grande et assez basse pour qu'une personne du dehors puisse y passer sans échelle, il n'y a plus de clôture jusqu'à ce que la brèche soit réparée. Il faut alors faire à l'intérieur un retranchement qui arrête les séculiers, et qu'il n'est pas permis aux Religieuses de franchir. Si cette séparation ne peut se faire, il faut fermer les portes de la maison qui donnent entrée sur l'en­droit dont le mur est ouvert, et considérer ces portes comme la limite de la clôture. Ceux qui pré­sumeraient le contraire, hommes ou femmes, et les Religieuses qui le permettraient, tomberaient dans les censures encourues à cause de la clôture violée, selon ce qui est expliqué au chapitre vu.

11. L'accès actif et passif aux grilles et aux tours n'est pas contre la clôture ; cependant, si l'on n'y observe les conditions dont on parlera dans les chapitres suivants, il en diminue la perfection et prive les âmes de beaucoup de profit.

12. Les Supérieurs, ainsi que les Prieures et les Religieuses, doivent avoir un grand zèle pour la clôture, et veiller à ce qu'elle soit exactement gardée.

CHAPITRE II

De l'usage des grilles.

1. La grille du chœur ne doit jamais servir de parloir, et il n'est pas même permis d'y dire une parole. La grille de l'infirmerie ne doit pas non plus servir de parloir. Saint François de Paule a établi l'usage de cette dernière grille afin qu'on puisse donner les sacrements aux malades sans en­trer dans la clôture; mais il veut qu'elle soit exclu­sivement réservée à cet usage, et défend, sous peine d'excommunication, de l'employer à aucun autre.

2. Les fondatrices ne peuvent avoir de parloirs particuliers ni de chapelles qui leur en tiennent lieu.

3. Plusieurs Conciles défendent de manger et de faire des récréations aux grilles, aux tours et aux parloirs, ce que sainte Thérèse veut qu'on ob­serve inviolablement. Il n'est pas permis d'y chan­ter ni d'y faire chanter pour quelque sujet que ce soit, excepté les postulantes qu'on doit recevoir comme Religieuses, pour savoir si elles ont de la voix.

4. Il n'est permis de rien donner ni de rien rece­voir par la grille. Saint Charles défend même, dans ses Synodes, de donner l'aumône par les grilles et par les tours, et ordonne que les monas­tères confient les aumônes qu'ils veulent faire à des personnes pieuses ou aux administrateurs des hô­pitaux. Notre Ordre remet ce soin aux tourières du dehors, qui doivent s'en acquitter avec prudence; cela n'empêche pas cependant que la portière ne puisse, par l'ordre de la Prieure, donner l'aumône par le tour à une personne qui la demanderait secrètement.

CHAPITRE 111

Des accès au parloir, de l'ouverture de la grille et des lettres des Religieuses.

1. Les Supérieurs fermeraient vainement les portes de la clôture s'ils permettaient un accès trop libre au parloir; saint Jérôme, comme tous les maîtres de la vie spirituelle, dit que tout commerce des Religieuses avec les séculiers est suspect s'il dure trop longtemps et s'il n'est vraiment nécessaire.

2.  La Congrégation des Cardinaux ordonne que les parloirs soient toujours fermés. L'usage de l'Ordre a été de tout temps que les portières pren­nent soin de les tenir ainsi et qu'elles en gardent les clefs.

3.  Saint Charles, dans son second Concile provin­cial, défend aux Religieuses de recevoir les visites des séculiers les jours de fête, les dimanches, pen­dant l'Avent et le Carême, et en tout temps pendant les divins offices, si ce n'est par une grande néces­sité. Cette louable coutume a toujours été observée dans l'Ordre ; de plus, il est d'usage dans nos mo­nastères de ne pas aller au parloir quand le Saint-Sacrement est exposé, pendant l'oraison mentale et pendant le silence de midi. On ne doit jamais parler aux séculiers pendant le temps du grand silence, c'est-à-dire depuis Complies jusqu'après Prime.

4.  On ne doit permettre aucune visite en hiver après cinq heures du soir, si ce n'est pour des affaires qui ne puissent être différées.

5.  Les Papes et les Conciles limitent à une demi-heure les entretiens au parloir ; le Cardinal de Bérulle a fait une ordonnance expresse pour que cela fût observé dans l'Ordre, excepté lorsque les per­sonnes qui viennent visiter les Sœurs ne sont pas de la ville même, ou que leurs visites sont rares, ou qu'on doit traiter d'affaires très nécessaires; mais dans ces cas même il faut une permission de la Prieure pour prolonger l'entretien au delà du temps ordinaire.

6.  Les Souverains Pontifes et les Conciles dé­fendent de parler sans une nécessité évidente à des personnes de mauvaise vie, ou diffamées, ou trop mondaines en leurs discours. Sainte Thérèse elle-même exhorte ses filles, dans les Constitutions, à ne voir que rarement les personnes qui ne se plaisent à parler de Dieu, et à « s'en dépêcher promptement. »

7.  Les Prieures ne peuvent pas mener la Com­munauté à la grille du parloir pour voir une per­sonne quelle qu'elle soit, excepté l'Évêque diocé­sain, le Supérieur et les Visiteurs. Elle peut l'y conduire aussi pour recevoir la bénédiction de quelque prélat.

8. Il est défendu de faire des récréations, de chanter et de manger au parloir, comme on l'a dit au chapitre précédent.

9.  Les Religieuses ne doivent jamais aller au parloir plus de trois ensemble. Si quelque séculier avait plusieurs parentes auxquelles il désirât par­ler, on attendrait que les premières fussent sorties pour faire entrer les autres.

10. Conformément aux décrets des Conciles de Mâcon, de Nicée, de Séville, et d'après les Synodes de saint Charles, les Religieuses doivent toujours être accompagnées au parloir d'une autre Reli­gieuse qu'on appelle tierce, qui voie et entende tout ce qui se passe. La tierce est choisie et désignée par la Prieure.

11. Si l'on parle aux séculiers en deux endroits proches l'un de l'autre, une tierce ne suffît pas; il faut que chacune des Religieuses qui parle séparé­ment ait une tierce. Si deux Sœurs sont deman­dées par les mêmes personnes, elles ne peuvent se servir mutuellement de tierce; il en faut une troi­sième qui, ne parlant pas, exerce cet office.

12. Les sœurs, les tantes, les nièces et les cou­sines germaines ne peuvent se servir mutuellement de tierce.

13. Notre Mère sainte Thérèse permet, dans les Constitutions, d'ouvrir la grille en certaines circons­tances (c'est-à-dire d'ouvrir les volets et les rideaux afin de voir sans voile à travers la grille). Elle donne cette permission pour le père, la mère, les frères et les sœurs. On fait de même à l'égard des belles-mères et des belles-sœurs, mais non des beaux-pères et des beaux-frères, à moins que leur éminente vertu ou leurs bienfaits ne leur donnent des titres à un privilège.

14. Notre Mère sainte Thérèse permet encore d'ouvrir la grille à quelques personnes avec les­quelles on aurait un sujet légitime de faire ainsi. L'interprétation de ce dernier point ayant soulevé quelques doutes, le Père Gibieuf déclara qu'on de­vait ouvrir la grille aux Évêques, aux Supérieurs, aux Visiteurs, aux princes et aux princesses du sang, aux fondateurs et aux fondatrices. [On ac­corde aussi ce privilège aux généraux d'Ordre.] On ouvre également aux postulantes qui demandent a être reçues; on peut les voir cinq ou six fois avant leur entrée.

15. La permission d'ouvrir la grille aux Évêques, aux princes et aux princesses du sang, est bornée à leur seule personne et ne s'étend pas à ceux qui les accompagnent. On n'ouvre aux fonda­teurs que dans les monastères qu'ils ont fondés, à moins qu'ils n'aient rendu à l'Ordre des services notables et si peu ordinaires que ce cas reste très rare. Les fondatrices qui ont établi un monastère peuvent parler aux Religieuses la grille ouverte dans tous les couvents; mais si elles n'ont pas donné commencement à un monastère, elles ne peuvent voir que les Religieuses de celui auquel elles ont fait leur donation.

16. Lorsqu'une Religieuse parle la grille ouverte, elle ne s'en approche pas jusqu'à la toucher; elle ne donne et ne reçoit rien par cette grille, et elle n'ouvre qu'un volet si elle peut ainsi être vue aisé­ment des personnes qui lui parlent. Il ne suffit pas que la tierce entende ce qu'on dit, il faut encore qu'elle voie ce qui se passe.

17. Si l'on accorde à un parent très proche de voir une Religieuse, ce qui se fait rarement et ne se renouvelle qu'une ou deux fois dans la vie, la Religieuse et la tierce se rendent toutes deux au parloir, revêtues du manteau et du grand voile; la tierce ouvre la grille, lève le rideau et dit un Ave Maria pendant lequel la Sœur lève son voile; l'en­trevue ne dure que le temps de faire cette prière et se passe en silence ; aussitôt après, la tierce abaisse le rideau et ferme la grille.

18. Saint Charles, dans ses Synodes, défend aux Religieuses d'écrire en secret sans la permission de la Prieure, ainsi que d'ouvrir elles-mêmes leurs lettres et de les lire avant que la Prieure ne les ait lues. Notre Mère sainte Thérèse a fait la même dé­fense dans ses Constitutions. [Pour les lettres aux Supérieurs, les Religieuses les ferment elles-mêmes et les remettent directement à la portière. Celle-ci a une obligation grave d'envoyer ces let­tres et d'en remettre les réponses aux Sœurs, sans en donner aucune connaissance à la Prieure, qui a la même obligation de n'interroger sur ce point ni la portière ni les Sœurs. ]

CHAPITRE IV

De quelques devoirs de la portière.

1. Les portières sont comme des gardes posées à l'entrée de la maison de Dieu pour empêcher que rien du monde n'y pénètre; elles-mêmes n'en doi­vent rien recevoir, mais être si pleines de Dieu qu'elles en remplissent tous ceux qui les appro­chent, et si mortes au monde que ce qu'elles en ap­prennent ne les touche point et s'efface de leur es­prit comme une ombre qui disparaît sans laisser aucune trace. Elles ne doivent montrer ni curio­sité, ni légèreté, ni impatience, mais parler avec douceur, sagesse et déférence, ayant égard aux dif­férentes conditions des personnes avec lesquelles elles ont à traiter, sans jamais se familiariser avec aucune.

2.  Les portières ne s'arrêtent avec les personnes qui viennent demander les Religieuses que le temps nécessaire pour apprendre ce qu'elles désirent et pour les recevoir convenablement ; si elles se voient obligées d'y demeurer plus d'un Miserere, elles demandent la permission de la Prieure et sont ac­compagnées d'une tierce. Après avoir reçu une demande, elles en rapportent elles-mêmes la ré­ponse, excepté quand il ne s'agit que d'envoyer au parloir; elles y font alors conduire par les tourières du dehors.

3.  Lorsqu'une personne a fini de parler au tour, les tourières la prient d'entrer dans une autre pièce afin que le tour demeure toujours libre et qu'on n'entende pas ce qui s'y traite ; elles l'y font reve­nir lorsque la portière apporte la réponse.

4. Quand la portière est demandée par ses pa­rents ou par d'autres personnes de sa connaissance, elle reçoit leurs messages comme elle le fait avec tous ; puis elle va prendre de la Prieure la permis­sion de leur parler et, si elle l'obtient, elle demande une tierce pour l'accompagner au tour ou au par­loir.

5.  La portière ne peut pas s'entretenir avec les personnes qui sont au parloir, sauf pour faire un message comme elle le ferait au tour.

6.  Elle ne doit rien rapporter de ce qu'elle a ap­pris au tour et garder le secret sur ce qui lui est confié. Lorsqu'elle va faire un message, soit à la Prieure, soit à une Sœur, et qu'elle ne les trouve pas seules, elle leur parle tout bas pour n'être pas entendue des autres.

7.  La portière ne doit pas chanter au tour, ni dans un autre endroit d'où elle puisse être entendue du dehors. Il faut que les volets du tour soient toujours fermés du côté des tourières et de celui des Reli­gieuses, hors le temps d'y parler. La portière ne quitte jamais le tour, ne fût-ce que pour un instant, sans fermer le volet et prendre la clef qu'elle porte toujours sur elle; elle ne parle pas à sa compagne lorsqu'il est ouvert.

8. Elle ne doit pas parler au tour sans que la porte de la chambre soit fermée et le volet du tour ouvert, car on ne doit jamais parler à travers ce­lui-ci.

9.  Les Religieuses ne peuvent entrer et parler au tour que par la permission de la Prieure, et lorsqu'elles disent avoir cette permission, la por­tière doit aller s'en informer elle-même près de la Prieure, mais avec la délicatesse de la charité qui témoigne qu'elle agit ainsi pour l'accomplissement de son propre devoir et non par méfiance.

10. La portière doit toujours être présente au tour lorsqu'une Religieuse y parle ; aucune Sœur ne peut rien mettre dans le tour ni rien prendre de ce qu'on y passe, quand bien même ce serait pour elle. La portière reçoit elle-même tout ce qui entre et ne le donne aux Sœurs qu'après l'avoir porté à la Prieure; de même, elle ne passe rien au dehors sans avoir appris les intentions de la Prieure.

11. Lorsque la Prieure parle au tour, les por­tières sortent par respect.

12. Lorsqu'une Sœur a permission d'aller avec une tierce, soit au jardin, soit dans un autre lieu où des ouvriers sont enfermés sans tierces, la portière s'informe d'abord des intentions de la

Prieure, puis elle donne les clefs à la Sœur et à sa compagne qui les lui rendent au plus tôt.

13. C'est à la portière d'ouvrir et de fermer la porte de clôture et d'en garder une des clefs; elle garde aussi les clefs des parloirs, comme il est dit aux chapitres iii et vi de ce livre.

14. Comme son office l'oblige de prendre garde à la clôture, il faut qu'elle visite tous les soirs les grilles du chœur et du parloir pour s'assurer qu'elles sont bien fermées; elle visite aussi la grille de la chapelle de l'infirmerie quand on y a entendu la Messe.

15. Elle doit balayer les parloirs, les tours et les confessionnaux.

16. La portière ne peut faire sortir les tourières du dehors ni aucune personne, sans la permission de la Prieure; elle doit veiller sur les tourières, bien connaître leurs devoirs et leur en recom­mander l'accomplissement.

17. Il est défendu aux tourières de laisser des hommes entrer dans leur chambre; elles ne peuvent permettre non plus que les parents des Sœurs qui reçoivent l'habit ou le voile apprêtent le dîner dans leur logement. Elles ne doivent in­viter personne à faire un repas ou même une col­lation, sans une urgente nécessité et sans la per­mission de la Prieure, car le contraire serait une source d'abus; elles-mêmes, si on les invite à manger dans les maisons où elles vont, s'en excu­seront avec modestie.

18. Les tourières ferment la grande porte de de la cour en hiver un peu avant le soleil couché ; elles en passent les clefs à la portière après Complies avec celles des portes de l'église, de la cha­pelle de l'infirmerie, des parloirs et des confession­naux du dehors.

19. Au dedans, les portières ferment tous les soirs les portes des jardins et des cours, selon que la nuit s'avance, en hiver à cinq heures et en été à huit heures trois quarts. En tout temps, elles ferment les portes des cloîtres et des dortoirs un peu avant Matines et en mettent les clefs entre les mains de la Prieure; après la retraite, elles portent à la cellule de la Prieure toutes les clefs du dehors qui leur ont été passées par les tourières, et aussi celles du tour, des parloirs, des confessionnaux du dedans, de l'oratoire du Saint- Sacrement, des offices qui ont des portes dans le cloître, enfin des cours et des jardins.

20. Les portières ouvrent le matin les portes qu'elles ont fermées le soir; après le réveil, elles vont prendre les clefs dans la cellule de la Prieure et elles ouvrent les dortoirs et les cloîtres, mais elles attendent qu'il fasse jour pour ouvrir les portes des cours et des jardins; elles ne laissent jamais aucune clef aux portes, mais elles les gardent dans la chambre du tour.

CHAPITRE V

De quelques devoirs de la sacristine relativement au tour et aux grilles.

1. Le tour de la sacristie est réservé unique­ment au service de l'église. On ne peut y parler

qu'aux ecclésiastiques, au sacristain et aux tourières, et cela seulement pour ce qui concerne la sacristie; s'il est nécessaire, par déférence, de dire un mot aux ecclésiastiques, on s'arrête avec eux le moins possible.

2. Si un prêtre, après avoir dit la Messe, de­mande à la sacristine de le faire parler à quelque Religieuse, [elle le prie humblement de s'adresser au grand tour] ; elle peut toutefois se charger d'avertir la Prieure; mais s'il ne s'agit pas d'une personne de considération ou qu'elle ne craigne pas de faire trop attendre, elle va prévenir la por­tière qui fait le message et rend la réponse à celui qui l'a demandée.

3. Elle renvoie au grand tour pour remettre l'aumône qu'on apporte pour les Messes que l'on fait dire ; elle fait de même lorsque des ecclésias­tiques demandent l'honoraire qui leur est dû pour la Messe qu'ils ont célébrée.

4. La sacristine ne peut se servir du tour pour traiter avec les ouvriers des choses qu'elle a per­mission de faire faire pour l'église ou pour la sa­cristie ; elle ne peut rien donner ni recevoir par le même tour que les ornements et les autres choses nécessaires au service journalier de l'église et dont on ne peut se passer; si on lui présente des fleurs pour le Saint-Sacrement, elle les renvoie au grand tour, [car elle ne peut recevoir directement aucun objet nouveau, il faut qu'il ait été aupara­vant présenté à la Prieure par la portière.]

5. La première sacristine doit parler fort bas en tout temps à la sacristie et au tour; elle doit

garder plusieurs des règlements de la portière, comme de parler au tour avec modestie, d'être discrète, de ne dire qu'à la Prieure ce qu'elle apprend du dehors ou de ne le dire à d'autres qu'avec sa permission, d'observer les heures du grand silence, de s'abstenir de chanter, enfin de ne pas dire une parole à sa compagne pendant que le volet du tour est ouvert.

6.  La seconde sacristine ne parle pas au tour.

7.  La sacristine porte toujours sur elle la clef du tour et ne le laisse ouvert que le temps néces­saire ; elle ne laisse la clef à la porte du communicatoire que pendant les deux Messes auxquelles assiste la Communauté, et elle la rend à la Prieure après la Messe conventuelle; elle rend également la clef de la grande grille lorsqu'elle ouvre celle-ci en l'absence de la Prieure et de la Sous-Prieure. Lorsque le Saint-Sacrement est exposé, elle ne laisse pas la clef à la grille quoiqu'elle soit ouverte, mais elle peut garder la clef jusqu'à ce que le Saint-Sacrement soit renfermé dans le tabernacle.

8. Elle nettoie soigneusement la petite grille du chœur une fois par semaine, et la grande, une fois par mois. Elle ne doit entrer dans les confes­sionnaux que pour s'y confesser.

9.  Elle met le soir des barres de fer derrière le volet du tour et ferme la porte de la sacristie; après Matines, elle remet les clefs du tour et de la sacristie dans la cellule de la Prieure, et va les y reprendre le matin, avant l'oraison.

 

CHAPITRE VI

De l'ouverture de la porte de clôture.

1. On a dit au livre premier qu'il ne doit y avoir qu'une porte de clôture ; que, pour plus grande sûreté, on place une seconde porte semblable au dedans du monastère, à une distance de 3m,30 à 4 mètres de la première ; enfin que ces deux portes ferment chacune à deux clefs : l'une de ces clefs est gardée par la Prieure, l'autre par la portière.

2.  La Prieure doit toujours porter sa clef sur elle ; la portière, ne pouvant pas porter la sienne qui est beaucoup plus grosse, l'enferme dans une cassette ou armoire dont elle porte toujours la clef sur elle.

3. On fait passer par le tour tout ce qui peut y entrer, car on ne doit ouvrir la porte de clôture que par une nécessité absolue, et seulement pen­dant le temps nécessaire. On ne l'ouvre qu'en présence de trois Sœurs, savoir la portière et deux tierces nommées par la Prieure. Celle-ci confie sa clef à la plus ancienne des deux tierces qui ne peut la garder que le temps nécessaire pour ouvrir; s'il faut introduire des ouvriers qui restent quelque temps dans ie monastère, elle la rapporte à la Prieure et va la reprendre quand il faut les faire sortir; elle fait de même pour le confesseur, le médecin et le chirurgien ; enfin elle ne peut garder cette clef qu'environ un quart d'heure sans une permission particulière.

4. La portière ne doit pas confier à une autre l'ouverture de la porte, mais l'ouvrir et la fermer elle-même. Pour cela, la première tierce lui remet la clef de la Prieure; la portière, toutefois, ne peut l'avoir que précisément le temps d'ouvrir et de fermer, car les deux clefs ne doivent pas être entre les mains d'une Sœur sans qu'elle soit accom­pagnée.

5. Les trois Sœurs en présence desquelles s'ouvre la porte de clôture doivent porter leurs grands voiles baissés, de même que leurs robes et leurs manches, observer un complet silence, mais voir et entendre ce qui se passe, demeurer debout, ne pas étendre la main au dehors pour prendre quelque chose, ne pas quitter la porte, empêcher que qui que ce soit ne les touche, quand ce serait leur propre mère, et ne laisser entrer personne sans permission.

6.  S'il faut faire entrer plusieurs charretiers ou portefaix qui n'arrivent que les uns après les autres à un demi-quart d'heure d'intervalle, il faut fermer la porte pendant ce temps, parce qu'elle ne doit être ouverte que pendant le passage de ceux qui entrent ou qui sortent.

7. Si, pendant que la porte est ouverte, on passe d'autres choses que celles que la Prieure a donné permission de faire entrer, les Sœurs peuvent les recevoir, mais elles les laissent près de la porte jusqu'à ce que la portière en ait averti la Prieure.

 

CHAPITRE VII

Des entrées des séculiers dans le monastère.

1.  Les Souverains Pontifes et les Conciles ont fait des bulles et des décrets par lesquels ils dé­fendent rigoureusement à toutes sortes de per­sonnes, de quelque âge et de quelque condition qu'elles soient, d'entrer dans les monastères des Religieuses sans une permission légitime et sans une nécessité évidente, sous peine de péché mor­tel et d'excommunication de fait et sans délai. Ces peines, il est vrai, ne sont encourues que lorsque la clôture est papale; mais elles font com­prendre quelle importance l'Église attache à la clôture et combien elle veut qu'elle soit stricte­ment observée ; elles font aussi comprendre quelle est la gravité de la faute que l'on commettrait en y manquant. Il est à propos de rappeler que l'Evêque pourrait frapper de censures latae senten- tiae la violation de la clôture.

2.  C'est ce que doivent bien considérer, non seulement les séculiers qui entrent, mais encore les Supérieurs qui donnent des permissions sans nécessité et les Religieuses qui les admettent par respect humain, car les uns et les autres, n'ob­servant pas les règles de l'Église, tombent dans le précipice du péché et des censures, si elles ont été portées. Les Supérieurs et les Religieuses doivent donc s'instruire soigneusement des intentions de l'Église afin de s'y conformer.

3.  Il faut considérer premièrement que, d'a­près les Constitutions de l'Ordre, il n'y a cause légitime de faire entrer des séculiers dans le monastère que lorsque les choses nécessaires ne peuvent se faire sans leur assistance, ce qui doit s'entendre aussi de l'entrée des fardeaux que les Religieuses ne pourraient pas porter.

4. Il faut observer en second lieu que la Prieure ne doit ouvrir la porte à qui que ce soit, si elle n'a permission du Supérieur par écrit. Il suffit cepen­dant que celui-ci la donne chaque année par écrit d'une manière générale pour le confesseur, le médecin, le chirurgien et les ouvriers dont le monastère ne peut se passer.

5.  Il faut remarquer sur le premier point, qu'il n'est pas permis de faire entrer quelqu'un pour enseigner des ouvrages aux Sœurs ; celles qu'on reçoit pour être converses apprennent avant d'en­trer les choses qu'elles doivent savoir et qu'on n'enseigne pas dans le monastère.

6. On ne pourrait non plus faire entrer des séculiers dans la clôture, s'il ne s'agissait que de prêter à des amis des objets qu'il faudrait faire enlever par des ouvriers.

7.  On ne doit pas ouvrir la porte aux ouvriers qui voudraient prendre le plan du monastère, ou en examiner la structure pour le service des mai­sons religieuses des autres Ordres ou des sécu­liers. La clôture ne permet d'entrer que pour les choses nécessaires au monastère même ou à ceux du même Ordre.

8.  On ne peut faire entrer que les ouvriers nécessaires ; l'entrepreneur des bâtiments doit répondre de la fidélité de ceux qu'il introduit. On doit prendre garde que ceux qui entrent n'amènent pas avec eux sans besoin leurs enfants, sous pré­texte d'apporter des outils ou autre chose, parce que, dans ce cas, ils ne pourraient s'exempter des censures. Les Religieuses doivent les en avertir.

9. L'entrée des médecins et des chirurgiens, par forme de simple visite, sans besoin, est dé­fendue.

10. Les tourières elles-mêmes ne peuvent être introduites dans le monastère que pour suppléer à l'entrée d'un ouvrier, et alors il faut user envers elles des mêmes précautions qu'envers les autres séculiers.

11. Il ne faut faire entrer les fardeaux dans la clôture que par des gens de métier, et non par des personnes qui recherchent l'occasion de visiter le monastère.

12. Si même on rencontrait, pour faire les tra­vaux nécessaires, des personnes aussi entendues que les artisans mêmes, bien que n'en faisant pas leur état, on ne devrait pas s'en servir, parce qu'il pourrait résulter quelque scandale de voir entrer et sortir des personnes qui ne font profession d'au­cun art ni métier; que de plus, la familiarité avec ces personnes est plus dangereuse ; enfin, parce que cela donnerait occasion d'ouvrir la porte à toutes sortes de personnes de l'un et de l'autre sexe, soit pour peindre des oratoires ou décorer des autels, soit pour greffer, soit pour tout autre travail utile au monastère.

13. Sur le second point, c'est-à-dire au sujet des permissions nécessaires pour l'entrée des sécu­liers, il faut se rappeler que la permission géné­rale du Supérieur ne suffit pas dans les occasions qui sortent de l'ordinaire.

14. Si donc il faut faire entrer une personne exceptionnelle, comme un expert ou un ami en­tendu dans les bâtiments, afin de prévenir quel­que danger notable dans le monastère, il faut demander une permission particulière au Supé­rieur.

15. S'il est besoin de faire entrer des ouvriers pour l'utilité de quelque monastère de l'Ordre, il faut prendre une permission particulière du Supé­rieur; celle qu'il donne chaque année ne suffit pas, parce qu'il ne s'agit plus de l'utilité du monastère même, mais de celle d'un autre. De plus, on ne peut ouvrir que pour laisser prendre modèle de tout le monastère ou d'une partie principale du bâtiment, mais non pour copier des décorations de tableaux ou ornements semblables.

16. Saint Charles ordonne, dans ses Synodes, qu'on ne fasse pas entrer dans la clôture avant le soleil levé et qu'on fasse sortir avant le soleil cou­ché; il n'y a d'exception que pour le confesseur, le médecin et le chirurgien, et cela dans une notable nécessité.

17. On ne doit pas ouvrir la porte les jours de fête aux ouvriers qui désirent prendre des mesures ou préparer le travail pour les jours suivants.

18. Sixte IV veut que ceux qui entrent dans un monastère soient toujours conduits par deux Religïeuses des plus anciennes, qu'ils ne parlent qu'à elles seules et cela devant leurs assistantes, qu'ils ne couchent pas dans le monastère et qu'on ne leur y présente jamais à manger.

19. D'après cette ordonnance de Sixte IV, on ne doit employer comme tierces que des Sœurs an­ciennes, car ce serait évidemment contre la pru­dence d'envoyer avec les ouvriers les jeunes Sœurs, et plus encore les postulantes qui n'ont pas reçu l'habit. Les proches parentes ne peuvent pas plus servir ensemble de tierces à la surveillance des ouvriers qu'elles ne peuvent se servir mutuelle­ment de tierce au parloir.

20. Les tierces sont nommées par la Prieure; il faut toujours qu'elles voient les ouvriers et qu'elles se voient et s'entendent mutuellement. Sixte IV ordonne, et saint Charles fait de même dans ses Synodes, que lorsque les ouvriers sont sur les toits ou en d'autres lieux du monastère où il serait inopportun, dangereux ou messéant que les tierces soient près d'eux, elles se mettent dans un endroit où, ayant toujours le visage tourné de leur côté, elles voient ce qu'ils font, où ils vont et qui leur parle, afin d'en rendre compte à la Supé­rieure. L'usage de notre Ordre est que, si l'assis­tance de ces deux Religieuses semble trop diffi­cile à procurer, on tâche d'enfermer les ouvriers de manière à ce qu'ils ne puissent aller par la maison, ni parler à d'autres Sœurs qu'à celles qui sont désignées pour cela.

21. Lorsqu'il y a des hommes enfermés sans tierces dans le jardin ou ailleurs, aucune Religieuse n'y peut aller qu'avec la permission de la Prieure et avec une tierce. Toutes deux deman­dent la clef à la portière, ne se séparent pas l'une de l'autre pendant que cette clef est entre leurs mains, et la rendent promptement lorsqu'elles n'en ont plus besoin.

22. Si l'on doit mesurer dans le monastère le blé qu'on y fait entrer, il faut introduire avec ceux qui le portent une tourière ou quelque autre do­mestique pour aider au mesurage; de même, quand on fait entrer du vin et du charbon que des portefaix doivent descendre dans la cave, il faut qu'un domestique entre aussi pour les conduire, car il ne convient pas que les Religieuses le fas­sent elles-mêmes.

23. Il n'y a que la plus ancienne des tierces qui puisse parler aux ouvriers. Les saints Pères ensei­gnent qu'il ne faut pas leur demander des nou­velles, mais plutôt user de retenue dans leur con­versation.

24. Saint Charles, après plusieurs Papes, a or­donné que les Religieuses aient toujours le visage couvert de leur voile à la rencontre des personnes qui sont entrées dans le monastère, ce qui con­firme l'usage de l'Ordre. Si les Religieuses ne peuvent passer quelque part sans être vues, il faut, ou qu'elles évitent ce passage, ou qu'elles portent leurs grands voiles baissés.

25. L'ordonnance déjà citée défend en dernier lieu de présenter jamais à manger à ceux qui entrent dans le monastère; si donc les confes­seurs, les médecins et les chirurgiens étaient

occupés trop longtemps auprès des Sœurs malades, il faudrait les faire sortir pour prendre quelque nourriture, puis les faire rentrer.

26. Les ouvriers, toujours d'après le Pape Sixte IV, peuvent manger les choses qu'ils ont apportées dans la clôture. Il faut qu'ils choisis­sent pour cela un lieu éloigné du passage des Religieuses pour qu'elles ne les voient point; mais si c'est le monastère qui les nourrit, il faut les faire sortir pour manger dehors.

27. Il n'est pas seulement défendu aux Reli­gieuses de recevoir des séculiers dans la clôture; saint Charles, dans son premier concile, leur dé­fend encore de se charger d'aucun dépôt, ni de garder dans le monastère de l'argenterie, des titres, des papiers, des meubles, de l'argent, des bijoux, des pierres précieuses et autres choses d'importance; cela doit être observé dans l'Ordre, ainsi que le fait remarquer le P. Gibieuf dans sa lettre circulaire de l'an 1646. Si, dans une occa­sion très extraordinaire, on était obligé d'en user autrement pour une personne à qui le monastère aurait de très grandes obligations, on ne pourrait le faire sans une permission par écrit du Supérieur.

CHAPITRE VIII

De l'entrée des Évêques, des Supérieurs, des confesseurs et ecclésiastiques, et des Religieuses de l'Ordre.

1. Lorsque l'Évêque diocésain vient visiter un monastère, il n'amène avec lui aucune personne séculière, mais seulement deux ou trois ecclésiastiques au plus qui le suivent partout, et il ne per­met pas qu'ils se séparent tant soit peu de sa pré­sence.

2.  Pour le recevoir dignement et avec ordre, la sacristine étend au chœur un tapis sur lequel elle place un prie-Dieu et un coussin. Les Sœurs, revê­tues de leurs manteaux et de leurs grands voiles, s'assemblent à la porte conventuelle et s'y par­tagent en deux chœurs tournés l'un vers l'autre; les plus anciennes sont plus près de la porte, les Sœurs qui tiennent la croix et les chandeliers sont les plus éloignées et ont le visage tourné vers la porte; la Sous-Prieure porte le bénitier et l'aspersoir.

3. Aussitôt que l'Évêque est entré, les Reli­gieuses, excepté celles qui portent la croix et les chandeliers, se mettent à genoux, tournées vers le prélat, pour recevoir sa bénédiction; puis la Sous- Prieure remet le bénitier à l'un des ecclésiastiques qui présente l'aspersoir à l'Évêque. Celui-ci donne l'eau bénite aux Religieuses, et ensuite on le con­duit processionnellement au chœur, en chantant le répons Ecce sacerdos magnus et le psaume Laudate Dominum, omnes gentes, ou Memento Domine, David, qui sont commencés par les chan­tres et poursuivis par les Religieuses

4.  En arrivant au chœur, les Sœurs font la gé­nuflexion au Saint-Sacrement, puis elles se ran­gent aux stalles, s'y tiennent debout et font une inclination à l'Évêque quand il passe. Celui-ci se met à la place qui lui a été préparée, et la Prieure dit de la sienne les oraisons marquées au Manuel pour la réception des prélats. Pendant ces orai­sons, les Religieuses se tournent vers le Saint- Sacrement.

5.  Les oraisons finies, la Prieure, accompagnée de deux Religieuses seulement, mène l'Evêque aux lieux qu'il désire visiter; mais ni elle ni les Religieuses ne lèvent leurs voiles, parce qu'il est accompagné d'ecclésiastiques.

6.  Les autres Religieuses demeurent assemblées au chœur pendant cette visite, à laquelle on n'em­ploie qu'une matinée ou un après-midi.

7.  Après la visite, celles qui ont accompagné l'Évêque se mettent à genoux pour recevoir sa bénédiction.

8.  La cérémonie qui vient d'être décrite ne s'observe ordinairement que pour la première en­trée de l'Évêque, ou dans quelque circonstance exceptionnelle.

9.  Le saint Concile de Trente a abrogé le privi­lège dont usaient quelques Évêques de célébrer la Messe dans la clôture en certaines rencontres; c'est pourquoi ils ne peuvent entrer ni pour ce sujet, ni pour donner le sacrement de Confirmation, ni pour la vêture, ni pour la profession ou la prise de voile des Religieuses. Cette défense est en termes exprès dans les Synodes de saint Charles; le Concile de Trente défend aussi de garder le Saint-Sacrement dans la clôture.

10. Quand il faut consacrer l'église d'un monas­tère, l'Évêque peut entrer auparavant pour faire disposer autour de l'église le passage nécessaire. On peut fermer cet espace de planches ou d'autres choses pour empêcher que les séculiers ne le dé­passent; en effet, ils ne doivent point, même en considération de la dédicace, entrer dans la clôture, ni pendant la cérémonie, ni avant, ni après. Si la clôture est papale, cette défense est sous peine des censures portées par la bulle de Grégoire XIII.

11. Les Supérieurs eux-mêmes ne peuvent entrer dans la clôture sans une urgente nécessité.

12. Celui qui fait la visite du monastère ne peut entrer dans la clôture qu'une fois en chaque visite; il ne doit s'y arrêter que le temps néces­saire et avoir avec lui un ecclésiastique qui l'ac­compagne.

13. Les ecclésiastiques, de quelque dignité qu'ils soient, ne peuvent entrer dans le monastère sim­plement pour visiter et consoler les malades; les sujets qui leur donnent légitimement entrée et pour lesquels le Supérieur donne par écrit chaque année une permission générale, sont l'administra­tion aux malades des sacrements de Pénitence, d'Eucharistie et d'Extrême-Onction, et l'assistance des mourantes à l'extrémité. [Il peut arriver aussi qu'une Sœur longtemps malade, sans être en dan­ger, ait besoin de parler au Supérieur.]

14. Urbain IV et saint Charles dans ses Synodes disent que le prêtre peut entrer seul pour faire la recommandation de l'âme à une Sœur agonisante, mais il doit être assisté d'un prêtre ou d'un clerc pour donner le Viatique et l'Extrême-Onction.

15. Le confesseur ne doit jamais entrer la nuit, si ce n'est pour confesser une malade en danger pressant, lui donner le Viatique et l'Extrême-Onclion, et l'aider à bien mourir. Ce règlement doit être exactement gardé dans l'Ordre.

16. Quelques ecclésiastiques peuvent aussi en­trer pour assister aux enterrements des Sœurs, comme il a été dit au chapitre v du livre IX; mais il faut faire bien attention que ceux que l'on invite soient connus et approuvés dans le diocèse, et que leur nombre n'excède pas celui de quinze ou de vingt.

17. Ce n'est pas la coutume des Carmélites d'ac­corder l'entrée dans la clôture aux Religieuses des autres Ordres, ni même à celles de la Règle mitigée de l'Ordre. On ne doit pas l'accorder non plus aux Religieuses de la Réforme de sainte Thérèse qui ne sont pas de la Congrégation de France, à moins que ce ne soit pour des raisons importantes ap­prouvées du Supérieur, et avec sa permission.

18. Enfin, que les Religieuses considèrent sé­rieusement que la décrétale de Grégoire XIII ex­communie formellement, lorsque la clôture est papale, et les séculiers qui entrent sans nécessité, et les Religieuses qui les reçoivent, lors même que les Supérieurs auraient permis cette entrée; qu'elles comprennent encore une fois par là l'importance capitale de la clôture et la gravité de la faute que l'on commettrait en la violant.

 

CHAPITRE IX

De l'entrée et de la réception du roi, de la reine et des princesses.

1. Le roi, suivant l'usage de France approuvé du Saint-Siège, peut entrer dans les monastères et y mener un petit nombre de princes et seigneurs. La Prieure suppliera Sa Majesté de n'en prendre que trois ou quatre.

2. La reine et les filles de France peuvent, d'après le même privilège, entrer et coucher au monastère. Elles peuvent entrer avec le nombre de femmes qui leur convient, mais jamais avec aucun homme. La reine pourtant peut amener avec elle les fils de France ; toutefois la Prieure la suppliera de ne retenir pour la nuit que trois femmes; les filles de France en retiennent deux seulement.

3.  Les fils de France n'entrent dans le monastère qu'avec le roi ou la reine.

4.  Les princesses ne peuvent entrer qu'avec une permission par écrit de Sa Sainteté ; il faut de plus que cette permission ait été acceptée des Supé­rieurs, et aussi des Religieuses assemblées capitulairement. Les princesses ne peuvent jamais me­ner avec elles plus de trois femmes ni coucher au monastère, quoique leur permission soit plus étendue.

5. On n'accepte de permission de Rome que pour les princesses du sang, pour celles auxquelles l'Ordre aurait des obligations très spéciales, ou pour les princesses dont les maris sont gouverneurs de province. Les permissions dans ces deux der­niers cas ne doivent s'appliquer qu'à un monastère particulier. Si une princesse obtenait de Sa Sain­teté une permission générale d'entrer dans tous les monastères de quelque Ordre que ce fût, les Carmélites ne l'accepteraient pas : car leur usage est de ne recevoir qu'une permission donnée spé­cialement pour leur Ordre.

6. Lorsque le roi et la reine entrent pour la pre­mière fois dans le monastère, on prépare dans le chœur deux prie-Dieu et deux coussins sous lesquels on étend un tapis. On tinte deux fois la petite clo­che pour appeler les Religieuses; celles-ci s'assem­blent à l'avant-chœur. revêtues de leurs manteaux et de leurs grands voiles, et de là, elles vont rece­voir Leurs Majestés avec les cérémonies marquées au chapitre précédent pour les Évêques, excepté qu'on ne porte pas de bénitier et qu'on ne se met pas à genoux à la porte.

7.  Au moment où entrent le roi et la reine, ou seu­lement l'un d'eux, on commence le répons mar­qué au Manuel et les Religieuses se rendent processionnellement au chœur. Après le répons, elles chantent à deux chœurs le psaume Deus, judicium tuum Regi da. Lorsque les Sœurs sont rangées à leurs places au chœur et que Leurs Majestés sont à leurs prie-Dieu, la Prieure dit à sa stalle les ver­sets et les oraisons. Les Religieuses se tournent vers le Saint-Sacrement à la fin du psaume, et de­meurent ainsi jusqu'à ce que les oraisons soient achevées.

8. Les prières étant finies, la Prieure prend avec elle cinq ou six Religieuses pour conduire le roi et sa suite là où il lui plaira d'aller. Elles auront toutes leurs voiles baissés, même en présence du roi, s'il ne commande le contraire. Néanmoins la Prieure et les autres le lèvent en lui parlant.

9. Pendant que le roi reste dans le monastère, toute la Communauté demeure assemblée au chœur, sans qu'aucune puisse sortir, si ce n'est pour une nécessité absolue, et en ce cas, elle est accompagnée d'une autre Sœur qui ne la quitte pas.

10. Pendant ce même temps, on emploie quatre Religieuses pour le service du tour; la portière avec une compagne y reste et y répond, et les deux autres Sœurs font ensemble les messages.

11. Ces précautions étant prises, si quelque sei­gneur se sépare de la compagnie du roi, on le laisse aller tout seul dans la maison, sans qu'aucune Re­ligieuse l'accompagne.

12. On remet une des clefs de la porte conven­tuelle au capitaine des gardes du roi et la portière garde l'autre, en sorte qu'on ne puisse introduire personne dans le monastère sans que le capitaine des gardes et les Religieuses ne soient présents.

13. On n'ouvre cette porte que par le comman­dement du roi et avec le consentement de la Prieure, pour faire entrer des dames auxquelles on veut faire cette grâce, et dans ce cas la portière va l'ouvrir, accompagnée des trois Religieuses qui sont au tour avec elle.

14. Si le roi ou la reine demande à faire collation, la Prieure la fait apporter par deux ou trois Religieuses prises parmi celles qui l'accompagnent.

15. Cette collation ne doit pas être somptueuse, mais au contraire se ressentir de la vie d'ermite. On n'y sert jamais de viande, mais seulement deux ou trois plats de fruits et un ou deux plats de con­fitures « pour le respect de Leurs Majestés ». On ne permet à aucune dame ni princesse de donner dans le monastère des collations ni au roi, ni à la reine, ni à d'autres : car les monastères sont des lieux de pénitence dans lesquels on ne doit pas chercher ni trouver la satisfaction des sens, mais voir et apprendre la pratique des vertus et particu­lièrement de la mortification.

16. Comme on l'a dit, on ne reçoit le roi et la reine avec ces cérémonies qu'à leur première en­trée; on le ferait cependant une seconde fois s'ils ne revenaient qu'après un intervalle de plusieurs années; mais dans les monastères où ils entrent souvent, la Prieure et la Sous-Prieure, assistées seulement de quatre ou cinq Religieuses, vont les recevoir à la porte de clôture ayant leurs grands voiles sans manteaux ; elles les conduisent au chœur pour saluer le Saint-Sacrement, puis aux lieux où il leur plaît d'aller.

17. Quand la reine entre sans le roi, on observe quelques différences, parce qu'il n'y a pas d'hommes dans le monastère; la Communauté ne demeure pas assemblée au chœur, les Religieuses peuvent être chacune dans leurs cellules et aller seules dans la maison, mais toujours avec le grand voile baissé. Elles peuvent aussi faire voir le monastère aux dames à qui elles auraient permissiou de parler. Les clefs de la porte restent entre les mains de la Prieure et de la portière ; celle-ci n'ouvre la porte de clôture qu'avec la permission de la reine et de la Prieure, mais elle le fait avec l'assistance des seules Religieuses.

18. Il n'y a que les Religieuses désignées par la Prieure ou ayant sa permission qui puissent par­ler aux dames, et cela toujours avec une tierce.

19. Si une Sœur rencontrait dans la maison une dame qui demandât à parler à quelque Religieuse, elle la mènerait en silence à la porte du tour et ap­pellerait la portière; celle-ci irait prendre la per­mission de la Prieure, préviendrait la Sœur de­mandée et lui donnerait une tierce, sans laquelle elle ne pourrait parler à une séculière.

20. Pendant que la reine est dans le monastère, les offices sont fermés ; les Religieuses gardent toujours sur la tête le grand voile, qu'elles abais­sent lorsqu'une séculière entre dans leurs cellules; mais si on leur parle, elles ne répondent à per­sonne. Elles vont au chœur comme de coutume pour les offices et l'oraison.

21. Si la reine entend les Vêpres ou les Complies, les Religieuses ne s'asseyent pas par respect pour Sa Majesté, et gardent leurs voiles baissés à cause des personnes qui sont présentes. Elles ne le lèvent que si la reine le commande.

22. On avertit le monastère de la sortie du roi ou de la reine en tintant dix ou douze coups à la petite cloche, afin que les Religieuses qui parlent aux dames les mènent promptement à la porte pour sortir; en même temps, deux des Religieuses qui ont été désignées pour parler aux séculières, ont soin de chercher celles qui sont dans le mo­nastère et de les conduire à la porte, pour qu'au­cune ne demeure après la sortie du roi ou de la reine.

23. Lorsqu'une des filles de France ou une prin­cesse qui a permission d'entrer arrive au monas­tère, il suffit que la Prieure aille la recevoir accom­pagnée de la portière et de cinq ou six Religieuses qu'elle choisit; elle salue d'une profonde inclina­tion la princesse qui entre et la conduit là où elle veut aller. On lève les voiles quand elle est seule, et non autrement. Quand la princesse a fait en­trer des dames avec elle, les Religieuses qui sont avec la Prieure les conduisent et les entretiennent, ayant leurs voiles baissés; aucune Sœur ne peut leur parler si elle n'a été nommée à cet effet par la Prieure; si quelque dame voulait parler en parti­culier à une Religieuse, il faudrait que la Prieure le permît, et dans ce cas il y aurait toujours une tierce.

CHAPITRE X

Des causes légitimes pour lesquelles les Religieuses peuvent sortir de la clôture.

1. L'Église ne permet d'ouvrir la porte à une ou à plusieurs Religieuses que pour empêcher la ruine ou le dommage notable de la Communauté, ou bien l'inobservance absolue de la Règle, ou encore pour aider à maintenir, à augmenter ou à réformer l'Ordre.

2. On peut donc faire sortir une Religieuse lors­qu'on juge qu'elle ne saurait demeurer plus long­temps avec les autres dans un monastère, sans un grand danger ou un scandale notable pour la Com­munauté, et qu'on ne peut pas lui faire la correc­tion comme il serait nécessaire.

3.  On peut faire sortir la Communauté pour évi­ter un grand péril, comme la guerre, la peste ou l'incendie; mais il faut que le cas soit si grave qu'il mette la vie des Religieuses dans un danger évi­dent.

4.  Les Religieuses ne peuvent jamais sortir de la clôture, pour quelque motif que ce soit, sans la permission par écrit du Supérieur, et cette permis­sion est invalide si elle n'est donnée pour quel­qu'une des causes susdites.

5.  Si pourtant l'accident de guerre ou de feu arrive si inopinément qu'on ne puisse en avertir le Supérieur, on ne doit pas laisser de sortir, parce que la nécessité n'a point de loi, et l'on doit présu­mer que la volonté du Supérieur est qu'on évite un péril manifeste; la Prieure, en cette circonstance, donne la permission. S'il est nécessaire que la Com­munauté reste quelque temps dehors, la Prieure en avertit immédiatement le Supérieur, parce que la connaissance de la cause lui appartient; il peut arriver que le motif qui a paru légitime à la Prieure ne soit pas jugé tel par lui, et alors la Communauté serait obligée de retourner dans la clôture.

6.  Si après un embrasement il restait dans le monastère un logement suffisant pour que les Sœurs puissent y être en sûreté, elles seraient obligées de s'y retirer.

7.  Lorsqu'un mal contagieux ou un autre acci­dent grave contraint les Religieuses à sortir du monastère, elles sont obligées de vivre en clôture et en régularité dans les maisons séculières où elles se retirent.

8.  Aucune Religieuse ne peut sortir pour quel­que maladie que ce soit, ou pour toute autre cause où il n'y va que de son propre intérêt ou de celui d'une seule Sœur; le Supérieur ne peut, en ce cas, lui en donner la permission, parce que cette cause n'est pas légitime.

9.  Les Carmélites ne doivent point accepter de sortir de leurs monastères pour aller réformer ceux des autres Ordres; sainte Thérèse et ses filles ne l'ont jamais fait en Espagne, et l'expérience a fait voir en France que cela porte préjudice à notre Ordre. Les Carmélites sont établies dans l'Église pour honorer Dieu par l'exercice de la vie contemplative; elles font profession de solitude, et doivent fuir les affaires qui font du bruit et ont de l'éclat.

10. Une postulante peut sortir le jour où elle prend l'habit ; encore ne lui est-il pas permis d'aller en aucun lieu de la ville; elle se retire seulement dans le logement des tourières, et de là elle passe à l'église pour la cérémonie.

 

CHAPITRE XI

Ce que doivent observer les Religieuses lorsqu'elles vont d'un monastère à un autre.

1. On parlera dans ce chapitre, non seulement de ce qui a trait à la clôture dans les voyages des Religieuses, mais encore de toutes les obser­vances qu'elles doivent garder hors de leurs mo­nastères.

2.  Les Religieuses, lorsqu'elles vont d'un cou­vent à un autre, doivent être accompagnées d'une femme vertueuse et de bonne réputation, et aussi d'un ecclésiastique. [Ce dernier point ne semble pas toujours nécessaire de nos jours où les voyages sont si rapides.]

3. Elles doivent voyager dans une voiture fer­mée ou une litière, et n'y laisser monter avec elles ni l'ecclésiastique qui les accompagne, ni aucun homme, fût-ce même leur propre frère. Si elles voyagent en bateau, elles se retirent dans une cabine et se séparênt le plus possible des sécu­liers.

4. Elles ne se détournent pas du droit chemin sans une permission expresse du Supérieur, qui ne doit l'accorder que rarement, et pour des motifs si utiles et si importants qu'ils ne puissent ouvrir la porte à des abus.

5. Elles mettent leurs manteaux et leurs san­dales lorsqu'elles montent en voiture et en des­cendent, et lorsqu'elles vont à la Messe.

6. Elles portent toujours leurs grands voiles baissés, excepté lorsqu'elles sont seules devant la séculière qui les accompagne. Dans les chemins, il leur est permis, comme un soulagement néces­saire, d'ouvrir les portières et de lever leurs voiles, mais elles doivent être soigneuses de les abaisser ou de tirer les rideaux lorsqu'elles aper­çoivent des passants. Lorsqu'elles entrent dans les villes ou les villages, elles ferment les portières et les rideaux et baissent leurs voiles, afin de n'être pas vues et de ne voir personne.

7. Elles doivent communier le premier jour de leur voyage, avant de sortir du monastère.

8. Tous les matins, après être montées en voi­ture, elles disent l'Itinéraire, prière que l'Église marque pour les voyageurs.

9. Elles entendent tous les jours la Messe de l'ecclésiastique qui les accompagne, dans l'église la plus voisine de l'endroit où elles descendent; les jours auxquels elles communient, elles se con­fessent à lui à l'église. Si cette église était celle d'un couvent dont les Religieuses les priassent d'entrer au parloir, elles devraient s'en excuser; mais si on venait leur parler à la grille du chœur, elles pourraient y dire quelques mots.

10. Elles ont soin de faire deux heures d'orai­son en voiture, l'une le matin et l'autre le soir; elles font l'examen avant le dîner et observent le grand silence de la nuit et celui de midi; dans les autres temps, elles ne parlent entre elles que pour les choses nécessaires, et cela à voix basse ; lors­qu'elles entretiennent ceux qui les accompagnent, ce doit être des choses de Dieu ou de sujets utiles. Elles ont un sablier pour mesurer le temps de leurs exercices et, si elles sont plusieurs, une clo­chette pour les annoncer. Elles disent les Matines le soir, après être arrivées au lieu où elles doivent passer la nuit.

11. Elles gardent les jeûnes de l'Ordre si elles n'en sont dispensées par une maladie actuelle ou une incommodité notable ; mais elles peuvent, s'il en est besoin, faire collation le matin et souper le soir. Elles ne doivent pas permettre que, dans les hôtels, on leur serve une quantité de mets ou des choses recherchées; mais elles ont soin de prati­quer la mortification et la régularité comme dans le monastère, autant que cela se peut. Il faut qu'il ne paraisse rien en elles qui ne soit conforme à ce qu'on doit attendre des filles de la sainte Vierge et de sainte Thérèse. Celles qui seraient obligées d'user d'aliments gras dans le monastère ne doi­vent pas le faire en voyage. De même, elles doi­vent porter leurs tuniques, lors même qu'un sujet légitime les en dispenserait dans un autre temps.

12. Lorsqu'elles arrivent aux hôtelleries, elles se retirent seules clans leurs chambres avec la sé­culière qui les accompagne. Celle-ci reçoit elle-même ce qu'on apporte aux Religieuses, pour éviter que personne n'entre où elles sont ; si quelqu'un désire leur parler pour une chose nécessaire, elles répondent à la porte, debout, et abrègent l'entretien le plus possible. Aucune des Reli­gieuses ne reste jamais seule avec une personne étrangère; il faut qu'une autre Religieuse, ou du moins la séculière qui les accompagne, soit présente.

13. L'ecclésiastique qui voyage avec elles ne doit pas plus entrer dans leurs chambres que les autres, si ce n'est par une nécessité absolue et évidente.

14. Les Religieuses ne peuvent sortir de leurs chambres que par nécessité, et lors même qu'elles seraient deux ensemble, il faut qu'elles soient accompagnées par la séculière qui est venue avec elles.

15. Si, avant d'entrer clans la chambre ou après en être sorties, elles sont obligées de parler à quel­ques personnes, elles prennent garde de le faire avec une très grande retenue et modestie, et de terminer promptement.

16. Elles ne couchent pas dans les lits, mais dessus, et elles les font couvrir de draps blancs, parce que ces lits servent à toutes sortes de per­sonnes.

17. Pendant tout le voyage, quelque malades ou infirmes qu'elles soient, elles ne quittent jamais leurs vêtements hors des monastères; elles ôtent seulement leur scapulaire et mettent celui qu'elles portent la nuit, avec un voile blanc.

18. La séculière qui accompagne les Religieuses doit coucher dans leur chambre, et il faut qu'il y ait toujours de la lumière la nuit.

19. Elles vont loger dans les hôtelleries plutôt que chez des personnes particulières, à moins qu'il n'y ait quelque obligation de faire autrement, parce qu'on est plus libre dans les hôtels pour se recueillir et suivre ses exercices de piété, que dans les maisons particulières où l'on est obligé, par reconnaissance, de donner du temps à la conver­sation de ceux chez qui on est logé, et de laisser entrer à cet effet dans la chambre la maîtresse de la maison et ses filles. [De nos jours, cependant, les choses ont changé, et il sera souvent plus con­venable de s'arrêter dans un couvent ou chez une personne pieuse que dans un hôtel.]

20. Lorsque les Religieuses arrivent dans les monastères de l'Ordre qui se trouvent sur leur passage, elles se mettent à genoux devant la Prieure dès qu'elles sont entrées et lui présentent leurs obédiences ; avant d'aller en aucun lieu de la mai­son, elles doivent prier qu'on les mène au chœur pour adorer le Saint-Sacrement.

21. Tout le temps qu'elles restent dans le monas­tère, elles obéissent à la Prieure, gardent les observances de la vie religieuse comme si elles étaient là pour toujours, et ne parlent à aucune des Religieuses du monastère, à moins que la Prieure ne leur en envoie à cette intention.

CHAPITRE XII

Ce que la Prieure doit observer lorsqu'elle va visiter un monastère qu'elle fait bâtir.

1. Lorsqu'une Prieure fait construire un monas­tère et qu'elle n'a personne au dehors qui ait l'in­telligence de la manière dont il doit être bâti, le Supérieur peut lui permettre de sortir pour donner les ordres aux ouvriers.

2. Dans cette visite, la Prieure est toujours ac­compagnée de deux Religieuses également autori­sées à sortir, et aussi d'une personne séculière de bonne réputation. Les deux Religieuses sont tou­jours près de la Prieure et ne s'en séparent pas, pour quelque sujet que ce soit. Toutes trois tien­nent toujours leurs voiles abaissés. Si le lieu est tant soit peu éloigné, elles n'y vont pas à pied, mais dans une voiture fermée.

3. Elles ne doivent rester hors de la clôture que le temps absolument nécessaire pour voir ce qu'ont fait les ouvriers et leur expliquer ce qu'ils ont à faire. Elles doivent aussi éviter la rencontre des sé­culiers, sauf de ceux qu'elles auraient priés de venir pour donner leur avis dans les difficultés du bâti­ment. Si par hasard elles rencontrent d'autres per­sonnes de leur connaissance, elles les saluent seu­lement en passant, sans s'arrêter ni parler avec elles.

4. Ces sorties, quoique parfois nécessaires, doi­vent être rares, et il faut qu'elles soient motivées par des choses importantes et qui ne puissent s'ex­pliquer que sur les lieux à des ouvriers qui n'ont pas vu les monastères de l'Ordre. On peut limiter le nombre de ces visites à trois ou quatre jusqu'à l'achèvement de l'édifice.

5. La Prieure ne doit sortir que pour la cons­truction d'un monastère entier, ou du moins d'une partie considérable ; jamais pour de petites répa­rations ni pour des travaux à faire au logement des ecclésiastiques ou à celui des tourières. Si elle trouve une personne à qui elle puisse donner ses ordres et explications pour les travaux du monas­tère et qui soit capable de les transmettre aux ou­vriers, elle doit s'en servir pour éviter de sortir de la clôture.

FIN

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