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De Mère Agnès de Jésus à Céline - 13-14 avril 1893.

 

De Mère Agnès de Jésus à Céline. 13-14 avril 1893. 

J.M.J.T.

Ma petite Céline chérie,

Mère Marie de Gonzague va mieux ! Quel bonheur. Aussitôt que nous avons commencé une neuvaine à Mère Geneviève ce mieux s'est fait sentir, M. de Cornière était tout surpris ce matin... Je suis bien contente... J'ai reçu les oranges bien à propos car Mère M. de G. était à la dernière, il n'y a que cela et l'eau de Seltz qui lui faisait plaisir. [1 v°] Maintenant quand il y aura quelque chose de bon chez ma Tante, je tends la main bien humblement.

On fêtera le bon Pasteur Dimanche (dimanche 16). N'oublie pas les bonnes tartes s'il vous plaît ! ou bien de grands et bons bourdins, mais recommande-les car la pâte était mauvaise la dernière fois... J'ai encore une petite demande à faire à ma chérie... J'ai compté tantôt mes petits chromos chocolatés, hélas je n'en [2 r°] ai pas assez. Il m'en faudrait encore faut-il le dire ?... Eh bien il m'en faudrait 10... Je suis comme une enfant avec mes petites affaires, penses-tu que je les ai tant tripotées que j'ai fini par casser plusieurs bâtons de chocolat... Je me réjouis tant de faire un petit plaisir à mes sœurs ! Aie pitié du petit bébé de Mère Prieure.

Maintenant, une autre affaire ! et la photo de M. Youf (Céline en réalisera plusieurs poses). Donne-moi donc quelques jours et [2 v°] heures où tu l'attendrais je vois bien qu'il serait content d'avoir son portrait un peu gros et bien net. Je prierai le bon Dieu pour que tu réussisses, surtout que personne ne soit là pendant l'opération. Que la figure s'il est possible, soit aussi grosse que Mère Geneviève.

Adieu petit Célin chéri, âme privilégiée que le bon Jésus regarde avec tant d'amour !

Je t'embrasse comme je t'aime.

Sr Agnès de Jésus

II ne faut pas que petite Tante oublie le poisson promis. S'il y [2 v° tv] a de la raie cela me ferait plaisir ou du sansonnet... Mais je serai contente de tout.

A bientôt, ma chérie, je t'embrasse encore une fois.

Dis-lui que je la remercie et que je l'aime. Si vous mangiez du poulet Dimanche quel bonheur. Ma Mère y goûterait sans doute. Tâche donc de faire tordre le cou à quelque volatile !

J'aime mieux des gâteaux pas trop fins et qu'il y ait un bon morceau pour chacune.

Pardon petit Célin de toujours te quêter. Mais petit Paulin est pauvre ! ! ! ! Il faut bien qu'il ait recours à la charité publique.

[2 r tv] (Vendredi) J'écris (sic) cette lettre hier soir, Mère Marie de Gonz a passé une mauvaise nuit, mais il faut quand même espérer.

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