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De Mère Agnès de Jésus à Céline - 26 avril 1893.

 

De Mère Agnès de Jésus à Céline. 26 avril 1893. 

J.M.J.T.

26 avril 93.

Petite Céline chérie,

Il faut donc aller jusqu'à  Caen (Céline est à Caen depuis le 25 avril, avec Marie Guérin. Mme La Néele les a invitées pour profiter de la foire. Céline rentrera à Lisieux le 2 mai) pour te souhaiter un bon anniversaire, mais ce n'est pas trop pour une gentille petite sœur comme toi, que Jésus aime et bénit d'un amour et d'une bénédiction si particulière ! Chère petite [1 v°] colombe de Jésus, que ton blanc plumage me plaît ! Oh ! ne change pas ton nid de place, je le vois dans les hauteurs comme un nid d'aigle... Il est là tout près du Ciel et les orages de la terre se trouvent au-dessous de lui. Chante, petite colombe, chante ton petit air plaintif en face du beau ciel bleu de l'amour de Jésus. Ne crains rien, il préfère ta voix chérie [2 r°] à toutes les mélodies d'ici-bas, une seule note de ton gémissement lui fait oublier les blasphèmes des pécheurs, et quand la blanche Hostie se repose en ton cœur II se console de tous les sacrilèges et de la fureur des impies parce que l'amour de sa petite colombe lui est plus précieux que la haine des méchants ne lui est amère.

Petite Céline, voici mon petit compliment... Adieu maintenant et ne crains [2°] pas de vieillir parce que l'âme n'a point d'âge comme la petite colombe ne peut avoir de ride.

Je t'embrasse tendrement. Sr Marie du Sacré Cœur se joint à moi pour t'adresser ses vœux et ses tendresses. Elle n'a pas le temps de t'écrire.

Ta sœur et petite Mère

Sr Agnès de Jésus

r.c. ind.

P.S. - Si Francis ne peut pas nous donner des nouvelles de Mlle Troude (nièce de sœur Marie-Philomène), je t'en prie écris-nous bien vite. Ah ! si tu pouvais la voir, mais je crains que ce ne soit pas possible.

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