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Cahiers Scolaires n° 20

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Cahier scolaire n° 20

CAHIER SCOLAIRE

17 Février 1887

Aspect de la Bretagne

Cette longue presqu'île, d'un aspect sauvage a quelque chose de singulier, dans ses étroites
vallées, des rivières non navigables baignent des donjons en ruine *ruines, de vieilles *vielles
abbayes, des huttes couvertes de chaume où les troupeaux vivent pêle mêle avec les pâtres.
Ces vallées sont séparées entre elles par des forêts remplies de houx, grands comme des
chênes, ou par les bruyères semées de pierres druidiques autour desquelles plane *plannent
l'oiseau marin, et paissent des vaches maigres avec de petites brebis. Un voyageur à pied peut
cheminer plusieurs jours sans apercevoir *aperçevoir autre chose que des landes, des grèves,
et une mer qui blanchit contre une multitude d’écueils *écoeuils. Région solitaire, triste,
orageuse, enveloppée de brouillards, couverte de nuages, où le bruit des vents et des flots est
éternel.

CAHIER SCOLAIRE

4 Mars 1887

La Branche de Lilas

Une pauvre ouvrière, calée *callée contre la montre d'une marchande [de] fleurs de la
Chaussée d'Antin, regardait les lilas d'un œil *oeul anxieux. La neige, au dehors, tombait
froide et pressée. Les lilas de la boutique semblaient avoir été caressés *carressés par les
premières brises du printemps.
Avec hésitation, la femme ouvrit la porte de la marchande. La branche de lilas, combien ?
fit elle, en la prenant. Dix francs.
"Dix francs !" s'écria l'ouvrière qui laissa tomber *tomba sur le comptoir les fleurs qu'elle
tenait. Une larme s'échappa de ses yeux, une de ces larmes isolées et contenues qui brûlent les
paupières.
« Mon pauvre petit ! s'écria l'ouvrière. Il était né pendant que les lilas étaient en fleurs,
et... et…il partira pour toujours sans une branche dans les bras !"
"Vous avez perdu votre enfant ? "dit la marchande émue.
Alors, elle prit, non plus une branche, mais une

CAHIER SCOLAIRE

touffe de lilas, en emplit le tablier de la malheureuse mère *mêreen repoussant la pièce de
monnaie que celle ci lui offrait. Il ne sera pas dit que je vous ferai payer le dernier lit de
votre enfant. »
Champfleury (Les enfants)

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8 Mars 1887

Le Héron

Le héron, autrefois très commun en France, n'y est plus aujourd'hui qu'un oiseau de passage.

Sa décadence est moins sensible en Amérique. Il est moins poursuivi ; les solitudes sont plus
vastes ; il trouve encore des marais, des forêts sombres et presqu'impénétrables. Dans ces
ténèbres il est plus sociable ; dix ou quinze ménages s'y établissent ensemble*ensembles.
L'obscurité parfaite des grands cèdres sur les eaux livides les rassure et les réjouit. Vers le
haut de ces arbres, ils construisent avec des bâtons une large plate forme : qu'ils couvrent de
petites branches

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voilà le domicile de la famille ; là, la ponte tranquille, l'éclosion, les enseignements paternels.
Ils n'ont pas à craindre que l'homme vienne les inquiéter dans ces retraites ; elles se trouvent
dans des terrains bas, fangeux et chéris de la fièvre jaune.

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11 Mars 87

La Neige

La neige *Neige, résulte du refroidissement des vapeurs répandues dans l'atmosphère. Elle
se forme quand la température est au dessous de zéro, l'air pur et le temps calme. Dans ces
conditions, les vapeurs atmosphériques se congèlent en petites aiguilles qui, se réunissant
plusieurs ensemble donnent naissance à ces groupes que nous appelons flocons. *floçons.
Rien de plus admirable et de plus régulier à la fois que les flocons *floçons de neige. Malgré
les apparences, ils sont tous construits sur le même type, ils dérivent tous d'étoiles à six
rayons, diversement modifiées par des *de additions successives *succéssives. Remarquons
en passant que les flocons *floçons

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qui tombent en même temps, ont généralement la même forme ; mais, s'il y a un intervalle
entre deux averses consécutives de neige, on trouve dans la seconde des figures différentes de
celles de la première.

15 Mars Thérèse 1887

La Neige (Suite)

La neige tombe en hiver parce que sa formation suppose un refroidissement, que l'hiver seul
peut en général déterminer. Une basse température et une*un atmosphère très humide étant
des conditions indispensables pour qu'elle se produise, on conçoit qu'elle ne doit pas être
également commune sur tous les points du monde. Aussi n'en voit on jamais dans la zone
*zône torride, rarement dans les parties les plus chaudes des zones tempérées, et elle tombe
avec d'autant plus d'abondance qu'on se rapproche des pôles ; il est même

CAHIER SCOLAIRE

des pays dont elle recouvre habituellement le sol. Toutefois, comme la température diminue
à mesure qu'elle s'élève dans l’atmosphère, il est évident que ce qui précède n'est vrai que
pour les parties basses de la surface de la terre, et qu'à l'égard des montagnes il doit exister un
autre ordre de choses. C'est effectivement ce qu'apprend l'expérience, car sous l'équateur, les
sommets des monts les plus élevés sont toujours couverts de neige.
Maigne.

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Les deux ailes

Que ne puis je monter avec les hirondelles ?
S'écriait un enfant ; j'irais, j'irais comme elles,
Plus haut, toujours plus haut, jusqu'au *j'usqu'au fond du Ciel.
Sa mère, l'entendit formuler ce beau vœu ... bleu,
« Il faudrait que j'eusse deux ailes. »

CAHIER SCOLAIRE

« Tu les [as], mon enfant, tu les as toutes deux ! »
- « Quoi ! j'ai deux ailes, moi, pour m'élever de terre.
Deux ailes pour voler au céleste séjour? »
- « Oui, toi même, ajouta la mère :
L'une, c'est la prière, et l’autre, c’est l'amour. »

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Le chevalier Bayard

Le chevalier Bayard, naquit à Grenoble, dans une famille noble et vertueuse. Son père un jour,
rassembla ses nombreux enfants pour leur demander quelle carrière ils voulaient embrasser.
Quand ce fut le tour du petit Pierre, – c’était le prénom du futur chevalier, – Il se prononça
pour les armes.

Le Chevalier Bayard (Suite)

Le vieillard, joyeux, applaudit à ce choix et au jour du départ sa mère, fondant en larmes, dit à

CAHIER SCOLAIRE

son enfant : « Aimez, craignez et servez Dieu, mon fils, soyez humble et courtois ; soyez
charitable envers les pauvres et secourable pour tous. » Puis, elle lui remit six écus d'or, et
Pierre Bayard quitta le château *château de ses aïeux *ayeux avec le ferme propos d'être
aussi brave que son père ; aussi charitable que sa mère. Il fut l'un et l’autre et mérita d'être
surnommé «le chevalier sans peur et sans reproche.»

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Le Petit Joseph

Le petit Joseph s'en allait à l'école, ses livres et ses cahiers sous son bras gauche, dans la main
il tenait sa grammaire, qu'il avait mal apprise. Il lisait, relisait, répétait cent fois le même
mot ; mais un chien passait, Joseph courait après ; une hirondelle voltigeait sur sa tête, Joseph
lui jetait une pierre ; enfin, deux camarades le rencontrèrent. Quand il arriva à l'école, il ne
sut pas sa leçon, son maître le punit, son père le gronda et sa mère ne put retenir ses larmes.
Écoliers, ne remettez jamais à plus tard pour apprendre votre leçon.

CAHIER SCOLAIRE

Le 15 Avril 1887

Les Violettes

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Le petit Georges n'avait encore vu que des violettes bleues. Un jour on lui en montra dans le
jardin du voisin, qui étaient blanches comme la neige, et d'autres qui étaient rouges comme du
feu. Le propriétaire lui en donna plusieurs de chaque espèce que Georges s'empressa d'aller
montrer à sa maman. Celle ci lui dit : Ces trois espèces de violette ne sont pas si rares que tu
le penses, mais je vais te dire de quoi chacune est l'emblème. La violette bleue est l'image de
l'humilité *lhumilité. La violette blanche est le symbole de la pureté et de l'innocence. Enfin
la violette rouge est l'image de la charité qui doit régner dans nos cœurs. Rappelle-toi, mon
enfant, ces belles vertus, chaque fois que tu verras ces trois espèces de violettes.
15 Avril 1887.

Henriette Marie De France

La sage et religieuse princesse, qui fait l'objet de ce discours *discourt, s'est instruite *instrute
elle même à l'école

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du malheur. J'ai déjà dit que Dieu enseigne les princes, et en leur ôtant leur puissance. La
reine dont nous parlons a également entendu deux leçons bien opposées. C'est à dire, qu’elle a
usé chrétiennement de la bonne et de la mauvaise fortune. Dans l'une, elle a été bienfaisante ;
dans l’autre, on l'a toujours trouvée invincible tant qu'elle a été heureuse, elle a fait sentir son
pouvoir au monde, par des bontés infinies ; quand la fortune l’eut abandonnée, elle s'enrichit
plus que jamais des vertus ; tellement qu'elle a perdu par son propre bien cette puissance
royale qu'elle avait pour le bien des autres.
Bossuet.

p. 10

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19 Avril 1887
Le Printemps

Les pâturages sont arrosés, et les coteaux se parent d'une riante verdure ; Les campagnes
retentissent de cris de joie et de chants d'allégresse ; les louanges et les actions de grâces de
toute la nature s'élèvent jusqu'au Ciel. Les oiseaux reprennent leur office de bardes célestes ;
et répètent leurs hymnes matinales avec plus ou moins de mélodie. Qu'il est gai le chant de la
fauvette, qui, voltigeant

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de branche en branche, ne se lasse point de chanter ! L'alouette s'élève dans les airs, en saluant
le jour et le printemps par des sons gracieux. Les poissons remontent à la surface des eaux, car
ils ont recouvré leur première vivacité .
L. Cousin Despréaux.

p. 11

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3 mai 1887
Le Liseron

Une graine de liseron avait levé sous une haie touffue. La pauvre petite plante privée d'air et
de soleil se traînait languissamment à terre. Trop faible pour se soutenir, elle cherchait autour
d'elle un appui. « Hélas ! disait elle, si je pouvais m'élever un peu au dessus de cette haie
qui m'étouffe, je verrais le soleil et je pourrais fleurir. Saule blanc, aux branches élancées,
veux tu que je m'appuie sur toi ? »
Le saule laisse pencher vers la terre

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un de ses rameaux flexibles. Le liseron s'y accroche ; il y enroule sa petite tige frêle. Puis, du
rameau, il s'élance aux grosses branches pour les enlacer. Et tout l'été, Nous vîmes le saule
paré de mille clochettes azurées, gracieusement suspendues à son feuillage argenté. De loin,
on eut dit, que ces fleurs étaient siennes. Au liseron, il avait donné un appui, et le liseron lui
avait donné sa beauté.
Delon.

7 Mai 1887

Les Deux Almanachs

Un almanach de l'an passé,
Étant sur un bureau côte à côte placé,
Près d'un almanach de l’année,
Lui disait : « Cher voisin, quel *qu’elle crime ai-je *aije donc fait,
Qu’on ait si brusquement changé ma destinée,
Mon maître à chaque instant, m'ouvrait, me consultait,
Et maintenant ma basane fanée,

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A la poussière, aux vers, demeure abandonnée,
Tandis que le capricieux
Semble avoir pour toi seul et des mains et des yeux.
L'autre almanach, tout frais, doré sur tranches
Lui répondit : Mon pauvre ami,
Tu n'es *est plus de ce temps et le tien est fini.
Quand nous en sommes au Dimanche,
Tu n’es encore qu'au Samedi ;
Ne t'en prends *prend qu'à ton millésime.
Si, grâce au mien je suis ce que tu fus,
J'aurai mon tour, et mon seul crime
Sera d'avoir compté douze lunes de plus.

Les Deux Almanachs (Suite)

Ainsi tout passe et change en ce monde fragile
N'être plus de son temps, c'est comme n’être pas.
Les hommes sont charmants tant qu'on leur est utile
Qui ne l'est plus ne voit que des ingrats.
Résignez vous à ces tristes pensées
Vieux serviteurs, anciens soldats ;
Gens d'autrefois, puissances renversées,
Vous êtes de vieux almanachs.
Viennot.

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Jules César et son vieux Soldat

Un vétéran appelé en justice par un de ses voisins, plaidait sa cause devant Jules César
et toutes convaincant'es *convainquantes que pouvaient être les raisons qu'il développait

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depuis plus d'une demi heure, il s'apercevait *apperçevait qu'elles étaient peu appréciées.
Changeant alors de tactique : Mon général, dit il à César, vous souvient il d'une contusion
que vous reçûtes au cou de pied gauche près de Sucranne en Espagne ? Oui, je m’en
souviens, elle me fit assez souffrir, pour que j'en ai *aie gardé *jardé la mémoire. Mais à quoi
bon cela ? - Vous souvient il encore que, voulant vous reposer par un soleil très ardent sous
un arbre qui répandait *répendait peu d'ombrage, et le seul qui eut percé à travers les roches
aiguës dont le sol était hérissé, un de vos soldats vous improvisa un dais avec son manteau ?
La suite au prochain Numéro.

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Suite de Jules César

Oui, certes, je me rappelle toutes ces circonstances ; et, même, dans ce moment là, je
mourais de soif, et ne pouvant me soutenir sur ma jambe endolorie *andolorie, j'essayais
de me traîner sur les mains vers une fontaine, que j'avais entendue couler dans les
environs*evirons, quand ce même soldat, homme brave et obligeant alla me chercher de
l’eau dans le fond de son casque. Pourriez vous mon général, reconnaître l'homme ou le
casque?
Pour le casque impossible; quant *quand à l'homme, c'est probable ; mais à coup
sûr, ajouta César impatienté de voir interrompre le cours de l'instruction d'une affaire par
l'évocation de cet ancien épisode de ses campagnes, à *a coup sûr *sur, tu n'es pas ce soldat.
La suite au prochain la suite au prochain numéro
CAHIER SCOLAIRE N° 20 p. 16

Suite de Jules César

Vous ne devez pas, en effet, me reconnaître, reprit le vétéran, en montrant avec orgueil
*orguel sa face cicatrisée, car je n'avais encore reçu à cette époque, aucune blessure qui
me défigurât ; mais depuis lors, j'ai perdu un œil *oeuil et gagné *gâgné plus d'une balafre
*balaffre. Vous ne reconnaîtriez pas mieux le casque si vous le revoyiez : un Espagnol l'a
fendu en deux d'un coup de sabre au moment où je relevais une aigle, qu'un porte enseigne,
blessé à mort avait laissée choir. » Cette fois, les arguments du vieux guerrier portèrent juste :
César défendit qu'on inquiétât désormais son ancien compagnon d'armes et lui adjugea les
fonds même où se trouvait le chemin, cause ou objet du litige.
Fin

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Pradier

C'était dans l'automne *autonne de mil huit cent cinquante. Pradier, le célèbre statuaire, que
se sont vu enlever trop tôt la France et les arts, habitait alors à Nîmes. La tête tout occupée
de la magnifique fontaine dont il poursuivait l'exécution, et qu'on a mise au nombre de ses
ouvrages les plus estimés. Pour se distraire quelques instants du travail fatigant qui l'excédait,
il accepta la proposition qui lui fut faite d'être témoin dans un Baptême de campagne. La
journée était belle et chaude. Le Baptême se faisait dans la commune de ... petit village sis
entre Nîmes *Nimes et Montpellier. On partit de bonne heure. Pradier portait un costume que
son imagination s'était plu à composer en dehors des règles communes de l'usage. La suite au
prochain numéro.

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Pradier Suite

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En le voyant arriver dans cet accoutrement de fantaisie, qui, à raison même de la chaleur du
jour, offrait quelque chose *chôse de plus original et de plus bizarre qu'en toute *tout autre
circonstance, le curé qui ne connaissait Pradier que de réputation, et qui s'était fait de sa
personne physique une tout autre idée ne put s'empêcher de sourire et de former sur le compte
de ce singulier témoin des conjectures peu favorables. La cérémonie des fonts Baptismaux
terminée, on se rend à *a la sacristie, et s'asseyant *s'asséyant devant la table : Vos noms
et prénoms dit le curé en interpellant Pradier. Celui ci, s'arrachant un moment à une
conversation animée qui l'occupait, lui répond brusquement : Pradier.

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Pradier Suite

Et vos prénoms ? Demande le Prêtre. Qui n'obtient aucune réponse. A la même question
répétée une seconde fois même silence. Mais enfin vos prénoms, dit le Curé qui s'impatientait
un peu et qui ajoute, en croyant faire une facétie : Faut il mettre Jean Jacques ? – Mettez
Jean Jacques répond cette fois ci Pradier. – Et votre profession –Artiste. – Mais, dit le
Prêtre toujours sous l'impression du costume, il y a tant d'artistes différents ! quelle est votre
profession ? – Artiste statuaire; et, si vous le voulez, ajoutez : membre de l'institut *istitut
de France et officier de la légion d'honneur. » – « Mais vous êtes le grand Pradier dit le
Curé en se levant de sa chaise ! c’est vous qui ciselez la fontaine monumentale de Nîmes ! je
regrette de n'avoir pas reconnu plus tôt l'auteur de tant de chefs d'œuvres dont s’enorgueillit
la France. »

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Pradier Suite

Cette scène *cène ne devait pas se passer en simples politesses ni en excuses faites et agréées,
elle devait avoir des conséquences plus importantes qu'on ne l'aurait cru. Frappé d'un nom
qui venait de s'offrir à lui dans des conditions et sous une forme aussi étrange, le bon curé se
met à fouiller dans les vieilles archives *archivres de sa paroisse, et pendant qu’il feuillette
un registre poudreux, il trouve l'acte de mariage d'un Pradier qui était né dans la commune
de N..., où il exerçait la profession de fabricant *fabriquant de bas ; et d'où il était parti pour
transférer sa résidence à Genève, le onze Juillet mil sept cent cinquante sept. C'était l’aïeul de
notre Pradier ;

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Pradier Suite

Celui ci apprit ainsi par la suite d’un heureux hasard l'origine de sa famille et rapporta le soir
chez lui un titre *tîtregénéalogique ; qu'il n'avait pu parvenir encore à se procurer dans ses
longues et minutieuses recherches. On sait en effet que James ou plutôt Jean-Jacques Pradier
né à Genève le 23 mai mil sept cent quatre-vingt-dix avait toujours eu le vague soupçon que
sa famille était d'origine Française ; mais il n'avait pu obtenir à ce sujet aucun renseignement,
de la part de son père, homme illettré *illétré, brutal qui s'était même efforcé de fausser la
direction de ses enfants et de les détourner de [la ] noble voie des arts loin de seconder leurs
généreuses aspirations.

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Le Triomphe D'Amphitrite.

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Cependant que nous voguions *vogions en pleine mer, nous fûmes témoins d'un spectacle
que, tout palpitants d'un religieux effroi, nous contemplâmes longtemps en silence. D'abord,
nous aperçûmes *appercumes des dauphins qu'on eût dit *dits couverts d'écailles d'or et
d'azur, et qui, plongeant et reparaissant tour à tour, se livraient à mille jeux divers au sein
des ondes bouillonnantes. Après eux venaient les tritons sonnant de la trompette avec leurs
conques recourbées ; ils environnaient le char d’Amphitrite, traîné par des chevaux marins,
qui, la bouche écumante et l’œil en feu, fendaient l'eau salée, laissant au loin derrière eux un
vaste sillon dans la mer.
La suite au prochain numéro.

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Vendredi 10 Juin
Les Superstitions Egyptiennes.

Les anciens peuples de l’Égypte adoraient les bêtes mêmes ; et l'on trouve encore, mêlées
aux momies des rois et des pontifes, dans les souterrains des temples ou les caveaux des
pyramides, des momies de quadrupèdes, d'oiseaux et de reptiles religieusement embaumés.
Les savants ont recours à des hypothèses *ipothèses, à des fables même, pour expliquer une
si étrange aberration *abberration de l'esprit humain. D'après les uns, les Égyptiens croyaient
à l'existence *existance de la métempsycose *metamciqause, ce qui ne prouverait pas
grand’chose, d'après les autres, l'origine d'un culte, si bizarre se trouverait dans la mythologie
Grecque, où l'on voit que les dieux de 1'Olympe *Olymphe, assaillis dans les cieux mêmes
par les géants, y laissèrent *lassèrent seuls Jupiter et Bacchus et s'enfuirent dans une île *ile.

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Un Autographe
Le mois dernier, a été mise aux enchères *anchères, dans une vente à l'encan, où s'étaient
donné rendez vous les amateurs d’autographes, une lettre émanée d'un personnage qui a joué
un rôle dans l'histoire contemporaine, de prime abord, un jeune homme qui s'était avancé du
premier rang, double la mise à *au prix qui avait été annoncée *anoncée par le commissaire
priseur,tout *toute élevée qu'elle était ; et croyant avoir déconcerté par là tout prétendant
possible s'attend *atend, l’œil fixé sur la feuille volante *valante, objet de ses désirs, à se la
voir adjuger sans contestation. Mais, oh surprise ! son enchère tout *toute exorbitante déjà
qu'elle semblait, est presqu'aussitôt couverte par un vieillard *viellard au maintien digne et
sévère ; placé à l'autre bout de la table.

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