Imprimer

Cahiers Scolaires n° 22

 

CS22-02CS22-03-04

CS22-05-06

CS22-07-08

CS22-09-10

CS22-11-12

CS22-13-14

CS22-15-16

CS22-17-18

CS22-19-20

CS22-21-22

CS22-23-24

CS22-25-26

CS22-27-28

CS22-29-30

CS22-31-32

CS22-33-34

CS22-35-36

CS22-37-38

CS22-39-40

CS22-41-42

CS22-43-44

CS22-45-46

CS22-47-48CS22-49-50CS22-51-52CS22-53-54CS22-55-56CS22-57-58CS22-59-60CS22-61-62CS22-63-64CS22-63-64CS22-65-66CS22-67-68CS22-69-70CS22-71-72CS22-73-74CS22-75-76CS22-77-78CS22-81-82CS22-83-84CS22-85-86CS22-87-88CS22-89-90CS22-91-92CS22-93-94CS22-95-96CS22-97-98CS22-99

Cahier scolaire n° 22

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 2

8 Mars 87
Les Bohémiens

J'ai rencontré, il y a peu de temps une singulière famille. Ces pauvres gens viennent des
montagnes de Bohême, pays grandiose et magnifique, avec ses rochers et ses pentes
escarpées. Hélas les pauvres Bohémiens savent mieux que personne, la beauté de leurs
montagnes, aussi n’est-ce que la nécessité la plus pressante qui les en a fait s’éloigner. Oui
les habitants de la Bohême aiment leur pays, quelle peine pour eux d'être obligés de s’en aller
courir la France pour gagner leur pain.
La famille que j'ai rencontrée sur la grande route, se composait d'un pauvre garçon d'une
dizaine d’années, c'était lui qui avait la charge de tout le petit peuple, deux petites blondines
d'environ six ans s'exerçaient *s'exercaient à chanter

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 3

en faisant danser leurs pauvres petites marmottes, les pauvres bêtes engourdies par le froid
n'avaient pas envie de faire voir leur talent de danseuses, alors les petites se sont mises à
les réchauffer en pleurant, car elles mêmes étaient transies par un froid glacial. Deux autres
enfants, s’exerçaient *s'exercaient encore, à tirer des sons avec des instruments de musique ;
mais ils étaient si tristes, qu'ils n'en tiraient que des sons lents et monotones. Je m'approchai
vivement émue, et je demandai, aux petites filles, si elles ne voudraient pas entrer quelque
*quelques temps chez moi, pour se réchauffer. Elles me regardèrent avec leurs grands yeux
noirs baignés de larmes, et puis elles me dirent, que cela leur ferait grand plaisir, pourvu que
je leur permette d’emmener leurs marmottes, et leur chien caniche, je dis aussi aux petits
garçons d'entrer et là les pauvres enfants me racontèrent une histoire bien touchante;

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 4

celle de tous les enfants de la Bohême qui ont perdu leur père, leur mère est malade, et eux
pauvres orphelins *horphelins sont réduits à mendier s'ils ne veulent pas mourir de faim. Ils
ont quitté leur hutte chérie, un matin que le Soleil dorait la montagne, toute la nature semblait
renaître autour d'eux, jamais leur pays ne leur avait semblé si beau, et il *ils fallait *falait
qu'ils le quittent pour aller dans une terre étrangère, laissant là leur mère mourante, à la garde
de quelques vieilles *vielles femmes qui l’aimaient, mais qui malgré tout n’étaient pas ses
enfants. Ils me disaient tout cela, *celà avec une voix si touchante et si triste que j'ai été émue
*emue de compassion *compâsion, je leur ai dit : Pauvres enfants, vous êtes comme des petits
oiseaux qui s'envolent du nid avant d’avoir des ailes, vous êtes jeunes et purs, mais qui sait,
si dans le grand Paris vous ne perdriez pas votre innocence, retournez dans votre nid sur la
montagne

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 5

soignez vous-même votre bonne mère, allez revoir votre montagne dorée, et vos rivières
argentées, restez y toujours je me charge de votre voyage et quand vous manquerez de
quelque chose, souvenez-vous que vous avez une amie qui ne vous laissera manquer de
rien……………………………………….....................................
Les enfants sont retournés dans leurs montagnes de Bohême; leur mère a eu une si grande joie
de les revoir qu’elle s’est promptement rétablie. Maintenant, cette pauvre famille est en paix
et peut jouir un peu de la joie dont elle a été tant privée.

Thérèse

11 Mars 1887
La Grâce

La grâce est un don que Dieu nous fait par pure bonté

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 6

en vue des mérites de Jésus Christ pour nous faire opérer *operer notre salut.
Il y a deux sortes de grâces ! La grâce habituelle ou sanctifiante et la grâce actuelle.
La grâce actuelle nous est bien nécessaire pour être sau-vés. C'est un secours du moment qui
nous aide à faire le bien et à éviter le mal. pour atteindre son but, la grâce actuelle a besoin de
notre coopération. En raison même de son résultat, la grâce est dite suffisante, si par le fait de
notre liberté ou de notre opposition, elle n'obtient pas le but voulu de Dieu ; et efficace si ce
but est atteint.
Il arrive souvent que l'homme par l'effet de sa volonté empêche la grâce de Dieu de faire son
œuvre.
Notre Seigneur le faisait voir en disant de Jérusalem: «Que de fois n'ai je pas

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 7

voulu réunir tes enfants comme la pou-le rassemble ses petits, et tu ne l'as pas voulu ! ...»
La grâce *grace habituelle est la grâce qui demeure en notre âme et la rend agréable à Dieu
c'est une qualité, une influence *influance per-manente, divinement répandue *répendue dans
l’âme, unie et inhérente à l'âme comme la vie au corps qu'il habite. Mais quand on a *à le
malheur de perdre cette grâce qui rend l'âme *amme blanche *blance et imma-culée, de toute
souillure *soulure aux *au yeux de Dieu c'est que l'on a commis un péché mortel. On peut
cependant retrouver la grâce *grace de son Baptême *Batême par le sacrement de pénitence
ou *où une contrition parfaite de ses fautes.
La grâce sanctifiante s'augmente par les bonnes œuvres mais surtout par la réception des
sacrements.……………………………………..................................................
Oh ! quelle est belle l'âme qui a *à la grâce

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 8

sanctifian-te. Comme notre Seigneur abaisse avec amour ses regards sur elle. C'est comme un
lis qui est blanc et immaculé et qui n'a pas encore livré *profané [premier jet] ses parfums aux
injures du temps. Si on voyait une seule minute deux âmes (en admettant *admetant que cela
soit possible sans mourir) l'une en état de grâce et l'autre en péché mortel, on éprouverait tant
d'horreur pour la dernière et on trouverait l’âme *ame en état de grâce si belle, que personne
même les pécheurs les plus endurcis ne voudraient commettre *commetre un péché mortel.

15 Mars 1887
Un Bateau

Je ne connais, rien de plus délicieux, qu'une promenade en bateau, j'en ai fait une ces jours
derniers et pendant ces quel-ques heures j'ai ressenti de si douces

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 9

impressions, que j’ai voulu les écrire.
La rivière était belle, un ciel d'azur se mirait dans ses flots transparents, ce jour-là le soleil
*temps [premier jet] était brûlant comme il l'est ordinairement au mois d'Août *Aout, mais les
grands arbres qui ombrageaient la rivière, nous donnaient une fraîcheur *fraicheur agréable.
Autour de nous tout était paisible dans la campagne, à travers le feuillage touffu nous
entrevoyions des champs *chanps dorés parsemés de bluets et de coquelicots. Vraiment nous
aurions pu nous croire dans le paradis terrestre, autour de nous les oiseaux gazouillaient à
qui mieux mieux, notre orchestre était vraiment des mieux choisis, je ne crois pas que jamais
fauvette et rouge--gorge aient fait entendre un plus joyeux ramage.
Notre joli batelet passait si gracieusement sur la rivière qu'on aurait pu le prendre à une
certaine distance

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 10

pour un beau cygne nageant gracieusement, car j'avais eu le soin d'y attacher une belle voile
blanche, que le zéphir *vent [premier jet] faisait flotter tout doucement ... ... .
Dans le fond des eaux bleues nous entrevoyions autant de merveilles qu'autour de nous, les
petits poissons nageaient dans l'onde avec une vitesse surprenante nous les voyions souvent
avec leurs reflets dorés et leurs taches rouges passer et repas-ser sans cesse, courant après un
ver ou une miette de pain ... . .
Nous avons fait une halte auprès d'un vieux château *chateau que nous avons été visiter il
était magnifique et grandiose avec ses tours crénelées * crennelées et son pont levis, puis nous
avons goûté sur l'herbe, mais notre halte n'a pas été de longue durée tant nous avions envie
d'être de nouveau balancées dans notre petite na-celle.
À partir du château l'aspect avait

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 11

changé autour de nous, des roseaux croissaient de chaque côté de notre rivière qui s'était
rétrécie en cet endroit mais qui pour cela n'en était pas moins belle, il y avait flottant sur
l’onde un grand nombre de nénuphars blancs, quel *qu’elle plaisir j'ai eu à en cueillir
*coeuillir en pas-sant, comme ses fleurs étaient belles et allaient bien avec cette rivière
enchantée. Quand chaque personne a eu un bouquet de fleurs des eaux au corsage, notre
nacelle s'est remise à voguer doucement, nous nous sommes arrêtées souvent pour admirer
la na-ture que Dieu dans sa bonté et sa magnificence a *à créée autour de nous !... Que de
merveilles ! … que ma plume est impuissante à retra-cer les oeuvres que Dieu a jetées avec
profusion autour de nous, qui pourra les redire avec toute leur perfection ? ... Personne, car
Dieu seul connaît *connait parfaitement ses œuvres. ………..

CAHIER SCOLAIRE

La Mer

La mer !… Que de beautés, que de merveilles, renferme cet horizon sans fin. Qui peut en
regardant la mer, ne pas s'écrier comme Saint Augustin : « Seigneur, vous seul êtes grand,
vous seul êtes mon Dieu ! » Dieu dans son infi-nie bonté a *à voulu que chacune de ses
créatures soit marquée de sa main afin *affin que les hommes ne puissent se méprendre sur
l'auteur de la nature, car en effet qui pourrait s'attribuer la plus petite création de Dieu ? ... un
atome *àtôme n'est il pas aus-si parfait qu'une montagne? Aux yeux de Dieu il n'y a ni pe-tit
ni grand, car lui seul est infini!...
Les fleurs, les étoiles, les animaux, les grains de sa-ble, les moucherons. Tous les êtres de la
nature sont là, com-me

p. 12

N° 22

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 13

autant de livres ouverts qui tous nous laissent lire un seul mot, le nom de leur créateur qui a
*à rempli ses oeuvres de sa grandeur et de sa sagesse infinie qui dans sa grande bonté soutient
continuellement ses créatures, leur con-serve la vie et pourvoit à leurs besoins; car il n'est pas
jusqu'au plus petit moucheron qu'il laisse sans s'en occuper, n’est il pas dit « Aux petits des
Oiseaux Dieu donne la pâtu-re et sa bonté s'étend sur toute la nature » C'est lui qui donne au
lis des vallées sa robe qui a été tissée par les an-ges et qui à chaque printemps fait refleurir
toutes les plan-tes que pendant l'hiver il avait endormies.
C'est encore Dieu qui dans sa main puissante tient le globe de la terre et le fait rouler dans
l’espace et c'est lui qui a placé au firmament *firmamant ces légions d'étoiles, ces mondes
auxquels il prodigue autant

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 14

de soins qu'à celui que nous habitons. Avec quelle admirable disposition notre terre a été faite,
combien Dieu est bon de nous avoir entou-rés *entouré de tant de merveilles pour un lieu
d'exil, si déjà la terre est si belle, que serait-ce *seraice donc que le Ciel.
L'immense étendue d'eau qui couvre les trois quarts du globe est bien faite *fait pour nous
faire envisager faiblement la grandeur de Dieu. Quelle prodigieuse quantité d'êtres vi-vants
et matériels n'y a t il pas dans la mer, si le nombre des monstres *montres marins nous
semble impossible à calculer que se-rait ce *cerai ce donc si on voulait analyser ce que la
mer renferme de molécules et de microbes vivants, respirant tout aussi bien que la baleine
*balaine, si dans une seule goutte d'eau on en trouve des milliards... La raison *nature
[premier jet] humaine se perd dans ce dédale et Ce-pendant Dieu non seulement *selement
connaît *connait le nombre des animaux *annimaux infiniment petits

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 15

mais encore il veille à leur conserva-tion *conservatiôn et les reproduit *reproduits tous les
jours.
Quelle leçon pour l'orgueil humain…et que ces consi-dérations sont propres à nous donner
une vague idée de la grandeur infinie de Dieu... ... .

Saint Joseph

Saint Joseph ! qui osera publier *plublier ses louanges ? qui pour-ra *poura rapporter sa
vie émérite *et mérites. L'évangile en parlant de Joseph ne dit qu'une chose *chôse : C'était
un homme juste et crai-gnant Dieu. Jésus a *à voulu jeter un voile mystérieux sur la vie de
celui qu'il appelait son père, afin que les actions de St Joseph soient pour lui tout seul. Mais à
travers ce voile Jésus nous permet encore de distinguer quelques traits de la grandeur

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 16

d’âme *ame de St Joseph. Saint Joseph a *à toujours corres-pondu aux grâces divines jamais
*j’amais il n'a trouvé trop dur *dure de faire la volonté de Dieu. Quel *Quelle exemple de foi
nous donne St Joseph. A peine l'ange lui a t il dit de fuir *fuire avec Jésus et Marie, qu'il
se lève et part... Sa vie est remplie d’ac-tions semblables, obéissant toujours au bon plaisir de
Dieu.
Quelle puissance ne doit pas avoir Saint Joseph auprès de celui qu'il a *à nourri *nouri
pendant sa vie mortelle ... . Oh oui ! allons *alons avec confiance à Joseph. Jésus lui même
nous le recommande car il ne peut rien refuser à celui qui pen-dant son existence *existance a
*à toujours cherché à lui plaire.

Oh ! Grand saint vous qui pouvez tant auprès de Jésus, fléchissez son coeur en faveur de la
France malheureuse et priez Dieu qu'il ne détourne pas sa grâce, rappelez-lui que la France est
la fille aînée de l'Eglise.

CAHIER SCOLAIRE

Les Tremblements de Terre

Dieu, pour punir, les humains, a divers moyens à sa dis-position. Il emploie contre les
hommes coupables, tantôt la peste, la guerre, ou une maladie contagieuse, mais, une des
*unedes punitions dont nous voyons souvent les effets se nomme les tremblements de terre.
C'est une chose horrible à voir et même à penser ! La terre remue, ... s'entrouvre ... elle laisse
passer dans son sein tout ce qui se trouve sur elle! les maisons, les animaux et même les
hommes. Les tremblements de terre s'expliquent parfaitement par la science ils sont pro-
duits par des causes purement naturelles, et ils peuvent même être prédits plusieurs semaines
à 1’avance. Mais quoique les tremblements de terre soient produits par des raisons naturelles,
Dieu

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 18

s’en sert pour châtier des nations coupables et les faire revenir à lui. Alors les innocents
pâtissent pour les coupables, la récolte du bon est aussi bien détruite que celle du méchant.
Oh ! prions Dieu qu'il éloigne de la France le terrible fléau des tremblements de terre, déjà
plusieurs prédic-tions se sont fait entendre. Faisons pénitence comme autre-fois Ninive
coupable, et peut être Dieu dans sa grande misé-ricorde épargnera t il la France notre
chère patrie.

p. 17

N° 22

La Campagne

Comme la campagne, est bien plus agréable que la ville pour moi, je préfère son calme et
sa sérénité, au tumulte d’une grande cité. Je vais tous les ans passer quelques mois à une
radieuse petite campagne

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 19

qu'on nomme les nids. Son nom lui a été valu *vallu par la prodigieuse quantité d'oiseaux,
qui viennent à chaque printemps *Primptems y établir, dans les arbres touffus, leur joyeuse
famille. Que les jours que je passe à la campagne son-t délicieux, tous les matins les fêtes
recommencent *recomancent, tantôt il faut aller visiter une famille pauvre, ce plaisir nous
est souvent accordé, car aux nids, il ne manque pas de pauvres gens. Nous sommes comme
les reines de ce petit village quand les habitants apprennent *apprenent notre arrivée, tous
sont dans la joie, car depuis l'année précédente des malheurs sont venus fondre *fondrent sur
quelques *quelleques familles, nous allons les visiter avec bonheur et ces *ses journées ne
sont pas celles où nous sommes le moins heureuses. Il y a très peu de prairies aux nids mais
elles sont remplacées avantageusement par des champs dorés de blé *blés, parsemés de bluets
et de coquelicots.

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 20

J'aime à aller le soir au Soleil couchant, dans ces blés odoriférants, je ne suis jamais plus
heureuse, que quand je puis rester seule des heures entières à cueillir *coeuillir ces fleurs
champêtres, à en charger mes bras, puis je *se m'assieds au milieu des blés dorés et là je

contemple les *le nuances empourprées, que laisse le Soleil dans sa course. Après avoir fait
un grand nombre de bouquets je rentre à la maison que je décore de haut en bas avec ma
moisson de fleurs. Mon plaisir est aussi grand quand en allant à la messe je vois le soleil se
lever, les blés se nuançant petit à petit; les abeilles commencent à bourdonner, et les fleurs
se relèvent chargées *chargees d'une rosée vivifiante ! comme l'air est pur! l'atmosphère
embaumée *embaumé ; les petits oiseaux font entendre leur prière du matin à cette vue l’âme
*l’ame se tourne vers le Créateur de toutes ces merveilles et dans le fond du coeur on bénit
Dieu d'avoir ainsi

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 21

comblé de richesses la terre où nous sommes en exil. Dans cette nature de la campagne, il
n’est rien qui soit l’oeuvre des hommes au plus loin que les yeux se portent ils ne rencontrent
que l'horizon des champs de blé *blés. Dans un coin de ce paysage enchanteur une petite
Eglise dessine sa fine silhouette, c'est le seul monument des nids Dieu seul y règne et y est
aimé. Oh ! Combien ces paysans à coeurs simples plaisent à Dieu comme Il les protège et les
comble de ses faveurs, ces pauvres gens pour la plupart *plus part ne savent pas lire, mais
Dieu tient sous leurs yeux un livre ouvert. Un livre ! tel qu'aucun autre ne pourrait raconter
*racconter aussi bien sa grandeur. Dans ce volume les paysans à coeurs simples, peuvent lire
aussi bien et même mieux que les savants.
Ce livre de Dieu se nomme…La nature !.....

CAHIER SCOLAIRE n° 12 p. 22

Un Ruisseau

Je connais, dans un petit hameau, loin, bien loin du tu-multe des villes, une source charmante.
Elle sort de vieux rochers plus que centenaires *centenaire, ces rochers sont couverts de
mousse fine et de fougères, aux feuilles élégamment *élagamment découpées, l'eau en
tombant forme sur les rochers une cascade charmante puis elle descend, dans l'herbe fleurie
sur un lit de petits cailloux blancs et roses; l'onde est si claire, et si limpide *linpide , la source
est si déserte que les charmants chanteurs des bois viennent en foule s'y désaltérer et y faire
entendre leur *leurs joyeux ramage. Qu'il fait bon venir par une chaude journée d'été auprès
de cette source murmurante, tout repose la vue autour de vous, les vertes prairies émaillées de
fleurs éten-dent leurs nappes finement brodées. A l'endroit où le ruisseau prend sa source

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 23

de vieux chênes séculaires étendent au loin leur ombrage, dans leurs branches les petits
oiseaux construi-sent leurs nids et y vivent gaiement. Vraiment, c'est bien dans cet *cette
endroit qu'on devrait conduire, ceux qui nient l'existence de Dieu, à la vue de tant de
merveilles oseraient ils encore affirmer qu'un Dieu bon et magnifique, ne les [a] pas créés !
………..

Pâques

Pâques *Paques! ... Combien ce mot renferme de joie et de Bon-heur. En cette fête de la
Résurrection de Jésus, tout est joyeux, la nature semble *s’emble renaître de la torpeur, dans
laquel-le * l’aquelle l'avait plongée l'hiver froid et malsain. Comme elle paraît belle cette
grande fête *fete si

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 24

longtemps désirée. La semaine Sainte, semaine de tristesse et de larmes l'a précédée, elle fait
ressortir tout ce qu'il y a de joyeux et de suave dans le retour de Jésus à la vie. En ces saints
jours Jésus convoque tous ses enfants à s'approcher du banquet des anges, oh !qu'il est doux
l'appel qu'il fait entendre à l'âme, pour la prier, de venir prendre sa part au banquet, qu'il
lui a pré-paré dans l’immensité de son amour. Jésus avant de remonter au Ciel ne veut pas
nous laisser orphelins *horphelins sur la terre, dans ce lieu d'exil il veut que les âmes pour
lesquelles il [a] souffert jusqu'à *a mourir pour les sauver, trouvent de quoi les consoler dans
leurs peines et les guider dans les sentiers épineux de la vie, alors Jésus a institué le sacrement
de l'ado-rable Eucharistie par lequel il restera jusqu'à *j’usqu’a la fin des siècles avec les
enfants qu'il a sauvés. Quelles actions de grâces pourrons- nous rendre à celui qui

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 25

nous a ainsi aimés ? Comment reconnaître un aussi grand bienfait ? Cependant Jésus pour
prix de son amour ne nous demande que de lui donner notre cœur, mais de le lui donner sans
partage, qu'il soit pour lui seul. Ah ! comment refuser notre coeur à celui qui l’a si bien gagné
*gâgné à celui à qui il appartient de droit puisque lui--même l'a racheté au prix de son sang.
Comme la fête de Pâques d'aujourd'hui est bien plus dou-ce que celle des anciens Israélites,
alors ils ne mangeaient que la chair d'un agneau qui était la figure de Jésus mais maintenant ce
n'est pas un agneau qui nous est offert, c'est Jésus l'agneau sans tache qui se donne à *a nous
pour rendre la vie à nos âmes. Dans cette fête de Pâques, tout le monde est heureux même les
enfants qui ne comprennent *comprenent pas encore le sens de cette douce fête, car en ce jour
on leur distribue des œufs multicolores qui charment

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 26

leurs yeux d'enfants et leur font voir que la fête de Pâques *Paques n'est pas une fête ordinaire
puisque pour la fêter on leur fait cadeau d’œufs si beaux qu’ils n'en voient jamais qu'à
l'occasion de cette grande solennité *fête [premier jet] Autrefois ce qui n'a lieu aujourd'hui
que pour les enfants se faisait pour les grandes personnes, car pendant le Carême l'usage des
œufs était complètement interdit. Quand arrivait la fête de Pâques les parents et les amis
s'envoyaient des œufs coloriés pour fêter la grande fête à laquelle l'usage des œufs était
*étaient permis.

La Fontaine

Le spirituel *sprituel La Fontaine, s'est plu dans ses fables à faire parler des animaux qui
nous font voir par leurs défauts et leurs qualités *qualitées, les actions des hommes. Je vais
aujourd'hui développer deux personnages des fables *flables

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 27

du bon La Fontaine *Lafontaine, l'un parle de l'imprévoyance l'autre de l’égoïsme *egoïsme.
Voici une pauvre cigale, mourant de faim et de froid, elle entre chez la fourmi, lui raconte
une lamentable his-toire, capable d'émouvoir un rocher, mais la fourmi reste in-sensible aux
larmes de madame la cigale et celle ci est obli-gée de s'en retourner sous la neige à jeun et
toute transie. A cette histoire tout le monde condamne la fourmi de son insensibilité, mais
regardons les choses de plus près et considérons si la fourmi a tous les torts. D'abord comment
se fait il que les greniers de madame fourmi soient si bien garnis pen-dant que ceux de la
pauvre artiste sont entièrement vides. Sans doute les greniers de la cigale ont été ravagés par
des courtilières *cour-tillères qui n'ayant pas travaillé *travaillés sont venues manger le bien
d'autrui ? ... Mais non ! la cigale dit elle-

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 28

même que pendant tout l'été elle a *à chanté à tous ceux qui passaient un joyeux refrain, et
qu'elle n'a pas même songé à remplir son grenier *grenir. La fourmi au contraire a agi *aji
avec prudence pendant tout l'été on l'a *à vue occupée à bien ranger ses provisions dans son
gre-nier et elle est sûre *sure que pendant l'hiver elle ne manquera de rien. Sans doute les
greniers de la riche fourmi auraient pu fournir à la chanteuse des bois un ample repas mais
que voulez vous chacun a ses défauts la fourmi au mince corsage, est égoïste elle n'est pas
du tout artiste et les concerts de l'humble *umble cigale l'intéressent bien peu.
Hélas sur la terre il faut avoir de la prévoyance, car l'histoire de la cigale le prouve vraiment
bien. Les talents quand on manque de pain sont peu de choses il faut penser à l'avenir.

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 29

Un Parc

Quand arrive Avril, le doux mois où les fleurs sortent de leurs bourgeons roses, où les
violettes étalent *étallent à l'en-vi leurs petites corolles parfumées, les enfants eux aussi
à l'exemple des fleurs ont besoin d'air et de mouvement. Je connais au bord de la mer un
charmant château *chateau entouré *entourré d'un grand parc.
Dans ce parc sept ou huit jolis blondins à la mine éveillée prennent leurs ébats semblables
à une nichée de roitelets. Comme c’est gai de voir au printemps s’éveiller ce vieux château
*chateau, on voit tantôt une charmante tête d'enfant penchée, regardant dans l'aquarium
*aquariom les petits poissons rouges. Ici à travers la feuillée on voit flotter les longs rubans
multicolores des bonnes d'enfants, elles tiennent dans leurs bras un petit poupon qui sourit au
soleil

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 30

et à l'arrivée du printemps qu'il voit pour la première fois depuis qu'il est au monde. Mais
voici sous les grands marronniers séculaires d'autres enfants qui se rendent semblables aux
oiseaux, ils semblent voler dans l’air, une soeur aînée *ainée pousse un petit fauteuil en forme
de balançoire *balençoire et voilà que la petite fille fait retentir l'air de ses éclats de rires
argentins en se sentant aller si haut que ses sœurs restent bien au dessous d'elle.
Dans le grand parc il y a non seulement des enfants, mais il est encore peuplé de Gazelles de
daims et de chevreuils apprivoisés, on voit ces *ses charmants animaux *annimaux passer
rapidement sous les yeux, on se croit d'abord dans un bois et on retient son souffle de peur
de les effrayer, mais ne *ce craignez rien, regardez cette gazelle suivie de son faon elle va
manger dans la main d'un petit garçon qui lui présente un morceau de

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 31

pain blanc. A cette vue on se croirait vraiment dans le paradis terrestre. Dans ce grand parc il
y a encore un autre amuse-ment voyez plutôt *plus tôt au milieu de cette pelouse émaillée de
fleurs des enfants montés sur un cheval de bois tournent, tournent toujours autour d'un cercle
restreint, mais ils n'en sont pas moins contents et ils voudraient toujours aller autour de cet-
te ligne sans fin, si les bras du bon vieux serviteur ne se trouvaient *trouveaient fatigués pour
un moment. Dans ce grand parc il y a encore beaucoup d'autres merveilles qu'il me serait trop
long d'énumérer, les personnes qui désirent faire plus ample con-naissance avec mon parc
n'ont qu'à s’adresser au petit port de mer de L… La charmante famille X... reçoit tous les ans
de nombreux visiteurs.

CAHIER SCOLAIRE

La Sainte Vierge

L’Eglise reconnaît à la très sainte Vierge quatre gran-des prérogatives: 1° L'Immaculée
Conception. 2° La maternité Divine. 3° La Virginité perpétuelle 4°L’Assomption glorieuse.
Ce sont ces prérogatives qui ont été le fondement de sa sainteté et de sa gloire.
Les parents de la sainte Vierge étaient de la tribu de juda et descendaient de David. Son père
s'appelait Joachim, et sa mère Anne. Un ange, vint annoncer à ces heureux parents, qu’ils
devraient appeler Marie leur angélique petite fille.
Dès l'âge de trois ans, Marie fut offerte à Dieu dans le tem-ple de Jérusalem. Plus tard, vers
l'âge de quinze ans, elle fut donnée en mariage au vertueux Joseph. Marie eut bien de la peine
à se décider à quitter le temple, mais elle le fit, par obéissance aux

CAHIER SCOLAIRE

ordres de Dieu. Marie devint par l’opération du St- Esprit mère *mêre de Jésus. Dieu qui
voulait donner son propre fils pour racheter le monde, ne trouva pas par toute la terre une
créature aussi pure et aussi sainte que la très sainte Vierge, alors il envoya l'ange Gabriel
annoncer à Marie la céleste nouvelle, elle était en ce moment dans sa chambrette occupée
à travailler, La vue de l'ange la troubla, mais elle fut rassurée par les paroles qui lui furent
adressées, et se contenta de répondre: Je suis la servante du seigneur, qu'il me soit fait selon
votre parole. C'est ainsi que la très sainte Vierge devint mère de Jésus sans cesser d'être
vierge. Marie étant mère de Jésus, quelle *qu'elle puissance ne doit elle pas avoir sur le
coeur de son fils Jésus ne pouvant rien refuser à sa mère

CAHIER SCOLAIRE

nous qui sommes aussi les enfants de Marie puis-que Jésus au moment de mourir nous
a légués en la personne de St Jean à sa très sainte mère, usons donc de notre privilège et
confions nous en l'amour de notre mère. Quelle vie de douleur a *à passé *passée la sainte
Vierge dès sa jeunesse le glaive de la douleur a été enfoncé dans son cœur par St Siméon qui
lui annonçait la mort de son fils. Puis plus tard quelle *qu'elle ne dut pas être la douleur de
Marie en assistant à 1'agonie de Jésus son fils bien aimé, comment en ayant tant de douleur et
en voyant que nous en étions la cause, n’a t elle pas maudit ses enfants ingrats. Mais non,
Marie n’a pas fait entendre une parole de plainte contre nous au contraire au pied de la croix
de son divin fils elle nous a adop-tés pour enfants.

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 35

Le Rosier et la Ronce.

Un magnifique rosier, se trouvait avoir poussé par hasard, au milieu des ronces et des épines.
Il s’adressa un jour à une de ses voisines et lui dit d’un air dédaigneux : « Comment donc se
fait il que tous les jours ton plaisir le plus cher, soit de déchirer les passants, entre nous, ma
chère, mon avis *avi c’est que ce plan de vie annonce un naturel des plus méchants.»
La ronce l'écoutait sans répondre mais enfin elle se dé-cida à parler: « Il me semble, rosier que
tes paroles tombent tout à fait mal à propos il te sied bien mal de me censurer ! Je montre mes
piquants et tu caches les tiens, le piège chez toi est tendu sous la fleur.

CAHIER SCOLAIRE

La morale que la ronce adresse au rosier est pleine de bon sens, en effet, quel piège est plus
odieux que celui qui est caché sous les fleurs. Au moins la ronce fait voir ses épines à tous

p. 32

N° 22

p. 33

N° 22

p. 34

N° 22

p. 36

N° 22

les regards, elle n'a rien de dissimulé et ceux qui vont s'y déchirer les mains, le font par leur
propre vo-lonté.
Dans la vie, l’image de la rose se reproduit tous les jours, elle dissimule ses épines sous des
joies trompeuses et éphémères.
Hélas ! malheur à celui qui se laisse prendre à ces trom-peuses amorces pour un moment de
joie qu'il s'est procuré il ressent toutes [les] épines des fausses joies. Gardons nous bien des
roses car elles cachent toujours leurs épines piquantes.

CAHIER SCOLAIRE

3 Mai1887
MAI

Enfin ! voici le doux mois de Marie arrivé, depuis trois jours déjà, nous jouissons de la
délicieuse présence du plus beau mois de l’année.
Les jardins ont revêtu leur parure *parrure de fête, tous les bourgeons se sont entrouverts
pour laisser place à de mignons bouquets de fleurs blanches et roses, les abeilles ont quitté
leur ruche, elles viennent en essaim, butiner *bûtiner autour des myosotis azurés et des
pervenches bleues *bleus. Les papillons viennent follement se poser sur la ravenelle et
l’aubépine, ils enfoncent leur trompe mignonne jusqu’au *j'usqu'au fond du calice des fleurs.
Leur poids est

CAHIER SCOLAIRE

si léger que les corolles faiblissent à peine.
Les bourdons eux aussi font voler le pollen sur les stigmates *stytate ils vont butiner de
fleurs en fleurs en s'emplissant les pat-tes d'une moisson abondante. Ah qu'il est gai de voir
au riant Soleil se remuer tout ce peuple d’insectes ailés. Les fourmis elles aussi commencent
dès maintenant à transporter leur provisions pour l’hiver prochain elles marchent à côté des
courtilières *courtillères aux écailles dorées et des limaces qui vont dévorer des graines
naissantes.
Dans ce mois de notre mère du Ciel tout semble la saluer, les fleurs s'entrouvrent pour rendre
à Marie leur tribut d'hommages. Jésus dans sa bonté, nous donne les moyens d’orner les autels
de sa très sainte mère. Les lilas et l’aubépine fleurissent à propos pour

CAHIER SCOLAIRE

le mois de Marie . Les petites pâquerettes- ouvrent au milieu de la verdure de la pelouse leurs
humbles et mignonnes corolles, le joli muguet des bois offre ses petites clochettes blanches
à la sainte Vierge. Toutes les fleurs les plus ravissantes fleurissent pendant le doux mois de
Mai. C'est encore pendant ce mois béni que les petits oi-seaux sortent de leurs nids pour aller
chanter les louanges de la Reine de la nature.
Ah ! Resterons nous sourds *soudsà l’exemple que nous nous [sic] donne la nature nous
aussi n’irons-nous pas saluer notre mère comme des fleurs et des insectes. Oui ! allons prier
la très sainte Vierge qu'elle répande sur nous ses grâces pendant le beau mois qui lui est
consacré.

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 40

La Vie

Quelqu’un a dit : Le Passé ne nous appartient plus, Le Présent cesse de nous appartenir le
Futur est entre les Mains de Dieu !....
Combien ces paroles sont propres à nous faire réfléchir, Oui la vie passe avec une rapidité

p. 37

N° 22

p. 38

N° 22

p. 39

N° 22

telle qu'à peine le pré-sent nous est il donné que déjà il a *à fui et se perd dans le Passé,
chaque action que nous accomplissons nous fait faire un pas vers la mort, car on peut dire en
toute vérité, que l’homme va en se détruisant *detruisant chaque jour, à peine est il né qu'il
court à sa mort; chaque instant lui enlève du temps à vivre, mais l'âme lorsqu'elle *l’orsqu’elle
est bien dirigée au lieu d'aller comme le corps en se détruisant se renouvelle chaque jour. Le
corps

CAHIER SCOLAIRE

nous a été donné par Dieu pour faire arriver l'âme à sa fin, elle seule est immortelle et avant
de ressusciter *réssuciter le corps doit mourir, et c'est à cela qu’il tend tous les jours.
La vie humaine est d'une si courte durée que quand nous la verrons comparée à l'éternité elle
nous paraîtra *paraitera à peine l'ombre d'un microscopique point noir.
Le temps est irréparable, impossible à nous de le ressai-sir après qu’il a *à fui de nos mains,
c’est une carrière qui se referme derrière nous à mesure que nous avançons, *avençons, il est
impos-sible de retourner jamais en arrière, à peine le temps est il entre nos mains que déjà
il a *à fui pour ne jamais revenir. Employons le temps précieux de la vie, il nous servira pour
l'Eternité!…….

CAHIER SCOLAIRE

L'Enfant et l'Echo

Un enfant, qui s'amusait à rire et à chanter, dans la campagne, entendit tout à coup une voix
qui répétait ses paroles et ses rires. Aussitôt l'enfant entre dans une grande co-lère, pensant
que quelqu'un s’est caché dans les buissons pour se moquer de lui il se met à chercher tout
autour de lui en débitant des injures au prétendu railleur, mais aussitôt les mêmes paroles lui
sont renvoyées.
Un vieux bûcheron chargé de son fagot passait par là, il comprit pourquoi l'enfant était en
colère et il lui dit : "Mon petit ami vous croyez sans doute que c'est quelqu'un *qu’elle qu’un
qui vous veut du mal qui vous répond ainsi injure pour

CAHIER SCOLAIRE

injure, mais essayez maintenant de lui dire des paroles douces et ai-mables, vous verrez
comment il agira *ajira envers vous. » L'enfant obéit aussitôt et il entendit *entit la voix lui
répéter les mêmes paroles, alors il s'arrêta surpris et demanda au bûcheron s'il ne pouvait pas
lui indiquer la personne qui s'était ain-si cachée. Le vieux bonhomme expliqua alors à l'enfant
que ce qu'il avait pris pour la voix d'un autre était, tout simple-ment la sienne renvoyée par les
rochers voisins, et que cette voix s'appelait un écho. Le Bûcheron ajoute encore : Mon petit
Bonhomme croyez en ma vieille *vielle expérience tant que vous vivrez les hommes seront
pour vous des échos, si vous leur adressez des paroles désagréables, vous êtes sûr

CAHIER SCOLAIRE

que presque toujours vous en recevrez *reçevrez d'autres. Si au contraire, vous êtes toujours
bon et aimable pour tout le monde vous vous ferez aimer et vous n’entendrez que rarement
des paroles désobligeantes. Après avoir dit ces *ses paroles le vieux bûcheron reprit son léger
far-deau et s'en retourna en cheminant lentement vers sa pauvre chaumière. L'enfant resta
quelque temps assis, il pensa aux paroles du bûcheron et se promit d'en faire son profit.

Des Sacrements

Dans 1'Eglise, il y a sept Sacrements: Le Baptême, la Confirmation, la Pénitence,

p. 41

N° 22

p. 42

N° 22

p. 43

N° 22

p. 44

N° 22

l'Eucharistie, l’Extrême-Onction, *l’Extrème-Onction L'Ordre *ordre et le Mariage.

CAHIER SCOLAIRE

Il y a une très grande analogie entre l'ordre spirituel *sprituel et l'ordre naturel. Dans l'ordre
naturel il faut 1° naître 2° se fortifier 3° se nourrir, 4° s'il survient une maladie se guérir 5° se
réparer par un régime fortifiant 6° pour le perfectionnement social l'humanité a besoin d'une
autorité qui la gouverne et 7° d'un moyen de propagation qui la perpé-tue. Jésus christ dans
son infinie sagesse et sa grande bon-té a voulu que son Église ait dans l'ordre spirituel tout ce
qu'il fallait pour la vie de l’âme. Jésus a donc pris les moyens par lesquels il pouvait assurer à
son Église cette vie jusqu'à *j’usquà la fin des siècles. Les sacrements ont été les moyens par
lesquels Jésus a *à communiqué à l’Eglise sa vie spirituelle.

CAHIER SCOLAIRE

Par le Baptême chaque âme naît enfant de 1'Eglise, l'eau régénératrice *régératrice qui coule
sur le front fait chrétien *chétien celui qui entre dans l'Eglise, par là la tache originelle est
effacée -et à sa place sont le germe des belles vertus de Foi d'es-pérance et de charité, mais
pour persévérer dans la foi l'âme a besoin d'un soutien qui la fortifie ce soutien est la Con-
firmation par laquelle *l’aquelle l'Esprit saint soutient l'âme pendant toute sa vie.
L’âme *ame en cette terre d'exil a besoin d'une nourriture qui la fasse marcher avec courage et
soutienne ses défaillances Jésus dans son immense bonté a *à voulu se donner lui même en
nourriture à nos âmes dans le Sacrement de l'Eucharistie.
Quelquefois hélas ! malgré tous ces

CAHIER SCOLAIRE

secours l’âme *ame se lais-se aller à offenser Dieu si gravement que l'âme *ame est morte et
a *à besoin pour ressusciter d'une grâce puissante mais Jésus a pourvu à ces maladies et pour
rendre la vie à nos âmes il a institué la pénitence.
Dans ce sacrement le prêtre peut remettre les péchés et rendre l’âme blanche comme avant
son péché.
Le sacrement d'Extrême-onction *Etrême onction est le complément de la pénitence et du
Baptême pour remettre les péchés on l’administre aux mourants. L’Ordre est un sacrement qui
donne aux prê-tres tous leurs pouvoirs et leur autorité * otaurité. Enfin par le Mariage Dieu
bénit l'union de deux époux et la propagation *propagâtion du peu-ple fidèle.

CAHIER SCOLAIRE

Les Bois

Pendant les beaux jours de l’été *Eté alors que les distrac-tions s'offrent en foule, un de mes
plus grands plaisirs, est d'aller faire une promenade dans les bois. Quelle joie ! de se trouver
au plus épais de la forêt seule avec les muguets et les papillons, comme le silence règne sous
les grands arbres on n’entend que le gazouillement *gazoullement des petits oiseaux, et le
frais murmure de l'onde qui coule doucement entre les rochers, parfois on voit passer avec
rapidité un charmant chevreuil il s’arrête à brouter *prouter les jeunes plantes et le serpolet
*serpollet, mais, prenons garde, si par malheur nous faisions le plus léger bruit aussitôt le
gentil *jentil animal *annimal s'enfuirait au plus épais du taillis. Dans les grands chênes

CAHIER SCOLAIRE

séculaires *céculaires, à côté des chan-teurs des bois on voit des petits écureuils *ecureuls
bien vifs et sau-tillants passer de branches en branches ils font leur cueillet-te *coeullette de

p. 45

N° 22

p. 46

N° 22

p. 47

N° 22

p. 48

N° 22

p. 49

N° 22

noisettes et d'amandes *amendes de toutes sortes. Ah ! comme ce frais ombrage est bien fait
pour reposer des fatigues du corps et de l'esprit ; qui ne se sentirait ému, en voyant cette natu-
re palpitante d'intérêt, toutes les charmantes *charmante créatures des bois semblent rendre
leurs hommages *homages à celui qui les a mises au monde. Voyez ce petit ruisseau n'a t il
pas l'air par son doux murmure de vouloir rendre son tribut *tribu de louanges au Bon Dieu !
et les petits [oiseaux], et les fleurs, les papillons ne semblent ils pas dire et redire au créateur
de toutes choses: Vous seul êtes grand Seigneur *Seigner et vous seul méritez d’être aimé et
adoré.

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 50

Style : Réponse à une personne qui voudrait avoir des renseignements sur une bonne qui
aurait été à votre service.

Madame,

la personne dont vous me demandez des renseignements n'a été que très peu de temps à mon
service, cependant madame, je puis assurer que Louise… est une personne très honnête, j'ai
aussi remarqué qu'elle était fort propre et qu'elle avait de l'ordre. La raison pour laquelle
Louise est partie ne peut lui faire aucun tort, c’est Madame que sachant très peu de cuisine et
n'ayant pas une forte santé elle n'aurait pu rem-plir notre place.
Je ne pourrais, Madame vous donner

CAHIER SCOLAIRE

d'autres renseignements, pour le moment ; cependant, si je puis m'en procurer chez des
personnes qui connaissent Louise, soyez sûre *sure Madame que je vous les enverrai aussitôt.
Je tiens aussi à vous dire que Louise n'a pas un très bon caractère *carractère, cependant
quand elle a commis quelque faute *quelques fautes elle vient presque aussitôt avouer ses
torts.
Si vous aviez besoin de renseignements sur sa famille, je me ferais un plaisir de vous en
envoyer.
Je vous prie de recevoir *reçevoir, Madame, l'assurance de mon res-pect et de ma
considération.
Blanche de Coetquen

Rêve de Jeanne d'Arc

Jeanne d'Arc est à Rouen, là dans

CAHIER SCOLAIRE

[la] prison elle demande pardon pour ses bourreaux, pour les Anglais qui l'ont condam-née
si injustement, elle demande aussi pardon pour le roi, ce roi qui au lieu de la reconnaissance
qu'il doit à la généreuse héroïne ne lui donne qu'oubli et indifférence. Oh ! comme son coeur
devait saigner, quand seule et abandonnée dans [sa] prison elle se rappelait ses victoires, ses
triomphes *trihomphes ; oh ! alors tout le monde l'acclamait elle voyait les foules émues se
presser sur son passage, mais aujourd'hui tout le monde l'abandonne elle ne voit qu'oubli
et indifférence ; cependant Jeanne ne perd pas courage son esprit est calme, sa confiance
en Dieu est sans bornes *borne, elle possède la paix du coeur elle a le témoignage d’une
conscience pure, ses ennemis peuvent lui enlever la vie mais

CAHIER SCOLAIRE

p. 51

N° 22

p. 52

N° 22

p. 53

N° 22

quand tous s'uniraient contre elle ils n'arrive-raient pas à lui enlever ce qu'elle possède de
plus précieux sur la terre. Dans son innocence Jeanne s'endort elle est à la veille de sa mort
mais que lui importe elle a son Dieu et demain elle sera avec lui. Jeanne dans son rêve ne voit
pas ses victoires elle ne remporte pas de nouveaux triomphes *trihomphes, elle est transportée
dans [les] lieux chers à ses jeunes ans, elle est à *a Domrémy *Domremy là *l’à elle revoit
son troupeau ses chères compagnes elle recommence ses jeux d'enfant elle passe avec ses
parents d'heureux instants, elle salue le paysage où elle a tant de fois reposé ses yeux ici le
vallon, la rivière argentée, les prairies verdoyantes, ici la petite chapelle

CAHIER SCOLAIRE

où elle a tant de fois entendu la voix de ses saintes bien-aimées, dans le village elle est reçue
avec des transports de joie ses vieux parents redressent avec fierté leur tête blanchie, Jeanne
est au comble du bonheur, mais ! soudain un pas lourd a *à retenti sous les voûtes sonores
c'est celui du geôlier *geolier qui vient cher-cher sa prisonnière. Jeanne se lève avec courage
fortifiée par son rêve béni et elle va achever dans les cieux le songe qu’elle avait commencé
sur la terre, là *l’à plus jamais d’interruption ; son rêve sera idéalisé, pendant toute l’éternité
elle jouira de la vue de Dieu et retrouvera ses parents qu'elle avait aimés sur la terre, alors elle
n'en sera plus jamais séparée.

CAHIER SCOLAIRE

Style : Qui borne ses désirs est toujours assez riche

Quiconque a *à cette devise pour maxime ne peut être malheu-reux, puisqu'il se contente de
ce qu'il a *à ; ainsi un homme qui ne possède sur la terre, qu'une maisonnette recouverte de
chaume, peut être incomparablement plus heureux que celui, qui est estimé des grands de la
terre ; car, si le premier se contente de sa pauvreté il est beaucoup plus riche que les riches
eux mêmes.
Si cette devise était bien comprise, personne ne serait malheureux, chacun bornerait ses désirs
là *l’à où Dieu l'a *l’à placé et toujours il se trouverait assez riche, mais hélas sur la terre on
ne rencontre que rarement des personnes qui met-tent cette maxime

CAHIER SCOLAIRE

à profit le trait suivant montrera parfaite-ment que même les hommes qui croient ne rien
désirer sont ceux là même qui bornent le moins leurs désirs.
Un homme riche et puissant avait mis à la porte de son jardin un écriteau qui portait ces mots:
ce jardin appartient à quiconque ne désire rien. un passant le lut et aussitôt il alla trouver le
propriétaire du jardin, et il lui dit que ce jardin lui convenait parfaitement ; car il n'y avait pas
d'homme au monde aussi désintéressé que lui. Le propriétaire lui démontra alors que puisqu'il
désirait son jardin donc il n'é-tait pas pleinement satisfait de ce qu'il possédait. Le passant s’en
retourna tête baissée et se promit de mieux borner ses désirs à l'avenir.

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 57

Rédaction : [Dans les commandements]

Dans les commandements de Dieu il y en [a] trois qui sont affirmatifs et sept qui sont
négatifs.
On entend par commandements affirmatifs ceux qui ordonnent d'accomplir *acomplir une
bonne action, au contraire les commandements négatifs défendent de faire une chose nuisible.
Les trois commandements de Dieu qui sont affirmatifs sont ceux ci: Un seul Dieu tu
adoreras et aimeras parfaitement. Les Dimanches tu garderas en servant Dieu dévotement.

p. 54

N° 22

p. 55

N° 22

p. 56

N° 22

Tes pères et mères tu honoreras afin de vivre longuement. Les sept commandements
*commandement négatifs sont: 1 Dieu en vain tu ne jureras ni autre chose *chôse
pareillement. 2 Homicide

CAHIER SCOLAIRE

point ne seras de fait ni volontairement. 3 Luxurieux point ne seras de corps [ni] de *ne
consentement. 4 L’œuvre de chair ne désireras qu'en maria-ge seulement. 5 Le bien d'autrui
tu ne prendras ni retiendras à *a ton escient 6 Biens d'autrui ne convoiteras pour les avoir
injustement. 7 Faux témoignage tu ne Diras ni mentiras aucu-nement. C'est par ces dix
commandements que Dieu nous fait connaître les vertus que nous devons pratiquer et les
défauts qu'il est de notre devoir d’éviter. Quiconque observe les commandements est dans
la bonne voie et il peut croire que s'il *si il persévère Dieu le récompensera en le mettant
*metant au Ciel où la foi et l'Espérance ne seront plus nécessaires *nessesaires mais où la
charité régnera éternellement.

p. 58

N° 22

CAHIER SCOLAIRE

Style : [Je viens, chère amie]

Je viens, chère amie, te faire part des impressions que j'ai ressenties Dimanche à la procession
du St Sacrement. Cette fête est vraiment une des plus belles de l’année, je ne trou-ve rien
d'aussi touchant que de voir notre Seigneur parcou-rant ainsi les rues de la ville et pour
quiconque a *à la foi c'est vraiment comme au temps où notre Seigneur entrait à Jé-rusalem
en grande pompe accompagné d'une foule de peuple. En cette fête du St Sacrement tout le
monde tient à honneur de décorer sa maison et de suivre la procession de place en pla-ce le St
Sacrement s'arrête à un

CAHIER SCOLAIRE

reposoir et là il bénit l'as-semblée des fidèles et particulièrement la maison dans laquel-le il
se trouve. Je ne sais chère amie comment se passe cette belle fête à l’île de la réunion, mais
j'espère que tu me l'apprendras bientôt. Mais voici que j'oublie le sujet de ma lettre je voulais
te parler des reposoirs que j'ai remarqués à la procession, il y en avait de bien beaux mais
deux surtout ont attiré mon attention. L'un représentait l'étable de Bethléem *Betléhem, il
se trouvait dans un renfoncement ce qui le rendait très joli. L'Eta-ble était couverte de neige
et cela faisait un ravissant con-traste *contrastre avec le temps qui était étouffant. L'autre
reposoir avait pour sujet une croix à laquelle était attaché le coeur de

CAHIER SCOLAIRE

Jésus, dans le bas de la croix se trouvait un calice qui continuellement rempli par l'eau de
la grâce qui coulait du Coeur de Jésus déversait son contenu tout autour de la croix. Cette
représentation était très bien faite on aurait vraiment cru *crû voir de l'eau qui débordait du
calice.
Tu vois chère amie que nos fêtes Françaises sont bien belles je souhaite qu'à l’île de la
Réunion vous en ayez d'aussi belles J'espère recevoir *reçevoir prochainement de tes nou-
velles en attendant je t'envoie mon meilleur baiser.
Thérèse Martin.

p. 59

N° 22

p. 60

N° 22

p. 61

N° 22

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 62

Sainte Thérèse

Sainte Thérèse née à Avila, dans la nouvelle Castille montra dès sa plus tendre enfance une
piété plus angélique qu’humaine *umainne. Elle partageait ses jeux avec un de ses frères qui
s'entendait parfaitement avec elle, un jour qu'ils méditaient ensemble sur l'éternité, il vint tout
à coup à l'idée de Thérèse que s'ils *si ils pouvaient entrer tout de suite en pos-session du seul
bien éternel et durable cela vaudrait beaucoup mieux, aussitôt elle fait part à son frère de la
résolution qu'elle a prise d'aller chercher la couronne *courronne du martyre chez les maures

CAHIER SCOLAIRE

son jeune frère entra aussitôt dans cette idée et résolut de faire comme sa soeur. Mais il restait
une chose *chôse embarrassante comment se procurer la nourriture nécessaire *nessessaire
pendant le voyage. Thérèse ne voulut emporter qu’une petite croix disant à son frère qu'ils
trouveraient bien de quoi vivre en demandant l'aumône. Voici donc leur projet bien arrêté ils
sortent de la maison paternelle en se répétant les paroles si pleines de charmes : L’éternité
durera toujours, tou-jours! Mais la prévoyante petite Thérèse n’avait pas pensé à tout avec sa
robe de princesse elle et son frère furent bien vite reconnus, et un de leurs oncles remmena les
enfants à la maison paternelle

CAHIER SCOLAIRE

leur absence malgré sa courte durée n'avait pas été sans inquiéter leurs parents ; mais Thérèse
rentra le front haut à la maison au lieu que son frère qui n’avait pas tremblé à la pensée des
supplices *suplices des maures se mit à pleurer devant le fouet paternel, il s'excusa *s’exusa
en disant que sa soeur l'avait entraîné *entrainé. Thérèse au lieu de se disculper avoua
franchement que c'était elle qui avait eu l'idée de se faire martyriser. De sorte que toute la
gloire revint à cette héroïne de sept ans.

p. 63

N° 22

p. 64

N° 22

La source d'Eau vive

Alors que le crépuscule commençait à se voiler, trois voyageurs suivaient

CAHIER SCOLAIRE

lentement et silencieusement, un joli chemin ombragé ; le Soleil couchant dorait la cime des
arbres et traversait, en se jouant, le feuillage touffu. Tout à coup, un obstacle vint empêcher
nos voyageurs de continuer leur route, un clair ruisseau aux ondes transparentes, est là *l’à,
devant eux, et, pour le traverser, ils ne voient pas de planche destinée à cet usage ; l'un
d'eux aperçut *apperçut cependant aux pâles *pales rayons du soleil couchant, une grosse
pierre taillée dans le roc d’un seul morceau ; sur laquelle on pouvait facilement monter pour
traverser le ruisseau. Sur le bloc de pierre, ils remarquèrent avec étonnement qu’il avait été
gravé quelques mots, ils en cherchèrent ensemble, la signification. Voici, ce qui était incrusté
*incrustré dans la pierre : Ressemble à cette source!...

CAHIER SCOLAIRE

Le premier, (marchand) dit qu'elle conseille l'activité : Voyez avec quelle rapidité l'eau sort
de terre en bouil-lonnant elle ne perd pas une seconde ; aussitôt, qu'elle a *à vu le jour, elle se
met à couler, sans jamais s’arrêter, jusqu'à *j’usqu’à ce qu'elle *quelle soit arrivée à son but
qui est la mer. Ainsi d’après le premier l'inscription devrait signifier que l'homme ne devait
jamais s’arrêter jusqu’à *j’usqu’à ce qu'il ait atteint son but qui est la fortune.
Le second, un vieillard *viellard, observe que la source murmurante, conseille aux hommes

p. 65

N° 22

p. 66

N° 22

de faire le bien pour le bien lui même.
Seul, le dernier, adolescent à 1’âme pure et candide, est d'avis* d’avi que la source nous invite
à conserver notre âme pure comme son eau, Voyez plutôt, dit il à ses *ces compagnons,
combien cette onde

CAHIER SCOLAIRE

coule avec un doux murmure ; sur son lit de petits cailloux aussi blancs que l'ivoire ! rien ne
trouble cette eau ; le plus léger nuage, la plus petite poussière, ne la souille pas ; elle est aussi
pure que le cristal !... Comme l'enfant achevait de parler, la nuit était complètement venue ; la
lune brillante venait refléter son image argentée, dans l'eau limpide du ruisseau. Autour d'eux
les arbres étaient comme inondés *innondés de ses mystérieuses clartés, tout som-meillait
dans la campagne, on n'entendait d'autre bruit que celui des grillons jetant leur cricri argentin,
au milieu de la nature endormie. De place en place, on apercevait *apperçevait au milieu du
gazon fleuri, des vers luisants qui semblables à des

CAHIER SCOLAIRE

lampes jetaient autour d'eux une clarté brillante et douce. Les trois voyageurs restaient pensifs
assis sur le bord du ruisseau, la lune venait mêler ses pâles *pales rayons aux che-veux
argentés du vieillard *viellard, c'était un tableau vraiment impo-sant, de voir au clair de lune
cet homme, au bord de la tombe, tenant par la main un jeune enfant, qui, n'avait fait à peine,
que tremper ses lèvres à la coupe de la vie. Le fils aîné *ainé représentait le milieu de la vie,
là dans la force de l’âge, il restait à admirer son jeune frère qui avait à lui tout seul trouvé la
signification des paroles mystérieuses, au fond de son coeur d'enfant, il admirait dans son
jeune frère la véra-cité de cette parole : La vérité sort de la bouche des enfants.

p. 67

N° 22

p. 68

N° 22

CAHIER SCOLAIRE

La Confession

Pour que la confession porte ses fruits, elle doit avoir trois qualités, qui sont d'être 1° Humble,
2° Sincère, et En-tière.
1° La confession doit être humble, on doit accuser ses péchés avec un profond sentiment de sa
faiblesse et de son indignité !
2° La confession doit être sincère c’est-à-dire qu’il faut accuser ses péchés avec franchise sans
les exagérer, mais aussi sans les atténuer. Cacher volontairement un péché mortel ce serait
faire une confession sacrilège et rendre nulle l'abso-lution -des péchés.
3° La confession doit être entière. D’après l’enseignement du concile de Trente il faut déclarer
tous les péchés mortels dont on se souvient après en avoir fait l’examen *examin. Il faut que
l’on dise

CAHIER SCOLAIRE

autant que possible le nombre des fautes mortelles que l'on a commises. Il est aussi nécessaire
*nessessaire de déclarer les circonstances qui changent l'espèce du péché. Quant *Quand
aux péchés véniels, il n’est pas obligatoire de les accuser. Cependant les personnes pieuses
doivent le faire car ce moyen sert beaucoup à se corriger de ses défauts

p. 69

N° 22

p. 70

N° 22

Thérèse.

Les deux Mains

Un jour, que la main droite était de mauvaise humeur ; elle grondait *gondait ainsi sa pauvre
compagne: Il n'est rien que vous sachiez faire, vous ne savez rien toucher, rien tenir ; tant pis !
si vous ne pouvez vous rendre aucun service pour moi je suis lasse de tout faire pour vous, à
votre tour de travailler

CAHIER SCOLAIRE

à moi de prendre du. repos.
Aussitôt fait que dit ! La main droite se tient tranquil-le. Alors, la pauvre main gauche, ne
peut rien toucher sans faire une maladresse ; la main droite rit de sa soeur, mais, au bout de
quelque temps la main gauche devint aussi adroite que sa sœur ; celle ci fut bien attrapée elle
voulut alors faire voir son talent, mais elle avait complètement perdu l’habitude de travailler,
et elle ne put à son tour, rien faire de bien. La morale de cette fable est, que par la bonne
volonté on peut arriver à tout ; le malheur oblige à faire soi-même, des choses *chôses que
jamais on n'aurait soupçonné savoir faire. Il faut retenir qu'en fait de savoir il n'est rien, dont
ne vien-ne à bout le travail.

p. 71

N° 22

CAHIER SCOLAIRE

L’Adolescent et le Vieillard

Un jeune adolescent rencontra un jour, un vieillard, vivant à la campagne sans aucune
distraction, de plus, cet homme, était aveugle. Une conversation s'engagea *engageai entre
eux, voici à peu près leurs paroles :"Que je vous plains ! mon pau-vre homme ; pour vous,
jamais aucune distraction, aucun des plaisirs de la famille, pour vous la vie est solitaire, vous
n'avez pas même le plaisir de contempler la riche nature qui vous entoure, vive l'âge où l'on
peut contenter ses désirs alors tout sou-rit, tout enchante, la vie est longue, et l'on a des jours
heureux devant soi. Mais dites moi comment malgré tous vos malheurs vous pouvez encore
paraître calme et content ? »

CAHIER SCOLAIRE

«Rassure toi, mon enfant, je suis beaucoup moins à plain-dre que tu ne le crois, sans doute
je n'ai aucune distraction mais, crois tu que les souvenirs de ma jeunesse ne me suffisent
pas, je suis aveugle mais si mes yeux se sont fer-més, à la clarté de la lumière de la terre,
Dieu permet que de jour en jour j'entrevoie dans les ténèbres un peu de la ravissante clarté du
Ciel ! Vois tu, mon enfant, j'ai puisé abondamment *abondament à la vie je me suis abreuvé
à toutes les coupes, hélas! je les ai trouvées amères, il n'y a que maintenant dans ma solitude
*sollitude que je goûte un peu de repos, mon âme commence à entrevoir d'autres horizons
moins incertains, elle a un plus profond désir de posséder l'infini.

p. 72

N° 22

p. 73

N° 22

CAHIER SCOLAIRE

Style : [Parmi les fables]

Parmi les fables du bon La Fontaine, il en est deux qui me semblent démontrer que le plus
souvent ce sont les sots qui sont orgueilleux *orguelleux.
La première représente un âne qui chargé de reliques par-courait, les rues de la ville ; sur son
passage la foule s'empressait de rendre des honneurs aux reliques dont maître baudet était
chargé ; cependant celui-ci acceptait les honneurs comme si c'était à lui qu'ils étaient adressés.
Cet *Cette exemple se représente souvent dans la vie des hommes, on rend honneur aux gens

p. 74

N° 22

qui sont bien placés dans la société, mais s’ils *si ils deviennent pauvres- on les laisse aussitôt
sans aucun secours, et il n’y a *à pour

CAHIER SCOLAIRE

eux aucune parole de louange ou d’admiration.
L'autre fable *fâble explique qu'il ne faut pas toujours regar-der les apparences comme la
réalité.
Deux ânes marchaient l'un auprès de l'autre il y en avait un, qui était chargé de sel et son
compagnon d’éponges. Celui qui portait le sel marchait péniblement courbé par le poids de sa
charge, l’autre au contraire allait avec fierté car ses éponges étaient légères. Les ânes furent
obligés de passer la rivière, le sel fondit, les éponges s'emplirent d’eau et devinrent d'un poids
insupportable. Ainsi les rôles avaient changé, comme il arrive souvent dans la vie celui à qui
d'abord tout sourit tombe ensuite dans la misère. -

p. 75

N° 22

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 76

Le Rosaire

Le mois d'Octobre est arrivé, avec lui, l’Eglise rappelle ses enfants, pour qu'ils récitent en
commun les belles prières du rosaire. Qui pourrait redire combien ce mois a de charmes, pour,
toute âme chrétienne, à ce moment où la nature fatiguée va s’endormir, les cœurs semblent
reprendre une nouvelle énergie pour célébrer les louanges de la Reine du Ciel. Par le Rosaire
on peut tout obtenir, selon une gracieuse comparaison, c'est une longue chaîne *chaine qui
relie le Ciel avec la Terre ; un des bouts est entre nos mains, l’autre est entre les mains de la
Ste Vierge. Tant que le Rosaire sera récité, Dieu ne pourra *poura abandonner le monde, il est
puissant sur le coeur de Dieu, c'est comme un levier qui peut régénérer la terre.

CAHIER SCOLAIRE n° 22 p. 77

La douce Reine du Ciel, ne peut oublier des enfants qui sans cesse répètent ses Louanges. Le
Rosaire monte comme L’encens, au pied du trône du Tout-Puissant ; Marie le renvoie ensuite
comme une rosée bienfaisante, qui vient -régénérer les cœurs ; il n’y a pas de prière *prières
qui soit *soient plus agréable *agréablent à Dieu que le Rosaire, aussi L’Eglise nous invite-
t-elle, à aller, le réciter chaque soir du mois d’Octobre, devant Jésus, qui est là réellement
*réelement exposé sur l'Autel ; c’est lui qui recueille *recoeille nos humbles prières, lui
aussi qui les présente *présentes à la douce Reine des Cieux. Qui ne se sentirait pas ému, en
assistant à ces belles fêtes où Dieu montre si bien sa bonté.

CAHIER SCOLAIRE

19 Janvier 1888

Un Orage

La journée est étouffante, le temps est lourd, déjà le ciel se couvre de nuages, tous ces
symptômes sont avant coureurs de l’orage. Les animaux eux-mêmes paraissent souffrir,
mais déjà de larges gouttes commencent à tomber, un éclair sillonne l'air, à peine l'avons
nous entrevu que déjà un effrayant roulement se fait entendre à la voûte céleste, on croirait
que la terre va être écrasée *écrâsée, rassurez-vous, ce n’est que le tonnerre, l’éclair seul
est dangereux, et peut donner la mort ; cependant les événements se succèdent avec une
étonnante rapidité, depuis que nous avons parlé plusieurs coups de foudre ont retenti
maintenant

pp. 78

N° 22

CAHIER SCOLAIRE

la pluie tombe à torrents *torrent ; tous les éléments sont déchaînés, le vent souffle avec
violence. Voyez là bas *là bas ce serpent de feu qui vient de tomber sur un grand chêne ;
c'est le tonnerre ... regardez! L'arbre est bri-sé, pulvérisé. Maintenant l’orage est passé,
la pluie a cessé, la nature tout *toute entière semble renouvelée les fleurs relèvent leurs
tiges un instant abattues par l’orage, les petites chèv-res recommencent à brouter *broûter
paisiblement l’herbe tendre et fleurie. Seules les fourmis sont en grande peine car leurs
maisons de sable sont détruites, le torrent d’eau a tout emporté après lui.
Ainsi tout passe, tout se succède sur la terre après l'o-rage revient le beau soleil et le jour
succède à la nuit, le temps s’écoule et emporte tout ; les joies aussi bien que les tristesses.

CAHIER SCOLAIRE

Samedi 4 Février 88

Style : Quand on ment il faut avoir de la mémoire

Ma chère petite Berthe,

Il y a déjà bien longtemps, que je cherche l'occasion, de te faire voir, combien le mensonge,
non seulement est détesta-ble, par ce qu'il déplaît *déplait à Dieu ; mais combien il est encore
désagréable pour nous. Aujourd’hui l'occasion se présente à moi, c'est toi même qui as
*às fait l’expérience cependant j'ai peur que tu n'aies pas bien saisi toutes les nuances qui
pourront t'aider à te corriger, je vais un peu te développer les inconvénients *inconviéinents
qui viennent de la source de ce malheureux défaut.
Sais-tu une chose *chôse, ma chérie, c’est que, ordinairement, il faut que les menteurs aient
une bonne mémoire ; justement elle te fait défaut, et sois sûre que j'en

CAHIER SCOLAIRE

remercie le Bon Dieu car elle aurait pu t’être funeste. A neuf ans les dé-fauts ne sont pas
encore bien enracinés ; c’est pour cela qu'il faut te corriger tout de suite, mais revenons à
notre sujet je te disais que quand on ment il faut avoir bonne mémoire en effet n’en as-tu
pas toi-même fait hier l’expérience, chérie, écoute moi bien attentivement : Pendant que ta
soeur aînée était partie tu as pris sa boîte à ouvrage, (elle te l'avait défendu) tu t'es amusée
à regarder tout ce qu'il y avait dedans, puis tu y as mis par étourderie quelques unes de tes
petites affaires, sans penser à les retirer tu t’es sauvée, dès que Geneviève est entrée car tu
avais désobéi, ce-pendant si après cette faute tu avais été tout avouer à ta soeur elle t'aurait
facilement pardonné et au lieu de te gronder elle t'aurait louée de ta franchise, mais ce n'est
pas cela *celà que ma petite Berthe

CAHIER SCOLAIRE

a fait quand sa soeur lui a demandé en souriant si elle avait touché à sa boîte elle a répondu :
non avec une grande assurance, car elle avait remis tout bien [en] or-dre elle n'écoutait pas
bien sûr, en ce moment la voix de son bon ange ; mais heureusement que Berthe avait laissé
des preu-ves de son passage. Geneviève a trouvé dans sa boîte les petits jouets déposés par
négligence, ainsi Dieu permet toujours que les menteurs soient découverts. Berthe a été punie
et maintenant elle se repent … N’est-ce pas, ma chérie, que les choses *chôses se sont passées
de la sorte ? mon petit doigt me dit bien des choses… Je suis sûre que maintenant ma petite
Berthe ne mentira jamais d’abord parce que cela *celà fait de la peine au Bon Dieu, et à ses
parents et puis parce que les menteurs sont toujours découverts rappelle-toi toujours ces

p. 79

N° 22

p. 80

N° 22

p. 81

N° 22

p. 82

N° 22

paroles elles te seraient certainement

CAHIER SCOLAIRE

utiles: Quand on ment il faut avoir bonne mémoire.
Adieu chérie pense que ta grande amie sera bien contente si tu te corriges car elle aimerait
bien mieux te faire des compliments que des sermons, j’espère que bientôt j’aurai à t’en
adresser je te quitte en t’embrassant de loin.
Ta grande amie
Angélina le François

p. 83

N° 22

CAHIER SCOLAIRE

[vierge]

CAHIER SCOLAIRE

Ma Bibliothèque

Dans ce moment je suis occupée à me monter une bibliothèque. Je suis persuadée à l'avance
que toute Bibliothèque d’institutrice *dinstitutrice chrétienne doit contenir non seulement ce
qui peut aider à l'instruction intellectuelle de ses élèves mais encore ce qui peut aider à leur
instruction chrétienne. Double tâche que je veux m'efforcer de remplir ; pour arriver à ces
résultats je me propose *propôse de choisir d’abord les trois volumes sur L'Education de
Monseigneur Dupanloup, dans cet *cette ouvrage admirable on retrouve la grandeur d'âme
de cet Évêque d’Orléans, l'apôtre *l’apotre de la jeunesse, car toute sa vie a été consacrée
principalement à l’instruction des enfants qu’il aimait tant, d’abord Catéchiste

CAHIER SCOLAIRE

à la Madeleine il fit un bien considérable dans cette paroisse, tous les enfants de Paris et
même des autres contrées reçurent de lui des catéchismes comme jamais il n'y en avait eu
jusque là. Mais ce fut quand ce grand Évêque, alors l’abbé Dupanloup, fut nommé supérieur
du petit séminaire qu’il montra surtout son dévouement pour la jeunesse, il nous reste de lui
ces immortels écrits du traité de l'éducation et ce sont ces livres que je me propose de mettre
dans ma Bibliothèque. Tout est compris dans ces volumes, la manière de diriger les enfants au
point de vue de leur âme, comme à celui de leur instruction, il ne néglige rien pas même les
récréations dont il reconnaît *reconnait l’utilité, les sorties extraordinaires, etc.
Ensuite je choisirai les Fables de Jean de La Fontaine notre inimitable fabuliste. Les fables de
La Fontaine dans leur ensemble

CAHIER SCOLAIRE

sont des chefs d’œuvre de Bonhomie de naïveté de délicatesse et de naturel.
Ces fables seront très utiles aux enfants car elles mon-trent clairement les défauts des
hommes quoique *quoi que La Fontaine fasse parler les animaux.

p. 84

N° 22

p. 85

N° 22

p. 86

N° 22

p. 87

N° 22

La chute d'un Gland (Fable)

Une petite belette partit de grand matin pour aller se promener ; au bout de quelque *quelques
temps elle se trouva fatiguée et dame belette s'endormit au pied d'un grand chêne, elle
s'attendait à avoir un sommeil tranquille mais voilà qu'au milieu de son rêve elle est réveillée

en sursaut par la chute d'un gland qui vient tomber juste sur le bout de son petit nez pointu.
Dame belette se leva fort mécontente et s'enfuit en criant bien fort. Un gros rat qui passait par

CAHIER SCOLAIRE

lui deman-da poliment : « Pardonnez moi Mme la belette de vous arrêter mais ne pourrai je
pas vous porter secours vous paraissez bien effrayée.» - « Ne m'en parlez pas Monsieur le rat,
figurez--vous que pendant que je dormais fort paisiblement au pied d'un chêne une branche
énorme s'est détachée et a failli m'écraser si je me suis échappée c'est seulement grâce à ma
présence d'esprit jugez vous-même *vous même s’il y a de quoi être effrayée vrai-ment nous
ne sommes pas à l'abri dans cette forêt. » Le rat par-tit bien vite pour raconter *racconter cette
terrible histoire à ses amis les lapins (il était tellement effrayé) qu'il se trompa et au lieu de
dire qu'une branche était tombée *avait tombé il raconta *racconta qu'un chêne énorme était
venu choir sur la belette. Les lapins répétèrent ce récit en ajoutant à leur ami l'écureuil que
l'ar-bre avait été abattu par la foudre elle-même.

CAHIER SCOLAIRE

L'écureuil rap-porte à son tour ce récit en y joignant un tremblement de terre formidable qui
aurait ébranlé toute la forêt. A la fin tous les animaux terrifiés crurent que le monde allait
finir, qu'il ne leur restait plus qu'à émigrer promptement de cette forêt de malheur. Qui avait
produit tout ce désordre?... Hé-las ! la simple chute d'un petit gland !…
Cette Fable semble inventée à plaisir. On croit qu'elle ne peut se réaliser ; c'est pourtant ainsi
que font les hommes qui rapportent mal ce qui leur a été raconté *racconté ; Tous ont un
penchant à exagérer les choses, leur imagination leur fait voir les malheurs bien plus grands
qu'ils ne sont réellement, aussi il faut beaucoup mieux ne pas toujours se *ce rappor-ter à ce
que l'on dit et s’assurer des choses *chôses.

recopier

CAHIER SCOLAIRE

Ma Bibliothèque (Suite)
-
Après le volume des fables de la Fontaine, je choisirai les lettres de Mme de Sévigné ces
lettres sont d'une délica-tesse et d'un Style exquis. Ce chef-d'oeuvre nous [a] été valu *vallu
par l'éloignement de sa Fille chérie Mme de Grignan c'est cet éloignement qui lui a *à suggéré
ces pensées si charmantes et si naturelles. Ces lettres me seront très utiles pour donner aux
enfants le goût du beau style. Il y a principalement la lettre sur la mort de Turenne ; elle y fait
preuve d'une exquise sen-sibilité et s'élève sans effort jusqu’à *j’usqu’à la plus haute éloquen-
ce. Je prendrai aussi les Aventures de Télémaque par Fénelon *Fénélon, dans cet ouvrage
empreint des souvenirs de l'antiquité grec-que, Fénelon *Fénélon personnifie son élève sous
les traits de Téléma-que, auquel il donne les qualités et

CAHIER SCOLAIRE

les défauts du duc*d'uc de Bourgogne. Il lui montre quelles vertus un prince doit acqué-rir et
pratiquer.
Les Fables de Fénelon *Fénélon me seraient encore très utiles pour faire apprendre aux
enfants, je les ferais varier avec les fables de la Fontaine. Les conseils que Fénelon *Fénélon
donne au jeu-ne duc de Bourgogne pourront facilement être appliqués aux enfants et leur être
très profitables *profitable.

p. 88

N° 22

p. 89

N° 22

p. 90

N° 22

p. 91

N° 22

Robinson

Ma petite Jeanne chérie,
Je vais aujourd’hui te raconter *racconter l’histoire que je te promets depuis longtemps ; c’est
celle de Robinson Crusoë.
Robinson était un hardi voyageur qui qui [sic] partit *paritit pour les pays lointains.

CAHIER SCOLAIRE

Une tempête survint la mer était houleuse les flots menaçants, le tonnerre grondait avec fracas
bientôt le vaisseau sur lequel se trouvait Robinson alla se briser contre un rocher sous-marin;
tous les passagers périrent, seul notre héros parvint à gagner *gâgner la côte. Après avoir
remercié Dieu de l’avoir si miraculeusement conservé, il voulut reconnaître le pays où il se
trouvait, observer les mœurs des habitants, mais hélas ! quelle ne fut pas sa frayeur quand il
s’aperçut *apperçut qu’il était sur une île *ile déserte, comment survivre seul au milieu de
cette nature sauvage et inculte que jamais un pas humain n’avait foulée.
Dieu qui jamais n’abandonne ceux qui mettent leur confiance en lui, vint au secours de
Robinson, bientôt il s’habitua à sa nouvelle position, son île *ile déserte devint son domaine
*dommaine propre

CAHIER SCOLAIRE

il trouva sans peine sa nourriture en chassant, Puis il se construisit une maison avec des
matériaux qu’il trouva dans l’île. Tu penses ma petite Jeanne que son existence *existance
n’était pas gaie sois sûre que cependant elle n’était pas dépourvue de charmes, là au moins il
n’avait pas à se mettre en garde contre la malice des hommes il pouvait vivre en contemplant
les œuvres de Dieu dont il était entouré *entourré, d’ailleurs son île *ile était charmante,
c’était un véritable petit Paradis terrestre. Puis bientôt il put jouir de la compagnie d’un bon
nègre, son cher Vendredi, qui vint comme lui échouer sur son île déserte. Enfin après bien
des aventures très intéressantes qu’il serait trop long de te raconter *racconte Robinson fut
recueilli *recoeulli par un vaisseau qui le ramena *rammena dans sa patrie. Pense ma chérie à

CAHIER SCOLAIRE

son bonheur en revoyant les rivages de son pays loin duquel il croyait mourir.
Chérie, je pense que mon histoire t’a un peu amusée, j’en ai encore une autre à te raconter
*racconter mais pour cela *celà il faut que tu sois bien sage *sâge et que tu m’écrives
*mécrives ce que tu penses de l’histoire de Robinson. Je te quitte en t’embrassant.
Ton amie toute dévouée et qui te gâte un peu trop
Thérèse
(P. S. Je suis sûre que tu grilles d’envie de savoir quelle sera l’histoire de la prochaine fois eh
*et bien ce sera *cera celle de Christophe Colomb, cette histoire est encore plus intéressante
que celle de Robinson… J’ai encore dans ma tirelire *tirrelire, l’histoire de Jean Bart et de
bien d’autres navigateurs mais ce ne sera pas pour tout de suite. Sois sage)

CAHIER SCOLAIRE

Légende.

Le Tonneau

A Strasbourg, vivait un riche tonnelier *tonnellier nommé Rudulphe, par malheur cet ouvrier
à qui sa fortune et sa position au-raient permis de faire beaucoup de bien, entassait son argent

p. 92

N° 22

p. 93

N° 22

p. 94

N° 22

p. 95

N° 22

et ne voulait pas s'en servir ; en un mot Rudulphe était un avare.
Un jour que le tonnelier *tonnellier travaillait dans son chantier, il vit une vieille femme
en haillons qui s'approcha de lui et lui dit d'une voix suppliante: « De grâce mon bon Mr.
ayez pi-tié de moi voyez mon état mes pieds sont meurtris je ne puis avancer ; donnez moi
*donnez moi je vous prie un verre d'eau et permettez--moi de me reposer un peu chez
vous. » « Ah ! *A ! par exemple, main-tenant vous prenez sans doute ma maison pour un
hôpital *hopital, pas-sez, passez votre chemin la rivière est là bas vous y trouverez

CAHIER SCOLAIRE

plus d'eau qu'il ne vous en faut. » Rudulphe aurait parlé ainsi bien longtemps, mais la
vieille*vielle femme ne lui en laissa pas le temps elle leva son bâton d'un air menaçant, et
prononça len-tement ces paroles qui remplirent Rudulphe d'épouvante. « Parce que *Parceque
ton coeur est resté insensible aux maux de ton prochain, désormais je te condamne à remplir
d'eau le tonneau que tu achèves. » Après avoir prononcé ces paroles la mystérieuse men-
diante disparut. Aussitôt *Aussitot Rudulphe se sentit invinciblement porté vers la rivière,
il y alla pour y plonger son tonneau, mais toujours il le retira vide. Enfin il se repentit de
sa dureté *dûreté envers *evers les malheureux, il implora le pardon de la vieil-le femme
qu'il avait si cruellement repoussée. A ce souvenir il laissa couler une larme, qui remplit
miraculeusement le tonneau. Ce que toute l'eau de la rivière n'avait pu faire, une larme de
repentir le fit.

p. 96

N° 22

CAHIER SCOLAIRE

Ma Bibliothèque

Les Oraisons funèbres de Bossuet sont admirables elles mettent Bossuet au premier rang
des orateurs et permettent d'associer son nom à ceux de Démosthène de Cicéron. L'Aigle
de Meaux dans ses oraisons funèbres s’élève à une hauteur incomparable. Les sermons de
Bossuet prendront leur place à côté des oraisons funèbres. Plusieurs critiques mettent ses
sermons au dessus de ceux de Bourdaloue. Ce qui caractérise principalement Bossuet
comme sermonnaire c’est l'abondance des idées, l'éclat de la langue, les traits hardis, les
figures vives et naturelles.
Parmi les nombreux ouvrages philosophiques ou théologi-ques sortis de la plume de Bossuet
je choisirai Le traité de la connaissance de Dieu et de soi même

CAHIER SCOLAIRE

et le catéchisme de Meaux.
Bossuet naquit à Dijon en 1627 fut évêque de Meaux et précepteur du grand Dauphin, fils de
Louis XIV. Son génie le fit surnommer l’aigle de Meaux. Il fut à la fois historien, philosophe,
théologien et orateur incomparable. Il mourut *mourir à Paris en 1704.

p. 97.

N° 22

p. 98

N° 22

Le violon de Paganini

Paganini était un célèbre violoniste italien, son talent excitait *exitait l'envie de tous les
artistes ses rivaux. Un jour il fut invité à jouer dans une réunion publique, une nombreuse
assistance *assistante s'y était rendue. Au moment où Paganini *Pagani allait débuter il
s'aperçut qu'il ne restait plus qu'une corde à son violon ; les autres avaient été coupées par un
de ses rivaux qui était le plus jaloux de son talent.

CAHIER SCOLAIRE

p. 99

N° 22

Paganini, joua cependant, aux applaudissements de l'auditoire. Lorsque Paganini eut cessé de
se faire entendre, l'envieux stupéfait s'approcha du musicien et s'aperçut qu'il avait joué avec
une seule corde.
C’est ainsi que le génie avait triomphé des obstacles en dépit des jaloux. Il n'y a rien dont ne
vienne à bout le génie d'un artiste les plus grandes difficultés s’aplanissent devant lui.

CAHIER SCOLAIRE

[vierges]

p. 100 à la fin

N° 22