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Cahiers Scolaires n° 8

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CAHIER SCOLAIRE

[Un ange au radieux visage]

Un ange au radieux visage
Penché sur le bord d'un berceau
Semblait contempler son image
Comme dans l'onde d'un ruisseau

Charmant enfant qui me ressemble
Disait il, oh ! viens avec moi !
Viens nous serons heureux ensemble
La terre est indigne de toi

Là jamais entière allégresse ;
L'âme y souffre de ses plaisirs
Les cris de joie ont leurs tristesses
Et les voluptés leurs soupirs.

La crainte est de toutes les fêtes
Jamais un jour calme et serein *serin
Du choc ténébreux des tempêtes

CAHIER SCOLAIRE

N'a garanti le lendemain.

Eh quoi le chagrin les alarmes
Viendraient *viendrait troubler ce front si pur,
Et par l'amertume des larmes
Se terniraient ces yeux d'azur !

Non non dans les champs de l'espace
Avec moi tu vas t'envoler ;
La providence te fait grâce
Des jours que tu devais couler.

Que personne dans ta demeure
N'obscurcisse ses vêtements
Qu'on accueille ta dernière heure
Ainsi que tes premiers instants.

Que les fronts y soient sans nuage,
Que rien n'y révèle un tombeau ;
Quand on est pur comme à ton âge
La dernier jour est le plus beau

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Et secouant ses blanches ailes,
L'ange à ces mots prit son essor *essort
Vers les demeures éternelles
Pauvre mère ton fils est mort

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[Un petit écureuil]

Un petit écureuil bien vif, bien sémillant
Avait son nid sur un vieux hêtre
Vivait heureux libre et content
Dans le bois qui l'avait vu naître
Au milieu de ce bois une ferme un verger
Un magnifique potager
Lui fournissait en abondance
Des fruits à savourer et des noix à ronger.
C’était assez pour lui ; car dès sa tendre enfance
Ses parents par nécessité *nécisité,
Ou peut être par prévoyance,
Avaient formé son goût *gout à la sobriété
Rien n'était si doux que sa vie ;

CAHIER SCOLAIRE

Liberté tout entière et plaisirs innocents,
N'est ce pas de quoi faire envie ?
Il était le premier au retour du printemps *primtemps
A voir la forêt embellie *embélie
De jeunes fleurs et de bourgeons naissants.
Aucun souci dans sa retraite,
Ne venait troubler son sommeil *someil.
Et le matin à son réveil
Il allait faire sa toilette
Aux premiers rayons du soleil,
Se peignait, s'arrangeait se redressait l'oreille
De sa queue en panache il ombrageait son dos,
Et se réchauffait en repos,
Sans crainte pour demain, sans regrets de la veille.
C’était charmant voilà qu'un beau matin
Le museau propre et les pattes bien nettes
Notre écureuil allant à la chasse aux noisettes
Trouve un gros rat sur son chemin,
Il salue avec politesse,
Le rat l'accoste *acoste et veut nouer un entretien
« Mon cher enfant dit il sans que cela paraisse

CAHIER SCOLAIRE

D'être utile j'ai le moyen ;
Votre figure m'intéresse,
Et je serais charmé de vous faire du bien ;
Que cherchez vous ici ? parlez avec franchise ;
Je suis tout prêt à vous servir.
Voulez vous que je vous conduise
Où vous trouverez à choisir
Sucre, biscuits, gâteaux *gateaux, fromage de Hollande,
Pour vous régaler à loisir ?
- Monsieur dit l'écureuil une petite amande
Est tout ce qu'il me faut pour mon simple repas
Je vous suis obligé, mais je ne connais pas

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Les mets dont vous parlez. – Vous plaisantez je pense
Le sucre vous est inconnu
- Vraiment oui. Se peut il ? Vous n'avez pas vécu
Mon cher ; vous ignorez ce que la Providence
A voulu faire pour nous
De plus doux.
Et les biscuits et le fromage ?
- Moi, je ne les connais, Monsieur, pas davantage.
- Ah *A pauvre enfant que je vous plains

CAHIER SCOLAIRE

Suivez moi dans cette chaumière
C'est là que vous verrez. – Oh ! non, monsieur je crains
De désobéir à mon père.
Il m'a bien souvent défendu
D'entrer dans les maisons des hommes.
Ils sont nos ennemis de tous tant que nous sommes.
Fuis les bien, m'a t il dit, ou tu seras perdu.
– Votre père a voulu vous effrayer sans doute,
Reprit le rat ; mais, voyez, moi,
J'y vais sans cesse, et par ma foi,
Je n'y vois rien que je redoute,
– Vous croyez ? Je vous jure. – Eh bien donc je vous suis
L'écureuil en tremblant trotte jusqu'à l'office
Le sucre lui parut exquis.
Le rat riait avec malice :
"A présent dit il, mon cher fils,
Goûte à ce morceau de fromage.»
L'écureuil mord ... Soudain avec un grand tapage
Un trébuchet tombe ... Il est pris.
Le rat se sauve ; on vient ; on met dans une cage
Le pauvre écureuil confondu

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Il pleure, il se désole, et dit en son langage ;
Adieu, nid paternel ! liberté, frais ombrage !
Un mauvais conseil m'a perdu

[Nage mon beau vaisseau]

Nage mon beau vaisseau disait un petit mousse,
Echappé du logis où *ou sa mère pleurait ;
Gonflez *Glonflez-vous en ballon, voiles que le vent pousse.
Oh ! j’aime à manœuvrer, dès que le jour paraît
Sur les haubans, mouvante échelle
Je vais quand le sifflet m’appelle ;
Je monte au grand mât du vaisseau
Arbre des mers qu’on dresse ou penche,
Dont la vergue semble [la branche] *blanche,
Dont le petit mousse est l’oiseau.

La brise est douce, et moi joyeux car mon cœur chante

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Et tourne sur le vent. La mer sur son manteau

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N’a que de légers plis qu’un peu d’écume argente
Sur ses flots cadencés mon brick semble un berceau
Ma lampe d’or est une étoile,
Mon rideau qui flotte est le voile ;
Hélas ! là jamais au réveil,
Ma pauvre mère n’est assise ;
J’ai la caresse de la brise
Avec le baiser du soleil.

Montons sur les haubans, allez la tâche est douce !
Oh ! sur les vergues, je grimpe avec orgueil *orgeuil!
Pour les arbres du mât *mat Dieu fit les pieds du mousse
Pour les arbres des bois, les pieds de l’écureil.
Sans peur je m’élance à la hune,
Peut-être jusqu’à *j’usqu’à la fortune,
Sur mes cordages déliés ;
Je manœuvre dans la tempête
Excepté mon cœur et ma tête,
Rien n’est plus léger *l’égei que mes pieds

Pendant que le flot gronde avec le capitaine,
De tribord *tribor à babord moi je vais en chantant

CAHIER SCOLAIRE

Petits amis, parqués sur la rive lointaine,
A vous le sol, à moi l’océan palpitant
A vous le toit fixe au rivage,
A moi la maison qui voyage
Le monde où je cours triomphant,
Les îles, les fleurs de leur robes,
A moi donc la boule du Globe,
A vous quelques balles d’enfant.

La méditerranée avec sa vague molle
A balancé mon brick comme un léger berceau
L’océan l’a lancé comme un hamac *amac qui vole ;
Oh ! que de vastes mers ont poussé mon vaisseau !
J’ai vu de l’Inde à la Norvège
Des cieux pleins de jours pleins de neige ;
Les plus ternes étaient joyeux *joxeux,
J’y trouvais toujours quelques flammes,
Car la gaieté*gaité qui luit dans l’âme
Est le soleil de tous les cieux.

J’ai vu l’enfant lapon nain de la fée Urgele

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J’ai vu l’enfant d’Egypte et j’ai mis son turban.

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J’ai couru sur le sable auprès de la gazelle
Et sur la glace auprès du renne et de l’élan
Le petit nègre des savanes
A pris pour moi sur des lianes,
L’oiseau mouche au vol chatoyant
Car dans son pays où tout change,
Le ciel a fait, caprice étrange,
L’enfant noir et l’oiseau brillant

Mais quel bruit sur le pont, qui parle de naufrage,
Carguez la voile enfant voici, dit-on, l’orage

On signale ô mon Dieu des récifs sur ses bords,
Sauvez-nous, Notre-Dame !
La mer rugit bondit fait mouvoir son grand corps
Dont la tempête est l’âme
L’ouragan bat les flots montant comme l’*Attelas [sic]
Veinés comme le marbre.

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D’un coup d’aile il pourrait *pourait nous détacher des mâts *mats
Comme des feuilles d’arbres
Qu’importe, manoeuvrons suspendus sur la mort,
L’enfant a son courage,
Quand le cœur est de fer le bras est toujours fort
O mon petit village !
O ma mère elle prie aux pieds du crucifix,
Pour ma vie éphémère :
L’ouragan va bientôt briser le corps du fils,
Et le cœur de la mère …… »

Mais quels cris !… son brick touche un récif d’un seul bord
Rugissantes et fières *fiêres
Les vagues en fureur escaladent le pont,
En dressant leurs crinières.
Sur un tronçon de mât implorant un ciel sourd
L’enfant monte il chancelle
Et le flot le poursuit comme un enfant qui court
Après une gazelle.

Vierge priez pour lui, le flot monte toujours

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[Un pauvre se tenait]

I
Un pauvre se tenait au portail d'une Eglise
Accroupi
Il paraissait souffrant, et, sous sa barbe grise,
Décrépit.
Il disait aux passants : « Une petite obole,
S'il vous plaît !

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C'est pour l'amour de Dieu. » Mais la foule frivole
S'en allait
II
Un savant s'arrêta, touché de la demande,
Et tirant
Quelques sous de sa bourse, il en fit l'humble offrande
Au mendiant,
Lui disant doucement : « Ami je vous souhaite !
Le bonjour. »
Le mendiant répliqua : « Pour moi, c'est une fête
Chaque jour
III
Quoi ? vous êtes heureux quand la foule qui passe

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Ne met rien ?
« Oui, Dieu le veut ainsi, c'est encore une grâce
Pour mon bien.»
« Vous êtes donc heureux, malgré votre vieillesse *viellesse
Vos douleurs ? »
« Les souffrances pour Dieu, Monsieur, sont une liesse
Et des fleurs. »
IV
« Et qui donc êtes vous, mendiant à l'âme fraîche *fraiche
Plus que moi ? »
Le pauvre répondit dressant sa tête blanche :
« Je suis roi ! »
– Roi ! mais de quel pays ? » – « Roi, Monsieur de moi même.
En gardant
Mes passions au joug, je règne en roi suprême
Là dedans. »
V
« Et si Dieu vous jetait aux flammes éternelles
Au trépas ? »
« Je saisirais si fort ses deux mains paternelles,
Que là bas
Il descendrait aussi ; dès lors, plus de supplice
Éternel.

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Car vivre avec son Dieu, Monsieur, oh! quel délice !
C’est le Ciel. »
VI
« Qui donc vous instruisit, homme à l'air si fragile,
Sans appuis ? »
« Ma mère me fit lire autrefois l’Évangile,
Et depuis
J'ai vécu sous sa loi.» Le savant, tête basse,
S'en alla.
L'histoire du mendiant, héros sous la besace
Finit là.

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Le Pain de chez nous ou L'Eucharistie

C'était en Février de l’année effrayante
La France, déchirée, épuisée, haletante *halletante
Comme un blessé qui rend son suprême soupir
Dans un dernier sanglot achevait de mourir :
Dans les sentiers neigeux la malheureuse armée
Qu'en un honteux traité *trété l’on avait oubliée *oublié
Allait semant au loin dans ce long champ de deuil *dueil

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Quelque pauvre soldat, comme en un blanc linceul.

Un mobile breton, enfant de la bruyère
Triste sur son grabat se mourait de misère.
Il avait au pays là bas laissé son coeur
Son père vieux chouan, sa mère et puis sa soeur
Puis deux frères aînés *ainés qui, pour servir la France
Étaient aussi partis. – C'était là sa douleur et cela le tuait.
Dans un dernier désir il avait dit un soir :
« Soeur avant de mourir, je voudrais voir mon Père,
Et la soeur infirmière avait écrit ses voeux à la pauvre chaumière.
Et la lettre arriva, presque comme un bienfait
Car dans l'humble logis, tous les soirs on pleurait
L'enfant était mourant, mais il pouvait renaître
Au village, en Bretagne, il reviendrait peut être,
Comme les deux aînés *ainés qui sauvés du trépas
Un jour étaient venus se jeter dans leurs bras.
Et dans un coin obscur de l'armoire de Chêne
Le père avait tiré d'une bourse de laine

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Quelques *Quelles-que vieux louis d'or, qu'en des jours de bonheur
Il avait enfermé pour les jours de malheur *malheurs
Puis il était parti sans songer que la route
Était longue et qu'au bout… Mais non l'horrible doute
N'avait pas effleuré son coeur. Et plein d'espoir il arrive
Mon fils ! mon fils ; je veux le voir. A l'hospice
Il accourt…: Mon fils c'est moi ! Mon père
Ah je le savais bien que vous alliez venir.
Mon père votre main, merci !.. je puis mourir.
Non ! tu ne mourras pas. Tiens vois ma bourse est pleine
Tu sais bien le trésor de l'armoire de Chêne ?
J'ai tout pris ! nous allons te nourrir comme un roi :
Toujours je serai près de toi…
Mon père... quittez cette chimère, car je ne mange plus
je n'ai plus jamais faim.
Et le père pleurait ! tout à coup sous sa main
Comme un dernier secours *secour que son ange lui garde
Il sent un objet dur… il le prend … le regarde...
C'est un gros pain de seigle un pain noir qu'au logis il a pris en partant.

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Tiens dit il à *a son fils, ta mère l'a pétri.
Ma mère ! Oh que je voie.

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Le bon pain qu'au pays je mangeais avec *avais joie *goie
Il le prend le regarde…D'un flot de sang vermeil
Sa lèvre se colore……
L'enfant était sauvé…Vers la douce bruyère
Il revint tout joyeux. Puis embrassant sa mère
Oh mère, lui dit il ils seraient sauvés tous
S'ils mangeaient comme moi du bon pain de chez nous

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Chrétiens il est au Ciel, notre belle patrie
Un pain que Dieu nous garde et qui nous rend la vie
Ce pain…C’est le froment broyé pour les élus
C’est le divin remède et ce pain c’est Jésus
C’est Jésus dont le sang circule dans nos veines
Quand victime d’amour il vient guérir*gérir nos peines
C’est la coupe que tend l’auguste médecin
Se penchant vers celui qui râle *rale et qui s’éteint
Se donnant tout entier au moribond qui souffre
Arrachant la pauvre âme au vertige du gouffre
La pauvre âme qui tremble et qui semble oublier
Que Dieu seul est puissant et seul peut la sauver
Ah que le moribond tout meurtri de souffrance

CAHIER SCOLAIRE

S’appelle le prochain ou se nomme la France
Qu’il soit faible ou puissant !... il n’importe il a faim
Donnez vite peut-être il sera mort demain
Pauvre France demain sans guide sur la route
Elle aura pour toujours expiré dans le doute
Quand le pain de chez nous peut lui rendre la vie
Chrétiens serions-nous sourds aux cris de la patrie
Ces saints religieux qu’on proscrit *proscrits et qu’on chasse
Qui ne savent qu’aimer prier et crier grâce
Prosternés à genoux à vos *vous pieds o *au Seigneur
Préparant chaque jour le pain pour le pécheur

CAHIER SCOLAIRE

[vierges]

CAHIER SCOLAIRE

4 juin 1887 :

Extrait de Fin du monde Présent et mystère de la vie future.
Conférence sur le Ciel par l’abbé Arminjon.

….Et le Dieu reconnaissant s’écrie ! Maintenant mon tour. Au don que les saints m’ont fait

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d’eux-mêmes, puis-je répondre autrement qu’en me donnant moi-même, sans restriction et
sans mesure. Si je mets entre les mains de ceux qui m’ont servi fidèlement le sceptre de la
création, si je les investis des torrents de ma lumière, c’est beaucoup, c’est aller plus loin que
se sont jamais élevés, leurs sentiments et leurs espérances ; mais ce n’est pas le dernier effort
de mon cœur ; je leur dois plus que le paradis, plus que les trésors de ma science, je leur dois
ma vie, ma substance éternelle et infinie

CAHIER SCOLAIRE

-... Si je fais entrer dans ma maison mes serviteurs et mes amis, si je les console, les fais
tressaillir *tréssaillir sous le charme de ma tendresse, en les pressant dans les étreintes de
mon amour, c’est étancher surabondamment leur soif et leurs désirs, plus qu’il n’est requis
pour le repos parfait de leur cœur ; mais c’est insuffisant pour le contentement parfait de mon
cœur divin, l’étanchement et la satisfaction parfaite de mon amour. Il faut que je sois l’âme de
leur âme, que je les pénètre et les imbibe de ma Divinité comme le feu imbibe le fer ; que me
montrant à leur esprit, sans nuage, sans voile, sans l’intermédiaire des sens, je m’unisse à eux
par un face à face éternel, que ma gloire les illumine, qu’elle transpire et rayonne par tous les
pores de leur être, afin que « me connaissant comme je les connais, ils deviennent des Dieux

CAHIER SCOLAIRE

eux-mêmes.» - O mon père, s’écriait Jésus-Christ : « je vous l’ai demandé, que là où je suis,
ceux que j’ai aimés y soient avec moi.» Qu’ils s’abîment et se perdent dans les profondeurs de
l’Océan de mes clartés ; qu’ils désirent, qu’ils possèdent, qu’ils jouissent, qu’ils possèdent et
désirent encore, qu’ils disparaissent dans le sein de votre béatitude et qu’il ne reste en quelque
sorte, de leur personnalité, que la connaissance et le sentiment de leur bonheur.

5 juin 87
Dans le ciel la félicité est stable ; les élus confirmés en gloire sont inaccessibles à la crainte.
Les siècles succéderont *succedront aux siècles sans diminuer leur félicité, sans répandre sur
leurs fronts un seul nuage de tristesse. La certitude de posséder éternellement les biens qui

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leur sont chers, en centuple la douceur. Quel sujet de jubilation, lorsqu’ *l’orsqu’après des
milliers de siècles écoulés, considérant *considerant dans le lointain *loitain du passé, le jour
où ils firent leur ascension triomphante, ils diront : rien n’est encore passé, c’est aujourd’hui
que je règne, aujourd’hui que je suis en possession de mon bonheur, et je les posséderai tant
que Dieu sera Dieu, c’est à dire : Toujours, toujours !…

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