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De sœur Geneviève au Frère Siméon. 27 janvier 1897.

 


De sœur Geneviève au Frère Siméon. 27 janvier 1897.

 

+ Jésus                           J.M.J.T.                           Carmel de Lisieux

                                                                                   le 27 Janvier 97

         Monsieur le Directeur,

       Comment vous dire toute ma joie! La reconnaissance déborde à flots pressés de mon cœur. Vous avez agi en Père et moi je vous dirai merci en enfant. Oui, votre exquise délicatesse m'a bien touchée, elle m'a rappelé notre cher Papa toujours prêt à nous gâter, cherchant tous les moyens de nous faire plaisir et donnant sans compter. Aussi le soir à l'oraison j'ai dit à Jésus : « Oh! si le Très cher Frère Siméon est si bon, si bon, comment serez-vous? ... » Et mon âme s'est fondue dans un sentiment si doux que j'en ai versé des larmes. Oh! oui, si la créature est si bonne, comment donc sera le bon Dieu? Penser à la réponse devrait nous faire affoler de bon­heur!

       [lv°] Très cher Frère, oh! pourquoi donc en avez-vous fait ainsi trop pour vos petites Carmélites? ... La bénédiction du Saint-Père dont je n'essaierai point de remercier, notre Mère va le faire elle-même en expri­mant la joie de toutes ses filles. - La belle photographie de Ste Cécile... elle a été pour mon âme un souvenir printanier, elle m'a fait une impres­sion bien douce, je l'avais tant désirée et depuis si longtemps! Mais tout cela c'est beaucoup trop beau... Non, je ne m'attendais pas à cela. Et votre chère lettre, je la garderai toujours comme un doux souvenir. Enfin je suis bien heureuse, mon cœur exulte de joie.

       Mais, Très cher et Vénéré Frère, vous avez été malade, c'est cela qui met une ombre dans le tableau. Vos petites filles ne vous permettent pas encore de dire votre Nunc Dimittis!... Mais après de longues, très longues années quand vous verrez le bon Dieu, vous [2r°] lui demanderez pour nous plus qu'une bénédiction! N'est-ce pas, Très cher Frère, qu'après avoir fait sur la terre nos commissions auprès de sa Sainteté le Souverain Pontife, au Ciel vous les continuerez auprès du bon Dieu? Vous Lui direz que je l'aime et que je veux l'aimer encore, puis tout bas : « que Thérèse et Geneviève voudraient bien être avec Lui... »

         Mon Très cher et Vénéré Frère, pardon de vous parler si librement, mais c'est votre faute... Je suis votre petite fille, votre petite Carmélite., et il m'est impossible de faire une lettre révérentieuse.

Je vous récrirai bientôt quelques lignes, mais j'attendrai après la fête afin d'avoir quelques détails. Puisque le « Vivre d'Amour » a fait plaisir, je vais copier d'autres poésies que j'enverrai en même temps.

         Merci encore et de tout cœur, Très Cher Frère. C'est dans le Sacré-Cœur de Jésus que je serai toujours votre reconnaissante petite Carmélite.

Geneviève de Ste Thérèse
                   rel. carm. ind.

 

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