Imprimer

De Céline à Mme La Néele - 3 novembre 1893.

 

De Céline à Mme La Néele. 3 novembre 1893. 

Ma petite Jeanne chérie,

Je t'écris pour te donner des nouvelles de Madame Fournet et te dire un petit bonjour avant de te revoir. Tu sais que je compte toujours partir Lundi avec toi. J'irai voir Léonie Mardi, je me réjouis de ce petit voyage qui me fera passer quelques jours avec ma chère petite Jeanne.

Nous avons de très bonnes nouvelles de Mme Fournet, elle va mieux. Hier soir elle n'a pas eu de crise et a passé sa veillée [1°] à travailler comme par le passé. Je vais laisser un petit bout de ma lettre afin que si ma Tante a des nouvelles plus fraîches, elle puisse te les donner. Nous sommes tous bien contents de voir que le bon Dieu se décide à nous conserver encore notre chère bonne maman, c'est si triste d'avoir des malades dans la famille, on ne vit pas.

Il paraît, ma chère petite sœur, que tu as endossé le vêtement de Léonie, j’en suis contente et tout heureuse de te faire plaisir. Surtout ce qui me plaît c'est de [2r°] savoir qu'il est bien chaud. Tu as eu bien plus de sens que nous de le mettre le jour de la Toussaint, nous, nous avons gelé avec nos jaquettes d'été.

Je viens de finir le portrait de Marthe. Jamais je n'en avais fait un pareil. Son père et sa mère sont venus le voir ce soir, ils sont ravis. Décidément les leçons de Krug m’ont fait du bien, j'ai moins de mal et plus d'agrément qu'autrefois. Mais tu ne sais pas ce qui m'est arrivé ?... Dans mon empressement et mon trouble j'ai embrassé Monsieur Lahaye ! oui, presque. Il est resté tout ahuri en balbutiant : cela ne fait rien.

Je te laisse en méditation sur la distraction de ta digne sœur, qui t'aime toujours de plus en plus si c'est possible.

Céline.

Retour à la liste des correspondants