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De Céline à Thérèse - 24 décembre 1888

De Céline à Thérèse.
24 décembre 1888


Nuit de Noël, 24 Décembre 1888

Ma Thérèse chérie,
Je ne puis m'empêcher, en attendant Jésus, de te parler un peu ; Petite sœur de mon cœur, « la nuit
de Noël », que de souvenirs ! Tu te rappelles l'année dernière, nous avons espéré jusqu'à la dernière
minute une lettre de Monseigneur permettant ton entrée au Carmel ? Puis, la petite surprise que je
t'avais faite (cf. Ms A, 68r°)… J'éprouve encore tout ce que j'éprouvais à ce moment-là. Ah! comme je
sens mon âme unie à la tienne, il me semble qu'elles n'en font qu'une...
Si tu savais combien l'attention que tu as eue pour moi, ce soir, m'a émue ! jusqu'au plus profond de
l'âme. Je l'ai ma chère image, présente devant les yeux en t'écrivant. Que tu m'as fait plaisir ! j'en ai
les larmes aux yeux. Ma Thérèse, en ton absence tout ici est exil ; de plus en plus je souffre de notre
séparation, souvent je me retiens pour ne pas pleurer.
Mais, le Divin Enfant va venir. Il faut le recevoir avec bonheur, n'est-ce pas Lui qui me remplace tout!
Ce soir, tu m'as tant touchée, tu m'as montré que tu m'aimais, si tu savais comme je t'en sais gré... -
Ton soulier était bien mal garni, si quelque chose te faisait plaisir, dis-le-moi, je t'en prie.
Ta petite Céline.

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